mardi 23 juillet 2013

Une édition originale méconnue de " La confession d'un enfant du siècle ". Aujourd'hui sur vos écrans...


Il est mentionné dans le "Vicaire" que l'édition originale de La confession d'un enfant du siècle d'Alfred de Musset, qui date de 1836, a été publiée chez Félix Bonnaire. Quelle n'a pas été ma surprise de constater que cette édition originale faisait doublon avec une autre que je présente ici !


Il s'agit d'une publication éditée chez Ad. Wahlen, imprimeur-libraire de la Cour au n° 22 de la rue des Sables à Bruxelles. L'ouvrage se présente sous la forme d'un fort in-16 qui contient les deux tomes (213 et 212 pages) de l'œuvre. Mon exemplaire est recouvert d'une demi-percale bleue et l'exemplaire est en état parfait si l'on fait abstraction de quelques rousseurs clairsemées.


Je vous rappelle le synopsis de l'œuvre : Il s'agit d'un roman quasi autobiographique où le badinage cède rapidement la place à la tragédie intime. On a fait de la liaison de Musset  et de George Sand, l'archétype de la littérature romantique à un moment où celle-ci tendait à délaisser l'idéalisme des débuts pour s'adonner à la " curiosité du mal " et à l'esthétique de la névrose... Alfred de Musset (1810-1857) et George Sand (1804-1876) se rencontrent en juin 1833. Alfred de Musset  a 23 ans et George Sand, 29 ans. Ils sont déjà l’un et l’autre des auteurs reconnus. Dès cette première rencontre naît une profonde amitié. George Sand qui s’est mariée en 1822 à Casimir Dudevant est séparée de lui depuis 1830. Elle a alors la réputation de mener une vie  fort libre. Très vite leur amitié prend une dimension amoureuse puis orageuse…


Infidélité et maladie de l’amant, trahison de la maîtresse avec le médecin qui le soignait, fuite précipitée de l’amant, correspondance échevelée, réconciliation et ruptures exaltées sur fond d’alcool et de démence, comme l’écrit Le Robert des Grands écrivains, rien ne manqua au mélodrame joué par les amants de Venise et qui dura près de deux ans


" J'ai bien envie d'écrire notre histoire. Il me semble que cela me guérirait et m'élèverait le cœur. Je voudrais te bâtir un autel, fût-ce avec mes os...". C'est ainsi que le 30 avril 1834, un mois après la fin du séjour mouvementé des deux écrivains-amants à Venise, Alfred de Musset faisait part à George Sand de son projet de "confession". Musset a 26 ans (en 1836) quand sort le roman.


Après la mort d’Alfred  de Musset, en 1859,  George Sand racontera , elle aussi, leur aventure dans Elle et Lui que j'ai présenté ici sur le blog. La même année, Paul de Musset, frère de l’écrivain,  lui répondra par Lui et Elle… Pierre


MUSSET (Alfred de). La confession d'un enfant du siècle. Bruxelles, Ad. Wahlen, 1836. Deux tomes en un fort volume in-16. Demi-percale noire, dos lisse, faux caissons, titre et nom de l'auteur en lettres dorées, gardes colorées.  213 et 212 pages. Bel état, quelques rousseurs clairsemées, un trou de ver marginal sur 12 pages, cachet ancien de bibliothèque (1852). Très rare édition originale de 1836. 145 € + port

lundi 22 juillet 2013

Causerie du lundi de Philippe Gandillet : Dieu vous garde des femmes...


Un lecteur, attentif à ma dernière causerie, me demande par courriel ce que peut bien faire Monsieur quand Madame va à la plage… Très bonne question à laquelle je me fais un plaisir de répondre tout en sachant pertinemment qu’elle était sur les lèvres de tous les autres ! Dans une société dominée par des femmes qui vont à la plage, les hommes ont fini par créer des sociétés séparées où ils se réunissent pour converser, généralement sous forme de dissertations philosophiques, de discussions politiques, économiques ou commerciales. La pipe, le cigare, la bière, le thé et le vin mêlent alors leurs excitations aux forts mouvements de leur esprit et de leur imagination. Les âmes les plus sensibles y partagent leurs effusions, les esprits les plus affinés y apportent leur délicatesse.


