samedi 12 juillet 2014

Le visage de La France lointaine en 1930. Reliure Art-déco...


« Le Français a la vocation coloniale. Les échecs passagers du XVlllème siècle avaient fait oublier deux siècles d'entreprise et de réussite. En vain, depuis cent ans, nous avions retrouvé la tradition, remporté des succès magnifiques et ininterrompus : Algérie, Indochine, Tunisie, Madagascar, Afrique occidentale, Congo, Maroc. Malgré tout, le préjugé subsistait : le Français, répétait-on, n'est pas colonial. Il a fallu l'exposition coloniale de 1931et son triomphe inouï pour dissiper les nuées. Aujourd'hui la conscience coloniale est en pleine ascension.


Des millions et des millions de Français ont visité les splendeurs de Vincennes. Nos colonies ne sont plus pour eux des noms mal connus, dont on a surchargé leur mémoire d'écoliers. Ils en savent la grandeur, la beauté, les ressources : ils les ont vues vivre sous leurs yeux. Chacun d'eux se sent citoyen de la grande France, celle des cinq parties du monde.


Est-il vrai que nous célébrions aujourd'hui une apothéose qui soit proche d'une décadence ? Jamais, chez nous, l'élan de la pensée et son jaillissement n'ont été plus puissants qu'aujourd'hui. A cette minute, grâce au poste de Pontoise, inauguré hier, le son de la voix que vous entendez est écouté à Nouméa, à Hanoï, à Dakar, à Fort-de-France. Notre emprise sur le monde se resserre chaque jour.


Notre idéal est tellement vivant que ce sont les idées d'Europe qui donnent aujourd'hui la fièvre en Asie. Beaucoup pensaient qu'étendre la puissance française dans le monde, c'était la diluer, l'affaiblir, la rendre moins apte à conjurer un péril toujours menaçant. Mais, aux jours tragiques, les colonies vinrent se placer aux côtés de la Mère patrie et l'union de notre Empire se fit à l'épreuve de la douleur du sang. » Paul Reynaud - ministre des Colonies en 1931.


« Pour nous, l'unité de l'empire français ne saurait être remise en cause. Il serait triste qu'après avoir recommandé la collaboration économique internationale, nous ne soyons pas capables de réaliser une adaptation d'ordre intérieur et c'est pourquoi, là encore, il faudrait répartir les tâches en poussant, par exemple, les colonies vers des cultures de complément que la métropole ne produit pas (telles que les blés de force et de gluten, primeurs d'hiver, vin de liqueur, arachides ...), vers des cultures vivrières à consommer sur place par les indigènes (maïs, mil, sorgho, aliviers, dattiers, fruits, riz, etc.) et vers la recherche de matières premières qu'elles peuvent utilement fournir comme l'huile végétale, le pétrole, le charbon, etc.


(...) Jusqu'ici, la métropole s'est arrogé le droit de venir vendre cher et d'acheter bon marché à ses colonies qu'elle traite en vassale. (...) Politique à courte vue, car l'attitude inverse aurait pour résultat de faire des indigènes de meilleurs clients ; on peut, en effet, valoriser la clientèle coloniale : 30 à 35 millions d'Africains, 10 millions d'Annamites, nous achèterons peut-être un jour par dizaines de milliards de francs nos marchandises ; mais il faut, pour cela, que nous leur prenions à sa valeur véritable une production équivalente. 


