lundi 21 avril 2014

Petit catalogue sur la gastronomie et l'art de la table, en général…


C'est la fin du carême.  Je vous propose un petit florilège d'ouvrages traitant de la cuisine, de la gastronomie, de l'art de bien manger et bien boire – de l'art de bien vivre, en somme… Pour chacun d'entre eux, j'ai fait un cliché. La notice décrit le reste mais je suis à votre disposition pour vous envoyer d'autres clichés sur demande à 13gandillet@gmail.com. Je compléterai cette liste au fur et à mesure de mes achats…

REVAL (Gabrielle) et CROCI (Maria). Les Recettes des Belles Perdrix. Paris, Albin Michel, 1930. 1 volume In-12 (18,5/12). Broché, couverture illustrée. 328 pp. Edition originale. Recueil de recettes élaborées par des femmes de la société, menus, anecdotes, sonnets, chansons bachiques et autres considérations sur la femme et la gourmandise. Nombreuses illustrations dans le texte. 60 € + port

CHATILLON-PLESSIS. La Vie a Table a la fin du XIXe Siècle. Ouvrages illustré de 170 gravures hors texte ou dans le texte sur la vie d'autrefois et la vie d'aujourd'hui. Paris, Firmin Didot, 1894. Broché, in-8 à couverture rempliée illustrée. Théorie pratique et historique de gastronomie moderne. 170 gravures hors texte ou dans le texte sur la vie d'autrefois et la vie d'aujourd'hui - Physiologie, Discussions, Mœurs et modes, Pratique, Service de la table et des réceptions, Le boire, La cuisine, Grandes recettes culinaires du siècle, La pâtisserie, Les restaurants, Nouveaux classiques de la table, Mélanges et fantaisies. Aucunes rousseurs, beau papier vélin teinté, des petits défauts sur les plats et le dos. 412 pages. Bon état général. 100 € + port

FINEBOUCHE (Marie-Claude) [Andrée jean Ajalbert]. Les Petits plats de Madame. 233 recettes éprouvées par l'auteur et ses amis. Paris, Gallimard, 1936. Paris, Gallimard, 1937.1 volume In-4. Broché à couverture rempliée illustrée. 196 p. Nombreuses petites illustrations in texte. Ex. numéroté sur alfa Navarre (n° 155). Très bel envoi autographe de l'auteur à Gabrielle Reval et Fernand Fleuret sur page imprimée spécialement pour les exemplaires de tête. 115 € + port

BEN (Paul) & DESREZ (Auguste). Science du bien vivre ou Monographie de la Cuisine Envisagée sous son aspect physique, intellectuel et moral. Guide de la Maîtresse de maison, suivie de Mille nouvelles recettes par ordre régulier du service de la table...Troisième édition. PARIS, Au Bureau du Musée des Familles, 1846, broché, grand in-8, couverture illustrée, (7), 232p, frontispice, titres illustrés et nombreuses illustrations in-texte en noir ; texte sur 2 colonnes. Rousseurs en fin d'ouvrage (7 pages). Ensemble solide aux cahiers bien réglés mais signes d'usage. Monographie de la Cuisine Envisagée sous son aspect physique, intellectuel et moral. Guide de la Maîtresse de maison, suivie de mille nouvelles recettes par ordre régulier du service de la table, d'une liste des provisions que l'on doit faire dans un ménage, et de l'indication des pays d'où elles peuvent être tirées; d'un calendrier culinaire; d'une nomenclature des vins de choix et de l'ordre dans lequel ils doivent être servis; de la préparation et de l'arrangement du dessert; d'une nomenclature de tous les ustensiles nécessaires dans une cuisine; d'un vocabulaire des termes employés à la cuisine et à l'office; des travaux de l'office ; de la description des menus pour 3, 5, 7 et jusqu'à 20 convives ; de la composition des menus de dîners maigres ; des moyens de bien faire le café, suivis de quelques conseils sur la manière dont il doit être servi et augmentée de l'Art d'utiliser les restes. 95 € + port.

