samedi 11 juillet 2009

Merci Bernard !


Pas vraiment amoureux des matières scientifiques mais réussissant à ramener aisément des points aux examens grâce à ces matières, je dois la chance d'avoir exercé mon précèdent métier à la physique, à la chimie et à l'algèbre.

Littérateur médiocre, souvent hors sujet, j'ai souvent pensé que mes talents de plume n'avaient pas été reconnus à leur juste valeur par mes examinateurs. Je dois reconnaître, à leur décharge, que j'avais tendance à m'étendre sur les thèmes proposés jusqu'à m'étaler de façon grotesque. De plus, la longueur de mes commentaires s'associait à une orthographe quelquefois approximative. Il n'empêche ! Ma thèse, elle aussi, a été amputée de moitié par mon professeur de chirurgie et je ne dois qu'à une malice extrême d'avoir imposé des mots improbables du dictionnaire à sa sagacité.


Et puis, je suis devenu libraire… J'ai redécouvert le cheminement mathématique grâce à un livre de Voltaire (vulgarisateur scientifique amoureux de sa bienfaitrice) sur le Newtonisme. J'ai fait connaissance, dans des éditions du 18eme siècle, avec d'éminents scientifiques comme Bezout, Lamy, Rivard, Clairaut, Nollet et bien sûr Barrème, notre cher tarasconnais. Je me régale des illustrations surannées et des théories approximatives de scientifiques de l'époque…J'ai attrapé le virus, en somme !


Pourquoi n'apprenons nous pas à l'école, l'histoire de la science ? C'est passionnant. Tout autant que celle de la biologie mieux connue.


Je vous présente ici un ouvrage d'arithmétique.

LE GENDRE François. L'arithmétique en sa perfection mise en pratique selon l'usage des financiers… contenant divers traités dont un traité d'arithmétique aux jetons, 1792, in 12 à Avignon chez Bonnet frères, nombreuses figures géométriques et gravures, plein veau, défauts aux dos et coins mais très solide, ex dono Joseph Marie Rey, tranches rouges.


Le deuxième exemplaire in 8 présenté date de 1691. Je le garde… Pierre

vendredi 10 juillet 2009

Paris est une bien jolie ville !


Vous avez le choix ! Je connais un libraire que le deuxième exemplaire irrite. Pourtant le texte est le même. A comprendre… Quand on vous dit que les bibliophiles ne s'intéressent pas au texte ! Je dois reconnaître que je préfère de loin le premier ouvrage mais qu'il m'a fallu plus de temps pour vous l'offrir.



Auguste Charles Vitu voit le jour en 1823. Écrivain et publiciste républicain, il fut le fondateur du journal L’Etendard, et rédacteur en chef du Peuple Français. Cet ouvrage sur Paris reste un must dans le genre. Agrémenté de 450 dessins, il est une source inépuisable pour les amoureux du Paris d’hier. Lequel préférez-vous avoir sur vos rayonnages ? Pierre



VITU Auguste. PARIS. 1889 - Maison QUANTIN, petit folio, reliure de l'éditeur pleine percaline de l'époque illustrée en couleurs représentant une péniche sur la Seine avec en toile de fond l'Ile Saint Louis, titre or encadré d'une bordure bleu azur, blason de la ville de Paris rouge et bleu entrelacé dans un motif fleuri signé G. FRAIPONT gravé par AILLOT, dos lisse, titre imprimé rouge, Tour Eiffel couleur or imprimée, vignette de l'éditeur gravée en couleurs sur le deuxième plat, plats biseautés. Ouvrage illustré de quelques gravures en noir hors le texte signées par G. FRAIPONT, et de nombreuses gravures en noir dans le texte et hors texte. En fin d'ouvrage, en pleine page, on trouve un chapitre sur l'Exposition Universelle de 1889 et un panorama de la Seine à l'ouest de Paris, pris du Trocadéro pendant l'exposition universelle de 1889 et un index alphabétique. Très bel exemplaire, 507p. 220 € + port

VITU Auguste. PARIS, il y a cent ans. 1975 - Chez Jean de Bonnot à l'enseigne du canon, in 4, reliure de l'éditeur plein cuir de l'époque estampé à froid et représentant les lettres "Paris" sur fond art nouveau, dos lisse, titre imprimé en lettres dorées, beau papier vergé. Ouvrage illustré de quelques gravures en noir hors le texte signées par G. FRAIPONT, et de nombreuses gravures en noir dans le texte et hors texte. En fin d'ouvrage, en pleine page, on trouve un chapitre sur l'Exposition Universelle de 1889 et un panorama de la Seine à l'ouest de Paris, pris du Trocadéro pendant l'exposition universelle de 1889 et un index alphabétique. Très bel exemplaire, 516p. Vendu

mercredi 8 juillet 2009

Tartarin : Le dernier retour...