Là, tous les sujets se prêtent aux règles que la conversation impose ; les matières les plus abstraites s'y présentent sous des formes sensibles et animées ; les plus compliquées avec simplicité, les plus graves et les plus sérieuses avec une certaine familiarité, les plus sèches et les plus froides avec aménité et douceur, les plus épineuses avec dextérité et finesse, toutes réduites à la plus simple expression, toutes riches de substance et surtout nettes de pédanterie et de doctrine… Tout cela a été rendu nécessaire dans un monde où les femmes ont imposé leurs propres usages, rangé sous leur loi les sciences et les savants et voulu les hommes pour unique témoin de leurs babillages balnéaires.


Vous me demanderez où se trouvent ces clubs où l'élégance intellectuelle est restée une des valeurs jalousement gardée par ses membres ? Et bien, derrière de sombres vitrines populaires où ils interprètent les caricatures dans lesquelles on a voulu les enfermer ! Sur des boulodromes aux fanfaronnades forcées, dans des stades de football remplis de leurres acéphales, aux zincs des cafés dont les conversations de comptoir sont devenues le ferment de la philosophie de demain…


Évidemment, Monsieur dit à Madame qu’il va à la pêche ! Il court les musées de la région. Bien sûr qu’elle l’imagine jouant aux cartes ou aux dés ! Il visite les églises romanes dont ses amis lui ont parlé. Elle jurerait qu’elle l’a vu faire du vélo ! Il écumait les librairies anciennes aux alentours… Je peux bien vous l’avouer puisque j’officie le lundi à la librairie de Pierre. Quand Madame va à la plage, Monsieur achète des livres ! C’est d’ailleurs une des raisons de l’aisance financière des bouquinistes de Provence.


Depuis quelques années, grâce aux publications des blogs bibliophiles, l’attrait pour le beau livre revit et se propage. Tout en restant le régal des collectionneurs, il n’est plus uniquement réservé à ces amateurs mais reprend, de plus en plus, sur les rayonnages des bibliothèques la place qu’il n’aurait jamais dû perdre. Et quel loisir peut, en effet, mieux et plus discrètement s’associer à l’élégance d’une salle de lecture, à la clarté des tentures, base de la bonne conception d’une telle pièce ? En outre, les reliures, tout en égayant nos yeux, nous suggèrent, par le talent des auteurs qu’ils contiennent, des sensations d’art qui comblent le genre masculin et provoquent chez lui des émotions subtiles dans lesquelles se complaît son âme…


Il est évident que je vous demande la plus grande discrétion sur l’information que je viens de vous livrer. Il y a souvent un grand conflit dans le cœur de l’homme, de l’homme moderne dirais-je, entre le devoir et la passion. Quel devoir ? Le plus grand, le plus rude, celui de répondre à l’appel de la connaissance et d’être le moteur du progrès intellectuel. Quelle passion ? Celle qu’il a pour Madame… Pour résoudre ce conflit exceptionnel, il a choisi une action exceptionnelle et cependant admirable : il cache sa véritable valeur. On me dira que cette vision est celle d’un sociétaire du Jockey-club dans un mauvais jour ! Et on aura bien raison. Votre dévoué. Philippe Gandillet


SAINT-PIERRE (Michel de). Dieu vous garde des femmes. Paris, Éditions Denoël, 1955. 1 volume in-8 de 224 pages. Broché. Édition originale. Il a été tiré de cet ouvrage 30 exemplaires sur Crèvecœur et 100 exemplaires sur pur fil Lafuma Navarre, le notre deuxième tirage de tête n° 48. Parfait état. 75 € + port

samedi 20 juillet 2013

L'Histoire, la Vie, les Moeurs et la Curiosité par l'Image, le Pamphlet et le Document. Un Grand (Jean) programme...