CHARLIE (Robert). La bière française (Cervoise). Deuxième édition. Paris, nouvelle librairie parisienne, Albert Savine éditeur.1887. [1f blanc], 236pp, [1f table des matières], [1f catalogue éditeur], [1f blanc]. Format in-18 jésus (12/18,5). Rousseurs éparses. Partiellement non coupé. Bel état de fraîcheur. Peu fréquent à la vente, voir moins que ça… 90 € + port

RICARD (Adolphe). Éloge de Jean Raisin et de sa bonne mère la vigne. Paris, Gustave Sandré, sans date [1853]. Un volume petit in-12. Broché, 218 pages. Frontispice. L'auteur de ce livre est, en fait, Gustave Sandré. Catalogue du libraire. Tampon d'appartenance en page de garde. Rare exemplaire. 90 € + port

CURNONSKY et DERYS (Gaston). Anthologie de La Gastronomie Française. Paris, Librairie Delagrave 1936. Un volume In-12. Broché, couverture beige illustrée. 397 pp. Edition originale. Recueil de morceaux choisis ayant trait au culte de la bonne chère. Envoi autographe de Derys à Fernand Fleuret et Gabrielle Reval, son épouse. Le paraphe de Curnonsky semble être de Derys… Bon état. 60 € + port

SALLENGRE (M. de). Histoire de Pierre de Montmaur.  La Haye, chez Chr. Van Lom, P. Gosse & R. Alberts, 1715.  1 volume en deux tomes in-12 (17/11). Reliure plein veau marbré, dos à nerfs, pièces de titre, caissons ornés de motifs floraux encadrés de filets, filet sur les coupes, tranches rouges, roulette sur les coupes. Tome I : [3ff-titre], cxxxij, [1f erata], 316 pp orné de 1 frontispice et 6 gravures hors texte. Tome II : 312 pp, [1f bl] orné de 1 frontispice et 2 gravures hors textes.  Edition originale de ce recueil de satires dirigées contre Pierre de Montmaur, célèbre gourmand et parasite. Planches gravées par Bleyswick. Coiffes et un mors restaurés. Bel état. 420 € + port

GUEGAN (Bertrand). La fleur de la cuisine française. Paris, La Sirène, 1920/1921. 2 volumes forts volumes in-8. Brochés à couverture illustrée.  XI+374 pages et XXXII+579 pages. Tome I : Où l'on trouve les meilleures recettes des meilleurs cuisiniers, pâtissiers et limonadiers de France, du XIIIe au XIXe Siècle, enrichies de notices et d'un glossaire par Bertrand Guégan, avec des images anciennes et une préface d'Edouard Nignon, Directeur du Restaurant Larue - Tome II : La cuisine moderne (1800-1921), Les meilleures recettes des grands cuisiniers français, notes de Bertrand Guégan, introduction du Docteur Raoul Blondel. Le tome I présente une dédicace manuscrite de Bertrand Guégan à Fernand Fleuret, écrivain.  Édition originale. Dos fendillé. Très bon état. 190 € + port

LEBAULT (Armand). La table et le repas a travers les siècles. Histoire de l'alimentation, du mobilier à l'usage des repas du cérémonial et des divertissements de table chez les peuples anciens et les francais, précédée d'une étude sur les mœurs gastronomiques primitives et sur le rôle du repas dans la civilisation. Paris, Lucien Laveur, sd (1910). Un volume fort in-8 (25,5/16). Broché, couverture illustrée. Ouvrage orné de 116 illustrations. Intérieur parfait, couverture usagée. 58 € + port

CURNONSKY. Lettres de noblesse. Les Editions Nationales, Paris 1935. Un volume In-8 de 38-(4) pp. Broché, couverture imprimée rempliée. Préface du Dr De Pomiane. Croquis et lithographies d'Edy Legrand. Eloge du fromage Roquefort Société. Bel exemplaire. 22 € + port

