lundi 9 décembre 2013

Causerie du lundi de Philippe Gandillet : ma lettre au Père Noël...


Cher Père Noël,

Vous êtes trop occupé pour vous rappeler ce détail mais, lorsqu'il y a près de cinquante ans, je vous ai demandé des livres en cadeau de Noël, j'ai trouvé au pied de la cheminée un pull-over qui gratte et un circuit 24 à partager avec mon frère… Je renouvelle, cette année, ma demande et c'est pourquoi je me permets de recroire en vous…


Le hasard a fait qu'avec le temps cette passion pour les livres ne s'est pas estompée. Mais ce ne sont donc pas des ouvrages neufs que je désire, cher Père Noël... Ce sont des livres anciens ! J'imagine qu'en dehors de la période chargée des fêtes, le temps doit vous paraître un peu long là-haut sur votre traîneau et que vous devez posséder une bibliothèque impressionnante. Alors, pourquoi ne pas piocher dans ces livres qui prennent tant de place sur les rayonnages de vos nuages ?

Comme le passage par la cheminée reste, malgré tout, dangereux pour ce type de cadeau, je vous propose, cher Père Noël, de me les déposer en passant par la porte et donc de m'envoyer, à votre place, une de vos pulpeuses hôtesses portant, sur son léger costume de circonstance, un lapin aux grandes oreilles brodé sur le revers de la fourrure. Vous pouvez aussi demander à un ami (Père Fouettard) ou collègue (Saint Nicolas) de me les porter mais ce sera moins sympa…


Je suis intéressé, cette année, par un exemplaire de L’École de cavalerie composé par François Robichon de La Guérinière dans sa présentation Collombat, grand in Folio, de 1733, l'édition  de 1731 étant malheureusement  proposée à des prix prohibitifs. S'il vous reste une petite enveloppe à dépenser pour ma personne, vous pouvez y ajouter une publication illustrée de A rebours sur beau papier. Vous voyez que mes désirs sont accessibles. Il suffit maintenant que les vôtres soient des ordres…


Si la diversité des connaissances éblouit le curieux que je suis, c'est maintenant la qualité bibliophilique des livres, leurs illustrations, leur typographie et leur présentation générale qui m'intéressent. Je compte donc sur votre bienveillance. 


Voici donc ma "lettre à vous", cher Père Noël ! Je n'oublie pas de vous souhaiter, à vous aussi ainsi qu'à toutes vos charmantes assistantes, de joyeuses fêtes de fin d'année. Votre dévoué. Philippe Gandillet

samedi 7 décembre 2013

Nouvelles idées de cadeaux de fin d'année pour bibliophiles...

Sa plus grande joie était de montrer les ouvrages de sa boutique...
Les fêtes de fin d'année approchent de plus en plus. C'est le moment pour le libraire de présenter un deuxième petit catalogue de Noël avec quelques ouvrages de prestige qui n'ont pas eu les honneurs d'une belle transaction au cours de l'année écoulée. Les raisons ? Peut-être une mauvaise appréciation de l'attrait actuel de ces ouvrages ? Une estimation trop élevée ? Une présentation  passée inaperçue ? Une visibilité du blog bien trop restreinte ? Un peu de tout ça, sans doute, et même pire… Laissons-leur une deuxième chance et offrons un escompte de 10 % à l'éventuel acquéreur ! Au pire, ce sera pour moi l'occasion de me remémorer le plaisir que j'ai eu à acheter ces ouvrages et celui de leur faire une fiche la plus précise possible…

MARMIER Xavier. Voyage pittoresque en Allemagne. Partie Septentrionale (la partie méridionale est abordée dans un autre ouvrage). Morizot, Libraire-éditeur [1859]. Un volume au format petit in-4. Reliure éditeur en demi-chagrin rouge, dos à 4 nerfs souligné de filets à froid et de pointillés dorés, orné de caissons avec filets et motifs dorés, plats estampés avec encadrements recouverts de percaline cerise, toutes tranches dorées. 18 Illustrations en N/B et 2 illustrations en couleur hors texte de MM. Rouargue Frères. 516 pp. Quelques rousseurs clairsemées marquées sur les serpentes, plats légèrement salis et menus défauts dont il a été tenu compte dans l'estimation très raisonnable de l'ouvrage. Gravures magnifiques. Vendu

