Deux jeunes gens, Mireille, fille d'un riche fermier de la Crau, et Vincent, un pauvre vannier, s'aiment d'un amour impossible. L'argent, les prétendants de Mireille, la loi sociale les séparent… Cette histoire ne vous rappelle pas un peu celle de Roméo et Juliette ?
Cet amour réciproque de Mireille et Vincent est combattu par Ramon, le père de Mireille et contrarié par le méchant gardian Ourrias qui est épris de la jeune fille. Désespérée par le refus que son père opposé à leur mariage, Mireille fuit le mas familial et part prier sur le tombeau des saintes Maries, en Camargue, pour fléchir la volonté paternelle. Frappée d'insolation, elle meurt face à la mer, au terme de ses prières, laissant Vincent au désespoir…
" Je chante une jeune fille de Provence. Dans les
amours de sa jeunesse, à travers la Crau, vers la mer, dans les blés, humble
écolier du grand Homère, je veux la suivre. " C'est ainsi que débute le
chant premier du poème de Frédéric Mistral (poème de douze chants) qui est
alors un tout jeune homme de 21 ans lorsqu'il commence à écrire " Mireio
", qu'il achèvera en 1858, soit sept ans après et qui sera publiée pour la
première fois en 1859. " Mireille " obtint un succès énorme, salué
par les critiques et les poètes. Lamartine exalte le génie de Mistral. Son
poème est une véritable consécration. Mistral trouve ici l'occasion de proposer
sa langue mais aussi de faire partager la culture d'une région en parlant
notamment des Saintes Maries de la Mer. Il fonde alors, en compagnie de poètes
provençaux, le mouvement du félibrige qui a permit de promouvoir la langue
occitane.
Mireille est, bien sûr, un prénom féminin mais c'est aussi le nom populaire du costume en cravate porté, aujourd’hui, par les fillettes de 8 à 15 ans en Provence et à Arles en particulier. Ce costume en cravate ou " costume de Mireille " était appelé autrefois costume de simplicité. C’était le costume de tous les jours, à la ville comme à la campagne.
C'est pour pérenniser le souvenir immortel de son héroïne que Mistral décida d’offrir une statue de " Mireille " à la commune des Saintes Maries de la mer. Hélas, il mourut avant de pouvoir réaliser son rêve et ce fut sa veuve qui, fidèle au vœu du poète, la fit placer le 26 septembre 1920 sur la Place Frédéric Mistral qui fut rebaptisée Place Mireille. Elle y est toujours pour ceux qui s'arrêteront aux Saintes pendant les vacances comme celle de Hermann-Paul qui immortalisa la croix camarguaise.
En 1864, Michel Carré adaptera, pour un opéra de Charles Gounod, le poème de Frédéric Mistral. Cette adaptation renommée, souvent jouée et chantée dans toutes les arènes de Provence n'est pas sans avoir encore une influence bénéfique sur la cote des ouvrages de Mistral. C'est une magnifique édition illustrée par Eugène Burnand que je propose ici à la vente. Exemplaire d'une parfaite fraîcheur intérieure, comme à la boutique ce matin... Pierre
MISTRAL (Frédéric) & BURNAND (Eugène). Mireille.
Poème provençal. Traduction française de l'auteur accompagnée du texte
original. Paris, Librairie Hachette et Cie, 1884. Un volume grand et fort In-4
(35 x 27 cm). Reliure illustrée de l'éditeur [Engel], plats et dos lisse illustrés [Souze], toutes tranches
dorées. [5ff], 304pp. Avec 25
eaux-fortes dessinées et gravées par Eugène Burnand et 53 dessins du même
artiste reproduits par le procédé Gillot. A la fin, partition de Magalie,
mélodie provençale populaire transcrite par F. Seguin. Texte encadré d'un filet
rouge. Édition sur papier vélin illustrée de gravures imprimées sur vergé et
précédées d'une serpente avec légende imprimée. Exceptionnel exemplaire en bel
état avec infimes rousseurs. Vendu
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