mercredi 24 septembre 2014

Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas illustrés par Maurice Leloir.


C'est en 1844 qu’Alexandre Dumas écrit Les trois mousquetaires en collaboration avec Maquet. L'action se déroule au XVIIème siècle sous le règne de Louis XIII. Pour cela, le livre doit-il être considéré comme un roman historique ? En fait, dans Les trois mousquetaires, l'histoire ne tient, en réalité, qu'à la famille royale. Le roman est historique à la manière où l'entend l'auteur. Ceux qui aiment Les trois mousquetaires n'y cherchent d'ailleurs pas une adéquation historique parfaite. Il y a du vraisemblable, mais en échange l'auteur nous présente des descriptions vives et amusantes, des dialogues rapides, des personnages pittoresques entrainés dans un tourbillon d'aventures.


L'aventure se déroule sur quatre ans, sous le règne de Louis XIII. Dumas a emprunté à l'histoire des personnages tels que Anne d'Autriche, ou encore Buckingham et également des événements tels que le siège de La Rochelle ou bien la mort de Buckingham. Une grande partie des évènements et des actions des personnages ne sont pourtant que pure fiction. Dumas reste assez près de la réalité pour le Roi, au caractère bilieux, quelque peu gauche et timide. Le désintérêt du roi pour la reine est fortement précisé par Dumas. Par contre, il insiste un peu trop sur le cliché bien connu de Louis XIII en souverain fantoche dominé par son tout puissant ministre. Le lecteur, grâce au roman, peut très bien imaginer la solitude du roi entre une femme qu'il haïssait et un ministre pour lequel il n'éprouvait aucune sympathie.


La représentation d'Anne d'Autriche est également assez fidèle à la réalité. Elle est présentée dans le roman comme une femme victime du désintérêt de son mari, et soucieuse de la sauvegarde de son honneur et de la monarchie. Il est vrai que la mésentente du couple fut profonde et durable et que Richelieu fit tout pour aggraver cette situation. D'un autre côté, un seul aspect du personnage de Georges Villiers, duc de Buckingham, est présenté dans le roman de Dumas : celui de l'amoureux transis qui poursuit Anne d'Autriche de sa passion.


Le roman de Dumas est tiré des Mémoires de Mr d'Artagnan rédigées, de façon très romancées, par Gatien Courtilz de Sandras. Les trois mousquetaires, Athos , Porthos et Aramis , sont respectivement identifiés à Armand de Sillègue d'Athos d'Autevielle, Isaac de Portau, et Henri d'Aramitz. Peu de points communs unissent ces trois hommes et les personnages du roman. Mais le fait est qu'ils appartenaient tous trois à la compagnie de Tréville.



Le personnage de d'Artagnan est Charles de Batz. Tout comme le célèbre personnage d'Alexandre Dumas, il est originaire du Gers et appartint d'abord à la compagnie du roi avant d'être admis dans le camp des mousquetaires. Dumas brosse un portrait assez exact de Richelieu dans son roman. Tout comme il est communément admis, le cardinal était un homme froid et cynique. Pour finir, d'autres personnages historiques comme Mr de Tréville, Mme de Chevreuse ont réellement existé et sont dépeints assez fidèlement par Dumas. Par contre, la célèbre Milady est un personnage fictif ! Je vous propose, aujourd'hui, une remarquable édition de ces Trois mousquetaires, illustrée par Maurice Leloir, en publication de luxe. Pour que vos enfants apprennent l'histoire dans de beaux livres… Pierre


DUMAS (Alexandre). Les trois mousquetaires avec une lettre d’Alexandre Dumas Fils, compositions de Maurice Leloir.  Paris, Calmann-Levy, 1894. 2 volumes grand In-4 (30/21). Demi-chagrin fauve, plat de papier coloré, dos à cinq nerfs, titre, auteur et tomaison en lettres dorées dans encadrement de filet doré, gardes colorées, tranche supérieure dorée. Edition de grand luxe. XX + 461 et 462 pp. Nombreuses illustrations in texte en noir et blanc de Maurice Leloir et gravés sur bois par Huyot. Rares brunissures. Bel exemplaire recherché. Vendu

mardi 23 septembre 2014

Quand Félix Bobart en racontait...