BUFFON & BLANCHARD. Le Buffon de la jeunesse. Zoologie. Botanique. Minéralogie par P Blanchard. Revu, corrigé et augmenté par M. Chenu. Illustré de plus de 400 sujets d'histoire naturelle dessinés par nos meilleurs artistes. Paris, Morizot, 1859. Grand in-8 demi-chagrin prune, dos à nerfs et à caissons, toutes tranches dorées, VIII-592 pages, 90 planches hors-texte. Magnifique exemplaire en parfait état avec peu de rousseurs. 100 € - 10 € = 90 € + port

GOETHE. Werther, traduit de l'allemand. A Maestricht, chez Jean-Edme Dufour & Philippe Roux, 1776. 2 parties reliées en 1 volume in-12. Reliure pleine basane glacée et marbrée, dos à nerfs et caissons ornés, pièce de titre en maroquin cerise, gardes colorées, toutes tranches rouges. Edition originale de la traduction de Georges Deveyrdun. Première partie : [1f bl]-[1f titre]-viij-201pp-[1f bl] / Seconde partie : [1f titre]-230pp-[2f fbl]. Contient, outre les vignettes en pages de titre signées Chodowiecki, 2 bandeaux gravés. Menus défauts de reliure. Bon état intérieur malgré quelques légères brunissures. Rare édition originale en français de ce monument du romantisme allemand, publié pour la première fois à Leipzig en 1774. Ex-libris avec tampon d'une bibliothèque de l'ex-Union sovietique. 430 € - 45 €  = 385 € + port

PEREFIXE DE BEAUMONT (Hardouin de). Histoire du Roy Henry Le Grand. Composée par Messire Hardouin de Péréfixe Evesque de Rodez, cy-devant Precepteur du Roy. Chez Louys & Daniel Elzevier, A Amsterdam, 1661. Petit in-12. Titre-frontispice, XII, 522 pp, plein cuir, dos à 4 nerfs, motifs et pièce de titre entre les nerfs frottés, coiffes et coins usés, petite restauration de protection sur les coiffes le tout en bon état néanmoins avec une intégrité totale des feuillets bien solidaires. Plats aux Armes de Brueys d'Aigalliers ? Colbert ? Première édition imprimée par Elzevier. Première des deux éditions elzéviriennes sous cette date, se distinguant, entre autres, de la 2e en ce que la dernière ligne du 1er alinéa de la p. 194 contient les mots 'gens de guerre' (au lieu de 'guerre' seulement). 210 € - 21 € = 189 € + port

CARACCIOLI [Louis]. La jouissance de soi-même. A Amsterdam chez E.Van Harrevelt, 1760. Un volume In-12. Reliure pleine basane marbrée, dos à nerfs, caissons ornés de motifs floraux dorés encadrés par filets et roulette, pièce de titre en maroquin cerise, roulette sur les coupes, toutes tranches jaspées, gardes colorées jaspées. [1f], xvj, 440 pp, [1f]. Menus défauts de reliure, intérieur parfait. Vendu


SWIFT (Jonathan). Voyages de Gulliver. Paris, Librairie Delagrave, 1950. Un volume grand in-4 (33/25cm). Cartonnage éditeur pleine toile vert olive, titre et motif imprimés en rouge, noir et blanc,  dos lisse imprimé, gardes colorées, signature de Job. Huitième mille. 160 pages. Exemplaire orné d'illustrations sur bois dans le texte et de planches en couleurs hors texte d'après les dessins de Job. Bel état de fraîcheur, menus défauts sur le cartonnage. 52 € - 5 € = 47 €+ port

