jeudi 28 juillet 2011

Pierre Louis Ginguené : Histoire littéraire d'Italie dans une très belle reliure que n'aurait pas reniée Th*** !


Qui connaît encore Pierre Louis Ginguené (1748/1816) ? Originaire de Bretagne, il vient à Paris en 1772, où il fait des critiques dans le Mercure de France. Il est l’auteur d’un opéra comique, Pomponin en 1777. On lui doit aussi Les satires de la satire en 1778, et la Confession de Zulmé en 1779. Ce dernier ouvrage ayant eu un succès d'estime, à l’époque.


Pendant la Révolution française, il crée une feuille, La Feuille villageoise, un journal hebdomadaire adressé aux villages de France. On lui doit également une Ode célébrant l’ouverture des Etats-Généraux. Pendant la Terreur, il est emprisonné et ne doit son salut qu’à la chute de Robespierre. Après sa libération, il participe comme directeur général de la Commission publique exécutive de l’instruction, à la réorganisation du système de l’instruction publique, et devient membre de l’Institut de France. En 1797, il est ministre plénipotentiaire auprès du Roi de Sardaigne. De retour après sept mois, Ginguené se retire dans sa maison de Saint-Prix prés de Montmorency. Il est alors nommé membre du Tribunat, mais, étant d’un caractère peu malléable, Napoléon le fait exclure à la première « purge ». Ginguené retourne alors à ses recherches littéraires...


Il est membre du collectif chargé d'établir la rédaction de la monumentale Histoire de la littérature de France, ouvrage paru en 1814, 1817 et 1820. Le travail le plus important de Ginguené est l’Histoire littéraire de l’Italie. Il corrigeait les finitions du 8eme et 9eme volume, quand il est décéda.


On doit aussi à Ginguené la Décennie philosophique, politique et littéraire (1807). Il a contribué aussi en grande partie à la rédaction de la Biographie universelle et à l’Encyclopédie méthodique. Le tombeau de Ginguené, au jardin du Père La Chaise, est placé près de ceux de Delille et de Parny ; l'inscription qu'on y lit est celle qu'il avait composée lui-même et qui termine l'une de ses pièces en vers :

Celui dont la cendre est ici,
Ne sut, dans le cours de sa vie,
Qu'aimer ses amis, sa patrie,
Les arts, l'étude et sa Nancy *
(*Prénom de Madame Ginguené)

Cela me rappelle que je n'ai pas encore terminé mon épitaphe. Pareil pour vous, peut-être ?


L'ouvrage que je vous présente peut être considéré, à raison, comme une référence biographique sur les auteurs italiens. Il doit pouvoir satisfaire l'amateur comme le bibliophile car la reliure, charmante, bien que non signée est manifestement exécutée par un professionnel de talent. Qui a dit "Thouvenin" ? Pierre


GINGUENE (Pierre-Louis). Histoire littéraire d'Italie. Seconde édition, revue et corrigée sur les manuscrits de l'auteur, ornée de son portrait, et augmentée d'une notice historique par M. Daunou. A Paris, chez L.G. Michaud éditeur, 1824. 9 volumes in-8. Reliure demi-veau mastic, dos lisse orné de filets, roulettes et lotifs dorés. Pièce de titre et tomaison en maroquin lie de vin. Plats et pages de garde en papier coloré. Toutes tranches colorées. Xxxii, 488, 591, 611, 597, 576, 502, 620, 526, 432 pp. Portrait de l'auteur en frontispice. Beau papier sans rousseurs. Cette édition est apparemment la même que la première. Excellent ouvrage qui fut traduit en italien dès les premiers volumes. Très bel état. Jolie reliure. 360 € + port

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Cher ami,

Puis-je me permettre une réflexion d'ordre général?

La présentation que vous faites de vos ouvrages est un vrai plaisir et la qualité de ceux-ci ainsi que leur beauté, indéniables.
J'ai découvert, il y a peu, vos publications et je dois reconnaitre que j'y attache un intérêt de plus en plus vif.

je tenais tout simplement à vous en faire part.

Très cordialement,
Françoise L-S

Pierre a dit…

Chère amie,

Puis-je me permettre une réflexion d'ordre tout à fait personnel ?

Vos compliments me touchent et légitiment à la fois le temps que je mets à les écrire et la tournure que je leur donne. Si la période des vacances d'été ne favorise pas la quantité des commentaires, je constate avec plaisir qu'elle favorise leur générosité ;-)) Pierre

Anonyme a dit…

Quelle fleur dans cet échange !
Ce n'est pas le tournoi de ping-pong acharné auquel nous ont habitués les forums virtuels, mais une gracieuse partie de volant où on ne compte pas les points.
Et ce n'est pas désagréable !

Jean-Michel

Françoise L-S a dit…

Cher Jean-Michel,

Etant à l'origine, me semble-t-il, de votre délicieux commentaire, je vous précise, en guise de "clin d'oeil" et, à défaut de "fleur", que je joue aussi au tennis de table!...(je m'y défoule d'ailleurs presque quotidiennement à l'ombre du tilleul plus que centenaire de mon jardin! ...) Par ailleurs, pratiquant aussi la "joute" verbale dans ....un autre domaine..., il m'apparait d'autant plus nécessaire et indispensable de préserver, mais aussi de véhiculer, une pratique qui, j'en conviens, se raréfie parfois: la courtoisie.

Bien à vous.

Françoise

Anonyme a dit…

Comme vous avez raison Françoise !
La courtoisie appelle la courtoisie quand l'acrimonie conduit au mieux au mépris.
Et envisager un tournoi de ping-pong lorsqu'on est caressé par les effluves balsamiques d'un tilleul bienveillant, c'est comme tenter un match de boxe dans une cuve remplie de duvet d'oie, personne n'en pourra jamais sortir vainqueur.

Jean-Michel

Anonyme a dit…

Est-ce que vous vivez dans la petite maison dans la prairie?
;-))
Bien à vous,
Sandrine.