vendredi 27 août 2010

Editions du livre Monte-Carlo. Ouvrages pour bibliophiles ?


" Elles sont bien, ces "petites" maisons d'édition, un peu délaissées... Mornay, Cyral, dans le même genre que Piazza et il y a tout de même des amateurs… "

La réflexion d'un fidèle lecteur du blogue m'a donné l'idée de vous présenter quelques maisons plus ou moins célèbres. Continuons donc notre tournée des éditions de luxe à vocation populaire (le type même du défi insurmontable pour un éditeur) par les éditions du Livre Monte-Carlo.


Nous arriverons rapidement à un écueil qu'il faudra éviter. Confondre les petites éditions numérotées pour bibliophiles des petites maisons d'éditions et les pléthoriques éditions numérotées pour bibliomanes des grandes maisons d'éditions de la fin du 20eme siècle. Vous me direz quand je franchis la barre…


J'ai peu de renseignements à vous fournir sur les éditions du livre Monte-Carlo et je ne les garantis en rien car je n'ai pu les recouper avec d'autres. Je compléterai cet article dans un avenir proche. Si vous avez des informations de votre côté…

L'ouvrage de Zola est, quant à lui, mis en valeur par un illustrateur à la carte de visite incontestable. Louis Icart (1880-1950) commence en tant qu'illustrateur pour cartes postales et produit plusieurs centaines de modèles avant 1910. Il utilise alors la signature d'Helli. Introduit dans le monde de la mode juste avant la grande Guerre, il travaille pour des stylistes, rencontre et épouse Fanny Volmers en 1914. Elle devient un modèle pour plusieurs de ses gravures à l'eau-forte. Ses couvertures de magazine et gravure à l'eau-forte connaissent alors un grand succès et il signe désormais son travail Louis Icart. Dans les années 20, sa popularité monte et ses aquarelles de femmes connaissent le succès, femmes indépendantes et provocatrices caractéristiques de l'après guerre. Il illustre alors de nombreux ouvrages qui connaissent encore aujourd'hui un fort engouement tant en France qu'à l'étranger et qui explique la belle cote des livres qu'il a mis en valeur.


Les exemplaires que je vous présente sont justes d'après guerre. Un des ouvrages a été imprimé à Paris, l'autre à Lausanne et la mention "Monte-Carlo" n'indique en rien que l'éditeur est de la Principauté de Monaco… Des raisons fiscales expliquent sûrement le siège de l'éditeur. J'ai trouvé quelques informations sur les "editions de Monte-Carlo" qui ont été, comme ici, imprimées après guerre mais j'ai peur qu'il s'agisse d'un éditeur homonyme...

Le papier est dans les deux cas de belle qualité (vélin Renage filigrané pour l'un, grand vélin pour l'autre) et la justification du tirage mentionne un tirage à 3000 exemplaires. Les couvertures sont rempliées et les livres sont illustrés par des artistes connus (Touchagues et Louis Icart). Les ouvrages sont présentés sous chemise cartonnée et emboîtage de belle qualité. On pourrait donc être largement satisfait… Mais d'où vient cette maison d'édition ? Pierre


BENOIT Pierre. Koenigsmark. Editions Du Livre, Monte-Carlo, in 8, 1946, 327 pp. Tirage à 3000 exemplaires numérotés sur vélin filigrané sous cartonnage et étui, broché à couverture rempliée. Frontispice couleurs de Touchagues. 44 € + port


ZOLA, Emile (Louis ICART, ill.). Le Rêve. Illustrations de Louis Icart. Monte Carlo: Editions du Livre, 1946 - Tirage à 3000 exemplaires numérotés sur vélin, in-8; 313p, [2p] ; 22 illustrations hors-texte en couleurs, et en-têtes en noir, de Louis Icart. Broché, couvertures rempliées, chemise, étui. Seizième volume de la série des "Rougon-Macquart". Un conte de fées, où la pauvre et belle jeune fille finit par épouser son prince charmant mais "Au sommet du bonheur, Angélique avait disparu, dans le petit souffle d’un baiser." Jolies illustrations de Louis Icart, "portraitiste des élégances féminines ". 52€ + port

mercredi 25 août 2010

Les Editions d’Art Henri Piazza : Oubliées des bibliophiles ?


