mercredi 2 mai 2012

L'année terrible de Victor Hugo : Un réquisitoire contre les brûleurs de livres...

Le mois de mai arrive. On nous annonce le chaos et moi, je pense à ce matin d'un autre mai, il y a un siècle et demi ! Le peuple, quand il est plein de haine, n'a jamais raison. On attribue au pouvoir tous les torts...

A qui la faute ?

Oui. J'ai mis le feu, là.

Mais c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore. […]
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine […]
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! C'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !











Je ne sais pas lire !


Lorsqu’il écrit son poème L’Année terrible (août 1870 à juillet 1871) en 1871, Victor Hugo n’est plus exactement l’écrivain romantique qu’il fut par le passé. Certes, il revendique toujours le droit à l’expression libre de ses sentiments mais ces derniers semblent cernés par la raison. En effet, l’incendie de la bibliothèque de l’Arsenal par un jeune analphabète lors de la Commune de Paris montre que le poète est dépassé par le déferlement d’une violence anarchique. La diatribe qui s’ensuit contre les brûleurs de livres semble révéler de toute évidence à la fois un combat perdu d’avance mais aussi et surtout une passion intacte de la part de l’auteur. Voici un hommage vibrant au livre malgré l’incompréhension finale !


Je vous propose de retrouver cette Année terrible dans l'année de la parution originale (mention de neuvième édition - 1872). Le papier est beau, bien que marqué de rousseurs en début d'ouvrage, les marges sont grandes et le prix menu… Une affaire terrible ! Pierre


HUGO (Victor). L'Année Terrible. Paris, chez Michel Lévy frères, 1872. Un volume grand in-8 (15cm/23cm) de 427 pages. Reliure demi-chagrin cerise, dos lisse avec filets estampés à froid et titre en lettres dorées, papier de garde coloré. Neuvième édition de l'année de l'originale sur beau papier aux bords non rognés, tranche supérieure mouchetée. Rousseurs marginales et en début d'ouvrage. Bel état d'ensemble. Vendu

4 commentaires:

Pierre Bouillon a dit…

Je l'achète Pierre.
Pierre Bouillon

Pierre a dit…

Je vous l'envoie Pierre ;-))

Amicalement. Pierre

calamar a dit…

Pierre tu es Pierre et sur cette pierre j'édifierai mon commerce...

Pierre a dit…

Merci d'écrire sur le mur de Pierre ;-))