Est-ce possible ? L'indigène africain, par exemple, peut-il vraiment s'élever ? L'expérience américaine nous permet de répondre affirmativement. Trois millions d'esclaves noirs, importés d'Afrique, de 1620 à 1845, sont devenus aux Etats-Unis aujourd'hui 12 millions d'individus exploitant 43 millions d'acres et possédant une richesse voisine de 25 milliards de francs. La nourriture abondante, le travail méthodique, une hygiène suffisante ont fait ce miracle. Nous pouvons le renouveler en Afrique si nous savons voir de haut et consentir au début les quelques sacrifices que cette grande besogne comporte. » Pierre Mendès France et l'empire colonial en 1934


80 ans après, il n'existe plus de colonies françaises et seules les anciennes générations connaissent encore les déchirements qui ont accompagné cette évolution. Le bilan a-t-il été globalement positif ?  La formule est tendancieuse. On ne peut, cependant, occulter un pan entier de notre histoire de France… Pierre


COLLECTIF. Le visage de la France. La France lointaine. Paris, Horizons de France, 1930. Un volume in folio, (26 x 32 cm), 407 pp. Reliure plein cuir, dos chagrin havane, plats en basane havane estampée polychrome, dos lisse illustré, titre en lettres dorées, gardes colorées, toutes couvertures conservées et rassemblées en fin d'ouvrage. Préface par le Général Gouraud. Table des matières : L'Afrique Noire (par Georges Hardy, P. Bourdarie, Jean d'Esme, Léon Truitard) - Colonies d'Asie (par Charles Robequain, M. Martineau) - Les Îles (par Pierre Mille, G. Mareschal de Bièvre, Henriette Célarié, Marc Le Goupils, Jean Dorsenne, F. Méalin). Très nombreuses reproductions photographiques en noir et sépia. 6 couvertures illustrées en couleurs sont reliées en fin de volume. Exemplaire en très bon état. Belle reliure. Vendu

vendredi 11 juillet 2014

Vanierii Jacobi Praedium rusticum ou le domaine campagnard de Jacques Vanière selon Google translate...


Le " Praedium rusticum " est un poème en XVI  livres où l'auteur, Jacques Vanière, chante les travaux et les plaisirs de la campagne… en latin. Publié pour la première fois à Paris 1682, je vous propose, ici, l'avant dernière édition publiée en 1817. Bien audacieux serait, aujourd'hui, l'éditeur qui oserait proposer un tel ouvrage, dans la langue de Caius Iulius Caesar. Le sujet fait, d'ailleurs, toujours polémique, même chez les écologistes du quartier du Marais, à Paris : La formation de l'agriculteur…


Il est loin le temps où le paysan était un pauvre hère dépourvu d'instruction. Il doit savoir utiliser, à notre époque, tous les perfectionnements techniques, génétiques et informatiques qui sont à sa disposition. Quare, sicut dixi, docendus, et a pueritia rusticis operibus edurandus, multisque prius experimentis inspiciendus erit futurus vlilicus : nec solum an perdidicerit disciplinam ruris, sed an etiam domino fidem ac benivolentiam exhibeat, sine quibus nihil prodest villici summa scientia. Potissimum est autem in eo magisterio scire, et existimare, quale officium et qualis labor sit cuique iniungendus : nam nec valentissimus possit exsequi, quod imperatur, si nesciat, quid agat; nec peritissimus, si sit invalidus.


Mais, direz-vous, qui formera un métayer, s'il n'y a point de professeurs ? Et ego intellego, difficillimum esse ab uno velut auctore cuncta rusticationis consequi praecepta ; verumtamen ut universae disciplinae vix aliquem consultum, sic plurimos partium eius invenias magistros, per quos efficere queas perfectum vilicum.


Il y a, en effet, de bons laboureurs, d'excellents cultivateurs ou faucheurs, aussi bien que des personnes qui savent soigner les arbres et la vigne, des vétérinaires et des pâtres accomplis, qui singuli rationem scientiae suae desideranti non subtrahant.