On peut légitimement s'intéresser aux illustrateurs de la fin du 19eme siècle et du début du 20eme siècle qui ont fait rentrer un grand nombre d'auteurs de cette époque dans le giron bibliophile mais d'autres bienfaiteurs du livre existent qui sont moins honorés. Je vous propose aujourd'hui de donner un coup de projecteur sur un éditeur dont nous sommes redevables. Henri Jules Piazza (1861-1929) était un précurseur de l'édition de livres de luxe illustrés à tirage limité, Les Editions d’Art Henri Piazza, et à cet égard, ses ouvrages font quelquefois partie des belles bibliothèques que nous rencontrons chez nos amis bibliophiles.


Pourquoi ces créations sont-elles souvent, à tort, perçues par les néophytes comme des productions luxueuses et donc élitistes, voire snob? Piazza semble avoir été un homme généreux et altruiste comme en témoigne cette initiative utopiste : En 1922, il crée une nouvelle société, le Livre français: “Société d’édition de chefs-d’œuvre français du conte et du roman en édition de luxe accessibles au grand public“. Le comité de patronage était composé d’écrivains célèbres et le secrétariat général littéraire confié à Edmond Pilon. Les ouvrages conçus et édités par Henri Piazza étaient réalisés en tirage limité, souvent datés et signés par l’auteur et/ou l’illustrateur. Le choix des matériaux pour la couverture, le papier et enfin, le mode de production des illustrations en faisaient des ouvrages de luxe.


Les images étaient placées en hors-texte et étaient reproduites par chromolithographie. Inutile de vous dire que ces merveilles coûtaient une coquette somme et que le commun des français ne pouvait pas s’en offrir en sortant de l’usine, le tout, en pleine crise de l’entre-deux-guerres. Des versions bon marché de ces mêmes ouvrages étaient publiées, mais restaient encore trop inaccessibles pour la tranche populaire des lecteurs. Ainsi, seuls les bourgeois pouvaient posséder et offrir ces ouvrages, à moins qu’ils ne soient l’objet de récompenses scolaires.


Peu à peu, Piazza publie des ouvrages où le texte et l’illustration cherchent à se mêler mais il ne se convertit pas tout à fait à ce nouveau support qui révolutionne le rapport texte image dans la page, contrairement à Paul Faucher, le créateur des Albums du Père Castor chez Flammarion. Henri Piazza, lui, continue de réaliser des ouvrages de luxe où les illustrations hors texte de belle qualité rendent merveilleusement justice au texte choisi. Il continue dans cette voie jusqu’à sa mort en 1929 où la maison d’édition est reprise par son bras droit, Robert Hostater. Depuis, les éditions d’Art Henri Piazza ont été rachetées par les Heures Claires, Édition de livres d’art et de bibliophilie.


On peut donc s’interroger sur cette contradiction récurrente du domaine de l’édition à la belle époque : Comment allier beauté et art populaire accessible ? Assez bizarrement, il aura fallu attendre la fin du 20eme siècle et un désamour certain des lecteurs pour ces ouvrages de luxe, pour que leur côte baisse... et qu'ils répondent enfin à ces deux critères opposés ! Les éditions d'art Henri Piazza ont publié, entre autres, des œuvres de : Franz Toussaint (1879-1955) - Pierre Louÿs - Edgar Allan Poe - René de Segonzac - Charles Guyot - Camille Mauclair - Pierre Benoit - Pierre Loti - Maurice Maeterlinck…


Dans le choix des illustrateurs, Henri Piazza a fait également preuve de goûts artistiques affirmés en sollicitant : Edmund Dulac (1882-1953) - Arthur Rackham (1867-1939) - Kay Nielsen (1886-1957) - Léon Carré (1878-1942) - Georges Barbier (1882–1932) - Carlos Schwabe (1866-1926) - Mario Labocetta - Étienne Dinet (1861-1928)… Voici un petit florilège de six ouvrages, in-12, très élégants et superbement illustrés par ces derniers dans une collection à l'orientalisme art-déco très raffiné. Pierre


LE GOFFIC Charles. La Rose Des Sables. L' Édition d' Art h. Piazza, Paris 1932 - 231 pages en format petit -12. Collection " ex oriente lux ", frontispice en aquarelle inédite en couleurs de Etienne Dinet, ornements décoratifs de Courtois. 
HEROLD. A Ferdinand. La guirlande d'Aphrodite. Recueil d'épigrammes amoureuses. L' Édition d' Art h. Piazza, Paris 1923 - 159 pages en format petit -12. Collection " ex oriente lux ", frontispice en aquarelle inédite en couleurs de Paul Regnard, ornements décoratifs. Dédicace de l'auteur.
SOULIE DE MORANT. G. Trois contes chinois du XVIIeme siècle. L' Édition d' Art h. Piazza, Paris 1926 - 140 pages en format petit -12. Collection " ex oriente lux ", frontispice en aquarelle inédite en couleurs de P. De Pidoll, ornements décoratifs.