ROUFF Marcel & HEMARD Joseph : La Vie et la Passion de Dodin-Bouffant gourmet. Paris, Stock, 1970. 1 volume In-8. Broché à couverture cartonnée illustrées. 220pp. Préface de James de Coquet, illustrations en couleurs de Joseph Hemard. Tirage numéroté sur Rives. Très bon état. 44 €

POURRAT (Henri). L'Aventure de Roquefort. Société anonyme des caves et des producteurs réunis de Roquefort, 1955. In-4. Edition originale illustrée de compositions d'Yves Brayer, gravées sur bois en couleurs par Gérard Angioloini. Cet ouvrage a été tiré à 15500 exemplaires. Exemplaire sur vélin blanc filigrané spécialement N° 7047. Broché, couvertures rempliées. Excellent état. 38 € + port

samedi 19 avril 2014

Supplément au Spectateur nocturne, illustré par Raoul Dufy. Il n'y en a qu'un seul !


Voici une suite, ou plutôt un supplément, au Spectateur nocturne  (Les nuits de Paris) de Restif de la Bretonne. Si l'on en croit l'auteur de l'ouvrage proposé aujourd'hui, ce texte aurait été écrit par le petit fils de Restif, lui-même dans la police secrète comme son grand-père...


" Le 22 décembre 1786, « à sept heures du soir », Restif entreprend la rédaction des Nuits de Paris, qui témoigne, selon les spécialistes, de son emploi de « mouche » au service de la police royale ; en effet, le texte fourmille d’indications de ses liens avec la police qu’il semble en mesure d’appeler à tout moment ; il se promène armé d'un bâton, de pistolets et vêtu d'un manteau bleu, uniforme des policiers ; il menace ceux qu’il interpelle d’en appeler à l’autorité, se rend sans cesse au corps de garde, etc" (dans le BM de novembre 2009).


En fait, il s'agit d'un texte de Fernand Fleuret, spécialiste incontesté [avec Guillaume Apollinaire, Louis Perceau, Gus Bofa et Raoul Dufy] de L'Enfer de la Bibliothèque. L'ouvrage, qui n'est pas à mettre entre des mains innocentes, raconte, la encore, Les nuits de Paris dans un monde réglé par la luxure et la prostitution…


L'ouvrage que je propose aujourd'hui à la vente a ceci de particulier qu'il s'agit d'un exemplaire unique, en ce qu'il est orné de dessins et d'aquarelles originales de son ami Raoul Dufy. Il existe en France une spécialiste de ce peintre : Madame Fanny Guillon-Lafaille dont l'expertise aurait pu nous être nécessaire dans la présentation et dans l'estimation que nous avons faites de l'ouvrage. Mais le libraire de province ne peut-il pas défendre un ouvrage avec ses seules convictions ? [Quitte à se tromper]


Il y a, dans ce métier, une règle que j'ai apprise : la règle du clou. Elle donne la bonne adéquation entre le prix qu'un libraire peut espérer d'un ouvrage et celui que notre clientèle peut offrir pour ce même ouvrage ! Savoir "où mettre le clou", c'est trouver le bon prix de vente, pondéré par des facteurs annexes comme notre éloignement géographique de la capitale, notre méconnaissance de l'artiste, notre manque de notoriété professionnelle, etc...  Ainsi, le prix affiché au clou du "mur" de M. Sourget, au Grand Palais, ou à Brassens n'est pas le prix que je vais afficher chez moi par exemple...


