mardi 24 avril 2012

Œuvres complètes de Molière par Furne dans une superbe reliure éditeur...

Une reliure romantique en bel état est un régal pour l'œil. La lecture d'une pièce de Molière, un délice de fin gourmet. L'association de ces deux éléments fait la beauté du métier de libraire d'ouvrages anciens. L'éditeur des œuvres de Molière, que je propose aujourd'hui à la vente, est la maison Furne et Cie. On peut penser qu'il s'agit, ici, d'une reliure éditeur confiée à un artisan de qualité sur la place (lequel ? : votre avis ?). Charles Furne (1794- 1859) est un éditeur-libraire surtout connu pour sa publication intégrale de La Comédie humaine d'Honoré de Balzac en 20 volumes illustrés mais il a aussi, à son catalogue, d'autres beaux livres forts bien illustrés comme le Walter Scott ou l'Histoire naturelle des oiseaux de Buffon.


Rappel historique : En 1830, la révolution des « Trois Glorieuses » renverse Charles X, qui abdique en faveur de son petit-fils, le duc de Bordeaux. Charles X institue le duc d’Orléans (fils de Philippe Égalité) comme lieutenant-général du Royaume. Erreur !!! Il évincera le Duc de Bordeaux et se fera proclamer roi des Français (et non roi de France) sous le nom de Louis-Philippe.

La nouvelle monarchie, appelée « Monarchie de Juillet », adoptera le drapeau tricolore qui remplacera le drapeau blanc de la Restauration. Cette arrivée au pouvoir à la faveur d’un soulèvement populaire vaut à Louis-Philippe l’hostilité des cours européennes et le surnom de « roi des barricades » ou encore « roi bourgeois ».

Si cette période vit le développement d'une bourgeoisie industrielle, elle fut aussi une période propice aux arts et aux artistes. Imaginez qu'on pouvait croiser sur le Pont des Arts, Alexis de Tocqueville, Victor Hugo, Honoré de Balzac, Jules Michelet, Lamartine, Talleyrand, Lacordaire et Paul Gavarni en cette année 1838 !













L'édition proposée englobe toutes les grandes œuvres de Molière et est préfacée par Louis-Simon Auger, de son vivant. Je le précise car il se suicida en se jetant dans la Seine, du haut de ce même Pont des Arts, le 2 janvier 1829… Pierre


Vie de Molière; L'Etourdi, ou les contre-temps ; Le Dépit amoureux ; Les Précieuses ridicules; Sgaranelle, ou le Cocu imaginaire ; Don Garcie de Navarre, ou le Prince jaloux ; L'Ecole des Maris ; Les Fâcheux ; L'Ecole des Femmes ; La Critique de l'Ecole des Femmes ; L'Impromptu de Versailles ; Le Mariage forcé ; La Princesse d'Elide ; Don Juan, ou le Festin de Pierre ; L'Amour médecin ; Le Misanthrope ; Le Médecin malgré lui ; Melicerte ; Pastorale comique ; Le Sicilien ; Le Tartuffe ; Amphitrion ; L'Avare ; George Dandin ; Monsieur de Pourceaugnac ; Les Amants Magnifiques ; Le Bourgeois Gentilhomme ; Psyché ; Les Fourberies de Scapin ; La Comtesse d'Escarbagnas ; Les Femmes savantes ; Le Malade imaginaire.


MOLIERE : Œuvres complètes de Molière, avec un discours préliminaire sur la comédie, une vie de Molière, et des notices historiques et littéraires sur chaque pièce, par Auger de l'Académie française. Paris, Furne et Cie, 1838. Un volume petit in-4. Reliure plein chagrin vert empire, dos à quatre nerfs, titre doré, roulette à décors dorés sur les nerfs, grand fleuron décoratif estampé à froid au centre des deux plats bordés par un quadruple filet doré, roulette dorée au bord des deux contre-plats, papier de garde blanc moiré, toutes tranches dorées, filet sur les coupes et les coiffes. (4 ff. bl., faux-titre, titre), 808 pp., (3 ff. table, 2 bl.). 1 portrait de Molière par Chenavard, 15 gravures en noir hors-texte sur papier fort. Gravures sur acier d'après Horace Vernet, Desenne, A. Johannot et Hersent. Des rousseurs éparses marquées sur les serpentes, menus défauts de reliure. Très belle reliure romantique plein cuir. Vendu

10 commentaires:

calamar a dit…

très beau livre... de nombreux relieurs ont pu faire cette plaque, il faudrait retrouver un exemple signé. Souze, Gruel ?

Pierre a dit…

On ne prête qu'aux riches, calamar, je ne vous l'apprendrais pas ;-))

J'avais pensé à Thouvenin (Joseph le frère) pour la façon. Pierre

Nb : Mon appareil photo n'a pas été sympa pour le coup ; la petite épidermure sur le premier plat est beaucoup moins visible à la lumière du jour !

pascalmarty a dit…

Je crois me souvenir que ce début de l'Étourdi avait sa place dans le magnifique Molière de Mnouchkine, descendu en flammes à l'époque de sa sortie par quasiment l'ensemble d'une critique ignare, alors qu'il s'agit sans doute d'un des plus grands hommages rendus, non seulement à J-B P mais avant tout au théâtre.

Belle édition. Dommage que je sois un peu fauché (et pas particulièrement amateur de reliures romantiques).

Pierre a dit…

Pascal, si vous aviez en main force pistoles,
Vous n'auriez pas besoin maintenant de rêver
A chercher les biais que vous devez trouver,
Et pourriez, par un prompt achat de cet ouvrage,
Empêcher qu'un rival vous prévienne de l'outrage...

Pierre Poquelin

pascalmarty a dit…

Deux compères, amateurs de savoir
Autant que de beaux livres, que dis-je ?
Deux savants mais animés par l'espoir,
D'un libraire étaient l'homme lige.
Et volontiers ils payaient leur écot
En l'échoppe où trônait la Muse,
Qui des rêves des autres fait des mots,
Arguant que jamais rien ne s'use
Et que rien n'est plus beau en ce monde
Où l'on ne peut rien tenir pour sien
Et où partout nouveauté abonde,
Qu'en toutes choses préférer l'ancien.

(…)

De Château-Thierry, ce 25 avril.

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

Le plus probable relieur pour cette reliure éditeur à la plaque, est Boutigny. Il s'était fait une spécialité, à cette époque là, de ces reliures de demi-luxe, sorte de bradel (ou pas), en plein cuir, avec des décors à la plaque, voire au petit fer.

B.

Pierre a dit…

Merci Bertrand ! Vous nous êtes indispensable.

Quel dommage que vous gâchiez votre science et votre talent dans un thème "curiosa" qui n’intéresse personne, passé la quarantaine ;-)) Pierre

Lauverjat a dit…

J'ai du retard dans ma lecture du blog mais je suis du même avis que Bertrand pour Boutigny. Par ailleurs je comble mon retard de lecture car si ici la lumière reste allumée, ailleurs ils sont tous au Grand Palais. Si, si, j'en viens.

Lauverjat

Pierre a dit…

Je n'ai pu retrouver si les vers de Pascal devaient lui être attribués ou si Molière l'avait honteusement plagié ;-))

Dans le doute... Bravo, Pascal ! Pierre

Pierre a dit…

Merci pour la confirmation, Lauverjat. Je travaille samedi matin. Je serai donc seul dans les travées du Grand Palais samedi A.M et dimanche puisque tout les bibliophiles y sont déjà passés.

Pierre