vendredi 25 juillet 2014

Saint Paul ; ses missions et ses dernières années par l'Abbé Fouard.


Comme l’écrit Luc dans le Livre des Actes des Apôtres, Paul a consacré sa vie à la cause de Jésus Christ. C'est aussi simple que ça ! Appelé par le Seigneur sur le fameux chemin de Damas à être, lui aussi, un véritable Apôtre, Paul de Tarse brille comme une étoile de première grandeur dans l’histoire de l’Église… Certains l’ont même appelé le " treizième Apôtre " !


Nous possédons non seulement le récit qu’en fait Luc dans les Actes des Apôtres, mais également un groupe de Lettres qui proviennent directement de sa main [?] et qui, sans intermédiaires, nous en révèlent la personnalité et la pensée.


Luc nous informe que son nom originel était Saul [ou plutôt en hébreu : Saoul] comme le roi Saül et qu’il était un juif de la région d'Antioche, point de départ de la route de la soie. En fait, c'était un citoyen romain d'Asie mineure, ce qui lui permettait de voyager sans laisser-passer. On affirme parfois que Paul d'Antioche était donc turc de par sa naissance. L'Asie mineure n'était pas la Turquie d'aujourd'hui... Il s’était rendu très tôt à Jérusalem pour étudier en profondeur la loi de Moïse aux pieds du grand Rabbi Gamaliel. Il avait également appris un métier manuel et rude, la fabrication de tentes…


Rencontrer la communauté de ceux qui se professaient les disciples du Christ fut un événement décisif pour lui. En juif zélé, il considérait leur message comme inacceptable et il se sentit donc en devoir de les poursuivre, même en dehors de Jérusalem. Ce fut précisément sur le chemin de Damas, au début des années 30, que Saul, selon ses paroles, fut " ravi par le Christ ".


Son existence sera désormais celle d’un Apôtre. Le point de départ de ses voyages fut l’Église d’Antioche de Syrie, où pour la première fois l’Évangile fut annoncé aux Grecs et où fut également forgé le nom de " chrétiens ", c’est-à-dire de croyants en Christ. De là, il se dirigea tout d’abord vers Chypre et ensuite, à plusieurs reprises, vers les régions de l’Asie mineure, puis vers celles d’Europe. Les plus importantes étapes de son évangélisation furent les villes d’Ephèse, de Philippe, de Thessalonique, de Corinthe, de Beréa, d'Athènes et deMilet.



Dans l’apostolat de Paul, les difficultés ne manquèrent pas, qu’il affronta avec courage. Il le rappelle lui-même : " La fatigue… la prison… les coups… le danger de mort… : trois fois j’ai subi la bastonnade ; une fois, j’ai été lapidé ; trois fois, j’ai fait naufrage… ; souvent à pied sur les routes, avec les dangers des fleuves, les dangers des bandits, les dangers venant des juifs, les dangers venant des païens, les dangers de la ville, les dangers du désert, les dangers de la mer, les dangers des faux frères. J’ai connu la fatigue et la peine, souvent les nuits sans sommeil, la faim et la soif, les journées sans manger, le froid et le manque de vêtements, sans compter tout le reste…"


Il est clair qu’il ne lui aurait pas été possible d’affronter des situations si difficiles et parfois si désespérées, s’il n’y avait pas eu une foi, avec laquelle aucune limite ne pouvait être considérée comme infranchissable.


De fait, l’Apôtre affrontera l'épreuve du sang sous l’empereur Néron à Rome, où nous conservons et vénérons sa dépouille mortelle. Après avoir prêché la justice au monde entier, et après être parvenu jusqu’aux frontières extrêmes de l’Occident, il subit le martyre devant les gouvernants ; c’est ainsi qu’il partit de ce monde. C'est ainsi qu'il restera dans nos mémoires… Pierre


FOUARD C. (Abbé). Saint-Paul, ses missions. Collection les origines de l'Eglise. Septième édition, revue et corrigée.  Paris, Librairie Lecoffre, 1902. Reliure demi percale couleur taupe, dos lisse, filets et motif dorés, pièce de titre maroquinée. Cartes dépliantes hors texte dont cartes en couleur. XVIII, 392 pp. Très bel état. Vendu
FOUARD C. (Abbé). Saint-Paul, ses dernières années. Collection les origines de l'Eglise. Septième édition, revue et corrigée.  Paris, Librairie Lecoffre, 1903. Reliure demi percale couleur taupe, dos lisse, filets et motif dorés, pièce de titre maroquinée. Cartes dépliantes hors texte dont cartes en couleur. 392 pages. Très bel état. Vendu

jeudi 24 juillet 2014

Monsieur Nicolas ou le cœur humain, dévoilé par Restif de la Bretonne et illustré par Sylvain Sauvage.


