mercredi 14 mai 2014

L'Alsace par Hélène Megret : un voyage sans démarcation…


Nous sommes en 1941. Simple rappel : Une  ligne de démarcation avait été créée lors de l’armistice du 22 juin 1940, celle-ci séparait la France du Nord et la France du Sud. La zone du Nord étant occupée par l’Allemagne, et l'Alsace était tout simplement annexée au Reich… Il fallait donc être particulièrement couillu pour faire imprimer un ouvrage sur l'Alsace française, à cette époque et subséquemment avoir le siège de sa maison d'édition en zone non occupée -  à Grenoble pour la Maison Arthaud !


Cet ouvrage est, selon l'éditeur, le récit du voyage d'une jeune française pendant l'entre-deux guerres, Hélène Megret, disparue peu après avoir donné son manuscrit pour l'impression. Les clichés semblent avoir été pris avant la défaite ; j'en veux pour preuve des affiches et des indications en langue française…


Il faut dire que l'histoire de l'Alsace se confond souvent avec la propre histoire de la France et de L'Allemagne. Non seulement l'histoire de l'Alsace ne recouvre pas entièrement l'histoire de la France ni évidemment celle de l'Allemagne, mais elle se distingue de celle de toutes les régions ou pays ayant également été occupés, voire annexés momentanément soit par la France soit par l'Allemagne au cours des guerres que ces deux pays se sont livrés.


Bien sûr, L'Alsace est aujourd'hui une région française et le sentiment national des Alsaciens est français. Mais jusqu'au XVII° siècle, l'Alsace était partie intégrante du Saint-Empire Romain de Nation Allemande (das Heilige Römische Reich Deutscher Nation), ce qui de par sa langue et sa culture - allemandes - n'avait absolument rien d'anormal.


La Suisse et le Luxembourg ont également fait partie du Saint Empire Romain de Nation Allemande. Mais ces deux pays sont aujourd'hui des États indépendants. Pas l'Alsace !


D'autres régions françaises, comme la Bretagne et le Pays Basque, par exemple, ont également été intégrés dans le Royaume de France au cours des siècles, mais, depuis, ils sont toujours restés au sein de l'État français. Pas l'Alsace !


Le Palatinat, même Hambourg, Brême, Coblence ont déjà été placés sous la souveraineté française et ont donc fait partie de l'État français. Le frère de Napoléon, Jérôme a même été Roi de Westphalie, mais aujourd'hui le Palatinat, Brême, Coblence et la Westphalie sont évidemment depuis longtemps de nouveau allemands. Pas l'Alsace ! C'est pourquoi ce livre est tout autre chose qu'un guide purement technique… Pierre


MEGRET Hélène. L'Alsace. B. Arthaud., Paris et Grenoble, 1941. Grand in-4 broché (33 / 25,5 cm). Couverture rempliée illustrée en couleurs par C.R. Jaquette à rabats illustrée de deux photographies en noir en blanc recouvrant la couverture rempliée .198 pages. Ouvrage illustré de 237 héliogravures. Exemplaire n° 722, un des 750 sur vélin pur fil à la forme. Préface. L'originalité de l'Alsace. Le vignoble et ses petites villes. La plaine et les grandes villes. Les Vosges alsaciennes et leurs vallées. L'Alsace du Nord. Menus défauts. Bel état général. Vendu

mardi 13 mai 2014

Georges Canape, Louis Conard, Gustave Flaubert...


Parlons de la reliure…

Je vous propose aujourd'hui à la vente deux reliures éditeur, assez modestes en elles-mêmes, mais réalisées de façon très précieuse par un artiste de son époque : Georges Canape (1864 - 1940).


