jeudi 22 août 2013

Les hors-séries de L'Illustration : aux marges de la bibliophile


Être " libraire d'anciens ", c'est faire le grand écart entre les ouvrages du XVIIeme et ceux du XXeme siècle, enfin pour moi… mais théoriquement, je ne m'égare jamais dans la recherche ou la collection de gravures ou de revues anciennes. Enfin presque !

Si les revues de l'Illustration encombrent aujourd'hui mon garage en raison de la fréquentation des vide-greniers dans le passé, je réserve cependant un sort bien plus enviable aux numéros spéciaux ou hors-séries de l'Illustration dont je possède quelques numéros, malheureusement relégués aux étagères basses de la librairie, faute de place…

En voici quelques uns choisis sur le thème de la locomotion : Ils sont pour l'essentiel en bon, voire très bon état et j'ai modulé le prix en fonction de la présentation extérieure. Je sais qu'il existe des collectionneurs qui ne résisteront pas à l'attrait de certains numéros, l'exemplaire sur le paquebot Normandie ayant ma préférence…

Illustration salon de l'Automobile :
1932 (20 €)
1930 (10 €)
1928 (15 €)
1929 (15 €)
1936 (20 €)
1947 (15 €)
1938 (15 €)
1948 (15 €)
1937 (20 €)
Illustration aéronautique :
1938 (20€)
1930 (Vendu)
1936 (10 €)
Illustration marine :
1935 (Vendu)
Il faudra ajouter les frais de port en chemin de fer… Pierre

mercredi 21 août 2013

Henri Lebasque par Paul Vitry : l'un des principaux peintres post-impressionnistes français…


Henri Lebasque (1865-1937) est  certainement l'un des principaux peintres du post-impressionnisme français. Né à Champigné, dans le Maine-et-Loire, Lebasque étudia d’abord à l’école des Beaux-Arts d’Angers avant de venir à Paris en 1886. Il débuta au Salon des Artistes Français en 1896, puis en 1903, il fonde avec Matisse et d'autres artistes le Salon d'Automne à Paris au Petit Palais. Il fut brièvement l’élève de Bonnat puis de Humbert, dont il fut l’assistant pour la décoration du Panthéon. Ses modèles sont bien souvent ses filles, sa femme et son fils.


Il fut peintre, coloriste et dessinateur. Sa rencontre avec Pissarro eu sur lui une heureuse influence. Exposant au Salon des Indépendants, il fit la connaissance de Maximilien Luce (1858-1941), de Georges Seurat et de Paul Signac (1863-1935). Il adopta le pointillisme durant quelques années (théorie qui utilise la couleur par fines touches complémentaires juxtaposées).


En outre, il entretient un échange intensif avec les jeunes peintres, en particulier Vuillard et Bonnard, fondateurs du groupe des artistes "Nabis" et "Intimistes". A Lagny, il peignit des paysages de la Marne de 1900 à 1906.


Magnifique exemplaire de ce rare ouvrage. Ce livre contient la liste des œuvres exposées en divers Salons depuis 1892.


Réservons aux amateurs, aux lecteurs qui l'aiment déjà, et que l'abondante série de reproductions groupées ici mettra à même de mieux connaître, de prononcer le jugement définitif qui le classera à son rang. Nous attendrons ce moment sans avidité, sans impatience mais avec le secret espoir que les tableaux que nous possédons de lui feront la fortune de nos héritiers… Pierre


VITRY Paul. Henri Lebasque par Paul Vitry, conservateur au musée du Louvre. Henri Floury éditeur et Galerie Georges Petit, 1928. Un volume grand in 4 de 226 pages comprenant 188 reproductions. Tirage limité sur beau papier. Broché à couverture rempliée illustrée. Autoportrait en frontispice. Cachet de bibliothèque personnelle. Envoi de Henri Lebasque. Une petite tache sur le premier plat. Très bel état général. Vendu

mardi 20 août 2013

Pharmacopée générale de Brugnatelli, 1811 quand même !


Contrairement à l'idée commune, la séparation des apothicaires d’avec les épiciers n’a été réalisée qu’en 1777 à Paris et les premières écoles de pharmacie, ancêtres des facultés de pharmacie, n’ont été crées qu’en 1803. Ce n'est qu'avec le début du 21eme siècle que ces deux grands corps professionnels ont, de nouveau, étés réunis… Je vous présente aujourd'hui un ouvrage de référence de L. V. Brugnatelli, médecin de Pavie, professeur de chimie générale et membre de nombreuses sociétés savantes dont la " Pharmacopée " fut l'outil de bases de nombreux potards du 19eme siècle.