Concurrent littéraire du marquis de Sade (1740-1814) et de Diderot (1713-1784) pour avoir écrit de nombreux livres érotiques, Monsieur Nicolas est l'œuvre autobiographique De Restif de la Bretonne (1734-1806). Ceux qui classent ses ouvrages dans le régionalisme breton en raison de son patronyme font donc une erreur qui nuit globalement à la profession toute entière…

Échelonné entre 1794 et 1797 Monsieur Nicolas constitue une source importante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle. Il fut tout d'abord publié en 16 volumes in-12 et, signe des temps ainsi que de la plus élémentaire prudence révolutionnaire, édité sous le nom de Rétif Labretone !


Cette autobiographie, c'est d'abord le souvenir qu'il garda d'une jeunesse passée entre Auxerre et Chablis, sur ces plateaux calcaires aux horizons dénudés, aux vallons profonds, et couverts de vignes, qui vont de l'Yonne à la Cote d'Or. Sans doute y a-t-il dans nombre de pages un enthousiasme excessif pour les choses de la terre, sans doute y a-t-il un peu trop de " l'agromanie " du XVIIIeme ? C'était la mode…


Qu'était donc alors l'organisation agricole de ces plateaux? Le village de Sacy s'allonge dans le fond d'un vallon plus ou moins sec, qui débouche dans la vallée de la Cure un peu en amont de Vermenton. Les Rétif habitent la Bretonne, domaine " absolument isolé du village, mais entouré de murs, avec une grande porte cochère que l'on barre soigneusement le soir ".


" Aux abords du village, dans le fond du vallon, s'étendent les meilleurs prés, grâce à une nappe souterraine que gonflent les pluies de saison froide, puis, dans chaque petit vallon affluent, d'autres prés, tous parfois si humides qu'on y a ménagé des rigoles d'écoulement, mais, le plus souvent, assez maigres et grignotés par les bois d'où sangliers et loups menacent le bétail. Aux coteaux les plus proches du village montent des vignes récentes, mais qui gagnent de plus en plus. "


Devenu ouvrier typographe à Auxerre et Dijon, Nicolas Restif de La Bretonne s'installe à Paris en 1761. Par son métier dans l'imprimerie, il rencontre des écrivains comme Beaumarchais, Louis-Sébastien Mercier, Grimod de La Reynière ou Cazotte.


Voici ce que Schiller (on peut cliquer) écrivait à Goethe de Monsieur Nicolas après l'avoir lu. " Avez-vous lu par hasard le singulier ouvrage de Rétif : le Cœur humain dévoilé ? En avez-vous du moins entendu parler ? Je viens de lire tout ce qui en a paru, et malgré les platitudes et les choses révoltantes que contient ce livre, il m'a beaucoup amusé. Je n'ai jamais rencontré une nature aussi violemment sensuelle ; il est impossible de ne pas s'intéresser à la quantité de personnages, de femmes surtout, qu'on voit passer sous ses yeux, et à ces nombreux tableaux caractéristiques qui peignent d'une manière si vivante les mœurs et les allures des Français. J'ai si rarement l'occasion de puiser quelque chose en dehors de moi, et d'étudier les hommes dans la vie réelle, qu'un pareil livre ma paraît inappréciable ". 

C'est pas L'hymne à la joie mais on s'en rapproche… Pierre


RESTIF DE LA BRETONNE (Nicolas-Edme). Monsieur Nicolas, ou, Le cœur humain dévoilé. Mémoires intimes de Restif de la Bretonne. Illustré par Sylvain Sauvage. Paris, chez Henri Jonquières et Cie, 1924. 4 volumes petit in-4. Demi maroquin rouille à coins, dos à nerfs, roulette sur les nerfs, caissons ornés, lettres dorées, tranche supérieure dorée, gardes colorées, couverture et dos conservés. 385+442+414+621 pages. Belle reliure. Très bon état. Vendu

mercredi 23 juillet 2014

Les Amoureux Passe-Temps recueillis par Fernand Fleuret... Curiosa !


