jeudi 24 mai 2012

Le théâtre et les lettres turques de M. De Saint-Foix dans une très belle édition de la fin du XVIIIeme siècle…

Germain-François Poullain De Saint Foix est né à Rennes en 1698. Quand on regarde le déroulement de sa vie, on constate, médusé, que la réputation de "tête de bois" des bretons n'est pas usurpée…

Entré dans le corps des mousquetaires, aide de camp du Maréchal de Broglie, il se distingua à la bataille de Guastalla en 1734, puis quitta le service et devint maître des eaux et forets en 1736. Bientôt las de la vie de province, il retourna à Paris en quête de gloire littéraire. C'est qu'il avait écrit quelques pièces de théâtre dans sa jeunesse après avoir été amoureux d'une comédienne ! Ses œuvres les plus connues sont néanmoins Les lettres d'une turque à Paris (tome II) et ses Essais historiques sur Paris.

D’un caractère querelleur, Poullain de Saint-Foix est aussi connu pour ses reparties et duels que pour ses productions littéraires. Ainsi, un jour au café Procope, un garde du roi entra et demanda une tasse de café au lait et un petit pain. Saint-Foix s’exclama : " Voilà un fichu dîner ! ", et le répéta à plusieurs reprises, si bien que le garde finit par se fâcher et le provoquer en duel. Ils se battirent, Saint-Foix fut blessé et fit ce commentaire : " M’eussiez-vous tué, vous n’en auriez pas moins fait un mauvais dîner ". Breton, vous dis-je…












L'édition posthume complète (Saint-Foix est décédé en 1776), deux ans après le décès de l'auteur, se distribue comme suit : Tome I et II : Théâtre et les lettres Turques ; Tome III, IV, et V : Essais historiques sur Paris ; Tome VI : Histoire de l'ordre du Saint-Esprit. Je présente aujourd'hui les deux premiers tomes à la vente.












Les amateurs apprécieront le parfait état de conservation de ces ouvrages dont je n'ose écrire qu'ils sont complets en eux-mêmes, tant la formule est moquée par les bibliophiles. Ah, je l'ai écrit, quand même ? Tant pis ! Je ne peux pas gommer…













L'ouvrage présente un ex-libris du début du XIXeme siècle et une marque de provenance de librairie prestigieuse : Celle des Frères Périsse à Lyon. Établis Grande rue Mercière, à la Couronne d'or, les deux frères Périsse, dont la devise est " Favet Minerva labori ", furent à la tête d'une maison prospère. Plutôt tournée vers les ouvrages religieux, c'est en vain qu'on y trouvait, dans les pages du catalogue, un ouvrage de Voltaire… Sous la Restauration, les nouveaux Périsse frères qui impriment encore au 33 de la rue Mercière sont " légitimistes, jésuites et congréganistes renforcés ". De braves gens, en somme ;-)) Pierre


SAINT-FOIX (Poullain de). Oeuvres complettes. Chez la veuve Duchesne 1778. Les 2 tomes de théâtre [sur 6 Volumes]. Les deux volumes sont au format in 8 (20,5/13), édition originale. Reliure plein veau porphyre. Plats avec triple encadrement de filets dorés, filets sur les coupes. Dos lisse orné de caissons, filets et motifs dorés. Pièce de titre en maroquin rouge, tomaison en lettres dorées, toutes tranches marbrées cailloutées en bleu et blanc, papier de garde coloré. Tome I : [2ff dont frontispice], xvj, 594 pp, [2ff approb, privilège]. Tome II : [2ff dont 1 gravure], 600 pp. Avec le portrait de Saint Foix par Pougin de Saint Aubin ornementé par Marillier et gravé par Lemire. Une gravure hors texte au tome I, l'ensemble des trois gravures par Marillier. Faux-titres et titres en rouge et noir, nombreux bandeaux en début de pièce. Bel exemplaire. 160 € + port

mercredi 23 mai 2012

Voyage du Jeune Anarcharsis en Grèce. L'Atlas 1830 de chez Armand-Aubrée dans un beau format…

Je vais vous parler de la Grèce. Je sais, en ce moment, c'est un sujet sensible qu'il faudrait éviter…

Vous avez peut-être, sur vos rayonnages, l'édition en 5 volumes du Voyage du Jeune Anarcharsis en Grèce parue chez Armand-Aubrée en 1830 avec le portrait de l'auteur en frontispice. Il s'en est d'ailleurs vendue une sur Ebay, cette semaine qui a été emportée pour 160 € ! Il vous manque certainement l'Atlas dans une présentation brochée qui vous permettrait de suivre plus aisément le récit. Nous sommes donc faits pour nous entendre ;-))


En 1788, l'abbé Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795) publia les Les Voyages du jeune Anacharsis en Grèce, un récit de voyage détaillé et érudit décrivant les sites et la géographie de la Grèce classique.


