lundi 7 juillet 2014

Catalogue " d'incomplets " en cours de réalisation...


Par pure oisiveté, je me suis amusé à rassembler quelques jolis incomplets. Et voilà !  Pierre


RABELAIS. Les Cinq livres de F. Rabelais. Paris. Jouaust. Librairie des Bibliophiles, 1885. Tome II et tome III.  2 volumes in 12. 368pp, 312pp. Reliure plein maroquin tabac, dos à nerfs, plats et caissons avec encadrement doré,  roulette sur le contre-plat, filet sur les coupes, gardes colorées, tranche supérieure rouge. Mouillures très claires. Reliures signées A.P en queue et chiffre "A" en ex-libris. Magnifique incomplet dans une reliure parfaite. 75 € + port

LOUVET DE COUVRAY. Les Amours du Chevalier de Faublas. Préface d'Hippolyte Fournier. Dessins de Paul Avril gravés à l'eau-forte par Monzies. Reliures signées Roger de Coverly . Librairie des bibliophiles, 1884. 2 volumes in 12, tome II et tome III. Reliure plein maroquin polychrome, dos à nerfs, plats et caissons avec encadrement doré,  roulette sur le contre-plat, roulette sur les coupes et filets sur les coiffes, gardes colorées, tranche supérieure dorée. Mouillures très claires. Remarquables reliures signées. 276pp, 223pp. Exemplaire du tirage de tête, gravures sur chine. Magnifique incomplet dans une reliure parfaite. 95 € + port
 
ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (François Alexandre Frédérique, duc de). Voyage dans les États-Unis d'Amérique fait en 1795, 1796 et 1797. Paris, Du Pont - Buisson - Charles Pougens, 1799. 7 volumes in-8, manque le tome I  (205 x 127 mm). Plein veau glacé et marbré, plats avec filet d'encadrement, dos lisse, caissons encadrés (filets et roulettes) avec au centre une ornementation de style empire, pièces de titre et de tomaison en maroquin cerise et vert, lettres dorées, filet doré sur les coupes, toutes tranches rouges, gardes colorées. Reliure de l'époque signée de la veuve Cuyol, relieur de la Marine, N°10 Rue des Bernardins à Paris. Tome II ; [2] ff., iv, 349 pp. Tome III ; [2] ff., iv, 384 pp. Tome IV ; [2] ff., iii, 349 pp. Tome V ; [2] ff., iij, 384 pp. Tome VI ; [2] ff., iii, 336 pp. Tome VII ; [2] ff., iv, 366 pp. [1] f. Tome VIII ; [2] ff., [1] ff., 244 pp. 2 cartes dépliantes (dans les volumes 4 et 7), nombreux tableaux dans le texte, à pleine page dont plusieurs dépliants.). État de fraicheur remarquable. Vendu
 
ANQUETIL DU PERRON (Abraham Hyacinthe). Zend-Avesta, ouvrage de Zoroaste : contenant les idées théologiques, physiques & morales de ce législateur, les cérémonies du culte religieux qu'il a établi, et plusieurs traits importans relatifs à l'ancienne histoire des Perses : traduit en françois sur l'original zend, avec des remarques ; et accompagné de plusieurs Traités propres à éclaircir les matières qui en sont l'objet. A Paris, chez N.M. Tilliard, libraire, 1771. 2 volumes in quarto correspondant à la première et à la deuxième partie du tome premier. Reliure plein veau marbré, encdrement des plats par un triple filet doré, dos à nerfs, caissons fleuronnés, filets sur les coupes, tranches jaspées, gardes colorées. Volume I : [1f faux titre], xxxvj (préface et errata), [1f privilège], Dxlij. Volume II : [2ff titre], cxx, 432pp. Planches dépliantes gravées sur cuivre par Pierre-François Laurent et Élisabeth Haussard. Fleuron aux titres, bandeaux par Cotte et Nicolas Caron, culs-de-lampe par Jean Beugnet. Quelques mouillures en début et fin d'ouvrages et marginales. Des signes discrets de restauration. Intérieur très frais. Rare ensemble très correct. Vendu

Les Anecdotes françoises de l'Abbé Bertoux : ainsi naissent les héros...