Une chapelle d'Orta avec personnages grandeur nature...
Monsieur Félix Bobart, décoré de plusieurs titres scientifiques et de médailles humanitaires - c’est lui qui le mentionne - soucieux de donner un sens et une cohérence républicaine au travail de nos curés, offre ici ses réflexions sur l’orientation qu’ils devraient donner à leur sacerdoce sachant qu’il est de notoriété publique que ces commis de l’état sont insensibles aux vrais aspirations du peuple…


Ce texte était destiné à être pris en compte par les évêques qui allaient participer au premier concile œcuménique du Vatican qui débuta le 8 décembre 1869. Le précédent concile, celui de Trente, s'était clos trois siècles auparavant. Vous imaginez que l’événement était de taille et que l’avis d’un bon républicain était sujet à éclairer ces pontifes !


Convoqué par Pie IX, ce concile fut interrompu quand les troupes italiennes envahirent Rome. Suspendu sine die, il ne fut jamais repris. Après plusieurs sessions, des travaux difficiles et des débats complexes, seules deux constitutions dogmatiques furent votées et ratifiées dont le dogme de l'infaillibilité pontificale… Le 9 octobre 1870, ce qu'il restait des États pontificaux était réunis au reste de l'Italie par plébiscite.


Dans sa préface, Félix Bobart écrit « Il ne reste qu’une seule matière sujette à examen et à réforme dans les grandes assises du christianisme, c’est la mise en action sociale des principes évangéliques. Que l’église fasse la paix avec la politique, la science et les moralistes novateurs, c’est bien ! Mais qu’elle fasse la paix avec les peuples en ramenant aux principes évangéliques, la pratique journalière et usuelle de la religion, et ce sera encore mieux !! »


Ce principe lui permettra, vous vous en doutez, de développer de magnifiques diatribes anticléricales et des portraits au vitriol tout au long de l’ouvrage. Cela se lit bien, c’est plein de mauvaise foi face à la bonne, cela évoque évidemment beaucoup les idées franc-maçonnes… Il est vrai qu’à cette époque, l’influence de la religion catholique était telle qu’un contrepoids républicain était nécessaire. L’histoire a donné raison aux bouffeurs de curés puisque les églises catholiques se sont vidées alors que les loges se sont remplies... La république sera-t-elle aussi vigilante avec les autres religions ? Il faut néanmoins préciser que cet ouvrage, s’il attaque de front, les rites, les dogmes et les pratiques du clergé, ne remet absolument pas en cause la Foi. Pierre


BOBART (Félix). Le sanctuaire : Photographies cléricales dédiées aux membres du futur concile. Paris, Dubuisson et Cie. 1869. Demi chagrin cerise, dos à quatre nerfs avec roulette dorée, motifs dorés entre les nerfs. Titre et nom de l’auteur en lettres dorées. Plat couvert d’un papier coloré marbré. Page de garde en papier coloré. Format in 8, 488 pages. Coins inférieurs usés, le reste en bon état. Rousseurs très clairsemées (claires). Envoi de l’auteur. Ouvrage introuvable, reflet de l’ambiance anticléricale de l’époque. 95 € + port

lundi 22 septembre 2014

Le Pindare de Pierre de Lagausie. Edition de 1626.


Pindare, le poète de Thèbes, était natif de Cynoscéphales au nord d'Athènes. Il était le fils de Daïphantos, pour les uns, de Pagondas ou de Skopélion pour les autres. Son oncle paternel lui apprit l'art de la flûte. Sa mère se nommait Cléodiké. Encore enfant, il fut pris par une étrange fatigue, alors qu'il chassait sur l'Hélicon ; endormi, une abeille déposa des rayons de cire sur ses lèvres. On dit aussi, qu'après avoir vu dans un rêve sa bouche regorgeant de miel, il devint poète.


À Athènes, ses maîtres furent Agathoclès ou Apollodore. Ce dernier en confia plus tard la préparation au jeune Pindare. Pour avoir osé proclamer qu'Athènes « était l'appui de la Grèce », il fut obligé de s'acquitter auprès des Thébains d'une amende de mille drachmes, que les Athéniens payèrent à sa place. Lorsque Pausanias, roi des Lacédémoniens, mit le feu à Thèbes, il ordonna d'inscrire ces mots au-dessus de sa maison : « Ne brûlez pas le toit de Pindare, le poète lyrique ». C'est ainsi qu'elle échappa à la destruction et qu'elle est aujourd'hui devenue le prytanée de Thèbes.


Pindare fut traduit au début du XVIIe siècle. La première traduction française est de Champenois François Marin en 1617. Pierre de Lagausie donne cette version en 1626 que je vous propose aujourd'hui à la vente. Il la dédie à M. de Sainct Blancat.