L'ouvrage que je propose aujourd'hui à la vente a ceci de remarquable qu'il est orné, au centre des plats, des Armes de la ville de Paris. Un exemplaire de prix, vraisemblablement, pour récompenser un étudiant qui aura fait, à la restauration, sa carrière en ville… Pierre
  
VANIERE Jacques. Vanierii Jacobi Praedium rusticum. Nova editio caeteris emendatior, cum indice locupletiori. Accedit vita autoris. Quae omnia accuratissime recensuimus. Parisiis, ex typis Augusti Delalain bibliopolae, 1817. Un volume in-12. Reliure plein veau écaillé, encadrement des plats par un triple filet doré, dos lisse,  pièce de titre en maroquin cerise, caisson fleuronnés, filets sur les coupes, roulette en encadrement du contre-plat, toutes tranches dorées, gardes colorées. Reliure moderne à l'imitation des reliure Louis XVI. [1f frontispice],  xxxiv, -446pp. Frontispice sur cuivre gravé par De Longueil d'après Gravelot. Signes discrets de restauration. Bel état. 85 € + port 

jeudi 10 juillet 2014

Les dépliants publicitaires de la librairie sont arrivés !


Pour vendre, il faut se faire connaître. Pour se faire connaître, il faut se rendre visible !

Le blog a ceci de bien qu'il m'a permis de toucher des clients lointains. Il fallait me faire connaitre à domicile… Pour cela, j'avais fait imprimer des cartes classiques. Pratiques, mais sans grandes indications sur l'orientation et la situation de la boutique !


Je suis donc passé au diptyque publicitaire que je pourrai glisser entre deux feuillets de livres ou placer dans les présentoirs de l'office de tourisme, des hôtels et des stations de métro de Tarascon…


Les retombées de la publicité ne sont généralement pas immédiatement mesurables, à cause de l’absence d’interaction avec le vendeur. Cependant je savais que, le message publicitaire étant déterminant, la rédaction et la disposition du contenu du diptyque devaient être particulièrement soignés pour susciter l’intérêt ou créer l'envie d’en savoir plus.


Mais provoquer le désir de découvrir ma librairie ne suffit pas, je le sais. Il me faudra toujours proposer de bons livres… Pierre

mercredi 9 juillet 2014

Editions Zodiaque ; clé de voute d'une belle bibliothèque...


Ma première approche de la bibliophilie (je ne connaissais pas encore le terme) se fit à l'occasion de la visite de la bibliothèque d'un bouquiniste. Je rentrai dans son salon estampillé années 1980 – canapé aubergine plus profond que confortable, vaste bibliothèque en pin parfaitement rectangulaire aux vitres coulissantes, centrée sur une télévision au tube cathodique envahissant – et je le vis arborer un fier sourire en me montrant ses rayonnages couverts de livres identiques : " Collection du zodiaque… il ne m'en manque que trois ! ". C'est ainsi que j'appris que le bibliophile est un individu, à la fois, frustré et heureux de l'être…


Selon le site des amateurs des ouvrages de la collection Zodiaque, le choix de ce titre est venu par un désir de revenir "à une vraie notion de temps basée sur les lois de la nature : à une vie normale, inscrite dans le déroulement, voulu par Dieu, du monde des choses." 


C'est aussi pour trois raisons : D'une part le zodiaque, encore visible au tympan de nombreuses églises pose d'une façon criante l'origine et le mystère de l'art du moyen-âge. Pourquoi ces zodiaques aux portails des églises ? Le fait que cette question reste pour nous presque sans réponse suffit à montrer que nous avons encore beaucoup à apprendre pour pénétrer, dans leur réelle intelligence, les œuvres médiévales.


Ensuite nous y voyons un symbole. Le zodiaque était d'origine païenne. Que le christianisme n'ait point hésité à le faire sien, à greffer sur son ancien symbolisme, un symbolisme nouveau, nous voulions relever en cela un programme. Dans l'art de notre temps, nous ne rêvions pas moins que de "saisir tout ce qui pouvait paraître convertible en art chrétien légitime, quitte à repenser d'une façon nouvelle les éléments dont nous chercherions de la sorte à tirer parti, et à indiquer avec franchise les aspects que nous jugerions chrétiennement inadmissibles ou nocifs"