DEVILLERS Charles. Les ghazels de Hafiz traduits du persan. L' Édition d' Art h. Piazza, Paris 1922 - 166 pages en format petit -12. Collection " ex oriente lux ", frontispice en aquarelle, ornements décoratifs.
GARCIN DE TASSY. La rose de Bakawali. L' Édition d' Art h. Piazza, Paris 1924 - 146 pages en format petit -12. Collection " ex oriente lux ", frontispice en aquarelle inédite en couleurs de zworkine, ornements décoratifs.
MARTINIE Jean. Contes pahlis. L' Édition d' Art h. Piazza, Paris 1926 - 140 pages en format petit -12. Collection " ex oriente lux ", frontispice en aquarelle inédite en couleurs de P. De Pidoll, ornements décoratifs. Le lot vendu

lundi 23 août 2010

Causerie du lundi de Philippe Gandillet. Comment vivre de sa plume ?


Je reçois, ce matin, par l'entremise de la charmante postière qui officie jusqu'à la librairie de Pierre, un petit courrier qui a retenu toute mon attention.

Il est écrit avec déférence mais on sent en suivant la plume de son auteur, qu'une fougue juvénile anime son poignet. Les lettres sont grandes et harmonieuses, l'écriture est à l'anglaise et il ne faut pas être grand clerc pour deviner que le stylographe utilisé est de belle marque car les mots s'enchaînent sans accroc. En voici la teneur :


Cher Maître,

Quelques légitimes compliments sur mon œuvre littéraire débutent la missive. Je vous en fais grâce…

Comment avez-vous assuré la dignité de votre vie matérielle avant que la littérature n'y suffît ?
Comment avez-vous pu vous dégager de tout ce qui n'était pas la littérature ?
Quels conseils donneriez-vous au jeune homme pauvre qui se croit taillé pour la course mais qui ne saurait pénétrer dans le stade ?

La lettre se termine par des remerciements anticipés pour la bienveillante sollicitude dont je vais faire preuve. Je vous en fais regrâce… La signature est illisible, malheureusement.


La troisième question a été tellement rebattue que je vous renvoie à quelques amis Académiciens qui l'on traitée avec plus ou moins de bonheur. Les deux premières sont indiscrètes mais touchantes. Je crois qu'un peu de sincérité est quelquefois nécessaire dans ce monde de paillettes et tel le grand frère, je me plie aujourd'hui à cet exercice pour que la jeunesse puisse en tirer quelques enseignements bénéfiques…

Chère signature illisible,

La littérature n'a jamais suffi à ma commodité matérielle. Alors, j'ai travaillé dans quelques geôles comme beaucoup d'autres de mes confrères de province.


Ayant été pourvu par la nature d'un physique avantageux, j'ai profité de cette aubaine pour exhiber mon corps d'athlète dans les cabarets alentours. Une de mes spécialités était de me lover autour des anglaises de passage dans une tenue que l'on aurait pu qualifier "d'Adam" si ce n'était l'infime mini-sring qui moulait mes attributs génitaux. Bientôt rejoins par quelques billets de banque langoureusement plaqués sur l'élastique du cache-sexe, je ne voyais dans cette bourse improvisée que le sésame à mes rêveries d'écrivain proclamé. Avec le pain gagné la nuit, il me restait bien assez de temps pour écrire... jusqu'au jour où mon talent de plume fut reconnu. Je décidais, alors, d'arrêter mes exhibitions sexuelles…

Ce n'est, qu'à la suite de la demande express du secrétaire perpétuel de l'Académie Française, que j'ai enfilé une dernière fois mon string alimentaire, il y a peu. C'était pour la réponse au discours de réception de Jacqueline de Romilly. Quelle marrade !


J'ai souvent regretté de ne pas avoir appris un métier manuel qui m'aurait laissé de meilleurs souvenirs. Il y en a d'excellents, de propres et même d'intéressants, parait-il ! Il vaut mieux être typographe que critique littéraire si l'on veut être dégagé de tout ce qui n'est pas de la littérature. Il vaut mieux être pianiste dans un bordel plutôt que professeur de philosophie dans un lycée de province si l'on veut rencontrer des personnalités influentes. Il vaut mieux tenir une librairie ancienne à Tarascon plutôt que d'être chroniqueur au Midi-libre si l'on veut se ménager des parenthèses de loisir intellectuel…

Au risque d'être accusé d'optimisme béat, j'ajoute encore, qu'à mon sens, le talent finit toujours par percer. Vous voilà donc bien armé pour récolter quelques prix littéraires ! Votre dévoué. Philippe Gandillet.