Que faire quand on est oisif ? Qui ne s'est pas, un jour, ennuyé pendant un voyage en train de plusieurs heures ou en attendant dans la salle d'attente bondée de son médecin ? Il existe mille et une façons de mieux jouir de la vie. C'est pourquoi je vous propose aujourd'hui un ouvrage qui va vous offrir, à la fois le passe-temps de la lecture, et les passe-temps amoureux recueillis par Fernand Fleuret


Avoir plus de temps libre à sa disposition peut résulter d'un changement de style de vie ou de carrière, du fait de prendre sa retraite, du départ de ses enfants du domicile familial, ou de la fin de leurs études. Occuper son temps libre grâce à des passe-temps utiles est une bonne manière d'améliorer sa créativité, son énergie, son enthousiasme, ainsi que son sentiment d'accomplissement. Occuper ses loisirs à des passe-temps amoureux est une autre bonne manière d'occuper ce temps...


Vous allez me dire : " Mais ces passe-temps amoureux sont le privilège de la jeunesse ! ". Et je vous réponds : " Commencez par lire ce recueil et nous verrons ensuite… ". D'ailleurs, Fernand Fleuret ne se défend pas du plaisir qu'il a eu à faire ce travail. Il vous ôte même le désagrément de compulser ces manuscrits dans les entresols poussiéreux d'improbables bibliothèques, de renifler le vieux maroquin et la moisissure dans les recoins les moins accessibles d'antiques libraires où ces gaillardes inventions du XVIeme et XVIIeme siècle sommeillent souvent…


Ainsi, ce n'est pas le Ronsard pindarique et pétrarquiste que nous allons découvrir ici mais bien le Ronsard gaulois d'Alise Sainte Reine ! Imagine, lecteur, l'enfant Ronsard sur les genoux des Camènes, lesquelles ne sont pas aussi pucelles qu'on le dit, et vois-le pareil au bon géant Gargantua quand il pelotait les seins de ses chambrières…


Les bibliophiles peuvent bien brandir leurs éditions de luxe ! Ils n'empêcheront pas que Ronsard n'eut son vibrequin, son dressoir, sa petite andouille vermeille comme je l'ai mentionné, il y a quelques temps, à l'occasion de la présentation d'une édition du livret de folastries superbement illustrée par Maillol (on peut cliquer). Le XVIIème siècle n'use plus du même langage châtié. L'enfant a pris une barbe de satyre dont il frotte la gorge d'une muse débraillée. Et ce satyre porte le feutre à panache, la fraise à godron, et la colichemarde au côté… Vous trouverez dans ce recueil des vers de Malherbe et de ses élèves. Saviez-vous que, surnommé Le Père Luxure, il a commis quelques sonnets comme celui-ci ?

Si tost le sommeil au matin m'a quitté,
Mon premier souvenir est du con de Nerée
De qui la motte ferme et la barbe dorée
Esgalent ma fortune à l'immortalité…


Terminons avec ce souhait de Fernand Fleuret : Amuse-toi lecteur. Que l'amour te soit propice et ce livre agréable !  Il est bien évidemment à mettre entre toutes les mains… Pierre


FLEURET (Fernand). Les Amoureux Passe-Temps ou Choix des plus gentilles et gaillardes inventions des XVI° et XVII° Siècles depuis Ronsard jusqu'à Théophile. Paris, Éditions Montaigne, 1925. Un volume in-8.  Broché, couverture illustrée. Exemplaire n° 154 sur pur fil Lafuma.  293 pp. Infimes tâches de rousseur. Gravures sur bois. Bel exemplaire. 45 € + port

mardi 22 juillet 2014

Félix Decori nous présente la correspondance de George Sand et Alfred de Musset



" A mon ami Émile Aucante,

Mon cher Émile, vous connaissez toutes les lettres qui m'ont été écrites par Alfred de Musset, et toutes celles qu'il a reçues de moi. Vous savez que cette correspondance est la meilleure réfutation des calomnies dont j'ai été l'objet.