"Il faut de l'agréable et du réel ; mais il faut que cet agréable lui-même soit pris du vrai". Et c'est à la suite du procès de la "Nouvelle-France" et de la colonie de Port-Breton que Daudet tira une dernière histoire pour héros Tarasconnais.


Daudet avait commencé la trilogie dans les années 1870 pour la finir en cette fin de siècle sur un récit sans possibilité de retour… Adulé et porté au zénith dans les deux livres précédents, il sera dans ce dernier, traîné dans la boue, jugé, spolié et exilé en terre ennemie (Beaucaire). Moins de 10 lignes suffirent à Tartarin pour tirer sa révérence dans le troisième et dernier épisode de ses aventures mais il n'aura malgré tout jamais démérité faisant preuve même d'une audace peu commune face aux anthropophages.


Non, voilà ! Il fallait bien finir la série et immortaliser quelques scènes et expressions provençales. Il s'agissait de glorifier une dernière fois notre belle cité, fusse aux dépend de son héros abusé par un faux Duc mais vrai Belge… Un comble que ces pauvres autochtones paient depuis par des blagues immondes que nous inventons à Tarascon, que la rumeur diffuse à travers la France et que les bonnes âmes crédules colportent jusque dans chaque foyer… La vengeance est tenace en Provence !


Qu'en est-il aujourd'hui ? Un sympathique sosie officiel le ressuscite à chaque fête locale sous la forme d'un Tartarin plus vrai que nature, il vient d'aménager une nouvelle maison au centre-ville et ceux qui croyaient avoir été ridiculisés par lui pensent maintenant à le faire statufier.
En France, tout le monde est un peu de Tarascon…


DAUDET Alphonse : Port-Tarascon, 1890, in 8, Paris, collection Guillaume, édition du Figaro chez Dentu. Reliure éditeur cuir façon crocodile à coins, plats en percaline violine à lettres dorées, très nombreuses illustrations in texte de Belier, Mirbach, Rossi etc.
Bon état. 

Sans exagération, tout de même. Pierre

lundi 6 juillet 2009

Causerie du lundi de Philippe Gandillet : Paulmy et Gresset


Il a fait très beau ce dimanche.

Pierre est allé se désaltérer aux Saintes Maries de la mer d'où il est revenu avec des coups de soleil qui l'obligent ce matin à rester immergé dans la piscine. Il m'a tendu une plaquette en grommelant : " Quitte à copier Sainte Beuve, autant que tu présentes l'ouvrage d'un Académicien !" Cet argument simpliste convenant à sa logique de café du commerce, je suis rentré avec la dite * sous le bras pour vous en faire la description. J'ai en effet beaucoup d'admiration pour Sainte Beuve. Le personnage me parait sympathique et sa vie à un côté pathétique qui me touche. Je l'ai découvert en passant plusieurs matinées sur les chaises de la bibliothèque Mazarine dont il a été bibliothécaire. Toujours intimidé par ce lieu, je me le suis imaginé marchant dans les travées, le regard bienveillant posé sur les étudiants absorbés par la lecture. De son cabinet il pouvait voir le dôme de l'institut où depuis 1844, il siégeait. Quelle fierté, il devait avoir d'être un membre honoré de cette assemblée ! De plus, il avait le gîte, le couvert et de son appartement, il pouvait admirer la cour de l'Institut et la rue Mazarine. Il n'a jamais été marié, je crois; heureux homme; mais tout le monde connaît ses amours impossibles. Adèle Hugo et Madame d'Arbouville sont parties avant lui, laissant son cœur disponible à l'amour maternel. J'ai lu quelque part qu'il aurait voulu être "officier d'artillerie" ! En fait, il menait une petite vie un peu étriquée, ses opinions étaient légitimistes et ses critiques consensuelles. Il se mettait du coton dans les oreilles le vendredi pour bâtir tranquillement le schéma de son article de la semaine et apportait la * avant le lundi où elle était éditée au "constitutionnel". Le jeudi devait, j'imagine, être consacrée au dictionnaire. Pas une vie monacale mais presque, simplement entrecoupée de passions ancillaires. Voila pourquoi j'aime Sainte Beuve : L'œuvre est intimement mêlée à la vie de l'auteur. Il aurait sans doute aimé !