BRUN (Maurice). Groumandugi, Réflexions et souvenirs d'un gourmand provençal. Préface de Charles Maurras, Illustrations de Louis Jou. Marseille, chez l'auteur, 1949. Broché, sous couverture rempliée, illustrée en couleur, sous cartonnage illustré rigide et étui. Fort et grand in-4° à grandes marges, non rogné, de 10 feuillets non chiffrés (gardes, faux-titre, titre, frontispice, couverture en couleurs aux armes de Provence, 2 planches de L. Jou), XVII pages (préface), 197 pages et 12 feuillets non chiffrés ("Dernier hommage à Marianne", "In cauda venenum", tables, justification de tirage, gardes). Tirage sur Auvergne, limité à 1026 exemplaires (ici le n°351). Une des pages de garde est occupée par un long envoi versifié manuscrit. 1er tirage. Restauration sur l'emboîtage. Très bon état intérieur. 780 € - 80 € = 700 € + port

LAPORTE (Albert). Les grandes femmes de l'Europe. Paris, Théodore Lefevre éditeur, sd (1895). Reliure signée Charles Magnier, demi chagrin lie de vin, plat de percaline estampée, dos à 4 nerfs, filets dorés et cadres estampés entre les nerfs, titre en lettres dorées. Toutes tranches dorées, pages de garde en papier moiré. Format in-8. Fort volume de 371 pages. Biographies de : Isabelle d'Espagne, Catherine II de Russie, Elisabeth, les trois Marguerite, Catherine de Sienne, les deux Anne, Christine de Suède, Marie-Thérèse. Peu de rousseurs pour cet exemplaire en très bel état orné de 8 gravures hors texte et d'autant de vignettes en début de chapitre. Apologie de quelques grandes femmes qui ont marqué l'histoire. 54 €  - 5 € = 49 € + port

VENETTE (Docteur en médecine). Tableau de l'amour conjugal. Paris, chez les marchands de nouveautés, 1832. 4 volumes in-16. Reliure pleine basane cerise contemporaine, dos à nerfs et lettres et roulettes dorées, gardes colorées. Les ouvrages n'ont pas été rognés. Tome I : [2ff dont frontispice], 186 pp. Tome II : [2ff dont frontispice], 178 pp. Tome III : [2ff dont frontispice], 168 pp. Tome VI : [2ff dont frontispice], 186 173pp. Complet des gravures. Des brunissures. Bon état. 185 € - 18 € =  167 € + port

vendredi 6 décembre 2013

L'édition originale du "Noël gardian" de José D'Arbaud et Léo Lelée.


Joseph d’Arbaud est né à Meyrargues, petit village provençal à 15 km au nord d’Aix-en-Provence, en 1874, dans la propriété familiale que l’on appelait « La petite bastide ». Sa mère, Marie-Louise Martin, née en 1844, d’une famille cavaillonnaise, fut la première poétesse du Félibrige en publiant en 1863 un recueil de poèmes : Lis amour de Ribas. Son grand-père maternel, Valère Martin, a de son côté écrit quelques poèmes provençaux qu’il signait lui aussi d’un pseudonyme éloquent " Lou Felibre di Meloun ". Dès sa naissance, Joseph d’Arbaud a donc de qui tenir!


C’est l’année du baccalauréat qu’il prend contact avec les milieux félibréens chez son cousin, Folco de Baroncelli-Javon, le futur « Marqués » et qu’il rencontre l’un des meilleurs écrivains de l’époque, Félix Gras. Plus tard, il poursuit ses études à l’Université d’Aix où il est étudiant de la Faculté de Droit de 1896 à 1898.


Alors qu’il semblait avoir devant lui une carrière toute tracée de magistrat ou d’officier comme son père, et qu’il était en vue dans les salons aixois, il disparaît en 1898 pour rejoindre en Camargue, aux Saintes Maries, son cousin Folco de Baroncelli, passant ainsi de la quiétude plus ou moins oisive des citadins au milieu simple et rude qui est celui des éleveurs de taureaux, retrouvant ainsi les grandes et nobles traditions de la Provence. C’est, en effet, à la suite de ce contact prolongé avec les réalités camarguaises que le Marquis crée ce que nous appelons « l’Esprit Gardian », fait d’amour pour les chevaux et les taureaux, de passion pour ce pays unique au monde qu’est la Camargue, le tout couronné par un dévouement inconditionnel à la seule langue que pratiquaient ces gardians, le provençal.