Est-il possible de savoir un peu de tout sur tout  en lisant un seul ouvrage ? Existe t-il un livre que je conseillerais à une personne désirant se naufrager dans le confort d'une ile perdue ? Autant de questions auxquelles je répondrais par un Oui franc !


L'ouvrage adéquat s'appelle le " Grand-Carteret " dont je propose, ici, un exemplaire à la vente. Un peu lourd, un peu volumineux, mais fort bien écrit et richement illustré, il comblera les heures de solitude de l'ermite, de l'anachorète, du gyrovague, du naufragé volontaire ou du libraire en attente de clients... Il s'agit d'un ouvrage collectif écrit sous la direction de John Grand-Carteret avec messieurs Avalon, Cheronnet, Dalsème, Dufay, Gonnet, Jarry, Houzel, Lyonnet, Merlet, Montagné, Raphanel, Régnault, Martel, Warnod, Bourrilly, Chassé, Counson, Laut, Valmy-Baysse, Berthaud, Blum, Gaiffe, Magne, Delmas, Maurice Garçon, Grasilier, Lantoine, Mathiez et Maurevert.

 
Le tome I aborde la Renaissance, l'imprimerie, l'humanisme, le Nouveau Monde, la chanson politique, l'idée républicaine, les Reines et dames de beauté, les rois, les visées sur le Rhin, la médecine, la poésie érotique et la crise économique. 


Le tome II,  la réforme en Allemagne et en France, les guerres civiles et religieuses, les grandes figures du XVI siècle, les superstitions, le théâtre, la vie galante et la vie rustique, les premières éditions de la Renaissance, les épidémies et grands fléaux et d'autres curiosités diverses. 


Le Tome III évoque Henri IV, la fronde et les mazarinades, Abraham Brosse et l'esprit frondeur, les étrangers en France (italiens et espagnols aux XVI et XVII siècles), le droit des gens, les précieuses, nos grands classiques, les Jésuites et les jansénistes, le théâtre, les médecins de Louis XIV, la mort du lion, la table et l'alcôve du grand Roy, la régence, la banque Law et diverses curiosités. 


Le Tome IV traite de la franc-maçonnerie, d'un centre d'enseignement médical sous l'ancien régime, de la particule nobiliaire, des encyclopédistes, des femmes au pouvoir, des auteurs galants, du magnétisme, des expéditions lointaines, du théâtre, des Gazetiers et pamphlétaires, de l'envers du Consulat et de l'empire, de la restauration et de diverses Curiosités. 


Pour terminer, le Tome V touche à la révolution de 1830 et au gouvernement de juillet, à la révolution de 1848 et la seconde république, au Second Empire et la spéculation nationale, au XIX siècle galant, au mouvement philosophique, à la Commune et à la troisième république, aux présidents et la caricature, au boulangisme et à l'affaire Dreyfus ainsi qu'à diverses curiosités.


Jean Grand dit John Grand-Carteret (1850-1927) est un journaliste français, historien de l'art et de la mode, écrivain et conférencier. Fils du banquier suisse Victor Grand et de Marie-Antoinette Carteret, soeur de l'homme politique genevois Antoine Alfred Désiré Carteret, il est journaliste à Genève, puis à Paris. Il collabore à L'Ere nouvelle sous le pseudonyme d'Historicus. Grand collectionneur de gravures, il a surtout consacré sa vie à rassembler des images sur les sujets les plus variés, dont il fit ensuite de nombreux ouvrages luxueux, plus essentiellement sur l'histoire des moeurs à travers l'image et la caricature. Parmi ses oeuvres les plus connues : Les mœurs et la caricature en Allemagne (1885), La France jugée par l’Allemagne (1886), La femme en Allemagne (1887), Les mœurs et la caricature en France (1888), Bismarck en caricatures (1890), Crispi, Bismarck et la triple alliance en caricatures (1892), Wagner en caricatures (1892), Les caricatures sur l’alliance franco-russe (1898), l’affaire Dreyfus et l’image (1898), La montagne à travers les âges (1902-1904) [que j'ai proposée ici sur le blog] et L’histoire la vie les mœurs et la curiosité par l’image (1927-1928) que je présente aujourd'hui. Si vous voulez passer pour un "vieux con", vous pouvez aussi offrir cet ouvrage à un de vos enfants qui ne vous aimera plus… Pierre