Parmi ces calomnies, il en est quelques-unes qui m'ont blessée profondément, quelque habituée que je sois à tout supporter en ce genre ; et voilà celle que je tiens à réduire à néant : L'accusation de jalousie littéraire ! Celle d'avoir été la cause d'une grave maladie, en sucitant à Alfred de Musset des chagrins antérieurs à cette maladie ; celle de l'avoir mal soigné, négligé, abandonné durant cette maladie… Tout cela est odieux et stupide." George Sand


Toutefois, il y a plusieurs points, dans cette correspondance et les péripéties de cet amour légendaire qui devraient intéresser la jeunesse contemporaine (on peut rêver !) malgré l'excès de lyrisme et le fatras des mots. Ainsi George écrit à Alfred : " Tu m'as reproché dans un jour de fièvre et de délire de n'avoir jamais su te donner les plaisirs de l'amour. J'en ai pleuré alors… ". Quelle belle scène à écrire, quel échange de répliques féroces pour un auteur de théâtre porté plutôt vers le "pathos" que vers le "rigolos" comme notre ami Jean-Pierre Martinez (on peut cliquer) !


Et vers la fin de la liaison – certains disent du tournoi – quand les deux amants ressemblent à ces boxeurs épuisés qui évitent le corps à corps, n'est-elle remarquable, cette petite phrase écrite par George Sand ? : " Tout cela, vois-tu, c'est un jeu que nous jouons. Mais notre cœur et notre vie servent d'enjeux, et ce n'est pas tout à fait aussi plaisant que cela en a l'air ".


Quelle femme amoureuse n'a eu à travers le bouleversement de la passion, cet éclair de lucidité ?


L'ouvrage que je propose aujourd'hui à la vente a ceci d'intéressant qu'il offre aussi au lecteur un florilège de caricatures et de dessins d'Alfred de Musset, qu'il est imprimé sur beau papier et recouvert d'une fine reliure. Bonne lecture ! Pierre


DECORI (Félix). Correspondance de George Sand et d'Alfred de Musset, publiée intégralement et pour la première fois d'après les documents originaux par Félix Decori. Avec dessins d'Alfred de Musset et fac-similés d'autographes. Bruxelles, E. Deman, 1904. Un volume grand in -8. Reliure demi-chagrin cerise, dos à nerfs, roulette sur les nerfs. Gardes colorées, tranche supérieure mouchetée. XI-186 pp. Planches en noir dont le frontispice. Bel état. Vendu

lundi 21 juillet 2014

Causerie du lundi de Philippe Gandillet : L'oraison du sponsor est toujours la meilleure…


Ce matin, neuf heures trente, première permanence d’été à la librairie pour un lundi où le soleil de Provence est revenu de sa pause dominicale. Après les réveils paisibles des premiers jours de vacances, après les instructions au petit personnel qui m’accompagne, après les midis tout ensommeillés, après les journées d'alanguissement en des peignoirs lâches et disgracieux, après quelques obligations mondaines, voici venu le temps de redevenir le sponsor de Pierre...


J’ai actionné le rideau électrique, allumé quelques lumières ; tout est bien rangé dans la boutique. Pierre a posé sur le bureau, comme à son habitude, un ouvrage susceptible d’être vendu par ses soins grâce à mon intercession auprès des lecteurs. Deux, plus exactement. Qui lit encore des oraisons funèbres à notre époque ? Et qui lisait des oraisons funèbres aux siècles passés ? On est  surpris de constater que ces ouvrages présentent souvent, d’ailleurs, des signes d’usage qui démontrent que la pratique était autrefois fréquente.


Vous savez que l'oraison funèbre est un discours solennel prononcé pour honorer la mémoire d’un défunt illustre. Les "Bossuet", les "Fléchier" sont malheureusement rares aujourd’hui et la plus élémentaire précaution, si vous voulez qu’on fasse de vous un éloge un peu classieux au cours d’une liturgie bien menée, est encore d’écrire votre propre oraison si, comme moi, vous avez quelques talents pour l’écriture… Reste à trouver un Evêque ou un Cardinal à l’élocution claire pour honorer votre mémoire !