Enfin parler de zodiaque, c'était parler du temps : du temps naturel, de celui que mesure le mouvement des planètes dans la sphère céleste. Cette question de temps nous paraissait l'une des plus cruciales de l'époque. L'accélération constante du progrès nous semblait un risque majeur. "En prônant le zodiaque, disions-nous, nous réclamons le retour à une vraie notion de temps basée sur les lois de la nature : à une vie normale, inscrite dans le déroulement, voulu par Dieu, du monde des choses." Nous pensions bien laisser entendre que l'art ne nous intéressait que dans la mesure où il débouchait sur l'humaine aventure, la révélant mieux que tout autre indice, l'engageant aussi. "On n'atteint la beauté que dans l'amour, et l'amour exige le temps et la liberté"


En Arles, nous sommes particulièrement fiers d'avoir participé à la renommée de la collection "La nuit des temps " puisque le tome I de la Provence Romane est due à la plume érudite de Jean-Maurice Rouquette, conservateur du Musée d'Arles et Président de l'Académie d'Arles.


50 ans d'histoire jalonnent le succès de cette collection dont la réclame n'est plus à faire. Je profite de ce modeste billet pour vous présenter quelques exemplaires à la vente en notre boutique.


- DE DEGUISLEVILLE (Guillaume) poèmes - BELZAUX (pierre) photographe. Le Mont Saint-Michel. Zodiaque, les points cardinaux, 1962. Un volume de format grand in-8. Cartonnage éditeur toile grise sous jaquette illustré en couleur . 194 pages, 76 photographies et de nombreux plans.  Bon exemplaire. 20 € + port
- ROUQUETTE (Jean-Maurice) / BARRUOL (Guy). Provence Romane. 1 La Provence Rhodanienne. 2 La Haute–Provence (complet en 2 volumes). Zodiaque 1974 - Zodiaque, 1974 et 1977, 495 + 449 pp. 2 volumes In-8 carrés. Reliure éditeur pleine toile (avec signet) sous jaquette illustrée et étui cartonné. Collection ‘’ La nuit des temps ‘’. Très bel état. Dédicace de Jean-Maurice Rouquette sur le tome I. Vendu
- GAUTHIER, L BALSAN, A SURCHAMP GAILLARD G. Rouergue Roman.  Zodiaque, 1963. 1 volume In-8 carré. Reliure éditeur pleine toile sous jaquette illustrée et étui cartonné. Collection ‘’ La nuit des temps ‘’. 296pp. Très Bon Etat. 25 € + port
- CABANOT Jean (abbé). Gascogne romane. Zodiaque, 1978. 1 volume In-8 carré. Reliure éditeur pleine toile sous jaquette illustrée et étui cartonné. Collection ‘’ La nuit des temps ‘’. 337pp. Très Bon Etat. 27 € + port
- LUGAND, Jacques; NOUGARET, Jean; SAINT-JEAN, Robert. Languedoc roman. Zodiaque, La Pierre-qui-Vire, 1975. 1 volume In-8 carré. Reliure éditeur pleine toile sans jaquette. Collection ‘’ La nuit des temps ‘’. 337pp. Bon Etat. 23 € + port
- CRAPLET (Abbé Bernard). Auvergne Romane.  Zodiaque, 1955.  Reliure éditeur pleine toile sans jaquette. Collection ‘’ La nuit des temps ‘’. 252 p.  Insolé. 13 € + port
- DURLIAT, Marcel. Roussillon Roman. Paris, Zodiaque, 1958. Reliure éditeur pleine toile sans jaquette. Collection ‘’ La nuit des temps ‘’. 260pp.  Bon état. 20 € + port
- CHAMPEAUX (Gérard de) / STERCKX (Sébastien). Introduction au monde des symboles. Zodiaque, 2eme édition. Reliure éditeur pleine toile sans jaquette. Collection ‘’ La nuit des temps ‘’. 260pp.  Bon état. Vendu
- DIMIER (Père M.-Anselme) / PORCHER (Jean). L’art cistercien. Zodiaque, 1962. Reliure éditeur pleine toile sans jaquette. Collection  La nuit des temps . 556pp.  Bon état. 20 € + port

mardi 8 juillet 2014

Zend-Avesta, ouvrage de Zoroaste par M. Anquetil Du Perron, chez Tilliard, libraire, 1771.