GRAND-CARTERET (John). L'Histoire, la Vie, les Moeurs et la Curiosité par l'Image, le Pamphlet et le Document (1450-1900). Librairie de la Curiosité et des Beaux-Arts . 1927-1928. 5 tomes en 5 volumes grands in-4. Reliure demi-chagrin noir à coins, dos lisse orné de motifs dorés, pièce de titre et tomaison en maroquin cerise, tranche supérieure dorée, gardes colorées. VIII, 470, 470, 474, 474 et 474 pages. Tome I ,29 planches coloriées et 405 illustrations dans le texte, tome II, 29 planches coloriées et 453 illustrations dans le texte, tome III, 29 planches coloriées et 450 illustrations dans le texte, tome IV, 29 planches coloriées et 479 illustrations dans le texte, tome V, 29 planches coloriées et 572 illustrations dans le texte. Le tome V n'a pas d'illustration coloriée en frontispice. Menus défauts de reliure, des rousseurs clairsemées. Bel état. Vendu

vendredi 19 juillet 2013

Les Bulletins du Salon d'Automne de Robert Bonfils.


En 1903, le premier " Salon d'Automne " fut organisé par quelques artistes, dont Matisse, en réaction à la politique conservatrice du Salon officiel de Paris. L'exposition connut presque immédiatement le succès et devint la pièce maîtresse de l'innovation artistique du 20ème siècle .... Pendant les premières années de ce salon, des artistes confirmés tels que Renoir soutiendront la nouvelle exposition et même Rodin affichera plusieurs dessins.


Je vous propose aujourd'hui à la vente, trois bulletins publiés à l'occasion de ces premiers salons (1916-1917-1918). On les doit à Robert Bonfils, artiste apprécié de ses confrères du début du siècle ;  pour preuve la liste, fournie en fin de billet, des plumes et des illustrateurs qui ont contribué à ces trois numéros (il n'y aura que 6 bulletins édités).


Il faut néanmoins préciser pour les amateurs et les curieux qu'il y a eu deux illustrateurs de la première moitié du XXème siècle qui se sont appelés Robert Bonfils ; il ne faut pas les confondre… L'un a œuvré aux U.S.A et s'est spécialisé dans la " pin-up " dénudée pour les couvertures de magazines populaires et l'autre, en France, professeur à l'école Etienne, s'est tourné de son côté vers la publication de gravures d'art pour des éditions de luxe ou pour des catalogues de salons d'art contemporain au début du 20eme siècle. C'est Robert Bonfils, le deuxième qui nous intéresse ici*…


On sait peu de choses, en fait, sur cet illustrateur sinon que la période de la guerre 14 -18 ne fut pas propice à la diffusion de l'art en général. C'est René Piot, illustrateur lui-même, qui écrit dans le 2eme bulletin :


" Le cubisme est-il, comme certains le prétendent, une folie subite organisée commercialement sans aucun lien de tradition ou n'est-ce que la fatale suite, contrastée, des événements artistiques précédents ? Il me semble avoir lu, hier, cette phrase dans la presse à propos de l'art contemporain "

Bulletin N° 4, 1916
- Illustrateurs : Bonfils, Moricet, Marval, Bonnard, Raphaël, Grass-Mick, Peské
- Ecrivains : Montesquiou, Brunet Duret, Kieffer, Jourdain, Ouvré

Bulletin N° 5, 1917
- Illustrateurs : Piot, Laboureur, Lemordant, Chabaud (écrit Cahaud), Lebasque, Geo-Weiss, Dufau, Besnard, Chigot
- Ecrivains : Piot, Geoffroy,  Fontaines, Bonfils.