Les graves historiens qui rédigent les manuels scolaires font de l'histoire de notre pays un roman fort ennuyeux, car ils en éliminent les anecdotes qui en font le sel.  Pour eux, les événements qui ont bouleversé le France au cours des siècles ne doivent avoir que des causes sérieuses et un déroulement austère.


Ils se croiraient déshonorés d'avouer qu'un roi a déclaré une guerre parce qu'il était ivre de joie après une nuit d'amour ou que Charlemagne préféra mourir de pleurésie plutôt que de supporter la présence d'un médecin qu'il haïssait…


L'auteur, l'abbé Bertoux, dans l'ouvrage que je présente aujourd'hui à la vente, nous présente une suite chronologique d'anecdotes qui ont marqué le destin de la nation depuis Clovis jusqu'au 18eme siècle. Ainsi sont évoqués le" vase de Soisson", les" vêpres siciliennes" et quantités de faits marquants permettant de mieux comprendre la personnalité de nos monarques.


Car derrière ces quarante rois qui ont fait la France, il y a une quantité d'anecdotes qui ont donné un peu d'humanité à ces dirigeants.  Les amateurs de la " Petite Histoire de France " regretteront, avec raison, que le travail de recueil d'anecdotes établi par l'abbé Bertoux – époque oblige - s'arrête à Louis XV. D'autres s'y ont attaché par la suite avec brio. 


Mérimée disait : « Je n’aime, dans l’histoire, que les anecdotes, et parmi les anecdotes je préfère celles où j’imagine trouver une peinture vraie des mœurs et des caractères. » Cette préférence de certains esprits et de certaines époques pour l’anecdote n'est pas sans avoir contribué au culte du héros.


On peut regretter que, de nos jours, ce travail d'investigation soit présenté sous forme de tabloïds par des journalistes de la presse populaire. Le heaume de Henri II avait plus de classe que le casque intégral de François. Tout cela manque notablement d'élégance… Pierre 


BERTOUX (Abbé Guillaume). Anecdotes françoises, depuis l'établissement de la monarchie jusqu'au règne de Louis XV. 2eme édition. Paris, Vincent, 1768. 2 volumes in-12 (17/10cm).  Reliure plein veau raciné, dos à 5 nerfs, caissons fleuronnés, pièce de titre cerise, filet sur les coupes, tranches mouchetées rouges. Xij, 380pp – [2ff titre], 382pp. 2 coiffes supérieures restaurées. Intérieur frais, bel état général. Vendu

dimanche 6 juillet 2014

Pourquoi les bibliophiles aiment-ils tant les globes terrestres ?


Pourquoi les bibliophiles aiment-ils tant les globes terrestres ?


C'est la question que je me suis posée en rentrant de la visite édifiante, et extrêmement amicale, chez un confrère, ce week-end...

Votre avis ? Pierre

vendredi 4 juillet 2014

La satyre d'Euphormion composée par Jean Barclay, traduit par Jean Beraut, chez Guignard en 1640…


Je finirais par douter de l'embellie annoncée pour les ouvrages du 17eme siècle et du 18eme siècle si je n'avais pas, en moi, cette admiration pour les éditeurs, les imprimeurs et les relieurs qui ont conçu, à l'époque, les plus belles bibliothèques de France. Voici, aujourd'hui, une publication peu connue des bibliophiles mais qui a marqué de son empreinte la littérature classique.


Composée par Jean Barclay, l'édition originale composée en latin est parue en deux parties à Londres en 1603 et 1605 et la première traduction française de 1625 fut publiée sous le titre Satyres d'Euphormion. Il s'agit d'un roman satirique qui raconte les tribulations d'un jeune homme faisant le dur apprentissage du monde. Contraint pour survivre de se mettre au service d'un seigneur ombrageux, il va d'abord subir un long esclavage. Ayant résolu de s'enfuir, il parcourra ensuite de nombreux pays et découvrira peu à peu à quel point le bonheur et la liberté sont illusoires. C'est presque toujours à ses dépens qu'il prendra conscience de la complexité du cœur humain et du danger des compromissions sociales.