D’Arbaud, en s’exilant en Camargue, répondait assurément à une vocation profonde, à l’appel de la nature. Quoi qu’il en soit, après avoir appris le métier sous la direction de son cousin Folco, il achète une manade de taureaux croisés au Clos du Radeau, au nord de Port-Saint-Louis-du-Rhône, sur la rive gauche du Rhône. Il est manadier de 1898 à 1906. C’est de cette époque que datent les poèmes des « Cant Palustre » et « Nouvé Gardian », inspirés par la Camargue. C'est ce dernier ouvrage, en édition originale, que je propose aujourd'hui à la vente.


Malheureusement, il tombe malade et doit aller se soigner en Suisse. Il y reste cinq ans et cependant, s’il recouvre la santé, il ne pourra plus reprendre la vie active du manadier. C'est son ami Léo Lellée, l'illustrateur talentueux de cet exemplaire à la vente qui reprendra la manade pendant sa convalescence. Il prend néanmoins la tête de la Confrérie des Gardians qui existe depuis le XVIème siècle, il est en même temps l’un des animateurs de la « Nacioun Gardiano », groupe fondé par le Marquis de Baroncelli en 1909 et qui s’est donné pour tâche de faire revivre les traditions chevaleresques de gardians ; il donne des conférences, bref il agit de son mieux en faveur du maintien des traditions ! Il deviendra Poète-Gardian et le restera pour la postérité…


L'exemplaire que je présente aujourd'hui est renommé pour les gardes en papier coloré faites tout exprès pour l'édition et pour les dessins et aquarelles de Léo Lelée, bien connu des salles de vente. Les éditions originales ne courent pas la Camargue… Pierre


[LELEE (Léo)] ARBAUD (Joseph d') : Nouvé Gardian. Souciéta d'édition le Feu, 1923. Un volume in folio. Cartonnage blanc crème, gardes colorées dessinées par Lelée, étui et emboîtage postérieurs dorés recouverts de papier coloré, pièce de titre cuir à lettres dorées. 15 superbes illustrations dont 14 à pleine page et 1 sur double page de Léo Lelée, coloriées et protégées par des serpentes légendées. Exemplaire N° 63/477 sur vélin Rafia de Madagascar. Enrichi du bulletin de souscription orné d'une des illustrations de l'ouvrage annoté à la mine de plomb. Quelques rousseurs. Rare exemplaire dans un bel étui de protection. Vendu

jeudi 5 décembre 2013

Le costume d'Arles illustré par Léo Lelée. Petit tirage mais Grand tirage...


A vrai dire, si précieux que nous le jugions en Provence, nous savons sans doute que le costume n'est pas rigoureusement indispensable au salut des vertus traditionnelles. Nous savons que, dans la vie actuelle, de grands peuples restent grands après avoir abandonné le costume qui les caractérisait. Nous savons aussi que la langue est plus nécessaire et qu'il est plus important de parler, de penser, d'écrire dans sa langue maternelle, et peut-être même de faire courir des taureaux dans les rues, que de voir défiler de jolies femmes parées de la "Chapelle " et du velours arlésien…


Les tenants d'un certain régionalisme qui se targue d'être uniquement artistique voudraient bien ne voir dans le régionalisme que des exhibitions, des reconstitutions peu compromettantes, propres à séduire les foules. C'est sans doute plus !


