mercredi 23 avril 2014

Jérôme Paturot à la recherche d'une position sociale. Édition originale illustrée par Grandville…


Ce célèbre et amusant ouvrage est l'un des beaux livres de l'époque romantique. C'est une peinture spirituelle de la société bourgeoise, que le talent de Grandville restitue de façon charmante. 


Homme politique et écrivain, Louis Reybaud (1799-1879) est l'auteur d'un autre roman à succès à la suite de ce premier ouvrage "Jérôme Paturot à la recherche de la meilleure des républiques". On lui doit également une "Étude sur les réformateurs aux socialistes modernes". Plus tard, élu député, il devint conservateur et vota avec les monarchistes. 


Paru en feuilleton (Le Constitutionnel et Le National), puis anonymement en 1842, le roman de Louis Reybaud est un roman de mœurs, une satire du siècle mais aussi un tableau critique du système économique sous la Monarchie de Juillet. Le héros est un idéaliste, un naïf, égaré dans une époque ""positive"", celle de la Monarchie de Juillet, du "roi bourgeois" et des "ventrus". 


La première partie du roman montre Jérôme Paturot, jeune homme, cherchant par tous les moyens à échapper au destin de bonnetier, et traversant à cette fin le romantisme, le saint-simonisme et toutes les excentricités de son temps. Dans la deuxième partie, homme mûr, devenu commerçant, il cède à de nouvelles sirènes, celles de la fortune, des succès mondains, de la carrière politique. A travers les déconvenues de son personnage, Louis Reybaud dresse un tableau spirituel et fourmillant de détails de ce XIXème siècle immortalisé par Balzac. 


Ce roman d'apprentissage d'un Candide moderne instruira et amusera le lecteur contemporain, qu'il y cherche la satire d'une époque ou celle de la nature humaine, en général… Les collectionneurs des ouvrages illustrés par Grandville apprécieront cette  reliure éditeur qui sera une des pièces majeures de leur collection… J'adosse, à la suite de ce petit billet (vous pouvez cliquer ici), un petit catalogue de jolies livres illustrés par Grandville et disponibles à la vente en notre librairie. Pierre


REYBAUD (Louis). Jérôme Paturot à la recherche d'une position sociale. Paris, J.-J. Dubochet, Le Chevalier et Cie, 1846. Un fort volume In-4 ( 27,5/19). Cartonnage éditeur, percal noire, encadrement de sept filets dorés sur les plats, armes fantaisistes de Jérôme Paturot dorées et estampées au centre du premier plat, fer doré représentant trois chapeaux avec chevelures au centre du second plat, dos lisse orné d'un fer représentant une échelle faite d'une plume et d'une branche pourvue d'aiguilles, sur laquelle montent M. et Mme Paturot accompagnés de divers attributs et d'un serpent, gardes colorées, toutes tranches dorées.  Reliure éditeur signée Haarhaus, le nom de l'auteur est tronqué et le "N" de Grandville est gravé à l'envers...  Première édition illustrée, comprenant de nombreuses vignettes dans le texte et 32 planches sous serpente, dont le frontispice, gravées sur bois d'après les compositions de Grandville. [5 ff titre], 460 pp. Des rousseurs irrégulières, quelques cahiers légèrement décalés, signes discrets de restauration. Rare en cartonnage éditeur. 420 € +port

mardi 22 avril 2014

Les Cabinets et les peuples. Depuis 1815 jusqu’à la fin de 1822 par Louis Bignon, diplomate...


" Au point où nous en sommes, et en raison de l'idée que nous commençons à prendre de la morale politique, c'est un trait de plus qui achève le tableau ". Ce n'est pas moi qui l'écrit mais un diplomate ! Il sait donc de quoi il parle…


Louis Pierre Édouard Bignon naît en 1771 d'un père teinturier à Rouen (vous retrouverez ces informations développées sur les meilleurs sites et dans le dictionnaire du XIXème siècle de Pierre Larousse). Après de bonnes études, il s'engage en 1792 et devient le secrétaire d'un général. Remarqué par Talleyrand, il commence en 1797 une carrière au ministère des Affaires étrangères qui lui fait visiter la Confédération Helvétique, la République Cisalpine et l'Allemagne.