Issu d'une famille d'origine écossaise mais Lorrain par sa naissance, l'auteur a lui-même beaucoup voyagé et s'est largement inspiré de sa propre expérience. C'est dire si l'imaginaire européen qu'il nous propose est d'une grande authenticité. Il s'est appliqué à une description des mœurs aussi minutieuse qu'exhaustive. Éducation, justice et religion, politique, vie de cour et prostitution, sorcellerie, arts et médecine, à vrai dire tous les domaines de la vie sociale ont été abordés et scrutés d'un œil intransigeant et caustique pour aboutir à un tableau très juste de la société à la fin de la Renaissance.


Sur le plan narratif, Barclay a surtout pris Pétrone pour modèle, auquel il a emprunté plusieurs situations pittoresques et une certaine liberté de ton, mais en préférant souvent la gravité à la truculence. Son style, quoique plus contenu, n'exclut pas l'humour et la fantaisie. Le public de l'époque, pris d'une véritable frénésie romanesque, a accueilli cette satire avec enthousiasme. Elle a été constamment rééditée au XVIIeme siècle comme nous le constatons avec cette édition de 1640 que je propose ici à la vente.


Une des causes de sa méconnaissance ? Jean Barclay fait partie de ces écrivains qui se sont exclusivement exprimés en latin et qui ont ainsi sombré quand la littérature s'est définitivement coulée dans le moule des langues nationales (quid des ouvrages publiés en langue anglaise de nos jours ?).


Depuis la traduction publiée par Jean Béraut en 1640, le texte d'Euphormion n'a jamais reparu en français sous une forme intégrale et fidèle. C'est cette traduction, restituant autant qu'il est possible le style nerveux et coloré du satiriste, qui est présentée ici dans une écriture modernisée. Pierre


BARCLAY (Jean). La satyre d'Euphormion composée par Jean Barclay et mise nouvellement en françois (par Jean Béraut), avec les observations, qui expliquent toutes le difficultez contenuës en la première & seconde partie. A Paris Chez Jean Guignard, 1640. Un volume In-8 (16/10,5). Reliure plein veau marbré, dos à nerfs, caissons fleuronnés, encadrement et lettres dorés, gardes colorées. [4ff titre], 648pp, [10 ff table], [1 f bl]. Des signes discrets de restauration, menus défauts de reliure. Une petite déchirure avec manque sur la page de titre, pages légèrement jaunies. Intérieur frais. Rare à la vente en langue française. Réservé

jeudi 3 juillet 2014

Les métamorphoses d'Ovide : Traduction de Banier, 1732, trois tomes remarquablement illustrés...


Rien ne se créé, rien ne se perd, tout se transforme… Tel est le synopsis schématique de l'ouvrage très renommé que je mets aujourd'hui à la vente : Les métamorphoses d'Ovide.


Cette épopée explique l'histoire du monde avec pour originalité de ne jamais envisager de morts malgré toutes les luttes qui marquent cette histoire ; il n’y a que des transformations d'un élément en un autre élément ou d’une être en un autre être ! Un exemple parmi tant d'autres : Myrrha, fille de Cinyras, roi de Chypre ayant eu des relations incestueuses avec son père, fut transformée en arbre à myrrhe, dont l'écorce se fendit pour donner naissance à Adonis…


Ovide avait perdu son père et sa mère, morts tous deux dans un âge avancé. Seul héritier, il possédait d'assez beaux domaines et de nombreux amis.  Il était riche ; il n'avait point d'ennemis ; ses vers faisaient les délices de Rome ; il vivait donc heureux, lorsqu'un coup terrible, imprévu, vint le frapper. Un ordre d'Auguste relégua sur les bords du Pont-Euxin, aux dernières frontières de l'empire, chez les Barbares, sur une terre inculte et perpétuellement glacée, ce poète, naguère son ami, et déjà âgé de cinquante-deux ans.