Canape fut à la fois relieur et doreur. Il est le fils de J. Canape père qui créa son atelier à Paris, rue Visconti, en 1865 et reprit le matériel et la clientèle de Belz-Niédrée établi passage Dauphine en 1880. En 1894, Georges Canape profite de ce bel héritage et ajoute à l'atelier de son père, un atelier de dorure dès 1899, qui le rendra indépendant. L'époque est au style Art nouveau. Avec ses décors chargés de volutes et d'ornements, Marius-Michel en est un fervent représentant dont l'influence marque nombre de ses pairs. Le style est suivi par Georges Canape qui assimile les nouvelles tendances tout en les conjuguant à la tradition. Technicien de grand mérite, c'est toutefois en se mettant au service des décorateurs du livre qu'il manifestera sa réelle personnalité.


Toutefois, d'autres artistes vont bientôt l'entraîner dans des vies plus novatrices. A l'exposition de 1900, il obtint une médaille d'argent et participa à de nombreuses expositions en France et à l'étranger jusqu'en 1925, où il occupa une large place à l'exposition des Arts Décoratifs. Vers 1927, il prit un associé et ses reliures furent signées Canape et Corriez. Georges Canape sait se faire estimer de grands décorateurs comme Robert Bonfils, mais aussi Pierre-Emile Legrain que le couturier Jacques Doucet avait converti à la reliure. A l'exposition du Salon de la Société des artistes décorateurs, en 1919, vingt reliures de ce dernier avaient été présentées dont quelques unes des plus belles sorties des mains de Canape.


Outre son activité professionnelle, Georges Canape s'est également impliqué dans des préoccupations sociales. Succédant à Henri Magnier en 1919, il devint président de la Chambre syndicale de la reliure, un rôle qu'il assuma jusqu'en 1927 où il milita en faveur de la formation et de la promotion de la jeune reliure. En 1937, Canape se retira et céda son atelier de reliure à Esparon, celui de dorure à Mercher.


Parlons de l'éditeur…

Louis Conard (1867-1944), formé aux éditions Alphonse Lemerre, lança en 1902 une maison spécialisée dans les œuvres complètes d'auteurs du XIXe siècle. Le siège était situé au 6 place de la Madeleine ; on y trouvait une librairie vendant par ailleurs surtout des livres anciens à une clientèle assez chic. On doit à Louis Conard, entre autres, l'édition des œuvres complètes de Baudelaire, d'Alexandre Dumas (1923-1945), de Guy de Maupassant (éditée par Pol Neveux), ainsi que l'édition illustrée par Charles Huard des Œuvres complètes (1912-1940) d'Honoré de Balzac sous la direction de Marcel Bouteron.


Ce sont deux exemplaires des œuvres de Flaubert parues entre 1909 et 1912 que je propose ici. Conard permit aussi, entre 1926 et 1930, l'édition en 9 volumes d'une bonne partie de la correspondance générale de l'auteur, soit près de 2000 lettres. En janvier 1943, Conard cède sa maison et sa librairie au galeriste Jacques Lambert, propriétaire de la Galerie de France. Le fonds sera liquidé par le fils de ce dernier, Jean, en 1976.


Parlons de l'auteur…

Gustave Flaubert. Est-ce bien nécessaire puisque les bibliophiles ne lisent pas leurs livres ? Pierre  ;-))


FLAUBERT (Gustave). Madame Bovary. Mœurs De Province. Paris, Louis Conard, 1910. Un volume in-8 (15x21). Reliure demi-chagrin à coins, dos à 4 nerfs, caissons encadrés d'un triple filet doré, filet sur les nerfs, pièce de titre en maroquin fauve, lettres dorées, année de publication en queue, gardes colorées, tranche supérieure dorée. Couverture conservée. 630 pages. Reliure signée Canape. Roman suivi de 140 p de notes. Ex libris germanique. Bon état général. Vendu
FLAUBERT (Gustave). L'éducation sentimentale. Paris, Louis Conard, 1910. Un volume in-8 (15x21). Reliure demi-chagrin à coins, dos à 4 nerfs, caissons encadrés d'un triple filet doré, filet sur les nerfs, pièce de titre en maroquin fauve, lettres dorées, année de publication en queue, gardes colorées, tranche supérieure dorée. Couverture conservée. 704 pages. Reliure signée Canape. Roman suivi de 140 p de notes. Bon état général. Vendu

lundi 12 mai 2014

L'amour selon Jules Michelet : Un concept forgé par l'expérience...