Durant l'occupation de la Prusse, de1806 à 1808, il occupe les fonctions de commissaire impérial auprès des autorités locales. En1809, il est nommé administrateur général de l'Autriche avant d'être envoyé en Pologne l'année suivante comme chargé d'affaires. Un titre de baron de l'Empire vient y récompenser son travail.


Trois ans plus tard, la capitulation de Dresde le fait tomber aux mains des Alliés. Bientôt libéré par le prince de Schwarzenberg, il rentre à Paris en décembre1813, rapportant à Napoléon la nouvelle de la défection de Murat.


Durant les Cent-jours, l'Empereur le nomme sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères. Après Waterloo, Louis Bignon devient ministre à part entière du gouvernement provisoire. A ce titre, il est amené à signer avec les Alliés la convention du 3 juillet 1815 qui ouvre Paris aux forces étrangères. Peu après, Bignon quitte le gouvernement et se retire provisoirement de la vie politique.


Réélu député en 1817, Bignon s'affirme comme un opposant résolu de la Restauration. La révolution de 1830 et les premières semaines du règne de Louis-Philippe lui fournissent l'occasion d'une seconde carrière ministérielle presque aussi brève que la première. Par la suite, tout en soutenant le gouvernement, il en critique fréquemment la politique étrangère, à l'égard de l'Angleterre (trop ménagée) ou de la Pologne (trop peu soutenue) notamment.


Membre de l'Académie des sciences morales et politiques depuis 1832, pair de France depuis 1837, Louis Pierre Édouard Bignon meurt à Paris en 1841. Il laisse une œuvre historique et politique abondante puisée aux meilleures sources. L'Empereur, qui l'avait chargé au retour de l'île d'Elbe d'analyser les papiers de Talleyrand et d'en publier des « extraits condamnables », le porta d'ailleurs sur son testament  pour l'engager à écrire une Histoire de France sous Napoléon. Ce qu'il fit… Pierre


BIGNON (Louis-Pierre-Edouard). Les Cabinets et les peuples. Depuis 1815 jusqu’à la fin de 1822. Deuxième édition revue et corrigée. Paris, Rouen, Béchet, janvier1823. Un volume in-8. Reliure demi-basane fauve, dos à cinq nerfs ornés d'une roulette dorée, motifs dorés dans les caissons, roulettes et filts dorés, pièce de titre noire, garde, colorées, toutes tranches colorées comme les gardes. 472pp.  Qu'est-ce que la Sainte-Alliance -- Des réalités de la Sainte-Alliance -- De l'état politique de l'Allemagne -- De la Grèce. Tableau sommaire de ses malheurs depuis six siècles -- De l'état de la Grèce avant l'insurrection actuelle -- De la Russie à l'égard de la Grèce -- Résumé de la situation des cabinets à l'égard des peuples -- Du congrès de Vérone… Mors un peu fatigués, Intérieur très frais, beau papier vergé. Bel état général. 65 € + port

lundi 21 avril 2014

Petit catalogue sur la gastronomie et l'art de la table, en général…


C'est la fin du carême.  Je vous propose un petit florilège d'ouvrages traitant de la cuisine, de la gastronomie, de l'art de bien manger et bien boire – de l'art de bien vivre, en somme… Pour chacun d'entre eux, j'ai fait un cliché. La notice décrit le reste mais je suis à votre disposition pour vous envoyer d'autres clichés sur demande à 13gandillet@gmail.com. Je compléterai cette liste au fur et à mesure de mes achats…

DETOEUF, Auguste. Propos de O.L. Barenton confiseur. Paris, les éditions du tambourinaire, 1948. Petit in-4 (24,5/20). Reliure demi chagrin rouille, dos à nerfs, lettres dorées, gardes colorées, couverture illustrée conservée. 230 pp. Edition originale. Exemplaire numéroté 865/2500 dans la collection " Les notables". Préface de Pierre Brisson. Bel  état. 70 € + port