Ovide, après des ouvrages frivoles - L'art d'aimer - en composa alors de plus graves… Les métamorphoses font partie de ceux-là.


Les traductions de l'auteur qu'on a le plus souvent réimprimées en français sont celles des Héroïdes, par Mélin de Saint-Gelais, appelé dans son temps l'Ovide de la France, lesquelles eurent jusqu'a douze éditions ; celles des Métamorphoses, par Nicolas Renouard (neuf éditions), par du Ryer (neuf), par l'abbé Banier (sept), par Clément Marot et par Thomas Corneille ; celle des Amours, par l’abbé Burin, etc. Je vous propose ici une traduction de l'abbé Banier.


Long poème épique de douze mille vers écrit en latin, cette œuvre majeure d'Ovide reprend les mythes grecs et latins dans le but de raconter l'histoire du monde. Les métamorphoses est une des œuvres dans laquelle il a réuni environ 250 légendes et mythes. L'auteur explique comment l'univers est apparu : les minéraux, les végétaux, les animaux, les astres et toutes autres choses sont nés de l'enchainement de mille métamorphoses opérées par les dieux. La Genèse n'a qu'à bien se tenir… Pierre


OVIDE. Les Métamorphoses d'Ovide, traduites en françois avec des remarques et des explications historiques parMr. l'Abbé Banier de l'Académie royale des inscriptions & belles lettres. Ouvrage enrichi de figures en taille douce. A Amsterdam Chez R. & J. Wetstein & G. Smith & se vend à Paris chez J.B. Coignard fils, 1732. Trois volumes in-12. Reliure  plein veau moucheté, dos à nerfs ornés de caissons fleuronnés et roulettes dorées , pièces de titre absentes, roulettes sur les coupes, tranches rouges mouchetées, gardes colorées. Frontispice et 15 gravures en taille douce. Tome I : [2ff bl], [3ff titre], xxiv, [20ff table], 384 p. Tome II : [3ff titre], 318 p. Tome III : [3ff titre] , 276 p, [6ff table], [2ff bl]. Illustrés d'une gravure sur les pages de titre, d'un frontispice (Myrrha) et de (6+5+4) 15 gravures en taille douce pleine page. Des restaurations aux coiffes et coins, intérieurs frais, papier légèrement jauni. Bon exemplaire. 200 € + port

mercredi 2 juillet 2014

La nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau, illustrée par Cochin et Gravelot (1764).


" Il faut des spectacles dans les grandes villes, et des romans aux peuples corrompus. J'ai vu les mœurs de mon temps, et j'ai publié ces lettres. Que n'ai-je vécu dans un siècle où je dusse les jeter au feu!


Quoique je ne porte ici que le titre d'éditeur, j'ai travaillé moi-même à ce livre, et je ne m'en cache pas. Ai-je fait le tout, et la correspondance entière est-elle une fiction? Gens du monde, que vous importe? C'est sûrement une fiction pour vous.


Tout honnête homme doit avouer les livres qu'il publie. Je me nomme donc à la tête de ce recueil, non pour me l'approprier, mais pour en répondre. S'il y a du mal, qu'on me l'impute; s'il y a du bien, je n'entends point m'en faire honneur. Si le livre est mauvais, j'en suis plus obligé de le reconnaître: je ne veux pas passer pour meilleur que je ne suis.


Quant à la vérité des faits, je déclare qu'ayant été plusieurs fois dans le pays des deux amants, je n'y ai jamais ouï parler du baron d'Etange, ni de sa fille, ni de M. d'Orbe, ni de milord Edouard Bomston, ni de M. de Wolmar. J'avertis encore que la topographie est grossièrement altérée en plusieurs endroits, soit pour mieux donner le change au lecteur, soit qu'en effet l'auteur n'en sût pas davantage. Voilà tout ce que je puis dire. Que chacun pense comme il lui plaira.


Ce livre n'est point fait pour circuler dans le monde, et convient à très peu de lecteurs. Le style rebutera les gens de goût; la matière alarmera les gens sévères; tous les sentiments seront hors de la nature pour ceux qui ne croient pas à la vertu. Il doit déplaire aux dévots, aux libertins, aux philosophes; il doit choquer les femmes galantes, et scandaliser les honnêtes femmes. A qui plaira-t-il donc? Peut-être à moi seul; mais à coup sûr il ne plaira médiocrement à personne.