Bulletin N° 6, 1918
- Illustrateurs : Maud, Verdilhan, Seyssaud, Hermann-Paul, Van-Dongen, Marcel Leloir, Baudin, Gonzalez, Duchamp Villon, Moreau, Paul Emile Colin.
- Ecrivains : Maurice Denis, Vauxcelles,  Jourdain, Geo-Weiss, Hercher.


Ces trois bulletins étaient distribués par la librairie Lutetia, 66 Boulevard Raspail à Paris. On est surpris par la rareté, sur les sites marchands, de ces plaquettes qui nous présentent de façon visionnaire des œuvres d'artistes encore à l'orée de leur gloire. Pour collectionneurs ou simples curieux…  Pierre

Bulletin du Salon d'Automne. Plaquette agrafée au format in-8 (25cm /16,5cm). Couverture illustrée. Les trois bulletins Vendu



*  J'aurais vraisemblablement eu plus de succès avec le premier. Cette incursion dans l'art, cette semaine, démontrant, une fois de plus, que les amateurs sont plus rares que les mateurs  ;-))

jeudi 18 juillet 2013

Cent dix dessins de jeunesse de H. de Toulouse Lautrec...


A côté de l'ensemble de l'œuvre de Toulouse Lautrec conservé au Musée d'Albi et qui permet de suivre complètement l'artiste dès ses débuts, un précieux document comme celui que représente cet album suffit à révéler son génie de dessinateur. On pourrait  féliciter l'éditeur d'avoir eu l'initiative de nous offrir cette publication ! Peine perdue car je suis bien en peine de vous dire quoi que ce soit sur cette maison dont je ne trouve plus aucune trace…


Ces dessins permettent d'apercevoir le talent précoce de Toulouse Lautrec. On retrouvera des thèmes que l'artiste reprendra plus tard. Peut-être lui a-t-il suffi pour cela de faire appel à son souvenir seul, tant sa mémoire était prodigieuse.


L'abondance de chevaux ne nous étonne pas puisque nous retrouverons ce sujet de prédilection dans ses futures toiles. Ce qui est plus surprenant est de constater, comme nous avons pu le voir hier avec les dessins d'Albert Marquet que j'ai présenté hier, c'est l'attrait des plus grands illustrateurs pour les animaux. Est-ce en raison des nombreuses heures passées devant cet exercice, souvent imposé par les études, ou bien en raison de la solitude partagée des artistes avec les animaux ?
 

Malheureusement, à la suite de ses deux accidents, le sport pour lequel il manifestait un attrait héréditaire lui sera à jamais interdit. On devine avec quel enthousiasme, le jeune artiste a rencontré dès son jeune âge le peintre animalier bordelais Princeteau et avec quel respect il écoutait ses conseils. C'est d'ailleurs lui qui sut plaider sa cause et faire accepter à ses parents qu'il l'amenât à Paris à l'atelier de Cormon.


C'est par ses dessins de jeunesse qu'un artiste nous livre son art dans sa forme la plus ingénue, la plus pure. Plus tard, Toulouse Lautrec s'imprègnera de la mode impressionniste et se liera d'amitié avec Edgar Degas et Vincent Van Gogh. Il fréquentera alors les cabarets, notamment le Moulin Rouge qu'il immortalisera dans ses toiles ainsi que sur ses affiches… Alcoolique, syphilitique, suicidaire ; mais ça, vous connaissez tous ! En fait, Toulouse-Lautrec ne vécut que pour son art. C'est plus facile quand on a du talent...  Pierre