ROBERT- ROBERT- & DERYS (Gaston). Dictionnaire de gastronomie et joviale. Paris, Editions des portiques, 1930. Un volume In-8 broché à couverture illustrée, 242 pages. Robert-Robert est le pseudonyme de Robert Burnand. Couverture illustrée couleurs, texte sur deux colonnes. Bel exemplaire avec envoi autographe des deux auteurs. 48 € + port


BEGUIN (Maurice). Une vieille tradition. La Cuisine en Poitou. Niort, Sous le signe du Chareuil, A la Librairie Saint-Denis, 1932. Un volume in-8 (14.5x19.5). Broché à couverture illustrée. 228 pp. Avec une préface de Curnonsky et plus de 300 recettes. Édition originale. Quelques rousseurs. Bon état. 75 € + port

FINEBOUCHE (Marie-Claude) [Andrée jean Ajalbert]. Les Petits plats de Madame. 233 recettes éprouvées par l'auteur et ses amis. Paris, Gallimard, 1936. Paris, Gallimard, 1937.1 volume In-4. Broché à couverture rempliée illustrée. 196 p. Nombreuses petites illustrations in texte. Ex. numéroté sur alfa Navarre (n° 155). Très bel envoi autographe de l'auteur à Gabrielle Reval et Fernand Fleuret sur page imprimée spécialement pour les exemplaires de tête. 115 € + port

BEN (Paul) & DESREZ (Auguste). Science du bien vivre ou Monographie de la Cuisine Envisagée sous son aspect physique, intellectuel et moral. Guide de la Maîtresse de maison, suivie de Mille nouvelles recettes par ordre régulier du service de la table...Troisième édition. Paris, Au Bureau du Musée des Familles, 1846, broché, grand in-8, couverture illustrée, (7), 232p, frontispice, titres illustrés et nombreuses illustrations in-texte en noir ; texte sur 2 colonnes. Monographie de la Cuisine envisagée sous son aspect physique, intellectuel et moral. Guide de la Maîtresse de maison, suivie de mille nouvelles recettes, d'un calendrier culinaire, d'une nomenclature des vins de choix et de l'ordre dans lequel ils doivent être servis, de la préparation et de l'arrangement du dessert, etc. Bon état. Quelques rousseurs.  Vendu

CHARLIE (Robert). La bière française (Cervoise). Deuxième édition. Paris, nouvelle librairie parisienne, Albert Savine éditeur.1887. [1f blanc], 236pp, [1f table des matières], [1f catalogue éditeur], [1f blanc]. Format in-18 jésus (12/18,5). Rousseurs éparses. Partiellement non coupé. Bel état de fraîcheur. Peu fréquent à la vente, voir moins que ça… 90 € + port

RICARD (Adolphe). Éloge de Jean Raisin et de sa bonne mère la vigne. Paris, Gustave Sandré, sans date [1853]. Un volume petit in-12. Broché, 218 pages. Frontispice. L'auteur de ce livre est, en fait, Gustave Sandré. Catalogue du libraire. Tampon d'appartenance en page de garde. Rare exemplaire. 90 € + port



SALLENGRE (M. de). Histoire de Pierre de Montmaur.  La Haye, chez Chr. Van Lom, P. Gosse & R. Alberts, 1715.  1 volume en deux tomes in-12 (17/11). Reliure plein veau marbré, dos à nerfs, pièces de titre, caissons ornés de motifs floraux encadrés de filets, filet sur les coupes, tranches rouges, roulette sur les coupes. Tome I : [3ff-titre], cxxxij, [1f erata], 316 pp orné de 1 frontispice et 6 gravures hors texte. Tome II : 312 pp, [1f bl] orné de 1 frontispice et 2 gravures hors textes.  Edition originale de ce recueil de satires dirigées contre Pierre de Montmaur, célèbre gourmand et parasite. Planches gravées par Bleyswick. Coiffes et un mors restaurés. Bel état. 420 € + port