Notre homme était fort savant. Numismate, historien, linguiste, connaissant à peu près tout ce qui se pouvait connaître en son temps sur le monde antique, il travailla durant trente ans au Voyage du jeune Anacharsis, qui recueillit un énorme succès, et connut maintes rééditions et traductions.


L'ouvrage est précédé d'une longue "Introduction au voyage de la Grèce", où toute l'histoire grecque, depuis l'état sauvage et les colonies orientales jusqu'à la prise d'Athènes, est retracée.
Barthélemy a voulu tout dire sur le monde grec de 363 à 337 avant J.C. Il a, à cet effet, choisi un Scythe, pareil aux Persans de Montesquieu dans ses contes philosophiques. Ses conclusions s'en rapprochent d'ailleurs.


Anacharsis, à la fin, est écoeuré de voir la liberté grecque expirer sous les coups des rois de Macédoine : "Je revins en Scythie, affirme-t-il, dépouillé des préjugés qui m'en avaient rendu le séjour odieux [...]. Dans ma jeunesse, je cherchai le bonheur chez les nations éclairées; dans un âge plus avancé, j'ai trouvé le repos chez un peuple qui ne connaît que les biens de la nature."


Avec toute cette science, avec ces habiletés et ces ambitions, Barthélemy nous présente le tableau fidèle de la Grèce au siècle de Périclès. On reproche à son héros de manquer de consistance ; il va d'un lieu à l'autre, comme un touriste qui aurait son guide à la main… mais pour suivre le guide, encore faut-il avoir la carte ! C'est tout l'intérêt de cet Atlas imprimé sur beau papier. Un bibliophile non impécunieux, s'il en reste, le ferait relier à l'identique des volumes qu'il possède. Un autre le présenterait dans un bel emboîtage… A vous de choisir ! Pierre

BARTHELEMY J.-J. Voyage du Jeune Anarcharsis en Grèce vers le milieu du quatrième siècle avant l'ère vulgaire. Atlas rédigé d'après les explorations des voyageurs les plus modernes. Paris, Armand-Aubrée, 1830. Format grand in-4 à l'italienne, (27 x 36), broché en couverture d'attente. Complet de ses 40 planches gravées et légendées. Une mouillure en coin supérieur des premières planches, quelques rousseurs marginales sur certaines gravures, quelques salissures. 80 € + port

mardi 22 mai 2012

Rencontre avec un homme remarquable : Georges Ivanovitch Gurdjieff…

Récits de Belzébuth à son petit-fils : Je dois vous l'avouer, j'ai commencé cet ouvrage il y a trois ans et je ne suis jamais arrivé au mot " Fin " ! D'une nature plutôt cartésienne, je m'étais promis de finir cet ouvrage afin de ne pas être de ceux qui portent un jugement péremptoire sur un auteur sans jamais l'avoir lu. Et bien, je ne me sens pas le droit de vous orienter par un billet approximatif ! Parlons donc de la genèse du livre...


Ce livre a vu le jour sept ans après la mort de son auteur et plus de vingt ans après avoir été terminé. Jusqu'en 1924, Gurdjieff avait enseigné à la manière orientale, en ne communicant ses idées qu'à un petit cercle d'élèves et sans jamais leur avoir permis de noter aucune des informations qu'il leur donnait. Cette année-là, à la suite d'un grave accident, il décida de faire connaître ses idées sous forme "accessible à tous". Vous verrez, si vous vous portez acquéreur de l'ouvrage, que le qualificatif " à tous " est très relatif…


A cette fin, il résolut d'adopter la forme d'un récit mythique mais qui resterait centré sur l'essentiel : La signification de la vie humaine.