Mais le costume d'autrefois a un tel charme, une telle élégance qu'on lui pardonne bien volonté sa beauté. Ces traditions de jadis, comme elles étaient jolies ! Et je pense également, en écrivant ceci, à d'autres costumes qui ont bercé ma jeunesse (le costume breton sorti pour les fezt-noz,) ou au Lederhose, porté à l'occasion d'une libation bavaroise…

Ne pleurons pas sur les traditions ; elles ne sont pas mortes ! J'en veux pour preuve les fêtes des Charrettes ramades dont j'ai présenté le défilé de la Saint Eloi de Boulbon, le dernier dimanche d'août. Là, pas de déguisement mais une légitime fierté pour les femmes d'être belles en tenue provençale simplement pour plaire aux hommes et beaucoup d'audace chez gardians simplement là pour impressionner leurs jolies compagnes. La séduction comme dans la vraie vie…


L'ouvrage que je vous propose à la vente aujourd'hui est une publication à petit tirage (100exemplaires) sur grand papier d'un ouvrage très recherché sur le costume d'Arles, illustré de gravures originales de Léo Lelée. Il s'agit d'un exemplaire au format in folio, important car il est le symbole d'une cause et que cette cause est celle de tout un pays qui ne veut pas qu'on lui coupe ses racines. Sachons d'où nous venons pour savoir où nous voulons aller… Pierre


LELEE (Léo) – D'ARBAUD(José). Le costume d'Arles. Aix en Provence, Le Feu, Juillet 1923. Un exemplaire in folio. Broché, couverture illustrée. Numéro très rare sur le costume d'Arles, publié par la revue Le Feu. Un des 100 exemplaires numérotés sur pur fil, illustré de 45 compositions et croquis originaux de Léo Lelée. Textes de Joseph d'Arbaud , Marius Jouveau, Jeanne Ginies, Pierre Lougal , Adolphe Falgairolle. Vendu

mercredi 4 décembre 2013

Les contes de toutes les couleurs de Charles Robert-Dumas...


Le Charles Robert-Dumas des contes en couleurs et celui des romans policiers est bien la même personne (1875-1946). On le sait par Marcelle Protin, sa seconde épouse, qui est son ayant droit à la société des auteurs. Charles Louis Robert-Dumas est né en 1875, à Paris. Comme son frère, il est professeur d'allemand.


A partir de 1899, il est "officier interprète de réserve". Il s'illustrera pendant la guerre, non seulement en tant qu'interprète, mais également par un acte héroïque, qui lui vaudra d'être nommé Chevalier en 1919, puis Officier de la Légion d'honneur en 1931.


Inspiré par la vie de caserne, il propose en 1906 L'inutile mascarade, un petit ouvrage anti-militariste, sous le pseudonyme de Charles Darelles. La contradiction de ce sujet avec son parcours militaire sera relevée dans un article de la Rénovation morale.


A partir de 1913, Charles Robert-Dumas propose des Contes "en couleurs", série qui durera jusqu'à sa mort, publiée chez Boivin. Je vous propose aujourd'hui les contes verts et les contes bleus. Je n'ai pas retrouvé les contes mauves qui doivent être cachés quelque part dans une caisse... Je ne sais comment vous faites pour classer vos livres, vous, mais de mon côté, c'est perfectible !


Revenant à ses premières amours pour la langue allemande, il s'attaque en 1925 à une adaptation du Faust de Goethe, en collaboration avec Louis Forest, qui sera jouée au Théâtre de l'Odéon. La pièce semble avoir été accueillie par la critique de manière mitigée.


A partir de 1928, il apparaît dans les Enfants de France, où il propose une rubrique littéraire, ainsi que quelques histoires qui seront reprises dans les Contes d'or de ma mère-grand. Présent parallèlement dans plusieurs revues, il présente des articles sur l'Allemagne, sur la littérature et sur le cinéma. Sous le pseudonyme de Jean Mayeux (inspiré du nom de jeune fille de sa mère) il anime une rubrique cinématographique dans le Courrier du Centre.


A partir de 1934, Robert-Dumas s'attaque au roman d'espionnage, et propose plusieurs titres, notamment la collection Ceux du "S.R." chez Arthème Fayard. Auteur à succès, il verra, en 1936, la Compagnie française de cinématographie lui racheter les droits d'adaptation de L'Homme à abattre.