Nous ignorons tout de Lagausie, le traducteur, à peine plus de Jean de Courbes, le graveur et de Jean Laquehay, l'imprimeur. Chaque ode est précédée d’une explication sommaire. L'ouvrage est dédié à Monsieur de Sainct Blancat, suivi d'une vie de Pindare, comprenant une traduction d'une partie de l'Ode deuxième et quatrième livre des vers d'Horace, où Pindare est loué.


Une gravure représente, et c'est assez rare, une scène d'accouchement ! Il s'agit de Coronis mettant au monde Esculape grâce aux bons soins de son mari, Apollon, auréolé d'une couronne de lumière. Pierre


LAGAUSIE (Pierre de). Le Pindare thebain traduction de Grec en François meslee de vers & de prose. Avec les figures qui représentent les principales fables des Odes Olympiques, Pythiques. Nemeaques, et Isthmiques. A Paris, chez Jean Lacquehay, près le College de Boncourt, 1626. Un volume in-8. Reliure  plein veau jaspé, encadrement des plats par deux filets, roulette encadrant le contre-plat, dos à 5 nerfs, caissons ornés, pièce de titre maroquin à lettres dorées, gardes colorées, toutes tranches rouges. Chiffres et nom d'une ancienne maison d'édition au contre-plat. [9ff dont titre frontispice], 461pp, [2ff]. Titre-frontispice à encadrement, 4 planches HT en taille-douce par Jean de Courbes. Traduit par le Sieur de Lagausie qui signe l'épître dédiée à Monsieur de Sainct Blancat. Infimes trous de vers. Très bel exemplaire. 340 € + port

dimanche 21 septembre 2014

Faces Augustae Sive Poematia de Jacobus Catsus et compagnie...


Voici un petit recueil d'épithalames, de questions relatives au mariage, à l'amour, et aux mœurs nuptiales à travers le monde (chez les Moscovites, les Juifs, les Suisses, les Indiens, les Bataves, etc...). Il fut composé par trois auteurs flamands dont le poète hollandais Jacob Cats (1577-1660), l'historien et géographe Caspar van Baerle (1584-1648) et Cornelius Boyus (1611- 1665).


L'ouvrage est dédié à la Princesse Élisabeth de Bohème, alors âgée de 25 ans, qui manifestait depuis sa jeunesse un goût prononcé pour l'étude de la philosophie et qui refusait de se marier de peur d'en être écartée. En 1644, Descartes qu'elle avait pris pour maître, lui dédiait ses Principes de la Philosophie en la proclamant " La première et la plus savante de ses disciples" !


Il s'agit, en fait, d'une ode nuptiale que l'on pourrait comparer aux « toasts » prononcés par les témoins, le jour de la cérémonie de mariage. Ici, le discours est en latin mais on pourrait le traduire ainsi :


" J'aimerais dire deux ou trois mots en ma qualité de garçon d'honneur. C'est la deuxième fois seulement que je remplis ce rôle. J'espère l'avoir bien tenu la première fois. Les mariés, en tout cas, continuent de me parler. Et j'avoue que j'ai de la chance, car eux ne se parlent plus… Ils ont divorcé et ne s'adressent plus jamais la parole. Mais on m'a assuré que je n'y étais pour rien. Marie de Saxe aurait dû savoir, de toute façon, que son futur mari couchait avec sa sœur avant que je n'en parle dans mon discours, non ? Euh... le fait qu'il ait couché avec sa mère l'a surprise, par contre. Mais je pense, avec le recul, que ce n'était rien comparé au cauchemar et à la violence des deux jours qu'a duré leur mariage ! Mais passons à un autre sujet... Parlons de demain : Quand la routine s'installera, je souhaite du fond du cœur que vous vous rappellerez l'émotion que vous avez ressentie lorsque vous avez échangé votre premier baiser devant l'autel de l'église. Chers amis, je vous propose de lever vos verres et vos fesses à l'adorable Élisabeth de Bohème pour qui nous avons écrit ces poèmes en latin…"


En vérité, ce mariage d’Élisabeth de Bohème fut un échec. Elle finit abbesse dans un monastère protestant… On pourrait penser que la vie monastique a bien des inconvénients et qu’un mariage raté vaut mieux qu’une clôture réussie ! C’est sans compter sans le charme de certains monastères, tel celui de Santa Catérina sur le lac Majeur, que nous avons visité hier avec mon épouse, et où la douceur de vivre ne semble, en effet, pas un leurre… Pierre


