mercredi 28 avril 2010

les oeuvres de Jules César dans une édition hollandaise de 1651


Il y a des ouvrages qui sont difficiles à commenter parce qu'il y a peu à dire dessus. Par contre, pour les œuvres de Jules César, c'est le contraire ! Des divers écrits qu’il a composé, il ne nous reste que ses "Commentaires " mais ces derniers appellent de nombreux commentaires. Nous serons donc, comme à notre habitude, approximatifs et superficiels.

L'ouvrage que je vous présente aujourd'hui regroupe des textes que l'on peut schématiquement classer comme suit :


De Bello Gallico, « Commentaires sur la Guerre des Gaules », relatant la campagne de César en Gaule en 8 livres et se terminant pour mémoire (là encore, c'est approximatif) sur la défaite de notre bon Arverne, Vercingétorix, à Alésia, charmante citée bourguignonne située entre la Bourgogne et le Jura... Les textes nous relatent la campagne d'assujettissement des peuples de la région qui forme aujourd'hui la France (à l'exception du sud, la Gaule transalpine est déjà sous domination romaine depuis 121 av. J.-C.), la Belgique, le Luxembourg, une partie de la Suisse, les Pays-Bas et l'Allemagne. Cette guerre est menée par Jules César de 58 à 50 avant JC et l'auteur nous explique dans ses Commentaires le déroulement de la conquête de ces territoires. Les sept premiers livres sont écrits par César pendant la campagne militaire depuis 58 avant JC et sont publiés à Rome puis rassemblés en trois mois après la reddition d'Alésia vers 51 avant JC. Le huitième livre est écrit, plus tard, par Hirtius qui y décrit les derniers combats de 51 avant JC et la situation en Gaule en 50 avant JC. Je ne vais pas vous faire un long copier-coller sur les événements majeurs de la guerre des Gaules qui se termine par le triomphe de César et la soumission de toute la Gaule sauf un petit village breton des Côtes d'Armor (la localisation précise de ce camp est discutée et le dernier village français qui revendique la filiation est une petite cité bourguignonne du nom d'Alise Sainte Reine…) Personnellement, il m'a fallu relire tout Astérix pour faire la synthèse de ces conquêtes et je dois dire que c'est un peu fastidieux.


De Bello civile, « Commentaires sur la Guerre civile », relate la guerre civile contre Pompée. Les textes rapportent les événements qui se sont déroulés entre 49 et 48 avant JC pendant la guerre civile qui opposa Jules César et ses partisans à ceux de son gendre (César fut souvent trahi par les siens). Les Livres I et II traitent de la marche de l'auteur sur Rome avec ses 7 légions et de la fuite de Pompée et ses partisans en Orient. Le Livre III montre Jules César affrontant Pompée en Macédoine jusqu'au départ de ce dernier qui se réfugie à Alexandrie. Il y sera assassiné mais c'est une autre histoire… Le style sobre et impersonnel du Bellum civili donne une impression de froide neutralité mais l’ouvrage est autant historique que politique. César y apparaît à son avantage, multipliant les offres de conciliation à l’adresse des Pompéiens, efficace dans la guerre même en position difficile, modéré dans la victoire, tandis que la confusion, les intérêts personnels, les maladresses tactiques sévissent dans le camp adverse. La narration des séances au Sénat en janvier 49 est une vision d'agitation parlementaire des plus réjouissantes à lire diront les latinistes… Ah, oui ! J'ai oublié de vous préciser que l'ouvrage que je vous propose est écrit en latin. C'est un détail.


Il est de tradition d'associer à ces deux textes les trois ouvrages de A Hirtius qui font suite aux différentes conquêtes de Jules César. En tout cas en 1651, cela se faisait :

De Bello Alexandrino, « Sur la guerre d’Alexandrie », relate la campagne de César à Alexandrie.
De Bello Africo, « Sur la guerre d’Afrique », relate la campagne de César en Afrique du Nord.
De Bello Hispaniensis, « Sur la guerre d’Hispanie », relate la campagne de César dans la péninsule Ibérique.


Voilà ! J'ai essayé de vous donner envie de posséder cette belle édition hollandaise de Leyde retraçant les mémoires de Jules César éditées par Scaliger (Joseph-Juste 1540-1609) et Montanus (Arnoldus Van Bergen ou Van den Berg). Beaucoup de lecteurs rechercheront une édition en français moderne pour eux-mêmes. Quelques bibliophiles, amateurs d'ouvrages rares et précieux désireront néanmoins posséder cette version du 17eme siècle ayant gardé tout son charme, même si l'état de la reliure est loin de combler un propriétaire exigeant. Le prix proposé est en conséquence, vous me direz… Je me demandais néanmoins quel type de bibliophile pourrait bien acheter un pareil ouvrage. Pierre

PS : Je me suis régalé à faire cette présentation et cette notice. N'est-ce pas cela le plaisir d'un bibliophile ?


CESAR (Jules). C. Iulii Caesaris quae exstant, cum selectis variorum commentariis, quorum plerique novi, opera et studio Arnoldi Montani. Accedunt notitia Galliae et notae auctiores et autographo Iosephi Scaligeri, Lugd. Bat., ex officina Adriani Wyngaerden, 1651. 1f blanc, 5 ff avec frontispice, 864pp, 13ff d'index, 1f blanc. In-8, reliure plein veau, dos à nerfs orné de motifs et de pièce de titre en lettres dorées, double filet doré sur les plats, tranches mouchetées. Restauration coiffes, mors fendu en bas du 2eme plat, coins usés et cuir noirci à quelques endroits. Très belle tenue des cahiers. Quelques rousseurs. Une illustration en frontispice et une gravure HT au livre IV de la Guerre des Gaules illustrant le plan du pont utilisé pour la première traversée du Rhin. Armes estampées à froid sur les plats (D'aigalliers) Vendu

4 commentaires:

Librairie L'amour qui bouquine Livres Rares | Rare Books a dit…

Si vous avez un de ces jours un De bello gallico en édition du XVe siècle... (édition incunable) je suis évidemment preneur. Les éditions plus récentes commencent à encombrer un peu mon Alésia ! Le vrai ! Le seul ! L'unique !

B.

Pierre a dit…

De bello gallico à Alise Sainte Reine, c'est un peu comme Tartarin de Tarascon dans ma boutique. Un incontournable à défaut d'être un incunable... Il faut le stocker jusqu'à ce que la demande explose ;-)) Pierre

Textor a dit…

Cesar, qui avait l'habitude de dire : "je suis né trop tard dans un monde trop antique !"

Pierre a dit…

Formule qui pourrait s'appliquer à certains amateurs de livres anciens...

On trouve avec bonheur dans ces ouvrages, abstraction faite du texte, des valeurs difficilement compatibles avec le monde moderne dans la mise en valeur du travail manuel de l'homme à travers la reliure, les illustrations et les artifices typographiques, par exemple.