lundi 23 janvier 2012

Causerie du lundi de Philippe Gandillet : Proserpine. Opéra-ballet de Lully…

Je reviens d'un court voyage en enfers. Laissez-moi vous en décrire les lieux.

Devant la porte, la douleur et le chagrin ont établi leur demeure. C'est là qu'habitent les maladies, la triste vieillesse, la frayeur, la faim et la mort. On y trouve la guerre et la discorde, ayant pour chevelure des foulards tressés dans des fils ensanglantés. Près de cette entrée, un chemin conduit à l'enfer. C'est là qu'accourent, de toute part, les âmes qui doivent enjamber ce passage. Certaines ont eu les honneurs de la sépulture. Les autres pas, enlevées à leurs proches mais jamais retrouvées. Elles errent pendant des siècles pour passer le rivage car le règlement est intraitable là-dessus : Pas de corps, pas de crime…


Après avoir emprunté ce premier passage, une nouvelle porte sert d'entrée au palais du maître des lieux. Elle est gardée alternativement par trois monstres à une tête - chef d'état, dictateur ou élu plébiscité - dont l'un veille toujours. Jamais le flux ne s'arrête, jamais la porte ne se ferme.


Parvenu dans cette affreuse demeure, on trouve d'abord les âmes de ceux qui sont morts presqu'en naissant d'une honteuse maladie, ensuite les âmes de ceux qu'une injuste condamnation a privés du jour, et celles de ceux qui se sont eux-mêmes arrachés à la vie. Plus loin, on voit errer dans un parc, les amants que le désespoir a fait mourir. En sortant de ce bois, on trouve la demeure des guerriers morts les armes à la main. Près de là, le tribunal des vivants où une cours prononce le jugement mais n'applique jamais les sanctions. Cela n'est rien.


Un bruit horrible retient l'attention du nouveau venu dans cette prison éternelle où des torrents de flammes vous accueillent. Les marais infects et bourbeux des champs aurifères l'environnent de toute part. Trois enceintes de murailles et de fils de fer barbelés rendent ces lieux encore plus inaccessibles. Les coupables voudraient fuir mais sont rattrapés avant que de pouvoir s'échapper. On les force à avouer leurs crimes puis on les punit sans jamais les tuer car cela est proscrit en enfer. On dit que des remords horribles leur servent de fouet et que jamais un instant de repos ne leur est accordé.

Cet enfer là s'appelle le journal.


Ce quotidien du matin accompagne votre réveil. Il appartient à quelque grand groupe de presse qui vit de l'exploitation de cette mine inépuisable qu'est le malheur. Aux temps lointains, l'enfer était tenu par Pluton. Sa laideur et l'obscurité de son royaume l'ayant fait rebuter par toutes les déesses, il s'en plaignit à son frère Jupiter et obtint de lui la permission de se choisir une épouse. Il alla visiter la Sicile et rencontra Proserpine, fille de Cérès. Elle était d'une suprême beauté. Comme elle cueillait des fleurs, Pluton l'enleva. C'est pourquoi même en enfer, on peut apercevoir des anges…


L'histoire prétend qu'elle partage, depuis, sa vie par moitié entre la terre et l'enfer. Comme Pluton est le frère de Jupiter et Proserpine sa fille, on en déduit que Pluton est en couple avec sa nièce. Il y a aussi une presse pour cela...Un accord aurait été conclu avec celui-ci afin qu'elle puisse retourner avec sa famille certaines périodes de l’année. C'est ce que nous compte ici Jean-Baptiste Lully dans une tragédie en musique sur un livret de Philippe Quinault. Cet opéra-Ballet fut créé à Saint-Germain-en-Laye le 3 février 1680, puis à Paris le 16 novembre de la même année. Je vous propose ici une partition éditée en 1707 (seconde édition).

Votre dévoué Philippe Gandillet


LULLY (Jean-Baptiste de). Proserpine. Tragédie mise en Musique par feu Monsieur de Lully, Ecuyer, conseiller-secrétaire du Roy, Maison, Couronne de France & de ses finances, & sur-intendant de la musique de sa majesté. Seconde édition. Paris, Christophe Ballard. 1707. reliure plein veau in folio. Dos à 6 nerfs orné de motifs dorés, pièce de titre en maroquin cerise. [2ff], 426 pp. Reliure fatiguée, cahiers non détachés. Il manque la dernière page de l'ouvrage et un petit manque sur blanc à la page 15 . Vignettes et culs de lampe. Un ouvrage très peu fréquent à la vente passé par la salle des vente de Drouot (vignette ancienne). Idéal pour un chef d'Orchestre, un directeur d'Opéra, désirant présenter une œuvre originale aux mélomanes. Vendu