Selon le préfacier de l'œuvre, Jules Lemaitre, Jules Michelet a écrit en 1858 L'amour parce que la France était malade, qu'on ne savait plus aimer, et que les statistiques des mariages et des naissances y étaient pitoyables…


Reste que la vision de l'amour de l'auteur est édulcorée. L'amour, selon Michelet, est l'amour qui aime. Et c'est pourquoi dans son livre, il ne mentionne même pas la jalousie des sens.  Aimer, c'est se donner plus que vouloir prendre ou retenir ; c'est se donner avec son cœur, son esprit et son âme. C'est se détacher du corps qui n'est que l'enveloppe et le signe…


On est loin de la vision de Stendhal ou de Balzac, celle de l'amour libertinage, de celle du "Grand amour", qui  rend idiot – ou méchant, qui mène au meurtre et au suicide - et qui ne serait qu'une forme détournée d'égoïsme, diront plus tard les psychologues de l'amour moderne.


Il faut dire que Michelet s'y connaissait en amour désintéressé ! Ce n'est pas trahir un secret d'état que de révéler (cela fut fait en 1951 quand on autorisa Gabriel Monot à publier une partie de son journal intime) que l'auteur vécu une histoire d'amour peu banale avec sa seconde épouse. Dressons le tableau :


Athénaïs Mialaret a près de trente ans de moins que son mari. Elle est intelligente, volontaire, et d'une frigidité à toute épreuve (sic). Mais ce qu'il faut comprendre avant tout, c'est que dans la vie du sévère historien, qui n'a jamais vraiment aimé sa première femme, Athénaïs apparait comme une illumination amoureuse qui va éclairer son univers romantique.


Et voici que commence un combat sans issue : Elle fait de lui ce qu'elle veut. Certains jours, croyant la perdre, il lui semble qu'il va proprement mourir d'amour, et il prend peur. D'autres fois, la joie le submerge, une joie inimaginable, ivre de sacrifice…


Lorsqu'un grand écrivain fait une expérience comme celle-là, nous sommes loin du ridicule d'un quinquagénaire amoureux. Athénaïs a aimé son mari, se refusant et se donnant tour à tour avec l'instinct infaillible des grandes amoureuses et des grandes prédatrices. Respectons donc cette histoire pathétique [qui est aussi un peu la notre] même si le mot de Maurras semble juste : " le cœur de Michelet se promut cerveau". L'hymne à l'amour que nous vous proposons aujourd'hui à la vente est un chant lyrique et poétique dédié à la grandeur des sentiments et à la perfection morale par l'amour. Autant de concepts indéfendables de nos jours, bien évidemment ! Pierre


MICHELET (Jules). L'amour. Paris, Calmann Lévy, éditeur, 1899. 1 volume petit in-8 (18,5/12). Demi-chagrin bleu roi à coins, plats bordés d'un double filet doré, dos à 5 nerfs, caissons dorés, gardes colorées, tranche supérieure dorée. XXI, 464 pages. Très bel état général. Vendu

samedi 10 mai 2014

Salon du livre ancien de Tarascon : Dimanche 21 septembre 2014.


Voilà, c'est reparti pour un tour !

Chaque année, pour les Journées consacrées aux métiers du patrimoine, des libraires d'ouvrages anciens et des artisans des métiers du livre vous accueillent à Tarascon dans un cadre unique à deux pas du château, près le centre historique de la ville.

Vous pourrez y rencontrer, en amateurs éclairés, seul ou en famille, des libraires d’ouvrages anciens et profiter de la visite gratuite du Château de Tarascon ainsi que des différents bâtiments ouverts à la visite, à cette occasion, dont notre magnifique Collégiale Sainte Marthe.

Ouvrages rares et précieux soigneusement choisis, ouvrages illustrés, reliures, gravures anciennes ; les artisans et les libraires présents à cette manifestation vous feront la démonstration de leur savoir et de leur savoir-faire dans une ambiance détendue, à l'intérieur d'une grande salle lumineuse et somptueuse.