En ce jour de l'an de grâce ... [date à préciser], en notre Collégiale de Tarascon, une foule compacte se presse aujourd’hui pour entendre l'éloge funèbre de Philippe Gandillet :
 
L’épithète d’Académicien est celle que l’on entend le plus fréquemment accolée au nom du maitre. Idole de milliers de jeunes gens et de quelques lecteurs d’un blog bibliophile, il fit plus pour l’Académie qu’elle ne fit pour lui.  Ainsi était la pensée de Philippe Gandillet. Douée de raison, sans doute. D’intelligence, bien sûr. Mais, mieux encore, de passion domptée pleine de la douleur, de la tendresse, de l’orgueil et de la rage qui bouillonnaient en son cœur.


Mais ce n’est pas son empire, profond et chaque jour plus étendu, sur la pensée d’aujourd’hui et de demain qu’il faudrait évoquer en premier. Il était né athlète. Et il était né chanteur. Qui ne se rappelle qu’à l’aurore, quand sa journée était terminée et son mot du jour offert au dictionnaire, on le voyait parcourir des kilomètres et des kilomètres de bitume, pouvant dépasser les meilleurs coureurs kenyans en vitesse et en accélération sur des parcours où, malheureusement, on en trouvait pas ? Qui ne sait qu’à peine adolescent, il s’était épris d’un beau feu pour une des plus belles voix du répertoire français ; Alain Barrière ? C’est ainsi qu’au collège, dans la salle d’études commune, il troublait le recueillement prescrit en accompagnant ses devoirs de sa voix puissante, esquisse d’approbations passionnées et de succès d'estime…

Ce sont cependant les aspects de son génie littéraire qui nous rassemblent aujourd’hui. La première chose qui frappait ses interlocuteurs c'était la clarté d'esprit de Philippe Gandillet. Dès que les premières paroles fusaient sur ses lèvres, immédiatement, on devinait où il voulait en venir, on comprenait le cheminement de sa pensée ; après vous être entretenu avec lui du sujet qui vous tenait à cœur, vous vous sentiez comme oint d'un baume apaisant qui vous faisait oublier même, le contenu de votre propre questionnement.


Si le livre sacré nous enseigne : "Beati pauperes spiritu", ou pour les profanes : "Heureux les pauvres en esprit", alors, en vérité je vous le dis, Philippe Gandillet a dû être très malheureux, lui qui avait l'esprit si fécondCeux qui pensent que son activité dévorante pouvaient le faire négliger les plus simples choses sont-ils bien sûrs que la gymnastique de l’article quotidien qu’il s’imposait n’était pas un entrainement utile et point fatiguant pour un esprit de cette vigueur ?

Nous en avons assez dit pour montrer que cet écrivain marquera de son empreinte les temps à venir. Si nous sommes passés sur son rôle glorieux pendant son service militaire à Saint-Cyr Coetquidan, c’est sans doute parce que son prestige n’en avait pas besoin, cette dernière louange pouvant ternir toutes les autres par son éclat. Une grande voix crie du fond de la France orpheline et surtout de notre siècle : Pourquoi lui, le meilleur d'entres nous ? Le malheur a voulu que Philippe Gandillet soit Académicien devant la mort. Mais Immortel, il le sera, pour la vie…


Voilà, c'est aussi simple que ça ! On peut lire, aussi, les belles oraisons de mes deux voisins de siège, Esprit Fléchier et  Jacques-Bénigne Bossuet dans les deux ouvrages que Pierre propose à la vente, aujourd'hui. C'est remarquable. Votre dévoué. Philippe Gandillet


FLECHIER Esprit. Recueil des oraisons funèbres prononcées par messire Esprit Flechier, évêque de Nismes. Nouvelle édition, dans laquelle on a ajouté un précis de la vie de l'auteur. Paris, Jean Desaint, 1741. Un volume  in-12. Reliure pleine basane fauve, dos lisse, caissons fleuronnés, pièce de titre maroquinée,  gardes colorées.  Xviij, [1f table], 256pp. Signes de restauration. Bel état.Vendu

BOSSUET Jacques Bénigne. Recueil des oraisons funèbres prononcées par messire Jacques-Benigne Bossuet, évêque de meaux. Nouvelle édition, dans laquelle on a ajouté un précis de la vie de l'auteur. Paris, Jean Desaint, 1741. Un volume  in-12. Reliure pleine basane fauve, dos lisse, caissons fleuronnés, pièce de titre maroquinée,  gardes colorées.  11, [1f table], 250pp. Signes de restauration. Bel état. Vendu