J'ai trouvé sur les rayonnages de la librairie un petit ouvrage que vous pouvez vous acheter pour un coût modeste. C'est un bon investissement qui reprend, en les développant, les idées que je vous ai présentées à l'instant.

Association des courriéristes littéraires des journaux quotidiens. L'Ami du lettré. Année littéraire et artistique pour l924.G. Crès, Paris, 1924, 332 pp. Couverture rempliée et illustrée par Louis Jou. Nombreuses illustrations in et hors texte dont page 32, une illustration de Mathurin Meheut et d'autres gravures et bois originaux de Louis Joseph Soulas, de Louis Moreau, … Texte de Mac Orlan, etc… Fort intéressant pour un bibliophile. Vendu

dimanche 22 août 2010

Les fêtes du Roi René à Tarascon.


3eme jour des fêtes médiévales de Tarascon et toujours beaucoup de monde… J'ai même été obligé de louer les services d'un agent de sécurité pour endiguer le flot de clients qui pensaient que la boutique était un musée annexe du château.


Nous sommes retournés, samedi soir avec mon épouse, sur la place du château pour faire les étals des marchands venus pour l'occasion. Déformation oblige, je suis reparti avec 4 jolis coupe-papiers fabriqués au pays du soleil levant…


A l'occasion, le groupe musical du "Condor" et son gourou flutiste ont repris intégralement le spectacle proposé vendredi soir. La chorégraphie du lac du cygne dansé sur l'air de l'Avé Maria de Gounod, interprété à la cornemuse fut un véritable succès populaire. J'ai pu constater avec plaisir que la danseuse étoile, objet de toute l'attention de mon voisin de droite, vendredi soir, n'avait pas pris une ride depuis la veille ; enfin, pas une de plus !!!


Ce matin, la cité se réveille avec les yeux un peu cernés. Deux nocturnes et deux journées torrides ont asséché les fûts de cervoise et les gosiers des chanteurs. Une grosse sieste collective est programmée pour cet après-midi qu'il faudra préparer par une matinée pas trop agitée…

Bonne journée. Pierre

samedi 21 août 2010

Technique et art de la corrida par Paco Tolosa. Un sujet qui fâche les vaches ?


Je ne suis pas un aficionado, non pas parce que je n'aime pas "Los Toros", "Los matadores" ou la mise à mort d'un animal dans un contexte festif particulier mais parce que je n'arrive pas à faire les "r" avec la langue quand je baragouine espagnol. Çà me vexe !

J'ai passé quelques jours de vacances près de Madrid où ma fille travaillait, il y a près de cinq, et je suis encore révolté qu'aucun tenancier d'auberge espagnole ne m'ait servi, une seule fois, de jus d'orange (naranja) sous le fallacieux prétexte que je n'arrivais pas à m'exprimer de façon claire et intelligible voix dans la langue de Cervantès... Résultat : 10 jours de jus de pêche et une incroyable rancœur envers ses habitants ;-))


Ceci ne veut pas dire que je n'ai jamais assisté à des corridas. En tant que vétérinaire (mon activité précédente), j'ai plusieurs fois attendu que la bête soit morte pour pratiquer un examen succinct avant son arrivée à l'abattoir afin de délivrer le certificat d'abattage d'urgence (il était plus que temps, me direz-vous !) qui permette son entrée dans l'établissement qui allait procéder à la commercialisation de sa viande.

C'est une tradition comme une autre. La viande nécessite un temps de ressuage (ramollissement en chambre froide) qui va permettre aux chairs d'être tendres (5 à 7 jours pour un bœuf) sauf si elle est cuisinée très rapidement après son décès ; dans l'absolu, la viande prise sur le vivant serait de qualité ; où si elle a subi un effort physique qui a déjà libéré tout l'acide lactique responsable de sa rigidité. Nous sommes dans ce dernier cas. Donc, je signe et les aficionados peuvent se régaler…


A cet égard, si un taureau ne jouait pas le jeu (c'est une tournure de phrase ambiguë, je le concède), et s'il ne se battait pas avant d'être traversé par le sabre qui va sectionner sa moelle et perforer ses poumons, vous auriez toute chance que la "Gardianne" que vous commanderez dans l'auberge espagnole (qui ne veut pas me servir de jus d'orange parce que je n'arrive pas à rouler les "r", je le répète) après la corrida soit difficile à mastiquer. Amusant non ?