Quelques années plus tard, quand Gurdjieff eut achevé sa tâche, ce n'est pas un seul mais toute une série de livres qu'il avait écrits. Les récits de Belzébuth à son petit-fils en constituent la première partie. Ce livre a déjà sa légende. Son caractère est insolite ! Pourtant, en 1948, un an avant sa mort, Gurdjieff en faisait déjà préparer des éditions en plusieurs langues. L'ouvrage sortira en 1950 en Amérique et en 1956 en France. C'est l'édition originale que je vous propose, aujourd'hui. En très bel état et présenté avec sa jaquette, il ravira l'amateur de spiritualité. Pierre


Georges Ivanovitch GURDJIEFF. Récits de Belzébuth à son petit-fils. Critique objectivement impartiale de la vie des hommes. Janus, 1956. Cartonnage recouvert de percaline tabac, jaquette imprimée et rhodoïd. Format in-12, 1186 pages. Portrait photographique noir et blanc de Gurdjieff en frontispice. Traduction de Jeanne de Salzmann et Henri Tracol. Edition originale de la traduction française. Bel exemplaire. 75 € + port

lundi 21 mai 2012

Marivaux - Bécat ou l'inverse ?

Rions de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer ;-))

Le Théâtre au XVIIIeme siècle pourrait être défini ainsi ! Mais si, à cette époque, deux grands auteurs se partagent le succès (Marivaux et Beaumarchais), c'est chez le premier que la comédie est une peinture délicate et ironique. Ce n'est ni le grand rire de la farce, ni les larmes de la comédie larmoyante, attendrissante et moralisante. C'est une analyse minutieuse et spirituelle de la subtilité, de la fantaisie et de la sincérité du jeu amoureux.


"J'ai guetté dans le cœur humain toutes les niches différentes où peut se cacher l'amour lorsqu'il craint de se montrer, et chacune de mes comédies a pour objet de le faire sortir d'une de ces niches... Dans mes pièces, c'est tantôt un amour ignoré des deux amants; tantôt un amour qu'ils sentent et qu'ils veulent se cacher l'un à l'autre; tantôt un amour timide qui n'ose se déclarer; tantôt enfin un amour incertain et comme indécis, un amour à demi-né, pour ainsi dire, dont ils se doutent sans en être bien sûrs et qu'ils épient au dedans d'eux-mêmes avant de lui laisser prendre l'essor."











L'obstacle à l'amour chez Marivaux, n'est pas extérieur (comme chez Molière) mais réside dans l'amour propre des personnages. Par suite d'un préjugé, d'un quiproquo, d'un malentendu, de déceptions antérieures, les jeunes héros ne veulent pas reconnaître qu'ils sont amoureux. Mais comme il s'agit d'un jeu, après les détours imposés par l'amour-propre, le dénouement toujours heureux est inévitablement le triomphe de l'amour. Le langage des pièces de l'auteur est souvent plein de préciosité et a amené un nouveau genre, rentré dans le vocabulaire français : Le marivaudage…











Voltaire qui n'aimait pas Marivaux, lui reprochait "de peser des œufs de mouche dans des balances de toiles d'araignée" ! Jugement que la postérité a corrigé. Qui se souvient du théâtre de Voltaire, aujourd'hui ?











Marivaux (Pierre Carlet de Chamberlain de Marivaux .1688-1763) journaliste, romancier et auteur dramatique. Il collabora à divers périodiques littéraires : Le Spectateur français, L'Indigent Philosophe, Le Cabinet du Philosophe, Le Mercure. Grâce à ses relations il est élu à l'Académie française. Il écrivit 27 comédies en prose dont les plus célèbres sont Le Jeu de l'Amour et du Hasard (1730) et Les Fausses Confidences (1737). Le théâtre et les romans de Marivaux font preuve d'une très grande finesse psychologique. Souvent pris dans le jeu de l'amour et du hasard, les personnages se prêtant à des jeux de rôles, prenant l'identité de ceux qu'ils ne sont pas, se découvrent eux-mêmes derrière des masques. Les situations sont souvent rocambolesques et la virtuosité du langage ne doivent pas masquer la profondeur de cette œuvre. L'édition que je propose aujourd'hui à la vente, à la typographie soignée et aux illustrations charmeuses, est un joli écrin à cette œuvre littéraire. Certains diront que Marivaux doit, ici, beaucoup à Bécat qui en a exécuté les dessins…


