vendredi 17 septembre 2010

Sainte-Beuve. Edition originale des "Nouveaux Lundis"...


Charles-Augustin Sainte-Beuve ( 1804- 1869) est un critique littéraire et écrivain français bien connu sur ce blogue pour le plagiat approximatif qu'en fait chaque semaine, Philippe Gandillet dans ses Causeries du lundi… À la différence de Hugo, son ami qu'il trahira dans un moment d'égarement, il se rallie au Second Empire en 1852. En 1854, il obtient la chaire de poésie latine au Collège de France, mais sa leçon inaugurale sur « Virgile et L'Énéide » est perturbée par des étudiants qui veulent dénoncer son ralliement. Il doit alors envoyer sa lettre de démission. Par la suite, il est nommé maître de conférence à l'École normale supérieure, où il donne des cours de langue et de littérature françaises de 1858 à 1861. Sous l'Empire libéral, il est nommé au Sénat, où il siège de 1865 jusqu'à sa mort en 1869.


À partir d'octobre 1849, il publie, successivement dans Le Constitutionnel, Le Moniteur et Le Temps des feuilletons hebdomadaires regroupés en volumes sous le nom de Causeries du lundi, leur titre venant du fait que le feuilleton paraissait chaque lundi. Les Causeries du lundi (1851-1881) seront éditées en 16 volumes. Nous présentons aujourd'hui l'édition originale des Nouveaux lundis (1863-1870) en 13 volumes. Voici ce que Sainte-Beuve en disait lui-même :


" Je recommence une série nouvelles d'articles du Lundi ; Je me croyais au terme de ce genre d'essais, et je continuais, d'un pas un peu ralenti au Moniteur ce que j'avais commencé il y a treize ans, avec vivacité dans le Constitutionnel. Des circonstances particulières dans lesquelles il est inutile d'entrer, de pressantes et honorables instances m'ont décidé à quitter, non sans regret, mes fonctions de maître de conférences à l'école normale qui, depuis quatre années, occupaient la plus grande partie de mon temps, et à me relancer encore une fois dans le journalisme littéraire le plus actif. Chaque fois que je m'y remets et que je rentre dans dans cette veine de critique toute pratique, je tâche d'y introduire une proportion plus grande de vérité, et d'apporter dans l'expression plus de franchise. Cela ne se fait pas sans quelques cri et quelque révolte de la part des intéressés ; mais le public équitable vous en sait grès, et, si vous faites honnêtement et bien, son estime vous récompense " Novembre 1862


Je voudrais appliquer à moi-même, un peu de ce qu'il vient d'énoncer. L'ensemble que je propose à la vente est en bel état et s'intègrera parfaitement à la bibliothèque d'un bibliophile. Une seule question me tarabuste. Pourquoi se mettait-il son mouchoir sur la tête ? Pierre


SAINTE-BEUVE (C.A). Nouveaux lundis. Paris, Michel Levy frères, 1863, 13 volumes in 12. Reliure demie basane verte aux plats de papier coloré vert empire, dos lisse orné de triples filets, de motifs, de pièces de titre et de tomaison en lettres dorées. Bel Ex-libris. Très peu de rousseurs. Bel ensemble. Vendu

11 commentaires:

Textor a dit…

Réponse : pour cacher à la postérité une calvitie naissante.

Questions : a-t-on fait une analyse epistémologique comparée des textes de Sainte Beuve et de ceux de Philippe Gandillet ? Pourquoi ce dernier n'est-il pas encore au Sénat ?

T

Pierre a dit…

Non ? sérieux ? On ne se fait pas peindre ainsi ! Était-ce un effet de mode ?

Philippe Gandillet est plus verbeux que Sainte-Beuve, quand même ;-))

Jeanmichel a dit…

Pour ressembler à Marat ?

Nadia L* a dit…

Pour se protéger du soleil. Certains travailleurs des champs le faisaient, dans le midi...
Ou alors le chapelier local a fermé ?

Anonyme a dit…

Pour se souvenir d'une idée il fait un nœud à son mouchoir. Lorsqu'il se regarde dans la glace, et Sainte Beuve était coquet, il s'en souvient.
Treize tomes de Causeries demandent des aides mémoires.
Je ne vois raisonnablement rien d'autre.

Michel Pagani

Bertrand a dit…

"Son crâne chauve et pointu, sa calotte noire,ouïe mouchoir noué sur le front qui la remplaçait à la maison, son gros nez dans sa face ronde, son ventre, ses robes de chambre, toute sa personne replète et soignée de chanoine sensuel, furent populaires. On parla, avec sourire ou avec horreur, de ses habitudes, de sa coquetterie, de ses flâneries crépusculaires ou nocturnes, de ses gouvernantes, des visites féminines qu'il recevait, des cousines et nièces qu'il menait au théâtre le dimanche." (in Revue politique et Littéraire, vol. 63)

Pas une explication mais un début...

B.

Bertrand a dit…

Et encore : "A la maison on le trouvait affublé d'une robe de chambre des plus communes ; au moindre mouvement, il paraissait tout débraillé, car il ne sut jamais se draper. A table et au travail, il avait, dans presque toutes les saisons, sous les pieds, une chaufferette qui complétait la robe de chambre à laquelle le mouchoir blanc, noué sur le front, pouvait tenir lieu de capuchon. Dans cet accoutrement, la ressemblance avec la commère ne laissait rien à désirer. Bien que sensible au froid comme toutes les natures délicates de poète, il ne faisait pas un feu énorme. Sa chambre était une vraie glacière; son secrétaire grelottait et en sortait en courant, afin de se dégeler plus vite dans la rue. Ce n'est que dans les dernières années qu'il y eut un calorifère qui chauffait toute la maison." (in Confession de Sainte-Beuve par Louis Nicolardot, p. 92)

On avance...

B.

Pierre a dit…

L'un montre la lune avec le doigt, l'autre ne voit que le doigt.

L'un met un mouchoir sur sa tête pour cacher son crâne bombé, l'autre ne voit que le mouchoir.

L'intention est ratée ! Pierre

Pierre a dit…

Petit aparté : Hier, c'était la première des deux journées du salon bibliophilie de Tarascon.

Cela semble bien se passer pour tout le monde ! Je ne ferais, quand même, pas çà tous les jours ;-))

Je vous mets quelques photos, ce soir. Pierre

Gisèle a dit…

Je n'ai jamais lu cet auteur. Mais je pense que les écrivains d'avant notre ère, c'est-à-dire le XXIème siècle, sont tous fascinants. Ils ont beaucoup d'esprit. C'est également le cas de Sainte-Beuve.

Pierre a dit…

Je confirme que " Jusqu'à ce qu'un homme ait lu tous les livres anciens, il n'a aucune raison de leur préférer les nouveaux... " Montesquieu. Les lettres persanes

Pierre