Mais je m'égare.

En fait, pendant les Corridas ou les Novilladas (la même chose mais avec un sabre qui tremble), je restais souvent avec les cuisiniers qui préparaient la Paella géante. Avez-vous jamais assisté à la préparation d'une Paella géante ? C'est impressionnant !

Cependant, l'art Paellamachique ayant subit une évolution sensible depuis quelques années, et la cuisine s'étant enrichi de suertes nouvelles et de nouveaux ingrédients, il me parait indispensable de développer ce sujet dans un futur billet…


Mais je m'égare encore,

Je l'ai dit, si je ne suis pas un "aficionado", je ne suis pas opposé à la corrida. Elle est une tradition qui puise ses racines dans un passé lointain et qui répond à des lois bien plus exigeantes que la barbarie des champs de bataille. Simplement je ne suis pas espagnol et j'ai un problème pour rouler les "r", vous l'ai-je dit ? ;-)) Pierre


LAFRONT Auguste (Paco TOLOSA) Technique et Art De La Corrida - Nouvelle Édition, Revue et augmentée. Reproduction De Photographies. Imprimerie Ouvrière Toulouse 1947 In-8 Broché Couverture Souple Avec Photo Ed. Limitée Numérotée 208 pages dont un état signalétique des taureaux d'après leur robe et leur armure et un glossaire tauromachique - Nombreuses reproductions de photos, en NB, sur les techniques de l'Art tauromachique - Avant-Propos de Paco TOLOSA - On trouve dans cet ouvrage l'essentiel des connaissances nécessaires à l'intelligence de L'Art tauromachique - Exemplaire sur Papier Bouffant, Planches sur Papier Surglace, Portant le N° 211 (N°s 11 à 460) - Ouvrage dédicacé par l'auteur – Traces anciennes de mouillures très claires en bas de l'ouvrage qui expliquent son estimation basse- Papier jauni mais nous sommes en 1947. Exemplaire en bonne condition, néanmoins. Envoi De L'auteur. Vendu

vendredi 20 août 2010

Médiévales de Tarascon 2010. Vercingétorix chez le Roi René...


Bonjour,

Beaucoup de gentils damoiseaux et de gentes damoiselles se promènent dans Tarascon, aujourd'hui.


Invitée d’honneur : La Reine Jeanne de Laval

Après son mariage avec le Roi René le 10 septembre 1454 à Angers, et après avoir vécu trois ans dans les manoirs des environs d’Angers et de Saumur, Jeanne de Laval fait son entrée en Provence avec son époux.


Grâce à sa bienveillance et à sa générosité, elle devient rapidement populaire auprès du peuple de Provence.

À cette occasion, Louis XI, neveu du Roi René, vient à Tarascon pour rencontrer sa nouvelle tante et participer aux réjouissances données en son honneur.


Le peuple de Tarascon accueille la Reine Jeanne de Laval nouvelle épouse du Roy René et petite fille de la Duchesse de Bretagne et arrière petite-fille du Roi de France Charles VI.


Pour l'occasion, la cité s'est parée de ses plus beaux atours. Vous reconnaîtrez quelques invités d'honneurs ;-)) Pierre

mercredi 18 août 2010

Manuel des gens de lettres par Tanneguy de Wogan dans une belle reliure en maroquin.

 L’histoire du journalisme en France, que j’ai présentée dernièrement m’a rappelé qu’un auteur du 19eme siècle avait fait une étude très complète de ce métier au 19eme siècle, en avait tiré tous les fils et donné toutes les recettes pour y réussir. La postérité n’a pourtant pas remercié le Baron Tanneguy de Wogan de ses judicieux conseils. Peu de choses sur lui nous restent si ce n’est les éléments autobiographiques mentionnés dans ses livres. J’ai néanmoins découvert que nous avions été voisins (à un siècle près) puisque sa famille possédait le « château du chêne vert » à côté de Plouër /Rance. Vous comprendrez donc que j’aborde ses ouvrages avec une mansuétude coupable… Renfermant plein d'informations sur cette profession, ce livre mentionne à maintes reprises que la qualité indispensable d'un bon journaliste est la curiosité. Certes, mais ce n'est pas tout. En fait, pour être un bon journaliste il faut être capable de s'adapter aux situations, à des interlocuteurs aux personnalités très diverses, être habile, un peu provocateur mais toujours courtois. Il faut savoir se rendre aimable, sans en faire trop (au risque de passer pour un hypocrite) et être extrêmement patient ; ca c'est important ! Etre aussi capable de savoir dire non ; avec humour cela passe mieux ; et savoir conserver son indépendance. Beaucoup de contraintes, donc !


