jeudi 31 mai 2012

Charles Rollin : Histoire ancienne des Égyptiens, des Carthaginois, des Assyriens, des Babyloniens, des Medes et des Perses, des Macédoniens et des Grecs...

" La nature commence l'homme, et l'éducation l'achève. Par elle, ses facultés deviennent des talents ; ses penchants, des vertus ; par elle se perpétuent d'âge en âge, avec les traditions de la science, les leçons de la sagesse ". Tel fut le début de l'éloge fait à Charles Rollin par l'Académie des Inscriptions (la petite). La suite…

" Rollin servit l'enseignement par ses travaux ; il honora sa carrière par des talents et des vertus. Pour le louer, il suffit de raconter ce qu'il a fait, de montrer ce qu'il a été. Je n'offenserai point, par le faste de mes louanges, la mémoire d'un sage : je parlerai rarement de sa gloire ; mais je parlerai souvent de sa bonté, et sans doute son ombre ne repoussera point cet éloge…"

Rollin avait soixante ans lorsqu'il commença à écrire en français, n'ayant pratiqué jusque-là que la langue latine. Le succès obtenu par le Traité des études (1726) l'encouragea, et, de 1730 à 1738, se succédèrent les treize volumes de son Histoire ancienne que je propose aujourd'hui à la vente , aussitôt suivie de l'Histoire romaine, dont les cinq premiers tomes, seuls, sont de lui.

L'érudition de Rollin était assurément bornée, et il n'entendait que médiocrement le grec. Ses Histoires ne sont guère qu'une compilation sans critique des écrivains anciens. Ces défauts lui furent durement reprochés par quelques contemporains, mais il en fut dédommagé par le très légitime succès de ses ouvrages, et surtout par le magnifique éloge qu'en fit Montesquieu : " Un honnête homme qui a, par ses ouvrages d'histoire, enchanté le public ; c'est le coeur qui parle au cœur ; on sent une secrète satisfaction d'entendre parler la vertu ; c'est l'abeille de la France ".












Charles Rollin
est né à Paris en 1661. Fils d'un coutelier originaire de Montbéliard, il fit un apprentissage du métier de son père. Un bénédictin dont il servait la messe remarqua son intelligence et lui obtint une bourse. Rollin fut pris en grande estime par son principal, il fit ses humanités, sa philosophie et étudia la théologie. Il prit ensuite la tonsure, mais n'entra pas dans les ordres. Son professeur Hersan lui abandonna en 1683 sa classe de seconde, et en 1687 sa chaire de rhétorique, puis en 1688, la chaire d'éloquence au Collège de France.












De 1730 à 1738, Rollin publia son Histoire ancienne qui eut un très grand succès. Le prince royal de Prusse (plus tard Frédéric II) entretint alors avec l'auteur une correspondance suivie jusqu'à son avènement. L'Histoire romaine (1738), que Rollin n'acheva pas, réussit moins.

Plus tard, Rollin a été attaqué par des historiens qui ne lui pardonnaient pas d'avoir composé un livre d'histoire dicté par l'amour de la religion. Les sarcasmes de Voltaire ont contribué à répandre l'opinion, nous dirons le préjugé, que l'Histoire ancienne fourmille de contre-sens, et est remplie d'erreurs de tout genre, de réflexions niaises et puériles, de contes rassemblés sans critique. Ils n'a pu réussir à en faire abandonner complètement la lecture mais ils en a diminué l'autorité et le poids, en exagérant le nombre des fautes qui peuvent s'y trouver...

Je vous laisse juger par vous-même. Difficile, cependant, de passer après Voltaire ;-)) Pierre


ROLLIN (Charles). Histoire ancienne des Égyptiens, des Carthaginois, des Assyriens, des Babyloniens, des Medes et des Perses, des Macédoniens, des Grecs [connue sous le titre d'Histoire ancienne]. Chez Jacques Estienne, Libraire, rue Saint Jacques, à la Vertu puis Chez La veuve Estienne, Libraire, rue Saint Jacques, vis-à-vis la rue du Plâtre, à la Vertu, 1730-1738. Complet de ses 13 tomes en 14 volumes in-12. Reliure d'époque plein veau brun, dos à nerfs, caisson ornés de motifs dorés, pièces de titre en maroquin cerise, roulettes sur les coupes, papier de garde coloré, tranches rouges. Première édition de cet ouvrage. 6 Illustrations dépliantes : Tome III. Syracuse - Tome IV. Carte de la retraite des dix mille – Tome VI. Environs d'Issus – Tome VIII. Signaux par le feu - Tome XI.1. Ordre d'architecture et Camp des Romains. Des défauts de reliure comme sur les clichés, des défauts intérieurs clairsemés (2 petits trous de vers, petites mouillures très locales), quelques mors ouverts, quelques petites restaurations anciennes. L'ensemble est néanmoins en bel état sans cahiers flottants. Collation complète. Vendu

7 commentaires:

Pierre a dit…

Le tome II est à l'envers. Je sais ! Pierre ;-))

Anonyme a dit…

La dorure n'est pas identique sur tous les volumes, on dirait?
Bien à vous, Pierre.

Anonyme a dit…

Voilà un ouvrage qui me fait rêver depuis quelques temps... et ici, dans une présentation très soignée... ah la la, vous me retournez le couteau dans la plaie, Pierre!
Amitiés,
Christophe
Belgique

calamar a dit…

hum... je n'avais pas vu le défaut du tome II... du coup, cet ouvrage est nettement moins intéressant. C'est que je n'ai pas appris à lire à l'envers, moi ! la série pourrait être considérée comme incomplète. Il faudrait peut-être en réviser le prix ?

Pierre a dit…

La série est etèlpmoc, Calamar ;-))

La reliure est homogène, Sandrine, mais vous avez raison : L'édition complète court sur 8 ans et il est vraisemblable que les volumes aient été reliés les uns après les autres, dans le même style mais avec des petites variations propres au "fait main". Pierre

Anonyme a dit…

Bonjour Pierre, oui c'est délicieux. je trouve que c'est ça qui fait le charme du livre ancien. Votre collection est belle. Un bibliophile historien curieux d'analyser les préjugés qui circulent encore aujourd'hui pourrait être fortement intéressé.
Pour une fois, c'est dit sans forfanterie :-)
Bien à vous,
Sandrine

Anonyme a dit…

Alors lequel choisir ?