GUEGAN (Bertrand). La fleur de la cuisine française. Paris, La Sirène, 1920/1921. 2 volumes forts volumes in-8. Brochés à couverture illustrée.  XI+374 pages et XXXII+579 pages. Tome I : Où l'on trouve les meilleures recettes des meilleurs cuisiniers, pâtissiers et limonadiers de France, du XIIIe au XIXe Siècle, enrichies de notices et d'un glossaire par Bertrand Guégan, avec des images anciennes et une préface d'Edouard Nignon, Directeur du Restaurant Larue - Tome II : La cuisine moderne (1800-1921), Les meilleures recettes des grands cuisiniers français, notes de Bertrand Guégan, introduction du Docteur Raoul Blondel. Le tome I présente une dédicace manuscrite de Bertrand Guégan à Fernand Fleuret, écrivain.  Édition originale. Dos fendillé. Très bon état. Vendu

LEBAULT (Armand). La table et le repas a travers les siècles. Histoire de l'alimentation, du mobilier à l'usage des repas du cérémonial et des divertissements de table chez les peuples anciens et les francais, précédée d'une étude sur les mœurs gastronomiques primitives et sur le rôle du repas dans la civilisation. Paris, Lucien Laveur, sd (1910). Un volume fort in-8 (25,5/16). Broché, couverture illustrée. Ouvrage orné de 116 illustrations. Intérieur parfait, couverture usagée. 58 € + port

CURNONSKY. Lettres de noblesse. Les Editions Nationales, Paris 1935. Un volume In-8 de 38-(4) pp. Broché, couverture imprimée rempliée. Préface du Dr De Pomiane. Croquis et lithographies d'Edy Legrand. Eloge du fromage Roquefort Société. Bel exemplaire. 22 € + port

ROUFF Marcel & HEMARD Joseph : La Vie et la Passion de Dodin-Bouffant gourmet. Paris, Stock, 1970. 1 volume In-8. Broché à couverture cartonnée illustrées. 220pp. Préface de James de Coquet, illustrations en couleurs de Joseph Hemard. Tirage numéroté sur Rives. Très bon état. 44 €

POURRAT (Henri). L'Aventure de Roquefort. Société anonyme des caves et des producteurs réunis de Roquefort, 1955. In-4. Edition originale illustrée de compositions d'Yves Brayer, gravées sur bois en couleurs par Gérard Angioloini. Cet ouvrage a été tiré à 15500 exemplaires. Exemplaire sur vélin blanc filigrané spécialement N° 7047. Broché, couvertures rempliées. Excellent état. 38 € + port

samedi 19 avril 2014

Supplément au Spectateur nocturne, illustré par Raoul Dufy. Il n'y en a qu'un seul !


Voici une suite, ou plutôt un supplément, au Spectateur nocturne  (Les nuits de Paris) de Restif de la Bretonne. Si l'on en croit l'auteur de l'ouvrage proposé aujourd'hui, ce texte aurait été écrit par le petit fils de Restif, lui-même dans la police secrète comme son grand-père...


" Le 22 décembre 1786, « à sept heures du soir », Restif entreprend la rédaction des Nuits de Paris, qui témoigne, selon les spécialistes, de son emploi de « mouche » au service de la police royale ; en effet, le texte fourmille d’indications de ses liens avec la police qu’il semble en mesure d’appeler à tout moment ; il se promène armé d'un bâton, de pistolets et vêtu d'un manteau bleu, uniforme des policiers ; il menace ceux qu’il interpelle d’en appeler à l’autorité, se rend sans cesse au corps de garde, etc" (dans le BM de novembre 2009).


