Je dois reconnaître que le billet du " Bibliophile D'Evian " paru sur le blog du bibliophile, la semaine dernière, ne m'a pas laissé indifférent. Annoncer la mort programmée d'un grand salon du livre ancien à Champerret, c'est envisager avec lucidité la disparition du petit que j'organise à Tarascon… Pourquoi, me direz-vous ? Car les augures présentés pour l'un sont valables pour l'autre.
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| Le salon de Tarascon, tel qu'il devrait être... |
Un ami m'écrivait d'ailleurs : Je viens de lire avec
tristesse le dernier article du Blog de H sur le Salon de Champerret. […] Les
raisons de cette mort annoncée sont certainement multiples mais je pense que le
manque de dynamisme des libraires y est pour beaucoup. La seule motivation,
certes légitime, est le chiffre d'affaire, mais il ne peut venir qu'après les
clients et pour avoir des clients, il faut les attirer. La publicité n'atteint
généralement que ceux qui sont déjà conquis. Ce qu'il faut, c'est susciter
de nouveaux acheteurs et je suis persuadé qu'il y en a {….]. Je ne suis
pas commerçant et n'ai probablement pas la bosse du commerce mais c'est
au vendeur à savoir s'y prendre ; il est beaucoup plus facile
d'acheter que de vendre.
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| Cimetière pour livres |
Un autre surenchérissait : Vous avez parfaitement raison, et
c'est ce que j'écrivais ce matin à la librairie *** ce matin. Il faut reconnaître que collectivement nous
sommes nuls pour vendre des livres anciens ! Le goût pour l'histoire et le
patrimoine n'a jamais été aussi fort en France. Émissions et livres sur
l'histoire font toujours des scores importants. Idem dans le monde, la France est
une "marque" qui se vend bien. Et, comme vous, je suis souvent confronté à l'étonnement
quand je dis que je vends des livres qui ont plusieurs siècles. Ce n'est pas
que le public n'a plus le goût pour le livre ancien c'est surtout qu'ils ne
savent même pas qu'ils peuvent en acheter! La raison : un marché qui s'est
endormi sur ses acquis, qui comme le décrit bien l'article du blog d'Hugues
s'est habitué à fonctionner en milieu fermé. Est-ce un système qui a beaucoup
d'avenir ? Il est sain que les bibliophiles nous aiguillonnent, à nous de
réfléchir pour proposer des solutions...
Un autre encore ajoutait : Internet c'est très bien surtout
quand les genoux commencent à se gripper, Ok pour le virtuel mais
rien ne vaut le contact physique ! Internet est un merveilleux outil,
c'est certain, mais c'est aussi une mode qui passera quand elle aura été
remplacée par autre chose. On assiste à un désintérêt pour la TV, ma petite
fille ne la regarde pour ainsi dire jamais…
C'est quand même Léo, de Bibliomab, qui a porté l'estocade
avec quelques clichés qui collent aux libraires d'ouvrages anciens, sans qu'ils
soient d'ailleurs justifiés ; ne nous plaignons pas, les syndicalistes, les
gendarmes et les blondes ne sont guère mieux lotis : Le jeune amateur de livres
anciens a du mal à entrer dans une librairie d'ancien habituelle .
- décor impressionnant très ancien régime (à dépoussiérer peut-être ... mais pas trop. Un peu de décorum ne nuit pas)
- décor impressionnant très ancien régime (à dépoussiérer peut-être ... mais pas trop. Un peu de décorum ne nuit pas)
- horaires réduits (à comparer aux 35 heures, quand même)
- prix impressionnants (on le croit mais ce n'est pas toujours vrai)
Après, j'ai l'impression que dans la bibliophilie, il faut être accepté, on ne rentre pas dans le cercle fermé de suite...
Après, j'ai l'impression que dans la bibliophilie, il faut être accepté, on ne rentre pas dans le cercle fermé de suite...
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| Plus intimidant qu'une bibliothèque ? |
C'est Daniel qui m'a semblé le plus coller à la réalité du
jour : La réalité est dans les chiffres de visites. J'ai fait du marché
hebdomadaire, quelques salons et marchés régionaux, je reçois avec plaisir mes
clients sur rendez vous et de manière assez cordiale, j'espère. Mais sur
internet, vous mettez un bon livre en vente sur un site hébergeur bien
référencé et en une semaine vous avez entre 400 et 800 visiteurs différents sur
l'annonce de ce livre et au bout de la semaine le livre est vendu (pas toujours
quand même). Internet permet avec une moindre énergie, la découverte d'une nouvelle
clientèle, et vice versa permet à la clientèle de découvrir des nouveaux
libraires. Si le libraire fait simplement son travail de manière fiable,
honnête et correcte, cette clientèle est assez fidèle sur le net, et peu
basculer ensuite vers la librairie physique en venant parfois de loin vous
rencontrer, échanger et bien sur acheter en avant première des livres qui ne
sortiront jamais sur le net !
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| Actualiser les textes anciens... |
Ces quelques opinions traduisent la grande diversité des
situations du commerce du livre ancien. Nous sommes des professionnels vieillissants
avec une clientèle vieillissante, c'est évident. Mais cela l'a toujours été,
contrairement aux amateurs du 100 mètres plats qui sont plutôt jeunes et
athlétiques… Dans le magazine du Bibliophile, un confrère nous indiquait que,
dans sa ville, la moitié de ses concurrents étaient d'ailleurs, eux aussi, des
retraités !
J'avoue, de mon côté, que si je n'avais pas fait une
carrière professionnelle précédemment, je ne serais sans doute pas libraire, aujourd'hui.
C'est tout le problème de la bibliophilie, domaine qui nécessite de
l'expérience et aussi un peu de liquidités ! Je crois que les salons répondaient à une attente lorsque
les moyens d'échanges sur la toile (sites ou SVV) n'existaient pas. Ils disparaîtront,
je le crains, ou ne seront plus que de belles vitrines comme celle du Grand
Palais à Paris. La seule raison de leur survie reste liée au plaisir qu'ont les
libraires et les bibliophiles à se réunir entre eux, de temps en temps, pour
parler livres… Pierre






















































