jeudi 17 novembre 2011

Alphonse de Lamartine édité par Gosselin & Furne en 1832.

J'ai acheté cette édition des œuvres de Lamartine, aux enchères, il y a plusieurs années, dans une petite salle des ventes, en Bretagne. Entre moi et quelques bouquinistes qui s'étaient regroupés au fond de la salle, il y avait un fossé comme entre le prix de leurs enchères et mes estimations d'ailleurs ;-)) C'est que je n'étais pas un professionnel ! Ce petit séminaire qui fermait était alors, pour moi, une aubaine.


Je garde un souvenir ému de mes premiers pas en salle de ventes. Que d'erreurs de jugements, que de faux pas sans conséquences… Aujourd'hui, j'attends patiemment les résultats d'une vente à Avignon… Je suis passé hier pour voir les ouvrages en présentation, ai effectué quelques ordres d'achat mais n'assiste pas aux ventes. Beaucoup de temps à perdre et il faut aimer ça… Je vous dirai si j'ai tapé assez haut pour enlever quelques bons livres et assez bas pour espérer tirer un profit de leur revente ! L'expérience montre néanmoins que les absents ont toujours tort lors d'enchères…


Donc, j'avais remporté cette édition des œuvres de Lamartine, imprimée de son vivant. Bien qu'incomplète par essence, de tous ses écrits, j'avais été charmé à l'époque par sa présentation élégante, son papier sans rousseurs et ses grandes marges. Vous y trouverez évidemment ses poésies les plus célèbres, certaines étant en édition originale, mais aussi quelques textes forts intéressants qui mettent en valeur les qualités de l'écrivain. C'est le début d'un texte sur les devoirs du curé (au milieu du XIXe siècle) qui a retenu mon attention, aujourd'hui. Cent cinquante ans plus tard, peu de choses ont changé dans le comportement des paroissiens envers leur curé. La seule différence provient du fait que les trois quart de la population ne sont plus des paroissiens ;-))


"Il est un homme dans chaque paroisse qui n'a point de famille, mais qui est de la famille de tout le monde; qu'on appelle comme témoin, comme conseil, ou comme agent dans tous les actes les plus solennels de la vie civile; sans lequel on ne peut naître ni mourir, qui prend l'homme au sein de sa mère, et ne le laisse qu'à la tombe, qui bénit ou consacre le berceau, la couche conjugale, le lit de mort et le cercueil ; un homme que les petits enfants s'accoutument à aimer, à vénérer et à craindre ; que les inconnus mêmes appellent mon père ; aux pieds duquel les chrétiens vont répandre leurs aveux les plus intimes, leurs larmes les plus secrètes ; un homme qui est le consolateur par état de toutes les misères de l'âme et du corps, l'intermédiaire obligé de la richesse et de l'indigence, qui voit le pauvre et le riche frapper tour à tour à sa porte : Le riche pour y verser l'aumône secrète, le pauvre pour la recevoir sans rougir ; qui, n'étant d'aucun rang social, tient également à toutes les classes : Aux classes inférieures, par la vie pauvre, et souvent pas l'humilité de la naissance ; aux classes élevées, par l'éducation, la science et l'élévation de sentiments qu'une religion philanthropique inspire et commande ; un homme enfin qui sait tout, qui a le droit de tout dire, et dont la parole tombe de haut sur les intelligences et sur les cœurs avec l'autorité d'une mission divine et l'empire d'une foi toute faite ! Cet homme, c'est le curé…"


Bon ! Je vais aller brûler un cierge pour que mes modestes enchères avignonnaises soient couronnées de succès. Je ne connais pas de fois où cela ne marche pas ;-)) Pierre


LAMARTINE (Alphonse de). Oeuvres. Paris, Gosselin & Furne, 1832. 4 volumes in8. Demi basane verte olive, dos lisse à quatre faux-nerfs avec filets et dentelle dorés, page de garde en papier coloré. T1. Frottement sur les plats et aux coins. 355, 339, 359, 375p. Titre orné d'1 vignette par T. johannot. T.I : Premières Méditations poétiques - La mort de Socrate - Épîtres et poésies diverses. T.II : Nouvelles Méditations - Le dernier chant du pèlerinage d'Harold. T.III : Harmonies poétiques et religieuses (livres 1, 2 & 3). T.IV : Harmonies poétiques, livre IV - Le chant du Sacre - Épîtres et poésies diverses - Discours à l'Académie française. Les Harmonies sont publiées ici pour la 1ère fois en édition collective (Vicaire IV, 1043-4). Grandes marges. Pas de rousseurs, dos insolé. Quelques mouillures claires éparses. Reliure avec frottements des plats. Ex-libris. Bibliothèque séminaire. 115 € + port

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Je ne voudrais vous porter la poisse mais si le marché d'Avignon se porte aussi bien que le marché parisien, les enchères vont s'envoler. Cet après-midi je n'ai rien eu de sérieux, le moindre petit gothique mangé par les souris partait à deux ou trois fois l'estimation haute, et les acheteurs se bagarraient sans fin des livres incomplets de cahiers entiers. Un autre, sans page de titre, a fait 2000 euros ...
Textor

Pierre a dit…

Le marché serait haussier mais la demande à la baisse ? C'est à n'y rien comprendre... Pierre

Bertrand a dit…

Textor, je suis au regret de vous le dire tout net, mais l'époque où vous achetiez à la pelle des incunables en reliure de l'époque, tout à fait complets et tout à fait beaux, à 50 francs à Bécherel, est bel et bien révolue.

J'ai envie d'écrire RIP mais je ne voudrais pas vous mettre le moral au court bouillon.

Bonne nuit quand même ;-)

B.

Françoise L-S a dit…

Conclusion Messieurs,
Nous avions raison de dire,
il y a quelques jours,
que l'agenda papier était l'avenir!?....;-)
Par conséquent, Textor,
abandonnez immédiatement vos "gribouillis" électroniques ...
pour la postérité!...;-)
Bonne journée à tous ...
Françoise

Anonyme a dit…

Le panégyrique du curé est bien bâti, mais ce qui prouve qu'il appartient vraiment à une population qui l'accepte en son sein c'est le surnom que lui donnent les gamins, surnom faussement irrévérencieux fait surtout pour apprivoiser l'homme, "le noir", comme abréviation de "radis noir", surnom donné par les parents dans l'intimité des foyers.

Jean-Michel