Les ouvrages que je vous propose aujourd'hui à la vente ont ceci de remarquable que l'éditeur s'est entouré d'excellents artisans du livre pour les illustrer que ce soit pour le texte ou pour la couverture. De ce fait, ces cartonnages sont recherchés par les grands et les petits collectionneurs… Pierre


ROBERT-DUMAS Charles. Contes Bleus de ma mère-grand. Paris, Boivin & Cie Editeurs, 1929. Un volume in-4. Cartonnage polychrome de l'éditeur, percaline bleue. 164pp. Dessins de Henry Morin dont 8 hors-texte en couleurs. Restaurations de couleur sur les mors. Marques d'usure sur les plats, léger jaunissement des feuilles, quelques rares traces de salissure. 42 € + port


ROBERT-DUMAS, Charles. Contes verts de ma mère-grand. Paris, Boivin & Cie Editeurs, 1931. Un volume in-4. Cartonnage polychrome de l'éditeur, percaline verte.158 p., Dessins de Maurice Berty dont 8 planches en couleurs. Restaurations de couleur sur les mors. Marques d'usure sur les plats, léger jaunissement des feuilles, quelques rares traces de salissure. 42 € + port

mardi 3 décembre 2013

Kieffer l'éditeur et Jacques le fataliste...


Deux personnages chevauchent plus ou moins paisiblement sur des routes, vers une destination qui restera inconnue, s'arrêtent dans des auberges, devisent à bâtons rompus : questions philosophiques, souvenirs intimes, anecdotes... Jacques le fataliste est un valet courageux, intelligent, généreux et a le sens de l’initiative. Philosophe prolixe il affirme que «  tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut ».


Le maître de Jacques apparaît lui, sous les traits d‘un aristocrate oisif, amorphe et irascible. Il  l’entraînera par sa lâcheté et sa maladresse dans les pires mésaventures. Par la faute de son maître, Jacques subira les attaques de brigands, il sera pris à parti par la foule et se retrouvera même en prison !


Ce récit  nous interpelle sur une interrogation fondamentale : L'homme est-il libre et peut-il infléchir son destin ? Doit-il être fataliste ? Plus philosophe que Diderot, je ne vois que l'abbé Jérôme Coignard…


Par ce procédé, Jacques le Fataliste devrait rencontrer les lecteurs modernes. De tous les ouvrages de Diderot, il est le plus commenté, le plus glosé. Malgré la richesse et la variété de la critique, Jacques demeure d'une complexité et d'une opacité redoutables. Toute interprétation péremptoire risque de susciter une opinion contraire. Dès la première lecture, l'ouvrage est déconcertant. La première explication que l'on peut fournir à la confection de ce recueil factice, c'est la genèse même du roman : c'est un devenir de près de vingt ans que nous pouvons lui assigner.


Conçu à partir de 1765, il paraît d'abord en feuilleton dans la revue de Grimm, La Correspondance littéraire, de 1778 à 1780, mais Diderot ne cesse de l'augmenter jusqu'à sa mort, et l'œuvre qui, en 1771, comptait 125 pages, en atteignait 200 en 1778, 208 en 1780, 287 en 1783. Le cas n'est pas isolé chez Diderot : la genèse du Neveu de Rameau, du Rêve de l'Alembert, du Supplément au Voyage de Bougainville, du Paradoxe sur le comédien, révèle chaque fois le même étalement dans le temps.


L'ouvrage que je vous propose aujourd'hui à la vente est l'œuvre de la Maison René Kieffer que j'ai déjà présentée par ailleurs sur le blog (ici et ici). Il s'agit d'un livre de grand format illustré par Edmond Kayser. Tiré à 550 exemplaires, l'ouvrage proposé sur Vélin pur fil est le deuxième tirage après 50 sur Japon Impérial.  Bien relié, il présente cependant quelques menus frottements sur la reliure en raison de l'inconséquence de son dernier propriétaire, fatalement ! Pierre


DIDEROT (Denis). Jacques le Fataliste et son maître. Paris, René Kieffer, 1922. Un volume grand in-4. Reliure demi chagrin noir à bande, dos à nerfs, titre en lettres dorées, tranche supérieure dorée, garde colorées. Étui bordé cartonné coloré. Édition numérotée 1/500 exemplaires sur vélin pur fil (après 50 exemplaires de tête sur Japon). Orné de 50 illustrations en noir de Edmond Kayser. Papier filigrané au nom de l'éditeur. Quelques épidermures, étui frotté. Couverture et dos conservés. Intérieur parfait. Vendu

lundi 2 décembre 2013

Le Vingtième Siècle selon Robida...