samedi 21 janvier 2012

Marcel Schwob : C'est fou ce que cet homme savait…

Descendant d'une famille de rabbins, Marcel Schwob (1867-1905) fut élevé par un oncle conservateur à la bibliothèque Mazarine. A onze ans, après une lecture enthousiaste des romans d'Edgar Poe dans la traduction de Baudelaire, il apprit l'anglais pour le "déguster dans son jus". C'est toute la différence entre des gens comme moi – comme vous peut-être - et des génies comme celui-ci.


Schwob raconta ses lectures de jeunesse : "Je m'éveillais la matin avant cinq heures pour tirer de leur cachette sous mon traversin les petits livres à cinq sous de la bibliothèque nationale. C'est là que j'ai lu Les paroles d'un croyant de Lamennais et l'Enfer de Dante". Que croyez-vous qu'il y avait sous mon oreiller au même âge ? Un Satanic que l'on se passait de copain à copain à l'internat, un club des cinq… et ce n'est pas aux matines que l'on pensait à le feuilleter ! Le destin des gens exceptionnels est inscrit dès leur naissance. Le destin des autres aussi…


Au lycée Louis le Grand, le jeune homme écrivit un essai sur Jules Verne - Ayant échoué à L'école normale supérieure, il se rabattit sur la Sorbonne où il obtint une licence de lettres - Alfred Jarry lui dédia Ubu Roi et Paul Valéry Introduction à la méthode de Léonard de Vinci - Il était l'ami de Colette, de Jules Renard et de Paul Léautaud. Alors comment, me direz-vous, un homme aussi brillant depuis sa prime jeunesse, reconnu par ses pairs a-t-il pu être oublié de la mémoire des gens aussi peu exceptionnels que moi – que vous peut-être - en si peu de temps ?


Peut-être parce que l'existence matérielle de Marcel Schwob n'était pas exceptionnelle, contrairement à la mienne – à la vôtre peut-être !


Il vivait dans un petit appartement entre ses chiens, un écureuil et un loir. Son épouse, Margueritte Moreno (quand même !) le trompait avec son employeur (Catulle Mendes) et André Gide disait de lui qu'il était flasque. Comment voulez-vous, dans ces conditions, paraître aux yeux du monde ? Il mourut donc jeune... Paul Léautaud déposa une branche de Lilas blanc sur sa poitrine avant de fermer son cercueil. On l'entendit murmurer : " C'est vrai qu'il était unique. On était émerveillé par le monde de ses connaissances. Ce que cet homme savait de choses est inimaginable ! "


Je vous propose, pour découvrir ce génie oublié, deux ouvrages dans de très belles éditions éditées chez Georges Crès. Vies imaginaires est un florilège de biographies insignifiantes et Le roi au masque d'or un roman de jeunesse de l'auteur. Les deux exemplaires sont numérotés. Le premier sur beau papier, le deuxième sur grand papier. Exceptionnel, donc ! Pierre


SCHWOB (Marcel). Vies imaginaires. Georges Crès éditeur, Paris, 1921. Frontispice gravé sur bois par jean Lebedeff. Format in 8. [3ff dont titre et front], XIII, 240pp. Exemplaire sur vélin de Rive N° 1386. Papier cristal d'origine. Excellent état. Bel Ex-libris.30 € + port

SCHWOB (Marcel). Le roi au masque d'or. Georges Crès éditeur, Paris, 1920. Frontispice représentant l'auteur. Format in 8. [4ff dont titre et front], 280pp, [1f]. Exemplaire grand papier sur vergé pur fil des papeteries Lafuma N° 72 sur 110. Papier cristal d'origine. Excellent état. 45 € + port

vendredi 20 janvier 2012

Un livre japonais entièrement illustré en couleurs ou peut-on en bibliophilie aimer ce que l'on ne comprend pas ?

Je n'ai pas honte de dire, comme Bertrand du Bibliomane moderne, que pour moi, le japonais, c'est du chinois !


Alors, quand je fais l'acquisition d'un ouvrage dans la langue de Bruce Lee, c'est que je sens que l'ouvrage a un intérêt bien supérieur à son aspect. Celui-ci m'a plu par la qualité de son papier (ou son manque de qualité), son format élégant, la finesse de ses illustrations et l'intuition que ce livre datait du début ou du milieu du XIXeme siècle. Une simple sensation… Non étayée, évidemment !