CATS (Jacob) [Jacobus Catsius, Caspar Barlaeus, Cornélius Boyus]. Faces Augustae Sive Poematia Quibus Illustriores Nuptiae, a Nobili & Illustriviro, D Jacobo Catsio, Eq. & Praepor. Holl. As Frisiae Occidentalis Ord. Syndico, Antehac Belgicis Verisibus Conscriptae. iam a Caspare Barlaeo & Cornelio Boyo latino carmine celebrantur, ad Serenisimam Principem Elizabetham, Fred. Regis Bohemiae & Electoris Palatini filiam. Dordraci (Dordrecht), sumptibus Matthiae Havii & typis Henrici Essai, anno 1643 cum privilegio xv, annorum.  Un volume petit in-8 de l'époque. Reliure postérieure demi basane, dos lisse orné de filets et pièce de titre. Mention de tomaison ancienne indépendante de l'œuvre complète. [3ffbl], [7ff nch], [1 portrait Elisabeth de bohème], [24ff préface, etc…], 272pp, 32pp, [3ffbl]. 13 gravures sur cuivre en demi page dans le texte + portrait à pleine page gravés par l'artiste anversois Crispyn Van Qeeborn. Première édition collective de ce rare recueil de poèmes. Bon état. 175 € + port

vendredi 19 septembre 2014

Abel Bonnard : Supplément à "De l'amour" de Stendhal...


" L'amour a des malheurs fastueux comme la vanité a des bonheurs sordides " nous dit Abel Bonnard, évoquant l’ouvrage de Stendhal : De l’amour. Il est, en effet, la plus belle occasion que nous ayons de nous délivrer de notre égoïsme et de nous enivrer de notre puissance…


C’est à l’occasion de la visite de la Cité de Côme, sur le lac éponyme, que Marie-Henri Beyle s’est rappelé à nous. Auteur de La Chartreuse de Parme dont l’action se déroule sur ses rives, il fut un grand amoureux de la Lombardie. Rappelons qu'il a dicté lui-même l'inscription de sa tombe : "Ci-gît, Henri Beyle dit Stendhal, le Milanais" ! 


Le nombre de ses livres et leur tirage font de Stendhal, l'un des plus célèbres écrivains du XIXème siècle. Abel Bonnard, dans l'excellent livre que je vous propose à la vente, nous offre un Supplément à De l'amour, publié en 1822, pour décrire les différentes composantes d'une relation amoureuse. On peut adapter le propos pour des amours féminines, bien sûr !


En vérité, tout Grand-Amour est le fruit de celui qui l'éprouve.  Cependant, avec le temps, la baisse du désir nous affranchit de l'être même qui l'a causé. Nous devenons, en quelque sorte, indépendants de lui ! Ainsi voit-on parfois certaines femmes profondément et fidèlement éprises d'un homme, finir par être indifférentes aux ébats et aux frasques qui plaisent tant à ce dernier… Elles l'aiment assez pour n'avoir plus besoin de lui, dirons-nous… Point de déséquilibre hormonal là-dedans ! Seuls quelques médecins naïfs peuvent encore soutenir cette hypothèse !


C'est pour des motifs du même ordre qu'il est possible de rendre un culte à une absente. " Elle part, je vais donc pouvoir l'aimer " disait d’ailleurs un mari, de son épouse ! Il va de soi que nous réalisons parfaitement cette vérité mais qu'il est plus aisé de l’occulter… Il est évident que l’expérience d’Abel Bonnard, même si elle se prête à de saines réflexions, ne me concerne absolument pas ! C’est pourquoi j’ai amené mon épouse avec moi en vacances pour le vérifier…


La visite de Côme ?  Comment dire ? L’ambiance était orageuse… D’un point de vue climatique, s’entend ! Il a fallu acheter des parapluies. L’investissement n’a cependant pas été pris en compte dans l’estimation de l’ouvrage… Pierre