Quiconque veut se résoudre à lire ces lettres doit s'armer de patience sur les fautes de langue, sur le style emphatique et plat, sur les pensées communes rendues en termes ampoulés; il doit se dire d'avance que ceux qui les écrivent ne sont pas des Français, des beaux-esprits, des académiciens, des philosophes; mais des provinciaux, des étrangers, des solitaires, de jeunes gens, presque des enfants, qui, dans leurs imaginations romanesques, prennent pour de la philosophie les honnêtes délires de leur cerveau.


Pourquoi craindrais-je de dire ce que je pense? Ce recueil avec son gothique ton convient mieux aux femmes que les livres de philosophie. Il peut même être utile à celles qui, dans une vie déréglée, ont conservé quelque amour pour l'honnêteté. Quant aux filles, c'est autre chose. Jamais fille chaste n'a lu de romans, et j'ai mis à celui-ci un titre assez décidé pour qu'en l'ouvrant on sût à quoi s'en tenir. Celle qui, malgré ce titre, en osera lire une seule page est une fille perdue; mais qu'elle n'impute point sa perte à ce livre, le mal était fait d'avance. Puisqu'elle a commencé, qu'elle achève de lire: elle n'a plus rien à risquer.


Qu'un homme austère, en parcourant ce recueil, se rebute aux premières parties, jette le livre avec colère, et s'indigne contre l'éditeur, je ne me plaindrai point son injustice; à sa place, j'en aurais pu faire autant. Que si, après l'avoir lu tout entier, quelqu'un m'osait blâmer de l'avoir publié, qu'il le dise, s'il veut, à toute la terre; mais qu'il ne vienne pas me le dire; je sens que je ne pourrais de ma vie estimer cet homme-là. "


Ce roman épistolaire (en six parties et cent soixante trois lettres) relate la passion mouvementée entre un jeune précepteur roturier Saint-Preux et son élève, une jeune noble Julie d'Etanges. Or, cet amour interdit - à cause de la différence des conditions sociales - loin d'abaisser les cœurs des deux protagonistes, les élèvera à un niveau supérieur, un amour inébranlable mais sans désir charnel… Cette magnifique édition illustrée (les illustrations sont commentées en fin d'ouvrage – c'est assez rare pour le mentionner), publiée du vivant de l'auteur, ravira le bibliophile, à n'en point douter. Pierre


ROUSSEAU Jean-Jacques‎. La nouvelle Héloïse, ou lettres de deux amans habitans d'une petite ville au pied des Alpes recueillies et publiées par J.J. Rousseau. Nouvelle édition, revue, corrigée & augmentée de Figures en taille douce, & d'une table des matières.‎ Neuchatel et à Paris, Duchesne, 1764. Quatre volumes In-8. Reliures plein marbré, dos lisse richement orné de caissons fleuronnés, pièces de titre et de tomaison, filets d'encadrement dorés, filets sur les coupes, gardes colorées, tranches rouges. Armes estampées sur les plats et chiffres . Armes de Karl von Hessen [Carl Landgraf Zu Hessen - C.L.Z.H] ; Charles de Hesse-Cassel en français. [2ff titre], 408pages ; [1f], 405 pages ; [2ff], 432 pages ; et [4ff], 382 pages. Edition illustrée par Cochin et Gravelot de 4 frontispices et 9 gravures hors texte. Intérieur frais sans rousseurs, Petits défauts d'usure, Très belle édition. 340 € + port

mardi 1 juillet 2014

Maurice Thorez et Aragon : communistes...


1 - Maurice Thorez, Le communiste : " 18 juin 1940. Ainsi, sur le sol même de la patrie, tandis que tout – institutions et partis – sombrait dans la confusion et le désarroi, ou, pire encore, dans la lâcheté et la trahison, seul notre parti communiste (sic), guidé par les intérêts supérieurs de la France et de son peuple, se trouvait d'emblée engagé dans la seule voie qui devait conduire à la libération du pays."