On a pu penser qu'Internet allait niveler les écarts de prix sur des ouvrages équivalents : c'est sans doute vrai pour des publications à fort tirage. Je n'en suis pas certain pour les exemplaires de haut de gamme. A cela une raison majeure: La variable "prix" n'est pas l'élément majeur pour quelques bibliophiles fortunés, clients de librairies renommées… 


Et vous, chers confrères, comment faites-vous pour estimer vos ouvrages d’exception ?  Le prix d'achat de l'exemplaire compte, bien évidemment. Mais comment calculer la valeur du travail que vous faites en aval pour valoriser un livre ? Comment cernez-vous les attentes en prix de votre clientèle ?


Et vous, chers lecteurs, comment appréciez-vous le prix d'un livre ? Votre premier réflexe (une fois l'envie installée) est-elle d'aller compulser frénétiquement la toile pour savoir s'il s'agit ou non d'une bonne affaire ? Les catalogues de salle des ventes vous servent-ils encore ?


Autant de questions auxquelles vous pourrez me donner votre réponse, ce week-end, si vous l'avez...  Pierre


FLEURET (Fernand). Supplément au spectateur nocturne de Restif de la Bretonne. Cuivres et bois originaux de Laboureur. Paris, Editions du Trianon, 1928. Un volume In-8. Reliure demi-parchemin, plats de tissu fleuri, dos lisse, titre et nom de l'auteur en lettres rouges et vertes . Pages de garde de Raoul Dufy (probablement tissu bagatelle), rehaussées à l'aquarelle de la main de Raoul Dufy, certifiées par lui-même en dernière page et contresigné par Fernand Fleuret.

Exemplaire remarquablement truffé :
- Une lettre manuscrite de Laboureur à l'auteur assemblée par onglet
- Une lettre manuscrite de Francis Carco à l'auteur assemblée par onglet
-Deux gravures de l'édition originale des Nuits de Paris (1788), dessinées et gravées par Moreau le Jeune, représentant « le Hibou-Spectateur, marchant la nuit dans les rues de la capitale. On voit au-dessus de la tête de Restif de la bretonne voler le hibou et dans les rues un enlèvement de filles, des voleurs qui crochètent une porte, le guet à cheval et le guet à pied. Que de choses à voir quand les yeux sont fermés ! »
- Une suite des gravures sur Japon Impérial
- Trois petits dessins originaux avec leur maquette, 3 lithographies et sept maquettes de Raoul Dufy.

Édition originale. 4 cuivres hors texte et 6 bois gravés par Jean Laboureur. 1 des 60 exemplaires hors-commerce. Exemplaire n° III imprimé pour Fernand Fleuret sur Japon.  Un ouvrage unique. 1500 € + port (Réservé*)
* C'était dans l'attente de mon estimation d'aujourd'hui : c'est pourquoi votre avis m’intéressait  ;-))

vendredi 18 avril 2014

La société Galante et Littéraire au 18eme siècle par Honoré Bonhomme.


Voici un livre qui renferme des révélations piquantes et imprévues sur les personnes et les choses qui on fait le XVIIIeme siècle. Le lettré comme le curieux y trouvera son compte. Ce sont dans ces " Salons " qu'est né le siècle des lumières…


À Paris, particulièrement, des femmes et des hommes de qualité ont accueilli dans leur salon tous les beaux esprits de leur temps, écrivains, artistes et savants, en leur offrant l'opportunité de débattre et de soumettre leurs travaux et leurs écrits à l'épreuve de la critique. Elles ont ainsi permis une effervescence intellectuelle sans équivalent en France et même dans le monde à aucune autre époque.


La philosophie de l'échange, voire la philosophie tout court, trait essentiel des Lumières, gagne ses lettres de noblesse dans ces «salons» parisiens, imités en province et à l’étranger, lieux de conversation où triomphe tout un art de vivre, voire un art de la parole. Notons au passage que les contemporains utilisent rarement le terme «salon», mais plutôt maison, société, compagnie ou dîner.