« Parmi ceux dont le talent ne peut être comparé à aucun autre, Robida est assurément un des premiers par l’Imagination, l’Esprit de facture, l’Érudition de la plume et du crayon et aussi par la variété des procédés. C’est un des plus extraordinaires tempéraments qui se soient produits dans notre pays au cours de ce siècle, un des mieux inspirés surtout pour la mise en livre hâtive et ingénieuse d’une idée toujours vivante et personnelle, suivi d’une exécution rapide et toujours excessivement fantaisiste...» Ce n'est pas moi qui l'écrit mais Octave Uzanne dans une publication de février 1901.


A Paris, en 1952, Hélène Colobry, orpheline fraîchement émoulue bachelière ès lettres et sciences, arrive à Paris chez son tuteur, le banquier Ponto. Celui-ci lui enjoint de se trouver une profession, arguant que les toutes les carrières sont désormais ouvertes aux femmes. Tout en cherchant sa vocation, Hélène parcourt la capitale…


Dans son roman, c’est avant tout la vie quotidienne des années 1952 à 1959 que Robida s'attache à nous dépeindre. Il propose donc des inventions intégrées à la vie courante : usines alimentaires, maisons tournantes pour profiter de l’ensoleillement, mariages par téléphone, spectacles trilingues…et, surtout, un système de télécommunications qui allie visiophonie et télévision interactive, le téléphonoscope (c'est quand même plus chantant que "ordinateur" !)


Dans cette société dominée par l’électricité et les réseaux, les transports aériens, tels les aéronefs omnibus ou les aéroflèches, se multiplient et côtoient les trains ultra-rapides. Avec le passage à l'audiovisuel, les loisirs eux-mêmes se démocratisent, et le tourisme se développe.


Donc, aux avancées techniques, il fait bon vivre au XXe siècle… La misère disparaît ; la justice se réforme : la peine de mort est abolie, les prisons remplacées par des maisons de retraite. On ne peut pas reprocher à Robida de s'être beaucoup trompé ! 


« Robida a su le premier montrer un avenir où toutes les innovations techniques, aussi folles aient-elles pu apparaître à ses contemporains, sont parfaitement intégrées, et utilisées par tout le monde, naturelles en un mot, bref, une civilisation future. Sans avoir les connaissances et les aides scientifiques de Verne, en se fiant à sa fantaisie et à son intuition, il est le seul de tous les anticipateurs du 19eme siècle et du début du 20eme à avoir présenté par avance un tableau de notre présent qui ne soit pas trop éloigné de la réalité que nous vivons aujourd'hui... » écrira d'ailleurs Pierre Versins (Avignonnais) dans son Encyclopédie de la science-fiction.


Contrairement à Jules Verne, il propose des inventions intégrées à la vie courante et non des créations de savants fous. Et chaque fois, il imagine les développements sociaux qui découlent de ses inventions, souvent avec justesse, comme la promotion sociale des femmes qu'il voit électrices et éligibles, portant le pantalon, fumant, médecins, notaires ou avocates… Et vous, comment imaginez-vous le monde dans 69 ans (nous serons en 2081) ?  Pierre

ROBIDA, A. Le Vingtième Siècle. Texte et dessins. Paris, Librairie illustrée Montgredien et Cie, sd (vers 1883). Un fort volume petit in-4. Reliure demi basane rouge, dos lisse, lettres et filets dorés, gardes colorées. 640pages, illustrations couleurs et noir et blanc in et hors texte. Bel exemplaire sans rousseurs. Vendu