samedi 20 avril 2013

La science du bien-vivre par Monsieur Brun, illustrée par Louis Jou : savoureux…


" Trois clichés, ça suffit pas pour présenter un ouvrage comme ça ! " nous dit Céline Essentiam sur une vidéo  postée sur son site.


Alors comme, aujourd'hui, j'étais un peu feignant, un peu gourmand, et que je n'avais guère envie d'aller au diable, j'ai donc pensé que cette ode visuelle à l'ouvrage illustré par Louis Jou tombait fort bien.


Je vous propose le même ouvrage à la vente, aujourd'hui, mais avec un envoi différent, bien évidemment. Ce dernier est de la plus belle plume de l'auteur, avec une écriture à l'anglaise si caractéristique d'une époque où l'élégance du fond s'accordait avec l'élégance de la forme. Et il est en vers, chers lecteurs… Ecrit pendant la guerre, ce livre illustré par Louis fut imprimé en 1949. Il est agrémenté d'une onctueuse  préface de Charles Maurras dont j'ai présenté un ouvrage sur le blog, ici, hier. Plus qu'un simple livre de recettes, cet exemplaire est une ode à la science du bien vivre et aux principes de cuisine qui la régissent.


Le bien-vivre, vous le verrez, ne consiste pas uniquement dans la satisfaction que procure une table somptueusement servie, mais dans les milles circonstances qui flattent le goût sans préoccuper la pensée et sans affecter la bonne ou mauvaise conscience … Je m'explique : à la médiocrité, une nourriture saine et variée ; à l'aisance, une recherche plus marquée, et de temps à autres la pompe du festin ; à l'opulence, le luxe et l'abondance, tempérés par un habile discernement ; mais dans chacune de ces circonstances, on doit faire un choix sans lequel la vie ne serait qu'une habitude animale, un besoin auquel on céderait par nécessité…


Plus qu'un florilège de recettes, le bien-vivre est la parfaite adéquation du repas au moment où il est servi. On ne s'attend pas à trouver la même chose dans nos assiettes au mariage de la cousine que sur la desserte d'une cuisine quand un ami arrive à l'improviste ; on ne parle pas des mêmes choses non plus…


Monsieur Brun nous apprend ici à recevoir avec simplicité mais aussi avec clairvoyance. Quel que soit le bon diner qu'il offre, si l'amphitryon y a sacrifié ses dernières ressources ; si pour un service splendide, il a prélevé un impôt forcé sur ses revenus, s'il a voulu briller un moment, pour se nourrir ensuite de dures privations, sa gène, son embarras entraînant celle de ses convives, enlèvera à sa réunion le charme attrayant que procure la table.


Là est la leçon que nous pouvons tirer de l'ouvrage de Monsieur Brun, notre subtil et fin restaurateur-philosophe.


Le restaurant de Monsieur Brun n'existe plus. Le matériel fut dispersé dans une salle des ventes. Il n'y aura pas de prochain service mais il reste ce livre à déguster en connaisseur.


Il y aurait eu un second tirage (c'est ce qui se dit à Marseille) mais le premier tirage est reconnaissable à l'emboîtage illustré que vous avez ici. Pierre


BRUN (Maurice). Groumandugi, Réflexions et souvenirs d'un gourmand provençal. Préface de Charles Maurras, Illustrations de Louis Jou. Marseille, chez l'auteur, 1949. Broché, sous couverture rempliée, illustrée en couleur, sous cartonnage illustré rigide et étui. Fort et grand in-4° à grandes marges, non rogné, de 10 feuillets non chiffrés (gardes, faux-titre, titre, frontispice, couverture en couleurs aux armes de Provence, 2 planches de L. Jou), XVII pages (préface), 197 pages et 12 feuillets non chiffrés ("Dernier hommage à Marianne", "In cauda venenum", tables, justification de tirage, gardes). Tirage sur Auvergne, limité à 1026 exemplaires (ici le n°351). Une des pages de garde est occupée par un long envoi versifié. 1er tirage. Restauration sur l'emboîtage. Très bon état intérieur. 780 € + port

6 commentaires:

sandrine a dit…

:-)

Pierre a dit…

Bonne idée pour matérialiser la touche J'aime ! Pierre

calamar a dit…

hum... Louis Jou est un bon typographe, mais franchement, il devrait se relire... Même dans le titre c'est plein de fautes ! "groumandugi"... il aurait dû relire Littré, ou Larousse. Gourmandise, ce n'est pourtant pas si difficile que çà à écrire !

Pierre a dit…

Il est vrai que Groumandugi , c'est un peu lourd en bouche ;-))

Heureusement, à part quelques expressions provençales, l'ouvrage est écrit en français plus digeste... Pierre

Pierre a dit…

Je ne sais si certains connaissaient cette vidéo de Céline Essentiam. Voici quelqu'un (une) qui sait mettre en valeur les livres auprès de ses clients. La meilleure preuve est que son exemplaire a été vendu ! Pierre

Anonyme a dit…

Sa façon gourmande de comparer le livre à un artichaut y est peut-être pour quelque chose. :-)

Jean-Michel