jeudi 22 décembre 2011

Napoléon, ce héros… par Louis Bertrand de l'Académie.

Il va sans dire que ce livre n'a aucune prétention de rigueur historique : C'est un récit, une merveilleuse histoire, un peu embellie comme les contes que l'on raconte aux enfants…


Les personnes indulgentes et averties qui voudront bien jeter les yeux sur ces pages reconnaîtront aisément les sources auxquelles l'auteur a recouru et les guides dont il s'est servi. Vous pourrez renvoyez vos enfants à des ouvrages plus étayés et plus détaillés quand ils seront à l'âge d'étudier cette période et quand ils auront le droit à l'accès de votre bibliothèque. Dans cette attente, voilà ce que vous pourrez leur dire s'ils vous posent une question, comme celle là, au petit déjeuner : Dis Papa… C'était un héros comme toi, Napoléon ?


Heuuuu…. (raclements de gorge). C’est Bonaparte lui-même qui a construit son propre mythe mon petit *****, et ce, dès la campagne d’Italie, en 1796-1797. Il confia l’organisation de sa légende à partir de documents officiels, élaborant et transformant les récits des batailles. Les images et, plus encore, les journaux créèrent alors le mythe du héros intrépide, vertueux et éclairé. Le temps ayant fait son œuvre, il reste un extraordinaire mythe historique, un symbole étonnant, car la durée de son règne est, finalement, très courte...


Ce sont les tableaux de Girodet, de Gros et de David qui fixèrent l’image que l’on a, aujourd'hui, de Napoléon. Mais journalistes, écrivains et historiographes n’ont pas seulement exalté le conquérant génial ; suivant en cela la volonté de l’empereur, toujours soucieux d’imiter d’illustres prédécesseurs, ils ont mis en avant le héros fondateur et réconciliateur, l’homme d’État réformateur.


Héritier des Lumières, Napoléon savait que pour rester dans les mémoires il devait laisser le souvenir d’un grand homme plutôt que celui d’un guerrier. Pour cet homme qui, selon Balzac, "avait dans la tête un code et une épée, la parole et l’action", la légende pris rapidement le pas sur la réalité. Fils de la Révolution, Napoléon s’est en outre efforcé de se présenter comme proche du peuple ; et le peuple aime les héros…


L’annonce de sa mort en 1821, la publication, en 1823, du Mémorial de Sainte-Hélène, écrit par Las Cases, énorme succès éditorial du XIXe siècle, achèvent de le transformer en martyr de la cause nationale. Les chansons de Béranger, l’imagerie d’Épinal, la production de bibelots ont fait du "Petit Caporal" l’homme du peuple et de la Révolution. Sa légende dorée a fait oublier sa légende noire, tu vois mon petit ****** !


A ce propos, et en attendant qu'ils ouvrent la porte de votre bibliothèque, vos enfants ou vos petits-enfants ont-ils le droit de toucher à vos livres anciens ? La pièce est-elle fermée à clefs, à l'abri des regards indiscrets et des mains profanes ? Pierre


BERTRAND ( Louis). Histoire de Napoléon. Images en noir & blanc et en couleur d' Albert Huriet. Tours, Mame et fils, sans date (1930). Format in-4º, cartonnage de l'éditeur illustrée en couleur, dos de toile verte muette. 171pp. Dos toilé très légèrement décoloré, aucune rousseur. 16 planches en couleurs vives. Très bel état. Vendu

****** : Remplacez les étoiles par le prénom de votre fils ou petit-fils !

10 commentaires:

Bertrand a dit…

Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes...

B.

Pierre a dit…

Napoléon rapproche des gens de la gauche et de la droite. Un ancien ministre bibliophile en était d'ailleurs un spécialiste... Pierre

Bertrand a dit…

Napoléon le Petit aurait dit Victor Hugo ...

Tiens, ça me rappelle quelqu'un ! ;-)

B.

Anonyme a dit…

Ce n'est que le numéro trois que Victor Hugo qualifia, par dépit, de petit. Mesquine vengeance de déception.
L'attrait de la légende est très fort chez les enfants, et je me souviens d'avoir appris à l'école que Napoléon était capable de dicter cinq lettres en même temps. Cinq lettres en même temps ! C'était à coup sûr un extra-terrestre. Comment faisait-il pour prononcer cinq phrases à la fois ? Plus tard j'ai quand même été un peu déçu quand je me suis aperçu qu'il s'agissait de cinq lettres dictées à cinq secrétaires dans une même pièce mais pas simultanément ; C'était à la portée du premier venu ayant un tant soit peu de suite dans les idées.
Badaboum ! Voilà comment chutent les idoles !

Jean-Michel

pascalmarty a dit…

Bon, inutile de dire que Napoléon c'est pas trop ma tasse de thé. En revanche le style des illustrations me permet de croire que, grâce à ce billet, j'ai retrouvé le nom de l'illustrateur d'un bouquin de contes (dont il me semble bien qu'il sortait justement de chez Mame) qui a bercé mon enfance après avoir bercé celle de ma mère et dont j'ignore tout à fait ce qu'il a bien pu devenir. Et donc, merci.

Pierre a dit…

Toujours heureux de rendre service ;-)) Pierre

Cartonnages Romantiques a dit…

Noël

L'étoile s'arrêta contre la pauvre étable
Les chants des vieux bergers ruisselaient de douceur
Il pesait sur la terre un ciel impénétrable
Le bruit des eaux grondait comme l'amour au coeur.

Les chants des vieux bergers ruisselaient de douceur
Le chaste vent d'hiver s'essouflait sur les sables
Le bruit des eaux grondait comme l'amour au coeur
Nous étions dix ou quinze à connaitre la fable.

Le chaste vent d'hiver s'essouflait sur les sables
Excellence de paix d'immense profondeur
Nous étions dix ou quinze à connaitre la fable
L'or tremblait dans les mains des mages voyageurs.

Excellence de paix d'immense profondeur
L'enfant reposait nu sur la paille adorable
L'or tremblait dans les mains des mages voyageurs
Comme il est près de nous le temps des vieux retables.

L'Enfant reposait nu sur la paille adorable
Sous le souffle du boeuf au nez gris de bonheur
Comme il est près de nous le temps des vieux retables
Les cris des assassins s'étouffaient dans les pleurs.

Sous le souffle du boeuf au nez gris de bonheur
Il était né le Dieu d'un monde charitable
Les cris des assassins s'étouffaient dans les pleurs
C'était Noël, de coeur brisé, interminable.

Jean MAMY. 1948.

Bertrand a dit…

Ça y est ! Bernard a attaqué le Chassagne en avance ! Tssss.....

B.

Pierre a dit…

J'imagine que Jean est le Papa de Bernard. Quel fierté pour un fils de découvrir un père créatif au cœur sensible et à la Foi généreuse. Mais quelle difficulté, aussi, d'expliquer aux nouvelles générations qui n'ont pas été élevés dans ce culte [ou pire, qui considèrent que c'est un attrape-couillons et une secte] que la démarche est sincère et sans préméditation... Pierre

Pierre a dit…

Ce qui ne veut pas dire que Bernard n'a pas déjà ouvert un Chateauneuf du Pape pour honorer la Sainte église catholique ;-)) Pierre