En fait, il s'agit d'un texte de Fernand Fleuret, spécialiste incontesté [avec Guillaume Apollinaire, Louis Perceau, Gus Bofa et Raoul Dufy] de L'Enfer de la Bibliothèque. L'ouvrage, qui n'est pas à mettre entre des mains innocentes, raconte, la encore, Les nuits de Paris dans un monde réglé par la luxure et la prostitution…


L'ouvrage que je propose aujourd'hui à la vente a ceci de particulier qu'il s'agit d'un exemplaire unique, en ce qu'il est orné de dessins et d'aquarelles originales de son ami Raoul Dufy. Il existe en France une spécialiste de ce peintre : Madame Fanny Guillon-Lafaille dont l'expertise aurait pu nous être nécessaire dans la présentation et dans l'estimation que nous avons faites de l'ouvrage. Mais le libraire de province ne peut-il pas défendre un ouvrage avec ses seules convictions ? [Quitte à se tromper]


Il y a, dans ce métier, une règle que j'ai apprise : la règle du clou. Elle donne la bonne adéquation entre le prix qu'un libraire peut espérer d'un ouvrage et celui que notre clientèle peut offrir pour ce même ouvrage ! Savoir "où mettre le clou", c'est trouver le bon prix de vente, pondéré par des facteurs annexes comme notre éloignement géographique de la capitale, notre méconnaissance de l'artiste, notre manque de notoriété professionnelle, etc...  Ainsi, le prix affiché au clou du "mur" de M. Sourget, au Grand Palais, ou à Brassens n'est pas le prix que je vais afficher chez moi par exemple...


On a pu penser qu'Internet allait niveler les écarts de prix sur des ouvrages équivalents : c'est sans doute vrai pour des publications à fort tirage. Je n'en suis pas certain pour les exemplaires de haut de gamme. A cela une raison majeure: La variable "prix" n'est pas l'élément majeur pour quelques bibliophiles fortunés, clients de librairies renommées… 


Et vous, chers confrères, comment faites-vous pour estimer vos ouvrages d’exception ?  Le prix d'achat de l'exemplaire compte, bien évidemment. Mais comment calculer la valeur du travail que vous faites en aval pour valoriser un livre ? Comment cernez-vous les attentes en prix de votre clientèle ?


Et vous, chers lecteurs, comment appréciez-vous le prix d'un livre ? Votre premier réflexe (une fois l'envie installée) est-elle d'aller compulser frénétiquement la toile pour savoir s'il s'agit ou non d'une bonne affaire ? Les catalogues de salle des ventes vous servent-ils encore ?


Autant de questions auxquelles vous pourrez me donner votre réponse, ce week-end, si vous l'avez...  Pierre


FLEURET (Fernand). Supplément au spectateur nocturne de Restif de la Bretonne. Cuivres et bois originaux de Laboureur. Paris, Editions du Trianon, 1928. Un volume In-8. Reliure demi-parchemin, plats de tissu fleuri, dos lisse, titre et nom de l'auteur en lettres rouges et vertes . Pages de garde de Raoul Dufy (probablement tissu bagatelle), rehaussées à l'aquarelle de la main de Raoul Dufy, certifiées par lui-même en dernière page et contresigné par Fernand Fleuret.

Exemplaire remarquablement truffé :
- Une lettre manuscrite de Laboureur à l'auteur assemblée par onglet
- Une lettre manuscrite de Francis Carco à l'auteur assemblée par onglet
-Deux gravures de l'édition originale des Nuits de Paris (1788), dessinées et gravées par Moreau le Jeune, représentant « le Hibou-Spectateur, marchant la nuit dans les rues de la capitale. On voit au-dessus de la tête de Restif de la bretonne voler le hibou et dans les rues un enlèvement de filles, des voleurs qui crochètent une porte, le guet à cheval et le guet à pied. Que de choses à voir quand les yeux sont fermés ! »
- Une suite des gravures sur Japon Impérial
- Trois petits dessins originaux avec leur maquette, 3 lithographies et sept maquettes de Raoul Dufy.

Édition originale. 4 cuivres hors texte et 6 bois gravés par Jean Laboureur. 1 des 60 exemplaires hors-commerce. Exemplaire n° III imprimé pour Fernand Fleuret sur Japon.  Un ouvrage unique. Vendu

vendredi 18 avril 2014

La société Galante et Littéraire au 18eme siècle par Honoré Bonhomme.