Il s'agit d'un papier "Japon" sur trame, dans lequel semble incorporé des fibres végétales (riz ?). Peut-être pas un papier de grande qualité car assez grossier. Si ce n'était le soin apporté aux illustrations, je dirais même que c'est un ouvrage populaire [il faut relativiser la formule : combien de japonais comprenaient le japonais à cette époque ?].


Il semble avoir été cousu de façon assez simple, par ailleurs : Les feuilles pliées en deux sont rapprochées par leur bord latéral et cousues entre elles dans un ordre indiqué par une mention en milieu de feuille qui se retrouve au bord médial. Il ne faut surtout pas utiliser de coupe-papier car vous auriez alors un livre avec un seul côté des feuillets, imprimé. Suis-je clair ?


Je rappelle que la page de titre est à droite et que le livre se lit de droite à gauche. La mention de l'éditeur, du titre, de l'année… (etc) doit donc se trouver en avant dernière page et la dernière garde ressemble à nos couvertures en papiers imprimé du milieu du XIXeme siècle. Deux feuillets vierges sont interposés entre la fin du livre et le quatrième de couverture. Ils sont de qualité moindre que les feuilles imprimées et on retrouve la technique utilisée pour fabriquer le papier.


Les illustrations sont faites au pochoir et rappellent, par certains aspects, nos chromolithographies. La première page de couverture est particulièrement bien colorée. Les visages sont délicats, les costumes magnifiques et les décors d'une grande finesse. Il n'est pas toujours aisé de déterminer le sexe des personnages qui ont les mêmes traits. Comme chez nous, la femme porte le balai et le plateau de thé alors que l'homme a un sabre. Cela aide…


J'ai noté de grandes similitudes entre les postures. Il n'est pas impossible que les mêmes personnages soient reproduits dans les mêmes positions avec des accessoires différents et des couleurs de costume différentes.


Il semble que nous ayons à faire à une idylle entre un samouraï et une jeune femme… pas de bagarre, pas de sang versé, pas de sexe. Il ne s'agit peut-être pas d'un manga. Ou bien alors, c'est un manga soft !


Je ne refuserais pas un petit coup de main pour présenter une notice acceptable sur cet ouvrage, vous l'avez bien compris. L'estimation ? Je patauge encore plus. Je ferai ça de façon très méthodique, comme d'habitude ;-)) Pierre


Jérome et Benoît me livrent quelques renseignements concernant l'ouvrage présenté sur le lien:

Il s'agit vraisemblablement d'un roman populaire illustré, dans le genre des kusa-zôshi. Ces oeuvres étaient très en vogue au Japon dans les milieux populaires et bourgeois de la période d'Edo et surtout du début à la fin du 18ème siècle. Le principe est le suivant: Les illustrations couvrent la plus grande partie de la surface, et le texte rédigé en syllabaire hiragana (ie. le système d'écriture le plus basique) est placé dans les marges ou insérés dans les illustrations. La plupart des fascicules se composent de cinq demi-feuilles pliées en deux. La lecture facile des ouvrages et le ton souvent léger leur a permis de connaître un grand succès dans les milieux populaires des grandes villes.

En ce qui concerne le titre de l'oeuvre; il s'agirait a priori (d'une adaptation) de Inaka Genji, une célèbre pièce de Kabuki (ie. le théatre populaire de la période) composée par Sakurada Jisuke III (1802-1877) et jouée pour la première fois au célèbre théatre Ichimura-za d'Edo (ie. Tokyo) en 1851, mais cela reste à vérifier vu que le titre figurant sur la couverture ne correspond pas exactement à celui de l'oeuvre originale.

Pour réagir enfin aux commentaires de l'auteur du lien, le papier japonais sur lequel l'ouvrage est imprimé est bel et bien composé de fibres végétales, mais il ne s'agit pas de riz mais plus vraisemblablement de mûrier (comme le papier des estampes). Ce papier est d'assez mauvaise qualité comme la plupart des romans de l'époque: Le livre est un bien de consommation au Japon (c'est encore le cas aujourd'hui) et non pas un objet d'art comme en Occident: On lit et on jette, ou le plus souvent on emprunte ou achète d'occasion.

Il s'agit enfin d'un ouvrage populaire, et il n'est pas forcément nécessaire de relativiser puisque la majorité des Japonais des villes savaient lire à cette époque; le système éducatif était déjà bien développé et le taux d'alphabétisation dépassait certainement celui des pays d'Europe.