3 décembre 1943 : " Nos objectifs au comité français de la libération nationale se ramenait à cinq points, publiés dans l'humanité sous la signature de Jacques Duclos (pas la sienne) : Nous demandions la formation d'une armée puissante et l'armement des patriotes, etc…  Au mois de mai 1943, en ma qualité de membre du bureau de l'internationale, je participai à Moscou (sic), aux délibérations d'où sortit la dissolution de L'internationale communiste… "


Publiée dès 1937, cette "autobiographie" de celui qui fut Secrétaire général du Parti communiste français de 1931 à sa mort en 1964 fut, en fait, rédigée dans sa première mouture par son secrétaire Eugène Schkaff dit Jean Fréville, aidé lui-même d'un "nègre" qui fit l'essentiel du travail, un certain Vierzboloviez qui ne put s'empêcher de glisser dans le texte des mots se succédant dont les initiales donnaient "Fréville ". Au fil de ses nombreuses éditions, " Fils du Peuple " connut de multiples versions successives. Ce livre, parce qu'il était officiel, obligeait son auteur à en modifier sans cesse les éditions et à mettre les anciennes au pilon, chaque fois qu'un important événement politique intervenait…


Il faut dire que la version officielle a longtemps omis de préciser que Thorez, déserteur (politique), accomplit sa résistance en Union soviétique… Le 6 novembre, quelques jours avant le voyage de De Gaulle à Moscou, Thorez bénéficie d'une grâce individuelle et rentre en France le 27 novembre 1944.


2 - Aragon , Les communistes : Ce dernier roman du cycle "Le Monde Réel", dont l'action devait couvrir la période de février 1939 à janvier 1945, fut brusquement abandonné avant terme, puisqu'il s'arrête à juin 1940, à la veille de la remise du pouvoir à Pétain.


Tumultueuse fresque historique allant de l'écrasement des républicains espagnols aux derniers jours de la IIIème République, elle se déroule à la fois parmi les communistes - sans peur et sans reproches - qui reconstituent un parti après son interdiction, dans la classe dirigeante, lâche, futile et malhonnête, et aux armées, où se côtoient toutes les classes et toutes les opinions. Il s'agit, là, de la première édition.


L'ouvrage sera réédité en 1967 après que l'auteur l'ait "entièrement, de bout en bout, de fond en comble, ré-écrit" (postface à la seconde édition), coupant plusieurs centaines de pages, supprimant des personnages (dont celui du "traître" Orlifat, qui représentait Paul Nizan). L'insuccès de l'œuvre, y compris parmi les membres du Parti, et le découragement qu'il provoqua chez l'auteur expliquent sans doute à la fois l'arrêt de sa première rédaction et sa réécriture ultérieure…


 « Merci à Staline pour ces hommes qui se sont forgés à son exemple, selon sa pensée, la théorie et la pratique stalinienne ! Merci à Staline qui a rendu possible la formation de ces hommes, garants de l'indépendance française, de la volonté de paix de notre peuple, de l'avenir d'une classe ouvrière, la première dans le monde montée à l'assaut du ciel et que l'on ne détournera pas de sa destinée en lui faisant voir trente-six étoiles étrangères, quand elle a de tels hommes à sa tête ! »


THOREZ (Maurice). Fils du peuple. Éditions Sociales, 1949. Un volume in-8. Broché, couverture illustrée. 253 pp. 8 € + port

ARAGON. Les communistes. Roman. 4 volumes in-8. Broché couverture colorée. Première version de ce roman historique publié pour la première entre1949 et 1951 et qui sera réécrit en partie et publié en 1966. Le roman se déroule sur la période de 1939 à 1940 et 6 tomes seront publiée : Février - Septembre 1939, Septembre - Novembre 1939, Novembre 1939 - Mars 1940, Mars - Mai 1940, Mai 1940, Mai-juin 1940. Seuls les quatre premiers tomes sont proposés, ici. Bon état. 32 € + port