TOULOUSE LAUTREC (Henri de). Cent dix dessins de H. de Toulouse Lautrec. Au Pont des Arts, Paris 1955. 1 volume reliure toilée verte de l'éditeur, plat supérieur titré. Album de planches hors texte reproduisant en fac-similé par Jacomet un carnet de dessins. Bien complet du fascicule broché (in 8 oblong), présentant le texte de l'introduction, étui cartonné de l'éditeur avec étiquette illustrée contrecollée. Exemplaire numéroté n° 201. Dos légèrement insolé, le papier couché des dessins est légèrement ondulé sans aucune trace d'humidité. Bel exemplaire.Vendu

mercredi 17 juillet 2013

Albert Marquet dessinait aussi des animaux...



Albert Marquet n'était pas un peintre animalier. C'est une facette de sa vie artistique que nous révèle ici sa compagne. Il est plus connu pour ses peintures de Quai de Seine que j'apprécie ; celle-ci par exemple…


Tout au long de sa carrière, Albert Marquet a tenu à conserver le sens de la couleur et de la lumière en souvenir de sa période " Fauve ", bien qu’il soit un artiste de la période postimpressionniste. Il arrive à Paris en 1890 accompagné de sa mère qui l’a toujours encouragé dans son ambition de devenir artiste. En 1892, il intègre l’école nationale des arts décoratifs. En 1905, il expose en compagnie des artistes Fauves de l’époque.


Dans un article de 1943, Henri Matisse évoque ainsi son ami de toujours : " Marquet fut toute sa vie un prodigieux dessinateur, utilisant aussi bien le pinceau et l’encre de Chine, le fusain ou la mine de plomb, ou encore un stylo. Il s’agit de dessins obligatoires d’atelier, mais aussi des scènes, des traits, des gestes saisis au café Procope, de sa fenêtre, au détour d’une rue, le long d’un quai, ou encore sur un bateau. Il sait camper une silhouette ou une expression en un seul geste, ample et sans remords." Jouissant d’une certaine aisance financière, il peut voyager, emménager quai Saint-Michel, dans l’ancien atelier de Matisse, et engager des modèles. La plupart de ses nus et compositions érotiques datent des années 1910-1920.


Affaibli par une grippe en 1919, Marquet décide de passer l’hiver suivant au soleil, à Alger, muni de lettres de recommandation pour les personnalités susceptibles de l’accueillir et de le conseiller. L’une se nomme Marcelle Martinet… Désormais, le couple réside en Afrique du Nord tous les hivers, soit à Alger, soit en Tunisie, ou encore au Maroc et en Égypte.
  

C’est néanmoins par ses paysages urbains qu'Albert Marquet est aujourd'hui le plus connu, vues plongeantes de villes ou de ports : Hambourg, Alger, Bordeaux, Marseille, La Rochelle, Amsterdam, Collioure, Paris et ses bords de Seine…


Il se réfugie en Algérie, accompagné de sa femme Marcelle, pour fuir l’invasion Allemande jusqu’en 1945. Puis ils regagnent leur maison de La-Frette-sur-Seine, ou Albert Marquet finira ses jours. Marcelle Marquet entretiendra le souvenir de l'œuvre de son mari en signant quelques ouvrages de son propre nom et proposera des éditions avec des dessins originaux, comme celle que je propose aujourd'hui à la vente. Ouvrage heureusement moins coté que les peintures de l'artiste ! Pierre

MARQUET (Marcelle). Marquet dessine des animaux. Editions Du Pont - Neuf, Paris 1963. Un volume in-folio à l'italienne non paginé. Cartonnage recouvert d'une toile beige illustrée d'un dessin de l'artiste et de son nom sur le plat, emboîtage brun. Ouvrage tire à 500 exemplaires sur beau papier et 25 exemplaires hors commerce, le notre n°104. Envoi de l'auteur. 190 € + port

mardi 16 juillet 2013

Le Mémorial de Sainte-Hélène suivi de la biographie des maréchaux de Napoléon dans un beau cartonnage illustré...