La Cour de Versailles cesse d’être le centre du pays et la source de l’opinion : le mouvement des idées se fait contre elle et non plus pour elle. Dans ces salons, on donne la primauté non plus aux jeux littéraires ou aux jeux d’esprit comme au siècle précédent (du temps de Louis XIV, des «Précieuses» et de «la chambre bleue» de Mme de Rambouillet) mais à l'échange d'informations, la confrontation des idées, l'exercice de la critique et l'élaboration de projets philosophiques.


Ainsi, un nouvel espace d'expression est accordé à la femme qui règne, maîtresse en son salon. Espaces féminins en apparence seulement puisque, si les dames y président, ils sont peuplés avant tout d'hommes qui accordent généreusement à leurs compagnes un «gouvernement intellectuel.» Y fréquentent Condorcet, Lavoisier, Montesquieu, Voltaire, Diderot, d'Alembert, Grimm, Buffon et autres encyclopédistes, et bien sûr tous les provinciaux distingués ou étrangers de passage.


Ces femmes de culture qui tiennent salon sont donc une exception, rappellons-le. Ce sont de grandes lectrices : romans à la mode, auteurs classiques, traités d'éducation, revues, pamphlets politiques, écrits philosophiques ou livres d'histoire, rien ne leur échappe. Leurs lettres fourmillent de comptes-rendus du dernier ouvrage lu et des réflexions qu'il leur inspire. Elles écrivent en effet beaucoup : correspondances, notes de lecture, traductions personnelles d'un auteur antique ou étranger, journal intime.


Chacun de ces salons a un ton différent et l’hôtesse - ou l'hôte - choisit ses hôtes (ce dernier terme englobant à la fois le logeur et l'invité) selon l’orientation qu’elle - ou il - veut donner à son salon, ses préoccupations et ses goûts.  Vous en saurez donc plus, ici, sur Le chevalier de Boufflers, Madame de Sabran, Saint-Lambert, Fontanes, Le Comte de Lauraguais, Sophie Arnould, Le Chevalier de Rességuier et madame de Pompadour…


Nul autre que l'éditeur Rouveyre ne pouvait réussir un pareil défi. Pierre


BONHOMME (Honoré). La société Galante et Littéraire au XVIII° Siècle. Édouard Rouveyre, Paris 1880. Boufflers & Mme de Sabran, Saint-Lambert & Fontanes, le Comte de Laranguais & Sophie Arnould, le Chevalier de Resseguier & Mme de Pompadour. Un volume in-8 (20/14). Reliure plein veau blond glacé, encadrement du plat par un double encadrement de filets dorés, rinceaux aux coins et monogramme central, dos à nerfs, pièces de titre maroquin, filets et monogrammes entre les nerfs, double filet sur les coupes, contre-plat encadré d'un quadruple filet, papier coloré à l'hermine, tranche supérieure rouge estampée de fleurs de lys dorées, double filet sur les coupes. Remarquable reliure signée Hilaire. XIII, 178 pages, [1f table], [3ff bl]. Couvertures conservées. Ouvrage Illustré d'un frontispice et de 2 vignettes à l'eau-forte par Malval. Belle édition, exemplaire sur beau vergé, superbe reliure, dos légèrement bruni. 225 € + port

jeudi 17 avril 2014

Voyages de Mr. Le Chevalier Chardin, en Perse : La relation de l'Iran au monde arabe...


Oui ! Il s'agit d'une édition incomplète ! La faute à tous les héritiers qui se sont distribués, en part égale, les volumes de la bibliothèque du premier propriétaire… Il n'empêche que ces exemplaires possèdent néanmoins un réel intérêt, à la fois pour la description d'un voyage qui s'est déroulé au milieu du 17eme siècle et pour les jolies gravures en taille douce qui l'illustrent.


Les informations données dans ce billet, tirées de Wiki, proviennent, en fait, d'un copier-coller de la préface de l'édition proposée aujourd'hui. Fils d’un Bijoutier protestant, Jean Chardin se rend en Perse et en Inde en 1665 pour y faire le commerce des diamants. Il plaît au roi de Perse, qui le nomme son marchand. De retour en France en 1671, il publie Le couronnement de Soleïmaan troisième, roy de Perse (Chez Claude Barbin, 1 volume in-12).