L’an dernier, les visiteurs de notre Salon du livre ancien ont apprécié la parfaite organisation menée en partenariat avec l'Association des commerçants et la ville de Tarascon. Nous renouvellerons, cette année, ce nouveau défi de vous faire découvrir, à la fois, le patrimoine de notre cité et notre patrimoine littéraire. Un confrère de Frontignan et, j'espère, un autre de Pont Saint Esprit vont m'épauler cette année. Je les en remercie par avance. 

L’entrée est gratuite, le salon a lieu au pied du château de Tarascon, dans la grande salle du Panoramique, au dessus de l'office de tourisme. Vous bénéficierez d'un grand parking en face de la salle. Un accès par ascenseur est proposé pour accéder au salon aux libraires et aux visiteurs.Nous espérons vous retrouver nombreux à cette occasion.

Reste un point important à régler : l'affiche. Voici un modèle fait à main levée... Votre avis ? Pierre

Bio-bibliographie de Mme Vigée-Lebrun par André Blum pour l'éditeur Piazza. Du travail d'artiste...


Dès son jeune âge, Louise-Elisabeth Vigée aime dessiner et à la grande exaspération des religieuses chez qui elle est placée, elle griffonne des têtes et des paysages dans tous ses cahiers et sur les murs du dortoir.


En 1767, à la mort de son père, Elisabeth n'a que douze ans. A cette époque elle va régulièrement dessiner chez Gabriel Briard mais le talent d'Elisabeth dépasse de loin celui de Briard qui se vante d'être son maître. Elle reçoit également de précieux conseils de Joseph Vernet. Ses portraits ont tellement de succès qu'à quinze ans elle est déjà en mesure d'entretenir sa mère et son petit frère. En 1774, les officiers du Châtelet saisissent son atelier sous prétexte qu'elle pratique son art sans licence. Elle postule immédiatement pour l'Académie de Saint-Luc, où elle est reçue officiellement le 25 octobre. A vingt ans elle déménage avec sa famille dans un hôtel particulier qui appartient à Jean-Baptiste Pierre Lebrun, peintre, collectionneur et marchand d'art avec qui elle se mariera sur un malentendu…


En 1779, elle devient célèbre avec son portrait de la reine Marie-Antoinette en robe de satin avec une rose à la main. Ce tableau lui vaut de devenir le portraitiste officiel et l'amie de la reine. Toute la haute société se complaît aussi bien à la fréquenter qu'à se faire peindre par elle.


En mai-juin 1781, Élisabeth accompagne son mari dans une tournée des Flandres et des Pays-Bas. Elle y approfondit sa connaissance des maîtres flamands. Pendant ce voyage elle peint son "Autoportrait au chapeau de paille", un hommage direct à Rubens.


Vigée-Lebrun est reçue à l'Académie Royale de Peinture le 30 mai 1783 avec une allégorie, "La Paix ramenant l'Abondance". Mais Élisabeth est la cible d'attaques calomnieuses : elle serait la maîtresse du Ministre des Finances Calonne, dont elle réalise le portrait en 1785, du Comte de Vaudreuil, et du peintre François Guillaume Ménageot, dont on dit qu'il serait le véritable auteur des tableaux de Vigée-Lebrun... 


Élisabeth Vigée-Lebrun se réfugie chez son ami l'architecte Brongniart aux Invalides, puis chez la famille Rivière, rue de la Chaussée-d'Antin. En Octobre 1789, après l'invasion de Versailles par les foules révolutionnaires, elle fuit en l'Italie, accompagnée de sa fille et d'une gouvernante. Son intention était de revenir à Paris dès l'ordre rétabli, mais son exil durera, en fait, douze ans ! Elle ne finira donc pas guillotinée.