Ces infos sont à prendre avec précaution, il reste délicat d'identifier un bouquin sans l'avoir entre les mains,

jeudi 19 janvier 2012

Compagnie Renaud & Barrault : Qui veut un programme ?

C'est après le passage par la Comédie-Française que les deux artistes quittent en même temps, en 1946, que commence la véritable aventure de la compagnie : La Compagnie Renaud-Barrault naît et s'installe dans son premier théâtre, le théâtre Marigny (où elle restera jusqu'en 1956). Parmi les fidèles comédiens de la Compagnie, citons Pierre Bertin (qui vient de quitter lui aussi la Comédie-Française), Simone Valère, Jean Dessailly, Marie-Hélène Dasté, Jean-Pierre Granval...


Le couple installera sa compagnie successivement dans pas moins de huit théâtres dont des lieux qui à l'origine n'avaient pas forcément cet emploi, comme l'Elysée Montmartre ou la Gare d'Orsay. Le dernier en date sera le théâtre du Rond-Point, de 1981 à 1991.


Dans ses Réflexions sur le théâtre, Jean-Louis Barrault parle de la compagnie comme d'un groupe animé par un esprit de communion, dont la devise pourrait être : "Sur l'homme, par l'homme, pour l'homme". C'est du moins la mission que Barrault a toujours tenté de réaliser. Au sein de la compagnie, Barrault s'attache à mettre en scène une grande quantité de textes "neufs" ; il disait lui-même que son but était de monter "50% d'auteurs nouveaux, 25% de recréation d'auteurs contemporains, 25% de classiques". Il a ainsi aidé à la reconnaissance d'auteurs comme Jean Anouilh, Georges Schéhadé, Jean Vauthier, Jean Genet, Nathalie Sarraute, Marguerite Duras, Samuel Beckett, Eugène Ionesco ou François Billetdoux. Et bien sûr Claudel.


Parallèlement, les deux comédiens se sont illustrés au cinéma, même si leur carrière a manifestement toujours été placée en priorité sous le signe du théâtre. Jean-Louis Barrault, au cinéma, est surtout associé aux noms de Marcel Carné (Jenny, Drôle de drame et Les Enfants du paradis), Marc Allégret (Sous les yeux d'Occident ...), Christian Jaque (La Symphonie fantastique...) ou Renoir (Le Testament du docteur Cordelier). Madeleine Renaud a essentiellement joué dans les films de Jean Grémillon (L'Etrange Monsieur Victor, Remorques, Lumière d'été, Le Ciel est à vous).


A travers leur expérience de comédiens et de compagnons de route importants du théâtre du XXe siècle, Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault resteront indissociablement liés dans l'esprit des amoureux du théâtre.


Je vous propose ici quelques cahiers de leur revue éditée par Julliard. Ils sont présentés, comme au théâtre, avec le programme des pièces mises en scène, illustré de nombreux clichés photographiques des acteurs qui ont fait la gloire du théâtre et du cinéma ensuite. Des documents forts agréables à feuilleter, à l'entracte évidemment… Pierre


RENAUD & BARRAULT. Cahiers De La Compagnie Madeleine Renaud. Anton Tchekov et la cerisaie. Editions Julliard. 1954. Broché, in-8. 126pp. Couverture illustrée en couleurs + fascicule papier glacé constitué de photos et de publicités en noir et blanc avec la distribution de la pièce : La Cerisaie. Le tout est relié dans une jaquette blanche gaufrée nouée avec un ruban avec un titre, une gravure et au dos la publicité de Marcel Rochas parfumeur. Mouillure claire sur la jaquette. Vendu

RENAUD & BARRAULT. Cahiers De La Compagnie Madeleine Renaud. L'âge d'or espagnol. Editions Julliard. 1955. Broché, in-8. 126pp. Couverture illustrée en couleurs + fascicule papier glacé constitué de photos et de publicités en noir et blanc avec la distribution des pièces : Le chien du jardinier et Les suites d'une course. Le tout est relié dans une jaquette blanche gaufrée nouée avec un ruban avec un titre, une gravure et au dos la publicité de Marcel Rochas parfumeur. Mouillure claire sur la jaquette. 14 € + port


