samedi 2 avril 2011

Quand Madeleine de Saint Joseph bâtit son carmel à Notre Dame des Champs…


Comment un billet vient à naître ? D'un détail … Pour ce dernier, il s'agit d'une station de métro de Paris, "Notre-Dame des Champs" dans le 6e arrondissement, pas loin d'où je traîne quand je monte à la capitale. Le nom de la station m'a plu et c'est en cherchant à en savoir plus que j'ai trouvé, sur mes rayonnages, un ouvrage qui pouvait s'y adosser.

Et quel ouvrage ! Une biographie rare d'une des fondatrices du "Carmel de l'incarnation", dont les bâtiments furent construits sur les ruines de "Notre-Dame des Champs". Situé à Paris, en face du Val de Grâce, il ne reste aujourd'hui que le portail classé que l’on peut voir à travers une vitrine au 286 rue Saint Jacques. Je vérifierai la chose dans quelques temps…


En 1604, six carmélites espagnoles fondèrent sur ce lieu le premier carmel (monastère) de la réforme thérésienne (Sainte Thérèse d 'Avila) en France. Sur un prieuré bénédictin abandonné pendant les guerres de religion, "Notre Dame des Champs", qui donna son nom à cette station métropolitaine, une église fut restaurée et des bâtiments reconstruits. Le monastère prit le nom de « Carmel de l’Incarnation ».

Après Anne de Jésus et Anne de St Barthélemy, la prieure de la communauté a été une française, mère Madeleine de St Joseph (Madeleine du Bois de Fontaine : 1578 – 1637). Elle laisse le témoignage d’une grande sainteté et d’un esprit exceptionnel qui lui a valu le titre de Vénérable ; un doigt en dessous de la sainteté, quand même…


Elle entra au Carmel de l’Incarnation à Paris le 11 novembre 1604. Elle y reçut des compagnes de Ste Thérèse et sut transmettre aux jeunes carmélites françaises l'esprit de sa formatrice. Elle fit faire profession à plus de 80 sœurs. Beaucoup de celles-ci devinrent prieures dans les nouvelles fondations (à la mort de la mère Madeleine, il y avait 52 carmels en France). Sa vie n'est pas sans rappeler celle de Sainte Jeanne de Chantal qui créa les monastères de la Visitation, à la même époque.


Mère Madeleine de Saint-Joseph, première prieure française du Carmel de Paris, contribua aussi avec la duchesse d'Aiguillon à la fondation de deux communautés à Québec : Les ursulines et les hospitalières. Peu après sa mort en 1637, un culte est diffusé par l'entremise d'images et de reliques. Un tableau est d'ailleurs conservé au monastère des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec. Agenouillée au pied de l'autel, Mère Madeleine de Saint-Joseph adore le Saint-Sacrement au-dessus duquel paraît la colombe du Saint-Esprit dans un rayonnement lumineux. Les anges omniprésents soutiennent l'ostensoir et, perchés sur un nuage, survolent la Vénérable…


Madeleine de Saint Joseph est née à Paris en 1578, dans une famille tourangeaine. Elle a été la sixième de quinze enfants et a grandi à Tours, ce qui explique que les ex-libris présents sur la page de garde proviennent de cette région. Elle rencontra Pierre de Bérulle, qui était sur le point d'introduire le Carmel thérésien en France. Conquis par l'idéal proposé par le futur cardinal, elle décida de rejoindre les Carmes Déchaux, et en Juillet 1604, à Paris, elle rejoint le groupe qui, sous la direction de Barbara Acarie (Marie de l'Incarnation), était prêt à embrasser la réforme de Teresa. Le 17 octobre 1604, Madeleine et ses compagnes entrent au monastère de l'Incarnation, construit pour eux à Paris.


Le 20 avril 1608, Madeleine est élue prieure, et montre immédiatement sa maturité apostolique. Réélu en 1611, elle dirige le monastère jusqu'à Mars de 1615. Puis, en Juillet de cette année, elle est envoyée à Tours pour aider la prieure du monastère qui avait été établi par le père de Madeleine. Après une brève escale à Paris, elle fonde le monastère de Lyon, et en 1617, une autre à Paris dédié à la «Mère de Dieu». En 1624, elle est rappelée au monastère de l'Incarnation à Paris jusqu'à sa mort en 1637. Voilà pour les grands points de sa biographie que vous découvrirez sous la plume de l'Abbé Sénault.


Madeleine du Bois de Fontaine eut une grande influence sur ses contemporains. Très estimée par Saint François de Salles et par Sainte Jeanne de Chantal de Fremiot, elle était écoutée par Richelieu qui l'avait en estime et lui demandait conseil, même sur des questions politiques. St. Vincent de Paul a également été en contact avec elle… Que de bonnes relations, donc ! Pierre


SENAULT (P. Jean-François). La Vie de la mère Magdelaine de S. Joseph, religieuse carmélite deschaussée par un prestre de l'Oratoire (P. Jean-François Senault, oratorien). A Paris, chez la veuve Jean Camusat et Pierre Le Petit , 1645. Petit in-4 (22x16,5), reliure plein veau, dos à 5 nerfs orné de caissons dorés, pièce de titre en maroquin cerise. [1bl], [13ff non chiffrés], 460pp, [1bl]. Marque d'éditeur en page de titre, vignettes et culs de lampe. Défauts de reliure aux mors, les coins ayant été renforcés par du parchemin d'époque. L'ouvrage présente des signes de restauration d'époque sur quelques feuillets. Collationné complet. Ex-libris. La page de garde a été en partie déchirée. Une provenance illégitime ? On imagine le parcours cahoteux de l'ouvrage avant d'arriver chez moi. Si les livres pouvaient nous raconter leur histoire…Dépôt  rendu

5 commentaires:

Pierre a dit…

Évidement, un ouvrage qui aura du mal à trouver un lectorat ;-)) Pierre

Pierre a dit…

107 membres d'honneur sur le blog et pas mal de pages lues par jour même si certains billets, comme aujourd'hui, sont un peu étouffe-chrétien.... Je ne parle pas la langue de Cervantes mais je tiens à remercier les lecteurs espagnols pour qui cette démarche semble naturelle.

Si vous avez une librairie et que vous êtes lecteur, vous pouvez mettre en logo votre devanture sur votre signature. Les façades de boutique sont souvent jolies.

Je sais que je suis un peu jeune dans ce métier pour me poser en fédérateur mais si des libraires de province veulent présenter leur boutique, les orientations de leur activité, exposer leur attentes et même leurs inquiétudes, je serais heureux de pouvoir leur donner la parole sur ce blog. Ils peuvent me contacter sur mon mail. J'en serais honoré. Pierre

Nadia L* a dit…

Ce billet n'est pas plus étouffe-chrétien que les autres, Pierre, c'est juste que ce w. end, il y a eu très peu de fréquentations webesques, ça été la désolation sur mes photos aussi. Le printemps et les premiers bourgeons en sont sans doute la cause.

Bonne semaine à tous.

sandrine a dit…

Le pont des arts à Paris et les diverses manisfestaions par beaux temps, à droite , à gauche, ont fait que tout le monde s'est doré au soleil radioactif.

C'est une trés bonne idée de mettre en signature , sa devanture... encore faut-il qu'elle soit attrayante.
Bonne journée
Bien à vous.
Sandrine.

Bertrand a dit…

la pêche à la ligne Pierre... la pêche à la ligne... voilà l'explication plausible de la désertification bloguesque !

B.