Puis, il repart pour la Perse en août 1671, en faisant cette fois-ci un long périple qui le mène à Smyrne, à Constantinople, en Crimée, dans le Caucase et en Géorgie. Il arrive à Ispahan en juin 1673, accompagné du dessinateur Guillaume Joseph Grelot, reste quatre ans en Perse et retourne en Inde avant de revenir en Europe en 1680 en passant par le Cap de Bonne-Espérance.


Constatant à son retour que les Protestants sont persécutés en France, il se rend, comme tant d'autres Huguenots, en 1681 en Angleterre, où Charles II le fait chevalier et le nomme bijoutier de la cour. Il s’y marie et devient membre de la Royal Society en 1682.


Chardin se rend ensuite en Hollande en tant que représentant de la Compagnie anglaise des Indes orientales et c’est à Amsterdam qu’il publie en 1686 la première partie des Voyages de monsieur le chevalier Chardin en Perse et autres lieux de l’Orient. Cet ouvrage, qu’il ne complète qu’en 1711 (10 volumes in-12), peut-être avec l’aide de François Charpentier, est salué par les philosophes et reçoit les éloges de Montesquieu, Rousseau, Voltaire et Gibbon.

Comment on fume le tabac...
Les trois premiers volumes, qui sont la relation de Paris à Isfahan, furent imprimés à Londres Chez Moses Pitt en 1686 en un volume in folio puis à Amsterdam, à Lyon en une ou deux volumes in-12. . En 1811, Louis-Mathieu Langlès en publie une édition plus complète en dix volumes.


Empreints d’un sens aigu de l’observation et considérés par les spécialistes comme une source historique importante sur la culture et la civilisation persanes de l’époque, les Voyages de Chardin gardent encore aujourd’hui un intérêt considérable. Fort bien reliés, bien illustrés, ils apporteront une touche d'exotisme à votre bibliothèque… Pierre


CHARDIN (Jean, chevalier de) : Voyages de Mr. Le Chevalier Chardin, en Perse, et autres lieux de l'Orient. Tome premier : Contenant le voyage de Paris à Ispahan, Capitale de l'Empire de Perse. Première partie qui comprend le voyage de Paris en Mingrelie, & la relation de la religion des Mingreliens, par le P. Dom J. M Zampi, Theatin, enrichi d'un grand nombre de belles figures en taille douce représentant les anntiquités & les choses remarquables du pays. A Amsterdam, chez Jean Louis De Lorme, 1711. Tome III : […] qui comprend le voyage de Tauris à Ispahan, enrichi […] du pays. Tome IV : […] contenant une description générale de la Perse, enrichi […] du pays. 3volume in-12 (17/11). Reliure plein parchemin de l'époque. Nombreuses gravures ht, pleines pages ou dépliantes. Volumes collationnés complets (table des gravures dans le tome I). L'édition intégrale est en 10 volumes. Très bel état général. 320 € + port les 3 tomes.

mercredi 16 avril 2014

Collection Petite Encyclopédie Populaire d'Amédée Guillemin...


Laissons à Gaston Tissandier de faire le plus bel hommage qu'un scientifique puisse faire à un autre scientifique : clair, net et précis…


" Amédée Guillemin, l’auteur de tant d’ouvrages de vulgarisation scientifique dont le succès après un quart de siècle n’est pas encore épuisé, est mort dans sa ville natale à Pierre dans le département de Saône-et-Loire où il s’était retiré depuis quelques années. Né dans cette même ville, le 5 juillet 1826, Guillemin fit ses études à Beaune et à Paris, puis devint professeur libre de mathématiques et de sciences.


Quelques années après, en 1860, il se fixa à Chambéry où il fut secrétaire de la Rédaction du journal La Savoie, puis il revint à Paris, après l’annexion, et il écrivit, avec beaucoup de talent, la chronique scientifique de l’Avenir national.