Avant l’essor d’une discipline pharmaceutique autonome à la fin du XVIIIe siècle, l’apothicairerie était sous tutelle intellectuelle de la médecine universitaire, qui dispensait seule des enseignements de pharmacie. Les médecins qui rédigeaient des ordonnances de préparations, que l’on qualifie aujourd’hui de magistrales, se devaient d’avoir des connaissances approfondies sur la manière de préparer les médicaments. Ces connaissances étaient présentées dans des livres de recettes qualifiés d’" antidotaires " puis de " pharmacopées " au milieu du XVIe siècle. Ces ouvrages de référence, éminemment pratiques, étaient rédigés par des médecins ou des collèges de médecins, et avaient valeur de référence pour les apothicaires qui devaient se conformer aux indications qu’elles renfermaient.


L'apothicaire devait avoir quelques vertus qui se sont transmises au fil des siècles " Il doit être prudent, sage, de bonnes moeurs, modéré en ses passions, sobre, craignant Dieu, laborieux, vigilant, ayant appris la langue latine, qui lui est nécessaire pour pouvoir entendre les livres latins de son art et les ordonnances des médecins, et possédant un bien raisonnable pour subvenir aux dépenses considérables auxquels il est obligé. Il doit faire un apprentissage de trois ou quatre années selon les statuts, chez un habile Maître, après quoi il est bon qu’il voyage, et qu’il travaille dans les principales villes du Royaume, où la pharmacie se fait avec le plus de réputation pour se former dans la vacation et pour apprendre les différentes manières d’opérer… "


En écrivant ces lignes, je me demandais si ce sage conseil de l'époque était encore respecté " Je conseillerais à tous les jeunes médecins d’aller voir opérer les apothicaires, et de mettre la main à l’oeuvre, au moins pendant une année, avant que d’entreprendre de pratiquer, ils seraient bien plus sûrs de leur fait quand il s’agirait de prescrire leurs ordonnances " ! Ce principe judicieux a d'ailleurs été mis en place, dès la création des écoles, chez les vétérinaires français qui sont médecins mais aussi pharmaciens…


Un des plus illustres détracteurs des apothicaires reste Molière qui disait : J’ai connu un homme qui prouvait par bonnes raisons qu’il ne faut jamais dire : « une belle personne est morte d’une fièvre et d’une fluxion sur la poitrine », mais : « elle est morte de quatre médecins et de deux apothicaires ! ». Les temps ont bien changé depuis. 


L'ouvrage que je présente est en deux tomes reliés en un seul volume. Présentant des signes d'usure, il a été habilement restauré par votre serviteur… Il vient s'adosser à l'excellent recueil de recettes précieuses que j'ai présenté la semaine dernière et qui permettra aux  pharmaciens qui n'utilisent pas de génériques de faire des miracles  ;-))  Pierre


BRUGNATELLI (L.V.). Pharmacopée générale à l'usage des pharmaciens et des médecins modernes ou Dictionnaire des préparations pharmaceutico-médicales simples et composées les plus usitées de nos jours, suivant les nouvelles théories chimiques et médicales. Ouvrage traduit de l'italien, avec des notes, par L.A. Planche. Paris, D. Colas, 1811. 2 tomes en 1 volume in-8. Reliure pleine basane brune, dos lisse. 379 pp. + 360 pp. Complet du frontispice-portrait de l'auteur et des 5 planches dépliantes. Des rousseurs et des mouillures claires. Défauts de reliure restaurés. 65 € + port

lundi 19 août 2013

Les collectionneurs, les amateurs et les curieux par Maurice Rheims.


Collectionner tableaux, meubles, objets précieux, bijoux, argenterie, tapis, livres, timbres, monnaies, photographies… Voilà un vice exquis, un exercice diabolique plein de gaieté. Si l'argent et la spéculation tiennent une grande place dans l'aventure, les tribulations du temps qui passe s'ingénient à modifier les règles d'un jeu ou flair, savoir et hasard s'entremêlent.


Comment évolue la mode ? Y a-t-il des valeurs sûres ? Est-il possible de s'enrichir en collectionnant des objets ? Et quelle est l'essence d'une passion qui pousse les amateurs à traquer, accumuler les instruments, si singuliers, si divers, de leurs désirs et de leurs rêves ?


Nul mieux que l'auteur, Maurice Rheims, ne peut répondre à ces questions. Il nous invite à un voyage dans la beauté, emprunte ici la voie royale des chefs-d'œuvre, là des chemins buissonniers foisonnant d'anecdotes, de portraits savoureux d'artistes et de collectionneurs. Il nous fait également partager ses réflexions sur le mouvement du goût, au fil de la vie étrange des objets… et des hommes.