Napoléon, même aujourd'hui, ne laisse personne indifférent. Dieu ou imposteur, ogre ou sauveur, nouvel Alexandre ou précurseur de Hitler, responsable de l'irréversible déclin français ou sommet de la gloire nationale, il demeure le héros d'une des plus grandes épopées de la France mais aussi celui qui est le plus contesté…


Exilé une première fois sur l'île d'Elbe, au large de la Toscane, à la suite de la défaite de l'armée impériale face à une coalition de puissances européennes, en 1814, Napoléon 1er n'avait pas dit son dernier mot. Pour racheter l'humiliation de cette abdication forcée, il échappe à la surveillance anglaise et regagne le continent, où il prend la tête d'une armée de près de 130 000 hommes. Le 18 juin 1815, la défaite de Waterloo vient mettre fin à sa gloire.


Contraint de se livrer aux Anglais, l'empereur déchu embarque sur un de leurs navires. Il est conduit à Sainte-Hélène, une île de l'Atlantique sud, à 1 850 km de la côte africaine, qui offre peu d'espoir d'évasion. On lui laisse choisir trois officiers pour l'accompagner. Suivent leurs épouses, un valet de chambre, un maître d'hôtel, un chirurgien et quelques autres domestiques. Tout ce petit monde s'installe dans une maison de maître en partie délabrée, Longwood, sur les hauteurs de Sainte-Hélène.


Pendant ses six ans d'exil, l'ex-empereur dicte ses souvenirs et ses réflexions au Comte de Las Cases ainsi qu'à Bertrand, Gourgaud et Montholon. Le 4 mai 1821, Napoléon est étendu sur son lit, se tordant de douleurs (empoisonnement ou cuisine anglaise ?)… La fin est proche, il le sait. C'est pourquoi il a convoqué tous ses amis et proches " Je suis heureux à l'idée que vous allez pouvoir revoir la France, vos proches, et moi mes Braves aux Champs-Elysées ". 


Publié l'année suivant la mort de Napoléon (1821), Le Mémorial de Sainte-Hélène connaîtra un succès immédiat en France et nourrira la légende napoléonienne. En 1840, le président du Conseil, Adolphe Thiers, négocie avec Londres le retour des cendres de Napoléon à Paris. Le transfert donne lieu à une cérémonie grandiose à laquelle assistent un million de français enthousiastes qui n'hésitent pas à crier « Vive l'Empereur ! ». Napoléon 1er repose, depuis lors, aux Invalides : c'est, de nos jours, l'un des monuments les plus visités de France…


L'ouvrage que je présente à la vente est devenu le principal vecteur de la légende de Napoléon ainsi que le témoignage le plus complet et le plus abouti sur la déchéance, la fin et la disparition de l'Empereur. Emmanuel de Las Cases (1766-1842), historien, était militaire dans la marine. Royaliste, il se rallia à Napoléon Ier, devenant Chambellan et Comte d'Empire en 1810. Après l'abdication de l'Empereur le 11 avril 1814, il se retira en Angleterre, mais vint servir l'Empereur durant les 100 jours. On connaît la suite… Pierre


LAS CASES (Le Comte de). Le Mémorial de Sainte-Hélène. Suivi de la biographie des maréchaux de Napoléon par Lacroix et  illustré de 240 dessins en couleurs par L. Bombled. Paris, Garnier frères, libraires-éditeurs, 1895. Premier tirage. Deux volumes in-4 (27 x 19 cm). Cartonnage éditeur recouvert d'une percaline éditeur vert-olive, dos lisse orné et plat supérieur illustré d'un aigle avec les armes et l'initiale de l'Empereur, décorations argentées, XXIV (faux-titre, titre, avant-propos, notice biographique sur l'auteur, préface, préambule), 1887 pages. Biographie des Maréchaux (page 1663 à 1871).  Menus défauts d'usure. Bel état. Vendu