Il commença bientôt à publier ses ouvrages scientifiques de physique et d’astronomie, qui sont devenus célèbres. Son remarquable livre intitulé le Ciel (1864) magnifiquement édité, a été traduit en plusieurs langues et a eu de nombreuses éditions. C’est en 1877 que fut publiée la septième édition de ses notions élémentaires d’astronomie, où de nombreuses illustrations et planches hors texte se joignent à un texte toujours précis. Les comètes succédèrent à ce premier ouvrage, et constituent un volume plein d’érudition. 


Une œuvre capitale d’Amédée Guillemin est Le Monde Physique qui ne forme pas moins de cinq volumes et qui peut être considéré comme un des meilleurs traités de physique élémentaire. A la fin de sa carrière, l’auteur de ces grands ouvrages, où rien n’est sacrifié à la science et à la vérité, publia des petits livres d’astronomie et de physique, formant une excellente collection qu’il fit paraître sous le titre de Petite Encyclopédie Populaire [c'est quelques ouvrages de cette collection que je propose, aujourd'hui, à la vente] ; cette collection a rendu de très grands services à l’instruction populaire, à laquelle l’auteur aimait à consacrer ses efforts.


Amédée Guillemin ne se borna pas aux travaux que nous venons d’énumérer. Il écrivit en outre deux ouvrages de la Bibliothèque des merveilles ; ces ouvrages ont pour titres : La Vapeur et Les chemins de fer. Il fut attaché Comme écrivain scientifique à un grand nombre de journaux. D’une correction impeccable, d’un esprit droit, les écrits d’Amédée Guillemin peuvent être considérés comme un modèle de méthode et de précision.


Amédée Guillemin s’était occupé de politique, et il était toujours resté fidèle à ses convictions libérales ; c’était un ami sûr et dévoué, qui laissera des regrets sincères dans le cœur de tous ceux qui l’ont connu. Collaborateur de la première heure de La Nature, il publia de nombreux articles dans nos colonnes jusqu’au moment où il quitta Paris pour aller chercher, dans sa ville natale, le repos qu’il avait si bien gagné par un travail assidu… "


Voici les titres des 6 volumes de la Petite Encyclopédie Populaire qui sont disponibles, ici : La Lune, Le Soleil, Les Étoiles, La Lumière, Les Comètes, Le Feu souterrain. L'idéal étant d'acquérir le lot pour bénéficier d'une reliure homogène… Pierre


GUILLEMIN (Amédée). : La Lune, Le Soleil, Les Étoiles, La Lumière, Les Comètes, Le Feu souterrain. Collection petite encyclopédie populaire. Paris chez Hachette, 1881 à 1886. 6 volumes in-12 (18/12). Reliure demi-basane bleue, dos lisse, filets et titre en lettres dorées, gardes colorées, toutes tranches mouchetées. Nombreuses illustrations dans le texte et planches hors texte. Très bel état intérieur et extérieur. 215 € + port

mardi 15 avril 2014

L'unique pièce de théâtre de Flaubert : un Candidat malheureux…


Flaubert n'aimait pas le théâtre, voire il le dédaignait… Il faisait partie de ces personnes qui, n'arrivant pas à exceller dans un domaine, disent alors : " Cela ne m'intéresse pas, donc c'est méprisable ! ". Il est vrai que le mélange de romantisme et de réalisme qui fait toute l'œuvre de l'auteur de Madame Bovary est tout le contraire de celui d'un homme de théâtre.