RENAUD & BARRAULT. Cahiers De La Compagnie Madeleine Renaud. Répertoire et voyages. Editions Julliard. 1954. Broché, in-8. 126pp. Couverture illustrée en couleurs + fascicule papier glacé constitué de photos et de publicités en noir et blanc avec la distribution de la pièce : Le misanthrope de Molière. Le tout est relié dans une jaquette blanche gaufrée nouée avec un ruban avec un titre, une gravure et au dos la publicité de Marcel Rochas parfumeur. Mouillure claire sur la jaquette. Vendu

RENAUD & BARRAULT. Cahiers De La Compagnie Madeleine Renaud. Répertoire et voyages **. Editions Julliard. 1955. Broché, in-8. 126pp. Couverture illustrée en couleurs + fascicule papier glacé constitué de photos et de publicités en noir et blanc avec la distribution de la pièce : Volpone de Jules Romains. Le tout est relié dans une jaquette blanche gaufrée nouée avec un ruban avec un titre, une gravure et au dos la publicité de Marcel Rochas parfumeur. Mouillure claire sur la jaquette. 14 € + port


RENAUD & BARRAULT. Cahiers De La Compagnie Madeleine Renaud. Eschyle et l'Orestie. Editions Julliard. 1955. Broché, in-8. 126pp. Couverture illustrée en couleurs + fascicule papier glacé constitué de photos et de publicités en noir et blanc avec la distribution des pièces : L'Orestie. Le tout est relié dans une jaquette blanche gaufrée nouée avec un ruban avec un titre, une gravure et au dos la publicité de Marcel Rochas parfumeur. Mouillure claire sur la jaquette. 14 € + port

RENAUD & BARRAULT. Peter Ustinov. Romanof et Juliette. Editions Flammarion. 1957. Broché, in-8. 154pp. Couverture illustrée en couleurs + fascicule papier glacé constitué de photos et de publicités en noir et blanc avec la distribution de la pièce : Romanof et Juliette. Le tout est relié dans une jaquette blanche gaufrée avec un titre, une gravure et au dos la publicité de Marcel Rochas parfumeur. 14 € + port

mercredi 18 janvier 2012

L'équitation actuelle (1920) et ses principes par Gustave Le Bon...

Si vous passez par Saumur en plein hiver, vous constaterez, un peu dépité, que les monuments de la ville et les différents châteaux longeant la Loire sont fermés au public. Allez donc chauffer de pareils bâtiments pour quelques touristes prenant leur vacances à contre-temps ! C'est inenvisageable. J'ai, malgré tout, eu une bonne surprise en m'arrêtant à Saumur où j'ai fait une très intéressante visite du musée de la cavalerie qui vaut le détour à lui tout seul.


Un accueil impeccable, des pièces spacieuses, du très bon matériel en présentation, des explications claires et concises, des vitrines propres et éclairées : parfait ! Et, inattendu, une entrée gratuite !


Le musée s'articule sur deux parties qui présentent les collections détenues par l'école de Saumur depuis le XVIIIeme siècle. Il fait découvrir l'évolution de la cavalerie à cheval puis de la cavalerie blindée à travers ses riches pages d'histoire. Vous vous doutez bien que la période Napoléonienne est traitée en détail… Une troisième partie est consacrée à un centre de documentation pour les chercheurs et permet l'accès à plus de 18.000 ouvrages, uniques au monde pour certains. J'étais en vacances, donc… je sais simplement qu'ils existent !


Cela m'a donné envie de me mettre en quête d'ouvrages sur les chevaux et sur ceux qui les montent… Après tout, c'est un domaine où j'ai quelques compétences.


Voici le premier livre que je vous propose à la vente. Il s'agit d'un traité d'équitation du début du XXeme siècle, présenté par Gustave Le Bon. Il nous fait bénéficier des progrès du cinématographe mis au service de la démonstration de l'art équestre. Il y a heureusement des gravures que je préfère aux clichés d'autant que notre cavalier instructeur porte une barbe ridicule…


Si l'homme possède une intelligence infiniment supérieure à celle du cheval, il n'en doit pas moins faire appel à cette dernière s'il veut être obéi. C'est tout l'art du dressage. Cette notion a d'ailleurs été judicieusement représentée avec l'approche mythologique du Centaure, créature mi-homme mi-cheval, doué de la vélocité du cheval et de l'intelligence du cavalier. Imagineriez-vous l'inverse ? Pierre


LE BON (Gustave). L'équitation actuelle et ses principes. Recherches expérimentales. Ernest Flammarion, 1922. Format in-8, broché. XVI- 406 pp. 57 figures dans le texte et 25 planches de 178 photographies cinématographiques hors-texte. Cinquième édition entièrement refondue, précédée d'une préface par le Colonel Blacque Belair, écuyer en chef de l'Ecole de Cavalerie de Saumur. Examen critique des méthodes d'équitation militaire adoptées dans diverses contrées - Les allures du cheval - L'équilibre du cheval - Le dressage - Le maniement du cheval - Le dressage du cavalier… Bon état général. Couverture un peu jaunie. Vendu

mardi 17 janvier 2012

Traité de Pâtisserie moderne par Darenne et Duval.