Bon! La *... Deux exercices de style en forme de discours d'entrée à l'Académie par Messieurs De Paulmy et Gresset et la réponse de Monsieur de Boze à ces discours. Débroché, In 8 carré, 1748, A Paris chez J.B Coignard, 32pp, vignette et cul de lampe, une tâche d'encre d'époque ! Très bon état. Vendu


Monsieur Gresset est encore connu pour son chef d'œuvre, le poème "Vert-Vert" ou les voyages du perroquet de Nevers (1734). Monsieur de Paulmy n'est guère connu que des bibliophiles et son "Mélanges tirés d’une grande bibliothèque (1779-1787) " en 69 volumes dans lesquels il a reproduit un grand nombre des notices qu’il avait rédigées pour sa bibliothèque ferait mon bonheur. Monsieur de Boze est un patient numismate dont le travail de classement des médaillons doit être la suite du catalogue présenté la semaine dernière. Il va me falloir interrompre cette petite causerie du lundi. J'ai rendez-vous avec mon garagiste pour changer mes ** et il est très à cheval sur l'horaire. Philippe Gandillet.

(* évite la répétition du mot plaquette quand je ne trouve pas de synonyme sous la main)

samedi 4 juillet 2009

Marché du livre ancien de Tarascon


Vanitas vanitatis et omnia vanitas. Ces paroles par lequel s'ouvre l'Ecclésiaste auraient tendance à miner mon bel élan juvénile si je n'avais pas cette naïveté béate qui me caractérise et qui me fait entreprendre les projets les plus audacieux.

Je partage le dernier en date avec la mairie de Tarascon qui voit en moi le fanal d'une cité touristique. Je vous en livre la primeur avec ce courrier envoyé aux librairies anciennes.


" Dans le cadre des journées du patrimoine, les 19 et 20 septembre 2009, la mairie organise le premier "Marché du livre ancien de Tarascon". La manifestation aura lieu au centre ville, sur la place des Cordeliers et le long de la rue du Tribunal, le samedi de 12 h jusqu'à 20h et le dimanche dès 9 h jusqu'à 18 h.

Vingt (20) cabanes de type "chalet de Noël" seront mises à disposition des exposants avec possibilité d'exposer des ouvrages sur un plateau devant le chalet.

Cette manifestation de prestige s'inscrit dans la suite du "Salon de Lourmarin" qui aura lieu la semaine précédente sans pour autant chercher à approcher le niveau de haute bibliophilie de ce dernier. De beaux ouvrages devront être proposés avec un thème choisi par l'exposant. Il n'y a pas de thème imposé.

A chacun sa spécialité. Au marché, on peut tout trouver !

La manifestation est placée sous la bienveillante autorité de Pierre Brillard qui tient une librairie ancienne à Tarascon et se propose d'être l'interlocuteur privilégié des bouquinistes et libraires exposants.

Une participation de 30 € pour le week-end sera demandée aux exposants. Elle couvrira, entre autre, les frais de surveillance nocturne des stands (sans assurance du stock).

La mairie de Tarascon, Pierre Brillard et les amoureux du livre de notre cité se chargent d'être les ambassadeurs de cette manifestation auprès des bibliophiles, bibliomanes et bibliopégimanes potentiels qui rendront la manifestation pérenne. Un relieur professionnel sera présent sur l'espace.

Vous pouvez joindre Pierre Brillard par courrier (13gandillet@gmail.com) pour lui présenter vos suggestions pertinentes ou demander des informations complémentaires.

Pour la mairie. Frédérique Gachet, adjoint au maire
Pour le reste. Pierre Brillard, 52 Rue des halles, 13150 Tarascon "


Nunc est bibendum. Cette libation est bien sûr censée attirer à moi la faveur des dieux (de la réussite) mais va me permettre subséquemment de me désaltérer en cette chaude journée estivale. Pierre

vendredi 3 juillet 2009

Catalogue de Versailles


Il m'arrive de rentrer, peut-être par folie des grandeurs, des ouvrages qui ne trouveront jamais leur place sur les rayonnages de ma librairie. Ils seront ouvrages de décoration ou documents de travail selon leur acquéreur ; Ils seront toujours encombrants quoiqu'il en soit.