Paul-Emile Bécat (1885 – 1960), peintre, graveur et dessinateur français, est bien connu, aujourd'hui, comme illustrateur de livres érotiques. Il est élève des peintres Gabriel Ferrier et François Flameng et expose au Salon des Artistes Français dès 1913. Il se spécialise à partir de 1933 dans la technique de la pointe sèche qu'il met service de textes érotiques et galants. Nul doute que cet ouvrage ne remporte un beau succès sur les rayonnages de votre bibliothèque ! Pierre


MARIVAUX (Pierre Carlet de Chamblain de). Œuvres. La Surprise de l'amour ; La Double Inconstance ; Les Serments indiscrets ; Les Fausses confidences ; Arlequin poli par l'amour ; la Vie de Marianne... Paris, Arc-en-ciel, 1952. Six volumes in-8, illustrés de gravures sur cuivre de Paul-Emile BECAT. Édition présentée en feuilles sous couverture rempliée, imprimée en rose et noir. Étuis et emboîtages vieux rose marbré façon demi-cuir, pièces de titre dorées. Exemplaire n° 1736 sur vélin de chiffon des papeteries du Marais tiré à 1899 sur 2000 exemplaires. La typographie est signée D. Viglino, les gravures sur cuivre ont été tirées par F. Nourisson sous la direction de l'artiste et enluminées au pochoir par les ateliers Renson Fils. Bel exemplaire. 180 € + port

samedi 19 mai 2012

Quelle est la valeur ajoutée du S.L.A.M pour un libraire d'ouvrages anciens ?


Je ne vous dirais pas qu'en me rasant le matin, je n'ai jamais pensé à rentrer au S.L.A.M ! (Syndicat de la librairie ancienne et moderne). Créé en 1914, il est l'une des plus anciennes associations de libraires de livres anciens au monde. Une de ses vocations est de faire connaître au public le monde du livre ancien. A cet égard, je me demande bien ce que vient faire le " M " dans le sigle…

Il est le seul représentant de la librairie ancienne en France. En dehors de ses actions pour la connaissance et la promotion du livre, comme le salon du Grand Palais à Paris, ses interventions débordent aussi vers les pouvoirs publics et les organismes privés. Je suis incapable de vous en dire plus sur ces interventions car je n'ai pas trouvé d'exemples sur le site. Le S.L.A.M regroupe près de 250 libraires, marchands d'autographes et d'estampes, dont la compétence et la probité sont attestées par des conditions d'admission difficiles*. Tous vous garantissent compétence et connaissance, authenticité des livres, manuscrits et autographes, honnêteté et professionnalisme, et de bons rapports commerciaux partout à travers le monde**.

Experts dans leurs domaines, ils assurent le maintien de la tradition bibliophilique et préparent la bibliophilie de demain. Ils sont le rouage essentiel de la connaissance et de la préservation du patrimoine. Ils vous conseillent dans vos achats ainsi que pour la valorisation ou la vente de votre bibliothèque. Leurs catalogues de vente sont également des outils bibliographiques précieux.

Je ne sais pas s’il existe un retour sur investissement quand un libraire fait partie du S.L.A.M ou si la cotisation vous fait rentrer dans une sorte de club-service, s’il existe un examen de passage, si les droits et les devoirs du professionnel sont jugés par ses pairs comme cela était le cas pour l’ordre des vétérinaires auquel j’appartenais, en fait !


Pour résumer, je voudrais savoir, si une demande d'admission me serait utile ou nécessaire pour progresser dans ce commerce***, car " assurer le maintien de la tradition bibliophilique, préparer la bibliophilie de demain, être le rouage de la préservation du patrimoine, conseiller, acheter une bibliothèque avec intégrité ou faire des catalogues " ne nécessitent pas d’appartenir au syndicat, en fait…


Je réalise que beaucoup de manifestations ne se font pas sous la haute autorité de ses membres et que les villages du livre n'ont pas de partenariat privilégié avec le syndicat. Quelle est donc la valeur ajoutée du S.L.A.M ? Cher lecteur, vous pouvez donc répondre à mes interrogations. Vous êtes peut-être membre, avez été membre, avez été accepté, avez refusé ou avez été écarté du S.L.A.M. Alors ? Il est évident que je pourrais téléphoner à la réceptionniste du syndicat pour connaitre le tarif de la cotisation mais j’ai peur que ce soit inélégant ;-)) Pierre

* Pourquoi difficile ? D’habitude, un syndicat cherche à étoffer le nombre de ses membres, non ?
** Et les autres, ils font quoi ?
*** En fait, et c’est tout à l’honneur du S.L.A.M, j’ai l’impression que l’adhésion est avant tout un adoubement et que l’aspect commercial n’est pas la priorité.

vendredi 18 mai 2012

La Touraine authentique par André Hallays et bien évidemment éditée par la Maison Mame...