La pâtisserie est un art éminemment français qui fait partie de l'art culinaire dont notre pays tire de larges bénéfices. N'est-ce pas cette source féconde, pépinière de tant de talents, que l'on paye à prix d'or à l'étranger et qui permet de redresser l'équilibre budgétaire de la France ?


L'ouvrage que je vous propose aujourd’hui, référence des pâtissiers, et édité pour la première fois en 1920 par Darenne et Duval (les deux Émile) nous informe que la profession exige dans la plupart des maisons de commerce, la connaissance de la cuisine qui est dans les attributions du pâtissier-traiteur. C'est pourquoi il présente notamment le service des hors d'œuvre et entrées chaudes, les garnitures de timbales, vols au vent, croustades, etc… et le service des plats chauds ou froids détachés pour la ville.


Sont de même joint au recueil de recettes, des indications sur leur devis qui faciliteront l’élaboration des menus pour les diners, bals ou soirées et permettront au pâtissier d’établir son prix le plus rapidement possible ; conversion en euro du jour mise à part, évidemment.


Dans un autre chapitre les auteurs ont également étudié les divers produits employés en pâtisserie et cuisine, en ont indiqué la provenance, la préparation et les propriétés.


Cet ouvrage est une mine d’informations. Les bibliophiles s’intéresseront particulièrement à l’évocation de l’histoire ancienne de la pâtisserie (pâtisserie de viande et de graisse), des oublayeurs et des mille spécialités qui émaillaient la vie au fil des saisons et des évènements familiaux par le passé.


Vous trouverez dans cet ouvrage un très intéressant vocabulaire et un index de tous les produits utilisés. Sont décrites les recettes des brioches sucrées, des pates feuilletées, des gâteaux de voyage, de la pâte d’amandes fondante, des tourtes aux fruits, des entremets financiers au kirsch et vanille, des crêpes suzette, des charlottes princesse, des crèmes renversées au caramel, du vacherin et des beignets à la dauphine, des cornets à la crème et autres darioles, des éclairs, fanchonnettes et gaufres à la flamande, du blidah, des boules russes, d’ernestines et de mandarinettes, des macarons et autres merveilles, des petits fours, des nougats, des marrons glacés, des confitures et gelées, des glaces, sorbets et punch chauds au lait, du café glacé, des sauces colbert, et les cuissons des crêtes de coq, moules ou cervelles qui entrent dans la composition des pâtés… Les consommés et potages sont abordés en ce qu’ils accompagnent les bouchées de homard à l’américaine, les crevettes et autres amusements utiles à la mise en bouche. Les brochettes et les filets de soles traitées par le menu, si l’on peut dire…car elles remplissent les vols au vent, les tourtes, timballes et croustades qui sont préparées pour le client. Les pâtés et coquilles de poissons froids n’auront plus de secret pour vous, les poulardes à la néva, les poulets à la Montesquieu et pigeons aux petits pois, les salmis de bécasses, les filets de bœuf Argenteuil, les tournedos à la Cavour, les cêpes provençales et salades russes égailleront vos papilles gustatives comme les galettes normandes, les sablés vendéens ou autres langues de chat que l’on sert quand l’appétit rend l’âme…


Donc, un ouvrage à conseiller à tous ceux qui ayant perdu des kilos avec le régime Ducan cherchent une méthode élégante et agréable pour les retrouver : La méthode Darenne et Duval !


DARENNE (Emile); DUVAL (Emile). Traité de Pâtisserie moderne. Guide du pâtissier traiteur renfermant les procédés les plus récents pour le travail de la pâtisserie fine et ordinaire, des petits fours, desserts, glaces, cuisine pour la ville et de la pâtisserie industrielle. Darenne et Duval , éditeur, 1920. Quatrième édition revue et considérablement augmentée. Format In8. Reliure demi toile verte foncée. XII, 764pp. Préface de la deuxième édition. Ouvrage orné de 180 gravures dans le texte et hors texte. Pages un peu jaunies. Quelques tâches de pâtisseries et rousseurs… Très bon état général. Vendu