Voici un livre qui renferme des révélations piquantes et imprévues sur les personnes et les choses qui on fait le XVIIIeme siècle. Le lettré comme le curieux y trouvera son compte. Ce sont dans ces " Salons " qu'est né le siècle des lumières…


À Paris, particulièrement, des femmes et des hommes de qualité ont accueilli dans leur salon tous les beaux esprits de leur temps, écrivains, artistes et savants, en leur offrant l'opportunité de débattre et de soumettre leurs travaux et leurs écrits à l'épreuve de la critique. Elles ont ainsi permis une effervescence intellectuelle sans équivalent en France et même dans le monde à aucune autre époque.


La philosophie de l'échange, voire la philosophie tout court, trait essentiel des Lumières, gagne ses lettres de noblesse dans ces «salons» parisiens, imités en province et à l’étranger, lieux de conversation où triomphe tout un art de vivre, voire un art de la parole. Notons au passage que les contemporains utilisent rarement le terme «salon», mais plutôt maison, société, compagnie ou dîner.


La Cour de Versailles cesse d’être le centre du pays et la source de l’opinion : le mouvement des idées se fait contre elle et non plus pour elle. Dans ces salons, on donne la primauté non plus aux jeux littéraires ou aux jeux d’esprit comme au siècle précédent (du temps de Louis XIV, des «Précieuses» et de «la chambre bleue» de Mme de Rambouillet) mais à l'échange d'informations, la confrontation des idées, l'exercice de la critique et l'élaboration de projets philosophiques.


Ainsi, un nouvel espace d'expression est accordé à la femme qui règne, maîtresse en son salon. Espaces féminins en apparence seulement puisque, si les dames y président, ils sont peuplés avant tout d'hommes qui accordent généreusement à leurs compagnes un «gouvernement intellectuel.» Y fréquentent Condorcet, Lavoisier, Montesquieu, Voltaire, Diderot, d'Alembert, Grimm, Buffon et autres encyclopédistes, et bien sûr tous les provinciaux distingués ou étrangers de passage.


Ces femmes de culture qui tiennent salon sont donc une exception, rappellons-le. Ce sont de grandes lectrices : romans à la mode, auteurs classiques, traités d'éducation, revues, pamphlets politiques, écrits philosophiques ou livres d'histoire, rien ne leur échappe. Leurs lettres fourmillent de comptes-rendus du dernier ouvrage lu et des réflexions qu'il leur inspire. Elles écrivent en effet beaucoup : correspondances, notes de lecture, traductions personnelles d'un auteur antique ou étranger, journal intime.


Chacun de ces salons a un ton différent et l’hôtesse - ou l'hôte - choisit ses hôtes (ce dernier terme englobant à la fois le logeur et l'invité) selon l’orientation qu’elle - ou il - veut donner à son salon, ses préoccupations et ses goûts.  Vous en saurez donc plus, ici, sur Le chevalier de Boufflers, Madame de Sabran, Saint-Lambert, Fontanes, Le Comte de Lauraguais, Sophie Arnould, Le Chevalier de Rességuier et madame de Pompadour…


Nul autre que l'éditeur Rouveyre ne pouvait réussir un pareil défi. Pierre


BONHOMME (Honoré). La société Galante et Littéraire au XVIII° Siècle. Édouard Rouveyre, Paris 1880. Boufflers & Mme de Sabran, Saint-Lambert & Fontanes, le Comte de Laranguais & Sophie Arnould, le Chevalier de Resseguier & Mme de Pompadour. Un volume in-8 (20/14). Reliure plein veau blond glacé, encadrement du plat par un double encadrement de filets dorés, rinceaux aux coins et monogramme central, dos à nerfs, pièces de titre maroquin, filets et monogrammes entre les nerfs, double filet sur les coupes, contre-plat encadré d'un quadruple filet, papier coloré à l'hermine, tranche supérieure rouge estampée de fleurs de lys dorées, double filet sur les coupes. Remarquable reliure signée Hilaire. XIII, 178 pages, [1f table], [3ff bl]. Couvertures conservées. Ouvrage Illustré d'un frontispice et de 2 vignettes à l'eau-forte par Malval. Belle édition, exemplaire sur beau vergé, superbe reliure, dos légèrement bruni. 225 € + port

jeudi 17 avril 2014

Voyages de Mr. Le Chevalier Chardin, en Perse : La relation de l'Iran au monde arabe...