Et pourtant, il fut attiré par ce registre qui dépassait les bornes de son intelligence et qui était plutôt réservé, à son époque, à ceux qui écrivaient "comme des cochers de fiacre " (sic). C'est qu'au théâtre la question du succès immédiat prime sur tous les autres. C'est un art complexe que Flaubert n'a jamais compris et qu'il s'amusait à caricaturer devant les frères Goncourt : " Le théâtre ce n'est pas un art, c'est un secret. D'abord, il faut prendre des verres d'absinthe au café du Cirque ; puis dire de toute pièce : ce n'est pas mal mais… des coupures, des coupures ! Ou encre répéter : pas mal ! Mais il n'y a pas de pièce ; - et surtout toujours faire des plans mais jamais de pièces. Au fond, quand on fait une pièce, on est f…. Voyez, je tiens le secret d'un idiot !


De quelle manière eut-il l'idée de composer Le candidat ? Sa correspondance nous l'apprend. Flaubert ayant retrouvé parmi les papiers de Louis Bouilhet, une comédie, Le sexe faible, jadis refusée au "Vaudeville" crut bon de la remanier, durant un séjour à Luchon, et de la présenter au Directeur de Théâtre Carvalho qui fut enchanté. " Comme j'avais pris l'habitude, pendant six semaines, de voir les choses théâtralement, confiait-il à George Sand, ne voila t-il pas que je me suis mis à construire le plan d'une autre pièce, laquelle a pour titre : Le Candidat ! ". Carvalho, tout à fait séduit, désire alors faire jouer Le Candidat avant Le Sexe faible… Flaubert, bourreau de travail bien connu se flatte de lui donner satisfaction.

 
Le Candidat n'est moins que rien qu'une amusette, qu'une bluette, un passe-temps, le délassement de ses travaux sur Bouvard et Pécuchet. Une pièce de théâtre ne saurait être prise au sérieux… C'est du moins ce qu'il feint de faire croire alors que sa Tentation de Saint-Antoine va paraitre chez Carpentier. En fait, il est très anxieux à l'approche du grand soir !


Hélas ! Les risées de la populace l'accueillirent  trop bien ! Les envolées romantiques de l'auteur déchainèrent l'hilarité générale de la salle et l'ennui fut l'impression dominante du scénario.  Ecoutons les Goncourt présents à la première : " Hier, c'était funèbre, cette espèce de glace tombant peu à peu, dans cette salle enfiévrée de sympathie, dans cette salle attendant des tirades sublimes, des traits d'esprit naturels, des mots engendreurs de bataille. Ce fut une tristesse apitoyée, contenue par le respect pour l'auteur… ".


Mauvais joueur, Gustave Flaubert ? Voilà comment il s'en sortit : " Comme ma chute n'est ni une affaire d'art, ni une affaire de sentiment, je m'en bats l'œil profondément… ". Se rendant à la cruelle évidence, Flaubert retira sa pièce de l'affiche après la quatrième représentation. Peut-être ne voulait-il pas voir ses acteurs se faire siffler par le public ? Il n'empêche qu'il donna cependant sa pièce à l'impression ce qui prouve qu'il gardait encore confiance dans son œuvre.  La pièce fut reprise à l'Odéon le 30 avril 1910. La pièce n'eut qu'une seule représentation ! Les esprits chagrins vous diront que cette seconde épreuve confirma la première. Les thuriféraires de Flaubert vous répondront que certaines pièces peuvent se bonifier avec le temps. Un siècle : est-ce suffisant ? Pierre


FLAUBERT (Gustave). Le Candidat. Comédie en quatre actes. Paris, Charpentier, 1874. Un volume in-16. Reliure demi-percale marron, dos lisse, titre en lettres dorées, 165 pp. Edition originale de cette satire du milieu politique, représentée le 11 mars 1874 au Théâtre du Vaudeville et retirée par Flaubert, ulcéré par la critique, après 4 représentations. Les mots entre deux crochets et quelques phrases en bas de page ont été supprimés par la censure. C'est l'unique pièce de théâtre de Flaubert ! Un article du figaro du 18 mars 1924 contrecollé sur la garde dont je me suis servi pour écrire ce billet. Rare. En bel état. 130 € + port