La Touraine est une région située au cœur de la France ; à peu de choses près elle correspond au département de l'Indre et Loire. Tours en est le chef-lieu et son agglomération représente aujourd'hui plus de la moitié de la population de la Touraine. Elle est célèbre pour ses châteaux et ses vins et elle est souvent associée à la douceur de vivre. Là-bas, vivre est un art…


Bon ! De mon côté, j'ai voulu la visiter au début janvier de cette année, mais la Touraine est fermée à cette époque et je ne le savais pas ! Pas assez de tourisme et des châteaux bien trop onéreux à chauffer. Nous avons fait la tournée des "prisunic". C'était bien aussi mais rien ne vaut la Touraine authentique. C'est pourquoi je vous propose à la vente, aujourd'hui, un ouvrage qui vous permettra de visiter cette région sans avoir l'obligation d'y aller ;-))


Magnifique ouvrage ; une des dernières grandes productions de la Maison Mame ; cet imposant ouvrage est illustré de nombreux dessins de Michel Ranjard et de 28 hors-textes en héliogravure qui feront le bonheur du bibliophile.


L'âge d'or de la Touraine commença vers 1450, sous l'impulsion de Louis XI, dont la dynastie était originaire de Touraine. Il recentra le pouvoir sur Tours (plus précisément sur le château de Plessis-lès-Tours) et à Amboise, où il fit édifier un somptueux château. Sa Cour le suit alors, assurant la richesse de la région. La population de Tours passe alors à 20.000 habitants, la ville est une capitale en matière d'orfèvrerie et de tannerie.


Dans les 75 ans qui suivirent, de multiples châteaux sont édifiés dans les environs, à Chenonceau, Chambord, Villandry, Ussé pour ne citer que les plus connus. Léonard de Vinci s'installe vers la fin de sa vie au Clos Lucé, à Amboise, François Ier résidant au château à quelques centaines de mètres de là.


Le déclin commence cependant à partir de la mort de ce dernier. La dynastie des Médicis délaisse la région, lui préférant Paris. Seul Richelieu fit construire son palais à côté de la ville qu'il fit construire dans le sud du département et qui porte son nom. Ce palais, équivalent avant l'heure de Versailles irradiait la région de sa splendeur. Il fut cependant délaissé à la mort du cardinal en 1642, et démantelé à la Révolution française. Dommage…


Les XVIIes et XVIIIes siècles furent donc ceux de la stagnation, la population n'augmentant pas et la richesse étant centralisée sur Paris… La vigne commence cependant à être exploitée sur les coteaux de la Loire. La renaissance du département démarra à la fin du règne de Louis XV, qui décida de l'aménagement de grandes routes au départ de Paris. L'une d'elle, la route de Paris à Hendaye passe par Tours. Le percement de cet axe lance une réorganisation profonde de la ville, avec la construction d'une entrée monumentale et d'un grand pont en pierre de taille. La Révolution française fit assez peu de victimes en Touraine mais l'amputa d'une grande partie de son patrimoine. Nombre de châteaux appartenant à des nobles furent ainsi rachetés pour être démantelés pierre par pierre, les églises étant pillées et saccagées.


On ne peut, en fait, décrire cette région sans faire référence à la Loire qui baigne les rives de ce vert pays. La végétation s'explique d'ailleurs assez bien si l'on en croit la boutade de Victor Hugo : " Il pleuvait ; j'avais passé une nuit sans sommeil ; je ne sais si cela m'a mis de mauvaise humeur ; mais tout sur la Loire m'a paru froid, monotone, compassé et solennel…"

"Il pleuvait" : Que d'impressions de voyage peuvent être modifiées par les conditions météorologiques du moment. Non ! Décidément, on est bien mieux dans son cabinet de lecture ;-)) Pierre


HALLAYS (André). La Touraine. Dessins de Michel Ranjard. Tours, Alfred Mame et fils, 1930. 1 volume grand in-4°, broché à couverture rempliée et illustrée. 28 planches h.-t. en héliogravure et nombreux dessins dans le texte. (3) ff., 244 pp., (2) ff. Très bel état. 50 € + port