mardi 19 novembre 2013

Voyages de Gullliver : Ces illustrations de Grandville occupent l'un des premiers rangs dans son oeuvre (Carteret, III, 578)...


Grandville, de son vrai nom Jean Ignace Isidore Gérard, est né à Nancy en 1803. Fils et neveu de miniaturistes, il travaille chez son père avant de partir à Paris, à l'âge de 23 ans. Après un stage chez Mansion, puis chez Hippolyte Lecomte, il commence à dessiner des costumes pour l'opéra-comique et collabore à des revues de peu d'importance. C'est en 1829, à 26 ans, qu'il se rend célèbre, avec la parution de ses Métamorphoses du jour, chez Bulla, dont les caricatures d'hommes à têtes d'animaux s'attirèrent sur le champ autant de louanges que d'imitateurs.


Grandville illustra alors de nombreux ouvrages, et de 1835 à 1847 fournira des centaines de dessins aux éditeurs. En 1838, l'éditeur Fournier lui commande l'illustration du Gulliver de Jonathan Swift que je propose aujourd'hui à la vente dans son édition originale.


Il s'agit d'un de ses plus beaux livres, aux dires des connaisseurs. Aux côtés de Daumier et de Gavarni, Grandville collabore aussi à différents périodiques en vogue, dont L'Artiste, Le Charivari, La Caricature. Ses planches satiriques prennent pour cible ses contemporains et la société.


Ses violentes attaques contre la politique de la monarchie de Juillet lui valent des problèmes avec la censure. Quand en 1835 de nouvelles lois rendent la critique ouverte de l'ordre établi quasiment impossible, le caricaturiste se tourne alors essentiellement vers l'illustration de livres.


Grandville illustre successivement les Fables de La Fontaine (édition Fournier et Perrotin de 1838), les chansons de Béranger, le Don Quichotte de Cervantès, le voyage de Gulliver  de Swift , les Scènes de la vie privée et publique des animaux (1842), Les aventures de Robinson Crusoé et les Fleurs animées que nous avons présentées dernièrement, ici (1847).


L'ouvrage que je présente aujourd'hui est bien complet de son frontispice sur chine et de ses hors texte. Il fut vraisemblablement relié postérieurement [mais quand ?] si l'on en croit la présentation du cartonnage et le fait que le frontispice sur chine ne soit pas volant mais relié en tout début de deuxième volume… Conservé sans aucune rousseur, il ravira le collectionneur !


Grandville est mort fou, à l'asile de Vanves en 1847. Les surréalistes l'ont salué comme un de leurs précurseurs. Alexandre Dumas décrivait son ami en ces termes : " Sourire sain et moqueur, yeux pétillants d'esprit, bouche railleuse, petite taille, grand cœur et mélancolie charmante répandue sur tout cela ". Un brave homme assurément… Pierre


SWIFT & GRANDVILLE. Voyages de Gulliver dans les contrées lointaines. Paris, Furne et Cie et H. Fournier, 1838. 2 tomes en 2 volumes in 8 (21/13cm). Cartonnage vert empire, dos lisse avec titre et auteur  dans un encadrement doré, toutes tranches mouchetées. Edition en premier tirage des illustrations de Grandville. Le frontispice sur chine au tome II, 450 vignettes sur bois in-texte et hors texte. Traduction nouvelle, notice biographique et littéraire sur Jonathan Swift par Walter Scott. 279 pages et 319 pages. Bel exemplaire sans rousseurs. Vendu

2 commentaires:

Pierre a dit…

J'aimerais bien dater cette reliure par curiosité. Un amateur peut-il m'aider ? Il s'agit d'un cartonnage recouvert d'une matière épaisse et rigide de type percale traitée. Les ornementations du titre font art-nouveau, la vignette au contreplat fait début 1900... Pierre

Pierre a dit…

Merci la loupe et les légères usures aux coiffes. il s'agit bien d'une percale traitée façon granité. Pierre