Maurice Rheims, Académicien, écrivain, a été un grand commissaire-priseur de son époque. En 1973, il dépose le marteau d'ivoire dont il avait ponctué des centaines de milliers d'enchères. Six mois plus tard, incapable de résister, il dresse le catalogue de la succession Picasso, et chiffre quelque 120.000 objets. A sa façon aussi amusée que lucide, il n'a cessé d'explorer les multiples facettes du monde l'art et nous livre, ici, sa vue sur une " sociologie de la curiosité ".


Le monde des commissaires-priseurs a évolué depuis la première édition de cet ouvrage et Internet y est pour beaucoup. Les modes ont aussi changé depuis ; on le voit avec l'attrait nouveau pour les autographes. Il n'empêche que les amateurs, les curieux et les collectionneurs ne changent pas… Vous vous retrouverez peut-être dans l'un d'eux ?  Cet ouvrage est idéal pour terminer cette période estivale propice à la réflexion. Pierre


RHEIMS Maurice. Les Collectionneurs : De La Curiosité, de La beauté, Du Goût, de la Mode de La Spéculation. Paris, Ramsay, 2002. Grand In-8. Couverture souple illustrée.  364 pages. Bon état. Vendu

dimanche 18 août 2013

L'image du livre ancien est excellente ! Nous devrions l'utiliser pour vendre nos livres...



Cette réflexion tapée du bon sens m'est venue, hier midi, en déjeunant à la terrasse de la brasserie proche de ma boutique. Je passe brièvement sur mon menu : Un demi pression Paulaner, saucisse grillées sur barbecue, grosse pomme de terre en robe de chambre, salade, petit pot de sauce béarnaise.

C'est en regardant le set de table qui me servait de nappe que j'ai constaté que le livre ancien véhiculait une image propre à mettre en valeur un produit ciblant le bon goût, l'affectif et le luxe... Si, comme moi, vous avez d'autres publicités où le livre ancien est utilisé à des fins marchandes, je vous demande de m'envoyer un petit cliché pour en faire profiter les lecteurs de l'été ;-))  Pierre

Un autre exemple envoyé par le frère Philippe de l'Abbaye de Frigolet...


samedi 17 août 2013

Résumé de l'histoire de l'État et Comté souverain de Provence par Rouchon-Guigues.


Pour ceux qui n'auraient pas l'intention d'acquérir l'ouvrage que je propose aujourd'hui à la vente, voici un petit résumé de ce Résumé de l'Histoire de la Provence. Étienne Charles Rouchon-Guigues (1795 - 1861) est un savant jurisconsulte, administrateur des hospices, membre (1825) puis président (1840) de l’Académie d’Aix. Il écrivit un éloquent (et inutile) plaidoyer en faveur de la vieille Constitution provençale détruite par l'Assemblée Nationale en 1789. En 1840 paraît son Traité de la Politique, où il fait preuve d'une prodigieuse érudition, prélude d'un grand ouvrage qui ne verra jamais vu le jour...


Guillaume Ier de Provence dit le Libérateur, fils de Boson, comte d'Arles et de Constance de Provence, devient, grâce à la notoriété acquise par sa victoire sur les Sarrasins à la fin du Xeme siècle, un véritable chef d’état. Le comté de Provence devient un état dont le souverain est partout présent, empêchant l’implantation de puissants vassaux. Toutefois, l’autorité des comtes sur la Provence orientale (Nice et Grasse) ne s’imposera que très progressivement.


En 1112, Raymond Berenger III, comte de Catalogne, devient, par son mariage avec Douce (dernière descendante de Boson), comte de Provence. En 1137, la Catalogne est réunie au royaume d’Aragon, qui acquiert le Roussillon en 1172. Les Rois d’Aragon ont la volonté de créer un état au nord de la Méditerranée, de l’Aragon à la Provence. Mais, en 1213, lors de la croisade contre les Albigeois, les troupes du roi de France battent à Muret le roi d’Aragon allié au comte de Toulouse. Cette défaite ruine les ambitions de l’Aragon au nord et installe solidement les rois de France dans le sud du royaume.


