samedi 9 avril 2011

Parlez-vous hébreu ? Les éditions Ephraïm Hadamard.

J'ai cet ouvrage depuis quelques temps sur mes rayonnages. Il fallait que je m'en occupe car mon intuition me disait qu'il s'agissait là d'un exemplaire intéressant, tant par sa présentation extérieure que par la curiosité de sa typographie. Mais je reculais à chaque velléité de présentation car j'étais effrayé par mon ignorance de son contenu et de son vocabulaire.


Et puis, on se dit que l'hébreu, c'est bien compliqué ! Qu'il est trop tard pour se faire des amis juifs maîtrisant la langue de Jésus de Nazareth (qui parlait, d'ailleurs, vraisemblablement araméen) ! Mais que cet ouvrage méritait d'être, dans tous les cas, dans de meilleures mains que les miennes…


Dans un premier temps, prendre l'ouvrage dans le bon sens de lecture. J'imagine que nous avons à faire à une bible mais la présentation typographique me fait plutôt pencher pour des commentaires comme dans La Haggada de Pessah. En fait, je ne sais pas !! Pour tout dire, j'aurais besoin de l'aide d'un lecteur qui lit l'hébreu ;-))


J'ai néanmoins pu déterminer qu'il s'agissait d'un ouvrage édité en France par Ephraïm Hadamard. Voici les renseignements que j'ai pu trouver sur cet éditeur du début du 19eme siècle. Vous noterez d'ailleurs que la reliure est d'époque.


Ephraïm Hadamard (1787-1854), fut un imprimeur très connu de Metz. Vers la fin du XVIIIe siècle, l'édition de littérature hébraïque à Metz avait pratiquement cessée, les livres d'enseignement et de liturgie nécessaires à l'importante communauté juive étaient importés de l'étranger. Le jeune Ephraïm Hadamard conçut un plan pour relancer l'édition de livres en hébreu à Metz. Il commença à réaliser ce plan en 1813. Il débuta sa carrière dans le commerce de l'édition à Metz, puis travailla pendant plusieurs années dans des ateliers d'imprimerie en Allemagne et dans la Pays-Bas dans le but d'améliorer sa formation et d'apprendre des langues.


Revenu à Metz, il acheta un vieil atelier d'édition et après une période difficile, il obtint le droit de créer sa propre entreprise. Il réussit à rassembler des caractères hébreux en différents endroits, et pendant de nombreuses années, l'atelier d' Ephraïm Hadamard connut une situation florissante, publiant de nombreux livres en hébreu, en français et en allemand, car les élèves étaient très nombreux. En 1816, il épousa Fillette May (1791-1882) qui lui donna cinq enfants. Un de ses enfants, Auguste Hadamard, fut d'ailleurs un peintre et illustrateur connu dans le monde de l'édition.

Voilà ! Si un lecteur peut m'aider à compléter mon billet pour ce qui est du contenu, je lui en serais infiniment reconnaissant. Comment ai-je fait pour l'estimation du prix me direz-vous ? L'intuition, simplement l'intuition... Donc très discutable. Pierre


BIBLE HEBRAÏQUE .Metz, Ephraïm Hadamard, (1830 à vue de nez mais c'est écrit). Un volume fort in 8, reliure romantique avec décor sur les plats, dos lisse, tranches dorées. Exemplaire avec des traces d'usure ; coins usés, épidermures, dorures passées, quelques rousseurs. Cahiers bien solides. Il s'agit, je pense, d'une hagadah recherchée pour ses commentaires en judéo-allemand. Les éditions d' Ephraïm Hadamard supportent aisément la comparaison avec les chefs-d'œuvre réalisés par l'érudit Wolf Heidenheim dans son officine de Roedelheim près de Francfort-sur-le-Main, selon les spécialistes, aussi bien par la perfection typographique que par la valeur des commentaires. Ex-libris. Vendu

8 commentaires:

Pierre a dit…

Le hasard est étrange, il provoque les choses...

J'avais laissé l'ouvrage sur la chaise qui me sert de visorion quand je fais la notice. Il a été acheté dans l'heure par un amateur... Ce dernier m'a promis de me donner des nouvelles de ses propres recherches mais je compte quand même sur vos connaissances pour m'éclairer. Pierre

Jeanmichel a dit…

Bravo !
Ce fut une affaire rondement menée.
Pour le prix indiqué dans l'intervalle, maintenant masqué par un "vendu" ? :-)
Je n'étais pas intéressé, l'hébreu pour moi c'est de l'hébreu.

Pierre a dit…

J'avais mis l'ouvrage à 120.000 €, Jean-Michel ;-)) C'est à peine le prix de deux jolis cartonnages Hetzel, en ce moment... Pierre

Bertrand a dit…

Dommage Pierre ! Livre rarissime ! J'allais vous en offrir 500.000 euros, mais ce qui est vendu est vendu. Belle affaire ! (sourire)

B.

Pierre a dit…

Pas toujours facile de parler "argent", n'est-ce pas ? Je n'ai jamais vendu de livres très chers car je n'ai jamais acheté de livres très chers.. Simple question de liquidités. Mais il m'arrive de rêver, quelquefois, de faire l'acquisition honnête d'un ouvrage dont le coefficient multiplicateur de prix, à la vente, soit indécent... Pierre

Bertrand a dit…

reste à fixer le coefficient de l'indécence ! (sourire)

B.

Jeanmichel a dit…

Ah cet argent qui semble faire cruellement défaut à tous les honnêtes gens !
Huysmans en disait qu'il est la plus désarçonnante des énigmes, ses règles sont continues et toujours nettes, il s'attire lui-même, cherche à s'agglomérer aux mêmes endroits et va de préférence aux scélérats et aux médiocres.
Ouf ! Moi ça va, je n'en ai pas...

Pierre a dit…

Cette phrase est à marquer d'une pierre blanche et montre, encore une fois, que Huysmans était aussi talentueux dans l'aphorisme de bon sens populaire que dans l'architecture gothique de ses romans ou dans son phrasé alambiqué. C'était un honnête fonctionnaire qui n'a jamais fait fortune.

Je crois que je me résoudrais bien à vendre un ouvrage avec un bénéfice indécent mais je suis sûr que j'aurais quelques scrupules passagers ;-)) Pierre