
Henri IV, c'est une légende !
Cette appréciation péremptoire, que l'on s'attend à être énoncée par un enfant puise son origine dans l'image d'Epinal qui lui colle à la peau. Le panache, le cheval blanc et la poule au pot… En fait, Henri IV n'est pas une légende mais l'admiration pour ce Roi n'a point décru avec notre histoire républicaine. Elle a traversé les siècles et nous avons encore pour le bon Roi Henri les yeux de ses sujets…

Auguste Poirson, ancien proviseur des lycées Saint-Louis et Charlemagne, conseiller honoraire de l'Université de Paris nous livra en 1856 un ouvrage qui est aujourd'hui une référence bibliographique sur Henri IV. Je vous le propose à la vente, aujourd'hui, dans sa troisième édition couverte d'une reliure qui ne déparera pas dans votre bibliothèque et pour un prix qui vous rappellera les soldes !
Il n'est jamais trop tard pour parler d'un livre excellent, destiné à durer et à devenir la base de toute étude ultérieure sur l'une des plus grandes et des plus fécondes époques de notre histoire ; d'autant que ces sortes d'ouvrages, qui se recommandent surtout par leur solidité, ne sont pas de ceux qu'on peut apprécier de prime abord à leur vraie valeur. Composés avec la lenteur calculée de la patience, de la méthode, de la justice, ils imposent à la critique les mêmes devoirs et c'est en toute légitimité qu'une décision de l'Académie française a décerné à M. Poiršon la plus haute de ses récompenses, Le Prix Gobert en 1857 et 1858.

Il faut le mentionner : Toute la chronique scandaleuse, toute la partie anecdotique et pittoresque du règne d'Henri IV manque dans ce livre. Les maîtresses et les courtisans du grand Roi n'y jouent pas le principal rôle mais il l'a voulu et entendu ainsi. Est-il donc nécessaire que l'Histoire soit si amusante? Son but est autre, et sa mission autrement élevée que d'enregistrer toutes les calomnies, toutes les indiscrétions, tous les cancans de la cour et de la ville. L'historien est un juge qui ne peut pas partager les passions des témoins qu'il écoute, et qui doit le respect même à ses victimes, à plus forte raison à ses héros.

Au fond, c'est bien la méthode historique de Voltaire qui fait référence ici et on peut penser que le Siècle de Louis XIV a été l'unique modèle de l'Histoire du règne de Henri IV. A côté de cette profession de foi littéraire, M. Poirson, dans sa Préface a placé une profession de foi religieuse, politique et morale, dont la netteté permettent de lui appliquer sans flatterie ce qu'il dit quelque part de l'historien « l'excellence de son livre tient à celle de ses principes » Il a le courage de ses convictions, sans restriction ni équivoque. Il flétrit l'avidité insatiable et l'impitoyable politique de Philippe II, la faiblesse des Papes, l'ambition cauteleuse des Lorrains et l'hypocrisie des chefs ligueurs vendus, sous couleur de religion, à l'Espagne.

Il rappelle l'œuvre personnelle de Sully qui, du reste, n'a pas toujours réussi à entraîner l'admirable bon sens du roi. L'érudition et la critique de M. Poirson, en corrigeant mille erreurs de détail universellement admises, en tirant de l'oubli mille faits d'une importance véritable, en reprenant toutes les questions à leur naissance, en remontant à la source même, et à la pensée créatrice de tous ces grands établissements et de ces héroïques entreprises, ont renouvelé la face d'un règne et d'une époque que chacun de nous s'imaginait connaître...
Tardieu pour le fond, Pierre pour la forme.

POIRSON (Auguste) Histoire du règne de Henri IV. Paris, Didier et Cie, 1865-66. 4 volumes in-12, LII+672, 676, 811, 665 pages. Reliure demi percaline verte, dos lisse à lettres dorées. Ouvrage auquel l'Académie française a décerné le grand prix Gobert en 1857 et 1858. 3eme édition. Bel état.Vendu
