En 1246, Béatrice, fille du comte catalan Raymond Berenger V, épouse Charles I d’Anjou, frère de Saint-Louis, qui devient comte de Provence. En 1266, Charles I d’Anjou conquiert le royaume de Naples. La Provence devient un territoire essentiel dans la politique méditerranéenne des Angevins. En 1381, la reine Jeanne meurt sans enfant. Une guerre de succession oppose les deux héritiers qu’elle a successivement choisi : Charles de Duras, qui conservera Naples, et Louis I d’Anjou, qui gardera la Provence mais amputée de la région niçoise (devenue savoyarde en 1388). En décembre 1481, Charles III, successeur de notre bon Roi René de Tarascon (ou d'Anjou, c'est selon…) en mourant, fait de Louis XI son héritier. Charles VIII succéda à Louis XI en 1483 et, en 1486, les États de Provence lui demandèrent l'union perpétuelle, accordée par le roi de France par lettres patentes rédigées en octobre 1486. Ce processus est souvent présenté de façon simplifiée comme l'intégration au domaine royal.


En droit, pourtant, le Comté de Provence restait indépendant, et l'est resté jusqu'à la Révolution française. Mais, s'il conserva bien des droits spécifiques, il fut de fait annexé par la France, bel et bien gouvernée et organisée comme une province française. Par ailleurs, il ne faut pas négliger le fait que les rois de France, y compris les monarques absolus comme Louis XIV, étaient tenus de respecter les droits et coutumes locaux. La Provence, à l'instar de la Bretagne, bénéficiait d'un certain degré d'autonomie, jalousement défendu, notamment en matière fiscale, même si l'indépendance relevait plus de la fiction juridique que de la réalité.


En 1789, encore, les États de Provence rappelèrent qu'ils étaient indépendants de la France. Ce fut justement le baroud d'honneur de notre auteur du jour qu'on dénomme, aujourd'hui, pour cette raison : " Le dernier des patriotes provençaux ". Pierre


ROUCHON-GUIGUES. Résumé de l'histoire de l'État et Comté souverain de Provence. 2me édition revue et augmentée de l'éloge de l'auteur. Aix. Makaire. 1863. Un volume in-8 (14 x 22).  Broché, couverture imprimée. [2ffn.ch], XVIII, 373pp. Eloge de l'auteur par M. Saudbreuil. Livre premier et préliminaire : Etablissemens politiques antérieurs à la formation du comté de Provence, Livre deuxième : Comté de Provence depuis sa formation jusqu'à l'union avec la France, Livre troisième ; Comté de Provence depuis l'union avec la France. Petite restauration première de couverture. Peu de rousseurs. Bel état. 85 € + port

vendredi 16 août 2013

Recueil de secrets et procédés précieux par M. H***...


Un élixir de longue vie (pour 45 €, rien de plus), rien de moins ! C'est en page 142.

Si ce recueil aborde plusieurs secrets de guérison ayant trait au médical (la sciatique, la goutte et le rhumatisme, blanchir les dents, guérir la surdité, etc…), l'essentiel des recettes nous renseigne sur une foultitude de procédés culinaires, de méthodes de conservation ayant trait à la vie courante. Et ces procédés sont très ingénieux, je vous l'assure.


Et comme la bonne santé est indissociable du bien vivre, on apprendra aussi comment traiter le vin, graisser ses souliers, faire de l'eau de Cologne ou s'assurer qu'un chien qui vous a mordu n'a pas la rage. Tels sont quelques uns des très nombreux secrets que nous confie cet auteur anonyme dont on sait cependant qu'il fut préparateur de Chimie, ce qui n'est pas rien et qui pose son homme…


La dernière partie de l'ouvrage nous permet d'accéder à  un très utile glossaire.


On le voit d'emblée, ce recueil que l'auteur différencie dans sa préface des nombreux ouvrages de charlatan qui  sont distribués par les colporteurs, relève en réalité d'une double tradition : celle de la " médecine sans médecin " et celle des " recueils de secrets ".


D'ailleurs, que faut-il entendre par auteur ? Dans quelle mesure les recettes rassemblées par H***  sont-elles tirées de son propre fonds ou transcrites d'autres recueils ? Autrement dit, renferment-elles une part d'originalité et dans quelle proportion ? Pour répondre à la question, il faudrait comparer le contenu ce recueil et celui des autres du même genre, qui pullulèrent, imprimés et manuscrits ; le comparer aussi avec la médecine savante (la pharmacopée de Bauderon) que j'ai déjà présenté sur le blog,  ici


L'ouvrage se termine par le secret pour former une somme de sept francs avec une pièce de quarante sous. J'aurais préféré le secret de la transformation du cuivre en or (il nous dit cependant comment reconnaitre les amalgames frauduleux)... Pierre


H*** (M. Ex-Préparateur de Chimie). Recueil de secrets et procédés précieux. Toujours utiles et souvent nécessaires. Marseille, Imprimerie de Terhasson, rue Vacon. 1838. Un volume in-12 (19,5/12). Broché à couverture illustrée. Original et précieux. Très intéressant. 45 € + port