À Saint-Pétersbourg, où elle reste six ans, Elisabeth Vigée-Lebrun est fort appréciée par la famille Impériale et amasse une fortune considérable. En 1798, elle envoie de Saint-Petersbourg deux tableaux pour le Salon de Paris. En 1799 à une session du Directoire, une délégation de huit artistes présente une pétition signée par 255 artistes, écrivains et savants, et en juin 1800 son nom est rayé de la liste des émigrés. Elle meurt en 1842 dans son appartement parisien, rue St Lazare, affaiblie depuis un an par une attaque cérébrale. L'ouvrage que je propose aujourd'hui à la vente est une excellente publication des éditions Piazza, il est remarquablement relié et devrait combler un amateur de jolies femmes… Pierre


BLUM (André). Madame Vigee-Lebrun. Peintre des Grandes Dames du XVIIIe siecle. Paris, l'édition d'art Piazza, 1919. Un fort volume in-4. Reliure demi-maroquin tabac à coins, dos à nerfs et titre en lettres dorées, tranche supérieure dorée, gardes colorées, couverture conservée. Exemplaire sur beau papier. 108 pages.  État parfait. 175 € + port

vendredi 9 mai 2014

Le Calendrier Républicain illustré par Métivet et commenté par Catulle Mendès.


Voici un florilège de textes évoquant le calendrier républicain. Ils sont l'œuvre de Catulle Mendes, poète parnassien, époux éphémère de Judith Gautier que j'ai déjà présentée sur le blog.


Les noms du calendrier furent proposés par l'écrivain et homme politique Fabre d'Eglantine (un jour sans inspiration, semble t-il !). Chaque mois est divisé en 3 décades, soit 30 jours. Ils correspondent à une période de l'année : 


Vendémiaire : des vendanges ;
Brumaire : des brouillards et brumes ;
Frimaire : du froid sec ou humide ;
Nivôse : de la neige qui blanchit la terre ;
Pluviôse : des pluies qui tombent avec plus d'abondance ;
Ventôse : des giboulées et du vent qui vient sécher la terre ;
Germinal : de la germination et de la montée de la sève ;
Floréal : de l'épanouissement des fleurs ;
Prairial : de la récolte des prairies et de la fécondité ;
Messidor : des moissons dorées qui couvrent les champs ;
Thermidor : de la chaleur solaire et terrestre qui embrase le sol ;
Fructidor : des fruits que le soleil dore et mûrit.


Les noms des jours de la décade sont :
1er jour     : primidi ;
2ème jour : duodi ;
3ème jour : tridi ;
4ème jour : quartidi ;
5ème jour : quintidi ;
6ème jour : sextidi ;
7ème jour : septidi ;
8ème jour : octidi ;
9ème jour : nonidi ;
10ème jour : décadi (jour de repos).


La période bissextile de 4 ans est appelée  "la Franciade" et les 5 jours qui complètent l'année ordinaire sont appelés les sanculotides ; ils sont associés à une fête :
1er jour     : primidi, fête de la vertu ;
2ème jour : duodi, fête du génie ;
3ème jour : tridi, fête du travail ;
4ème jour : quartidi, fête de l'opinion ;
5ème jour : quintidi, fête des récompenses.
Le jour intercalaire des années bissextiles sera le 6ème jour : sextidi et sera la fête de la Révolution.


Sachant que c'est au primidi de vendémiaire de l'année I qui débute ce calendrier républicain qui est le 22 septembre 1792 de notre calendrier grégorien, le reste va de soi - enfin presque ! Le passage à l'euro, c'était enfantin à côté de ça…


Le texte des ouvrages est constitué de récits révolutionnaires. La belle plume de Catulle Mendès au service de la troisième république grégorienne... Pierre