BONNARD (Abel). Supplément à De l'amour de Stendhal. Paris, éditions du Trianon, 1928. Un volume in-12. 4 gravures sur cuivre de Fernand Siméon, bois de Paul Baudier. Reliure demi maroquin cerise, plats de papier coloré, dos avec motifs dorés et noirs encadrés de filets dorés, lettres dorées, gardes   colorées. [3ff bl], [2ff –titre], 129pp, [3ff justification], [3ff bl]. Exemplaire hors commerce sur Vergé à la forme de Rives. Très belle reliure. Intérieur parfait. 110 € + port

jeudi 18 septembre 2014

Le parfum des livres sur les iles Borromées…


Le Piémont, comme la Lombardie, sont des provinces où l’attrait pour la connaissance et l’amour du livre, qui en a été pendant longtemps son essentiel support, s’affichent partout. Dans les bibliothèques des grands Princes du passé – les rayonnages de la salle de lecture du château d’Isola Bella nous offrent, dans leur partie la moins ensoleillée, des œuvres de médecine vétérinaire en français et une édition in folio du Dictionnaire de l’Encyclopédie, par exemple – dans les librairies anciennes et dans les vitrines de décoration pour touristes aux tempes nécessairement aussi argentées que leur portefeuille…


C’est ainsi que j’ai déterminé la provenance de nombres de sphères armillaires, de globes terrestres et de globes célestes entrevus sur la toile ! Les italiens ont, de plus, pris l’habitude de présenter leurs gravures originales dans de luxueux encadrements mis à la disposition du chaland contre de coquettes sommes en euros. Comme c’est élégant !


Si je maitrisais la langue de Dante, je vous le promets, je penserais à m’installer loin de la Hollande pour finir mes jours au bord du lac Majeur… Pierre

mercredi 17 septembre 2014

Leçons de géographie physique par Albert de Lapparent.


Ce livre n'a pas la prétention d'être un traité de géographie physique. Pour qu'il ait droit à un tel qualificatif, il aurait fallu lui donner des proportions plus considérables (9 volumes in-quarto + 2 volumes de cartes in-folio). L'auteur, Albert de Lapparent, nous fournit ici la base des informations possédées par les géologues de son siècle dans un langage propre à être entendu par le profane ou le curieux.  Pour des causes diverses, la géologie n'a pas toujours tenu en France, dans le cadre de nos études, une place très importante. Quand ai-je fait de la géologie, en fait ? Je crois que c'était en première ou en terminale puis, peut-être, en classe préparatoire bien que je ne sois pas en mesure de le confirmer. Je crois bien que le peu que je sais, c'est en feuilletant Sciences et Vie que je l'ai appris !


Aujourd'hui, cette science ne s'exerce plus avec notre vue et nos mains chargées d'outils encombrants comme par le passé mais avec l'apport de matériel télescopique embarqué sur des satellites en orbite autour de la terre ou d'avions renifleurs qui ont défrayé la chronique… J'ai un ami géologue dont le métier, c'est assez surprenant pour le mentionner, est de trouver des réserves d'eau sur notre bonne planète à des endroits où le désert est omniprésent. L'avenir n'est plus dans la recherche pétrolière ! Encore faut-il creuser au bon endroit pour que les frais engagés soient rentabilisables... Eh bien, ses premières recherches se font grâce à des satellites qui envoient des ondes dont le coefficient de pénétration permet d'établir des cartes assez précises de nos réserves géologiques !


L’ouvrage que je propose à la vente est présenté sous forme de trente leçons qui abordent des sujets qui vont du modelé de l'écorce terrestre à l'examen des diverses régions de l'Europe, de l'Asie, de l'Océanie et de l'Amérique. Albert de Lapparent se plaisait à proclamer que la phase la plus originale et la plus personnelle de sa carrière de géologue avait consisté dans son exploration sous-marine du d étroit du Pas de Calais, effectuée en vue du tunnel sous la Manche ! Le succès de son cours et de son livre, qui a atteint rapidement sa troisième édition, n'a probablement pas été sans influence sur la création (1897) à la Sorbonne d'une chaire magistrale de Géographie physique, depuis longtemps demandée, pendant longtemps différée.


Donc, un livre pour ceux qui aiment aborder la notion de temps et situer la terre dans son contexte planétaire ; pour ceux qui ont la tête dans les étoiles mais les pieds sur terre ; pour les amateurs de beaux livres ; pour les curieux,  pour les collectionneurs et pour les spécialistes de ce Albert-Auguste Cochon de Lapparent (1839-1908)…  Pierre


LAPPARENT (Albert de). Leçons de géographie physique. Deuxième édition, revue et augmentée. Illustré avec 163 figures dans le texte et une grande planche en couleur dépliante. Paris, Masson 1898. Un volume petit in-4. XVI + 718pp. Reliure demi-chagrin cerise, plat de papier coloré, dos à nerfs, titre en lettres dorées, gardes colorées. Bel état. Vendu