Oui ! Il s'agit d'une édition incomplète ! La faute à tous les héritiers qui se sont distribués, en part égale, les volumes de la bibliothèque du premier propriétaire… Il n'empêche que ces exemplaires possèdent néanmoins un réel intérêt, à la fois pour la description d'un voyage qui s'est déroulé au milieu du 17eme siècle et pour les jolies gravures en taille douce qui l'illustrent.


Les informations données dans ce billet, tirées de Wiki, proviennent, en fait, d'un copier-coller de la préface de l'édition proposée aujourd'hui. Fils d’un Bijoutier protestant, Jean Chardin se rend en Perse et en Inde en 1665 pour y faire le commerce des diamants. Il plaît au roi de Perse, qui le nomme son marchand. De retour en France en 1671, il publie Le couronnement de Soleïmaan troisième, roy de Perse (Chez Claude Barbin, 1 volume in-12).


Puis, il repart pour la Perse en août 1671, en faisant cette fois-ci un long périple qui le mène à Smyrne, à Constantinople, en Crimée, dans le Caucase et en Géorgie. Il arrive à Ispahan en juin 1673, accompagné du dessinateur Guillaume Joseph Grelot, reste quatre ans en Perse et retourne en Inde avant de revenir en Europe en 1680 en passant par le Cap de Bonne-Espérance.


Constatant à son retour que les Protestants sont persécutés en France, il se rend, comme tant d'autres Huguenots, en 1681 en Angleterre, où Charles II le fait chevalier et le nomme bijoutier de la cour. Il s’y marie et devient membre de la Royal Society en 1682.


Chardin se rend ensuite en Hollande en tant que représentant de la Compagnie anglaise des Indes orientales et c’est à Amsterdam qu’il publie en 1686 la première partie des Voyages de monsieur le chevalier Chardin en Perse et autres lieux de l’Orient. Cet ouvrage, qu’il ne complète qu’en 1711 (10 volumes in-12), peut-être avec l’aide de François Charpentier, est salué par les philosophes et reçoit les éloges de Montesquieu, Rousseau, Voltaire et Gibbon.

Comment on fume le tabac...
Les trois premiers volumes, qui sont la relation de Paris à Isfahan, furent imprimés à Londres Chez Moses Pitt en 1686 en un volume in folio puis à Amsterdam, à Lyon en une ou deux volumes in-12. . En 1811, Louis-Mathieu Langlès en publie une édition plus complète en dix volumes.


Empreints d’un sens aigu de l’observation et considérés par les spécialistes comme une source historique importante sur la culture et la civilisation persanes de l’époque, les Voyages de Chardin gardent encore aujourd’hui un intérêt considérable. Fort bien reliés, bien illustrés, ils apporteront une touche d'exotisme à votre bibliothèque… Pierre


CHARDIN (Jean, chevalier de) : Voyages de Mr. Le Chevalier Chardin, en Perse, et autres lieux de l'Orient. Tome I: Contenant le voyage de Paris à Ispahan, Capitale de l'Empire de Perse. Première partie qui comprend le voyage de Paris en Mingrelie, & la relation de la religion des Mingreliens, par le P. Dom J. M Zampi, Theatin, enrichi d'un grand nombre de belles figures en taille douce représentant les anntiquités & les choses remarquables du pays. A Amsterdam, chez Jean Louis De Lorme, 1711. Tome III : […] qui comprend le voyage de Tauris à Ispahan, enrichi […] du pays. Tome IV : […] contenant une description générale de la Perse, enrichi […] du pays. 3volume in-12 (17/11). Reliure plein parchemin de l'époque. Nombreuses gravures ht, pleines pages ou dépliantes. Volumes collationnés complets (table des gravures dans le tome I). L'édition intégrale est en 10 volumes. Très bel état général. Vendu