MENDES Catulle. Le Calendrier Républicain. A Paris, chez Le Dentu et Cie, sd (1887-1890). 4 volumes in -4 de couleurs différentes, livraison de 3 fascicules chacun.  Couverture pleine percaline colorée -1ere saison verte, 2eme bleue horizon, 3eme bleue clair, 4eme orange – fermeture par lacets.  Nombreuses planches h.t. par Métivet, en couleurs et en noir. Le Tome 1 traite de Vendemiaire à Ventose, le Tome 2 de Germinal à Fructidor, le tome 3 de Germinal à Prairial, le tome 4 de Messidor à Fructidor + jours complémentaires. Pagination continue pour les saisons 1+2 (257pages) et 3+4 (231 pages) entrecoupées de gravures et de chemises diverses qui compliquent la collation… Chaque décade à son encadrement couleurs avec une illustration couleurs, nombreuses vignettes en noir dans le texte. Des défauts de reliure, quelques rousseurs disséminées, une mouillure marginale sur un des fascicules du tome 3, mais très bel ensemble peu fréquent à la vente. 170 € + port

jeudi 8 mai 2014

Londres par Louis Enault. Illustré de 174 gravures sur bois de Gustave Doré


Si l'on en croit le succès de l'exposition "L'imaginaire au pouvoir" sur Gustave Doré au Musée D'Orsay (qui se termine le 11 mai), nul doute que cet artiste ne retrouve la gloire après une période d'indifférence polie qui s'est traduite, dans les livres, par une baisse notable de la cote de ses ouvrages illustrés.


Gustave Doré est sans doute l'un des plus prodigieux artistes du XIXe siècle. A quinze ans à peine, il entame une carrière de caricaturiste puis d'illustrateur professionnel - qui lui vaudra une célébrité internationale - avant d'embrasser tous les domaines de la création : dessin, peinture, aquarelle, gravure, sculpture. 


L'immense talent de Doré s'investit aussi dans les différents genres, de la satire à l'histoire, livrant tour à tour des tableaux gigantesques et des toiles plus intimes, des aquarelles flamboyantes, des lavis virtuoses, des plumes incisives, des gravures, des illustrations fantasques, ou encore des sculptures baroques, cocasses, monumentales, énigmatiques nous dit le catalogue de l'exposition… 


En tant qu'illustrateur, Doré s'est mesuré aux plus grands textes (La Bible, Dante, Rabelais, Perrault, Cervantes, Milton, Shakespeare, Hugo, Balzac, Poe), faisant de lui un véritable passeur de la culture européenne. Il occupe ainsi une place cruciale dans l'imaginaire contemporain, de Van Gogh à Terry Gilliam, sans compter son influence certaine sur la bande-dessinée ; autant d'aspects que cette première rétrospective depuis trente ans souhaitait explorer.


En 1867-1868, Doré cofonde la « Doré Gallery » qui lui permet d’exposer ses œuvres à Londres. Simultanément, il investit l’illustration des classiques anglais, modernes et anciens : John Milton, Le Paradis perdu (Paradise Lost) et Samuel Taylor Coleridge, La Chanson du vieux marin (The Rime of the Ancien Mariner).


Doré devient l’un des artistes les plus anglophiles de sa génération. Il représente les extrêmes de la vie sociale londonienne, de l’ombre des bas-fonds à la lumière des lieux où se délasse la haute société, dans Londres, un pèlerinage (London: A Pilgrimage) d’abord publié en Angleterre en 1872.


C'est une très belle réédition de cet ouvrage, due à Michel de L'Ormeraie, que je propose aujourd'hui à la vente. Les bibliophiles, en général, n'apprécient guère cet éditeur des années 1970 mais nous lui devons des versions à la fois abordables et fort bien présentées. Il est souvent frappé d'ostracisme à notre époque. Les raisons sont parfois confuses ! Un voyage à Londres pour le prix d'un billet TGV en deuxième classe… Pierre


ENAULT (Louis) & DORE (Gustave). Londres. Illustré de 174 gravures sur bois de Gustave Doré. Paris, Michel de l'Ormeraie, 1973. 2 volumes in-4. Reliure plein skivertex vert façon chagrin, plats encadrés de filets dorés, dos lisse avec caissons fleuronnés et pièce de titre sur fond noir, gardes colorées, toutes tranches dorées. Un mors très légèrement fendu. Belle réédition dans un état proche du neuf. Vendu