Voici un ouvrage inhabituel sur les rayonnages de nos bibliothèques provençales. Un petit billet trouvé dans le premier des deux volumes en explique la provenance. C'est l'ancienne commande d'un philosophe indien passée auprès de notre bibliophile en 1937. N'ayant trouvé que les deux premiers volumes sur les trois, il les aura gardés "en attendant". En attendant moi, peut-être…


Cet ouvrage traite d'un sujet qui a fasciné l'Occident à la fin du XVIIIe siècle : la religion mazdéenne, son dieu Ahura Mazda et son prophète Zarathoustra (Zoroastre), celle des Parsi, des "adorateurs du feu" dont la principale communauté se trouve toujours à Mumbai en Inde.


Abraham Hyacinthe Anquetil-Duperron (1731-1805) - Anquetil Du Perron si l'on en croit l'édition - est un savant "orientaliste", frère cadet de l'historien Louis-Pierre Anquetil. Après ses études classiques, son profond intérêt pour les langues orientales (hébreu, arabe, persan) lui inspire le projet de parcourir l'Inde pour retrouver les livres sacrés des Parsis. L'abbé Barthélémy et le comte de Caylus l'encouragent et il s'engage comme simple soldat au service de la Compagnie des Indes. Il emportait avec lui deux chemises, deux mouchoirs, une paire de bas, une bible et Montaigne… De Pondichéry, il gagne Chandernagor et parcourt le pays de 1755 à 1762, accueilli par les fonctionnaires coloniaux français et anglais avec plus ou moins de sympathie, tout en s'immergeant dans la population indienne. Son empathie sincère pour la culture indienne conjuguée à ses talents d'observateur vont lui permettre de découvrir les traditions religieuses des Pârsî.


À Surat, il parvient à étudier leurs textes sacrés zoroastriens : l'Avesta. En 1762, lorsque les Anglais le rapatrient en Europe, après la prise de Pondichéry, il a rassemblé cent quatre-vingt volumes, parmi lesquels les Veda et l'Avesta. Beaucoup de ces volumes sont, en fait, des manuscrits que lui a confiés Joseph Tieffenthaler, missionnaire jésuite autrichien. Rentré en France, il remet à la bibliothèque du roi une bonne partie de ses manuscrits et commence à se lancer dans la traduction et la publication des textes sacrés. En 1763, il devient membre associé de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres.


C'est la toute première traduction d'une partie des textes sacrés probablement détruits sous Alexandre le Grand - et reconstitués à l'époque sassanide (IIIe-IVe siècle ap. J.C.) - de cette religion vieille de plus de 3000 ans. "Zend" peut aussi se traduire par "interprétation" ou "commentaires".


On pense que de nombreux principes de cette religion se retrouvent dans le judaïsme et la chrétienté comme l'existence d'un dieu unique, la dualité bien-mal, l'existence d'une âme, d'un purgatoire et d'un paradis, etc.


Religion prédominante en Perse jusqu'à l'arrivée de l'islam au VIIe siècle, ses fidèles ont été progressivement "poussés" vers l'est puis se sont éparpillés de par le monde avec toutefois les plus grandes communautés restées dans le sous-continent Indien, non loin de leur région d'origine, aujourd'hui l'Iran.