Celui que je vais vous présenter aujourd'hui aiguise ma curiosité car je suis très dubitatif sur sa finalité.


Médaillons du cabinet du Roy, Paris, imprimerie royale, in plano, 1682, plein cuir de couleur irrégulière qui ressemble à un maroquin bien que j'ai quelques doutes sur la capacité pour une chèvre à offrir une telle surface rectangulaire de cuir, aux armes royales, complet de ses 41 pages d'illustrations, dos et coins usés, mors cassés, mouillures sur le quart inférieur de l'ouvrage, ouvrage bien solide monté sur onglet. La présentation est donc passable mais l'ouvrage sain.

A quoi pouvaient donc bien servir ces médaillons ? Passons sur l'utilisation culinaire et allons au fait !


Ces reproductions de monnaies antiques pouvaient se présenter sous forme de pièces métalliques ou sur tout autre support susceptible de servir de modèle à un sculpteur ou à un architecte d'intérieur. Les médaillons étaient très "fashion" au 17eme siècle…


Je pense que cet ouvrage est un catalogue, au même titre que nos catalogues modernes et qu'il devait servir d'album contenant les modèles en vogue à l'époque. Il manque un peu de texte, c'est vrai mais les gravures sont tellement belles… J'aimerais votre avis.

Cet ouvrage est à la vente pour une somme, somme toute dérisoire et a plus d'un appât, n'est-ce pas ? Pierre

jeudi 2 juillet 2009

Voyage en Bretagne


Il est des événements imprévisibles dont il faut savoir tirer profit; "à toute chose, malheur est bon" aurait dit mon grand-père; il m'a fallu monter précipitamment en Bretagne pour affaire familiale.
Philippe Gandillet a gardé la boutique. Ses bavardages incessants, ses discours lénifiants et ses approximations culturelles me fatiguent mais il me rend bien service… j'ai profité du voyage pour faire trois haltes bibliophiliques…


Becherel, cité du Livre : Je ne dirai jamais assez de bien de cet endroit où si l'on trouve de très beaux et rares ouvrages à prix raisonnable et dans des domaines insoupçonnés. Des post-incunables circuleraient aux dires de certains acheteurs éclairés, où du moins auraient circulé avant leurs passages, n'est-ce pas Textor ? J'y ai fait emplette, entre autres, d'un joli maroquin qui ornera avantageusement les rayonnages de ma librairie dédiés à la peau de chèvre… La cité fête ses vingt ans, les 3/4/5 juillet et ses dix huit libraires seront heureux de vous accueillir, à n'en pas douter (cette publicité m'attirera t'elle la bienveillance de mes confrères ?). Un article paru sur "Ouest-France" indique que la cité devrait s'élargir au livre neuf et à la jeunesse… Votre avis ?


Dinan, cité d'une belle librairie : Si mon égo s'était satisfait d'une flânerie anonyme, j'aurai eu le temps de profiter d'un fond de librairie exceptionnel. Je me suis présenté car nous sommes maintenant confrères et qu'il est intelligent de tisser un réseau relationnel avec des libraires expérimentés. En conséquence de quoi, j'ai été un peu frustré. Mon temps était compté, je reviendrai. Il est un peu déprimant pour moi de constater que ce libraire se défait au plus vite, sur des sites marchands, de ses incomplets rentrés des salles de vente alors que cette marchandise représente beaucoup de mon fond de commerce. Il est écrit que je dois améliorer mon offre et me séparer de ces incomplets que j'ai tant aimés pour leur coût. A noter, pour nos mistraliens exigeants, un Mirèio pouèmo prouvençau en édition originale…
Rennes, cité des orages où il est judicieux de protéger les quelques livres anciens glanés par une pochette étanche : Je me demande quelquefois quel est l'ennemi le plus implacable des livres. Les emprunteurs me diront les atrabilaires, les insectes et les rongeurs me diront les scientifiques, le soleil et l'humidité diront les étalagistes… Je penche parfois pour l'indifférence humaine qui pourrait voir s'étioler mon beau commerce.


Bon ! Il me faut ouvrir la boutique car une queue est entrain de se faire devant la porte close (je blague). Pierre