Une autre qualité nécessaire au journaliste est d’être capable de retranscrire ce que l'on a entendu et observé. Savoir écrire, enfin, de manière claire, précise, vivante, en évitant les observations personnelles. Ceux qui écrivent pour se faire plaisir et non pour informer, ceux qui copinent beaucoup trop avec les informateurs potentiels, les décideurs, les politiques, etc... Ça le dérange ! À la base, le journaliste est avant tout un témoin qui rapporte le plus fidèlement possible les faits importants de la vie de notre société. Il est responsable d'une bonne partie de l'information de ses concitoyens et en ce sens il joue un rôle central dans une démocratie. Sans information adéquate, les citoyens peuvent difficilement poser des choix éclairés, quand vient le temps de voter par exemple ou de prendre position sur une multitude de questions. C’est pourquoi le droit à l’information est un droit individuel important. Dans la tradition du journalisme nord-américain qui est la nôtre, le journaliste est embauché pour rendre compte des faits, pas pour les commenter, sauf dans certaines fonctions précises : Les éditorialistes et les chroniqueurs principalement, ou encore dans certains types de journalisme comme le journalisme culturel. Si c’est le statut de vedette qui vous intéresse dans le journalisme, vous serez souvent déçus, commente l’auteur. La plus grande partie des tâches en journalisme se déroule loin du faisceau des projecteurs …
La plupart des journalistes doivent être prêts à couvrir n’importe quel domaine de l’activité humaine : L'économie, la politique, les arts, les faits divers, les sciences, les sports, les phénomènes sociaux... Pour bien faire son travail, et même tout simplement pour trouver du travail, il doit disposer de la plus vaste culture générale possible. Le journalisme a néanmoins changé depuis Tanneguy de Wognan ! Aujourd’hui, de nombreux médias sont apparus qui n’existaient pas à la fin du 19eme siècle. La radio, la télévision et maintenant Internet ont pris possession de l’information. Il devient très difficile de prévoir l’évolution du marché du travail en journalisme car il dépend en partie de l’évolution générale de l’économie. Les difficultés du début des années 1990, qui ont notamment tari les revenus publicitaires, ont entraîné la stagnation ou même la régression des effectifs journalistiques. Et puis, la mondialisation de l’information répondant à des critères étrangers au siècle précédent, la réactivité est devenue l’élément majeur de l’actualité… L’information est devenue volatile. Ce qui fait la une le lundi est sitôt oublié le mardi ! Il n’en reste pas moins que cette étude menée de façon brillante, et étayée par de nombreux exemples par l’auteur, est un modèle du genre et est l’outil indispensable à l’impétrant journaliste.


La reliure qui recouvre cet ouvrage est aussi un modèle du genre. Sans être signée comme pourrait l’être un brillant article de journaliste, on sait en voyant l’ouvrage (et le résultat du travail de l’artisan relieur et du doreur) que nous avons affaire à un artiste. Mais lequel ? Un livre à réserver à un bibliophile pour une grande occasion, à mon avis… Pierre



TANNEGUY DE WOGAN. Manuel des gens de lettres. Le journal. Le livre. Le théâtre. Paris, Librairie de Paris. Firmin Didot et Cie imprimeurs, in-8, 609 pp, sans date (1890). Reliure plein maroquin bleue nuit, Dos à cinq nerfs, Auteur et pièce de titre en lettres dorées, motifs entre les nerfs et filet en queue et en tête. Dessus de coiffe orné de 5 double-traits dorés, tranche fils. Le premier plat indique en son centre le nom de l’auteur et le titre de l’ouvrage en lettres dorées encadrées par un triple filet doré. Le deuxième plat répète les filets. Les coupes sont également ornées de filets en pointillé. Roulette et double filet sur les contre-plats. Page de garde en papier coloré. La tranche supérieure est dorée. Présence de deux petites taches oxydées sur la tranche supérieure avec une marque du papier en regard. Intérieur très frais. Très bel exemplaire de cet ouvrage sur le journalisme de la fin du 19eme siècle peu fréquent à la vente. 145 € + port