On pourrait croire que cet ouvrage n'est qu'un ouvrage d'érudit. Mais pas que… « Un des serviteurs des bains vous étend sur une planche et vous arrose d'eau chaude, ensuite il vous presse tout le corps avec un art admirable. Il fait craquer les jointures de tous les doigts et même celles de tous les membres ; il vous retourne et vous étend sur le ventre ; il s'agenouille sur vos reins, vous saisit par les épaules, fait craquer l'épine du dos en agitant toutes les vertèbres, donne de grands coups sur les parties les plus charnues et les plus musculeuses, puis il revêt un gant de crin et il vous frotte tout le corps, au point de se mettre lui-même en sueur. Il vous lime avec une pierre ponce la chair épaisse et dure des pieds ; il vous oint de savon et d'odeurs ; enfin il vous rase et vous épile. Ce manège dure bien trois quarts d'heure ; après on ne se reconnaît plus ; il semble qu'on soit un homme nouveau ; on sent dans tout le corps une sorte de quiétude et le désir de se reproduire. La peau est quelque temps couverte de sueur légère qui lui donne une douce fraîcheur, etc...... Les femmes indiennes prennent le bain de la même manière, et prolonge cette cérémonie, qui porte le nom de "massage", une grande partie de la journée. »


La publication du Zend Avesta fit événement : l'Europe savante se divisa ; en Angleterre pendant soixante ans on déclara les textes Zends apocryphes et de date récente. Anquetil avait eu le malheur de décocher quelques épigrammes à l'adresse de quelques professeurs d'Oxford... Mais en Allemagne, le livre d'Anquetil traduit dès sa parution, fit autorité et les théologiens en faisaient usage couramment pour l'interprétation des passages de la Bible relatifs à la Perse. En France, De Sacy en 1793, déchiffra les inscriptions pehlevis des rois sassanides, en s'aidant d'un glossaire pehlevi publié par Anquetil dans son grand ouvrage. L'ouvrage est, aujourd'hui, très recherché.


La première partie, qui comprend l'introduction au Zend-Avesta, est formée principalement de la relation du voyage du traducteur aux Indes Orientales, suivie du plan de l'ouvrage ; & d'un appendix sur les monnoyes & poids de l'Inde, sur quelques objets d'histoire naturelle & de commerce, & sur les manuscrits orientaux du traducteur : ornée de planches gravées en taille douce. La seconde partie comprend le Vendidad Sadé (c'est-à-dire, l'Izeschné, le Vispered & le Vendidad proprement dit), précédé des notices des manuscrits zends, pehlvis, persans & indiens, déposés par le traducteur à la Bibliothèque du Roi ; des titres & des sommaires raisonnés des articles &c. des deux tomes de cet ouvrage ; & de la vie de Zoroastre : avec une planche gravée en taille douce. Pierre


ANQUETIL DU PERRON (Abraham Hyacinthe). Zend-Avesta, ouvrage de Zoroaste : contenant les idées théologiques, physiques & morales de ce législateur, les cérémonies du culte religieux qu'il a établi, et plusieurs traits importans relatifs à l'ancienne histoire des Perses : traduit en françois sur l'original zend, avec des remarques ; et accompagné de plusieurs Traités propres à éclaircir les matières qui en sont l'objet. A Paris, chez N.M. Tilliard, libraire, 1771. 2 volumes in quarto correspondant à la première et à la deuxième partie du tome premier. Reliure plein veau marbré, encdrement des plats par un triple filet doré, dos à nerfs, caissons fleuronnés, filets sur les coupes, tranches jaspées, gardes colorées. Volume I : [1f faux titre], xxxvj (préface et errata), [1f privilège], Dxlij. Volume II : [2ff titre], cxx, 432pp. Planches dépliantes gravées sur cuivre par Pierre-François Laurent et Élisabeth Haussard. Fleuron aux titres, bandeaux par Cotte et Nicolas Caron, culs-de-lampe par Jean Beugnet. Quelques mouillures en début et fin d'ouvrages et marginales. Des signes discrets de restauration. Intérieur très frais. Rare ensemble très correct. Vendu