jeudi 15 août 2013

15 aout : C'est aussi la Foire à la Brocante de l'Isle sur Sorgue...


Boutis provençaux, vieilles jarres patinées, commodes, vaisselle ancienne, meubles, pièces rares ou coup de coeur. Avec la Foire du week-end de Pâques, et la Foire à la Brocante d'août, l'Isle sur Sorgue reste le rendez-vous des chineurs et des collectionneurs.



Cette foire qui débuta en 1966 avec 14 stands regroupe aujourd'hui plus de 200 exposants qui investissent toute la ville.


Les antiquaires sédentaires regroupés en une dizaine de villages et en différents pôles comme le pôle d'Art contemporain, le pôle du Livre Ancien et le pôle Design / Déco,  participent à la Foire et ouvrent grandes leurs portes pour l'occasion, d'ordinaire ouverts le week-end. Ne courrez à cette brocante, toutefois, si vous n'êtes pas intéressé que par les livres anciens ! Seuls, trois exposants professionnels (mais pas des moindres) sont présents.


L'année dernière, mes confrères avaient vu débouler la brigade des fraudes qui avait épinglé la majorité d'entre eux pour non adéquation de la législation avec la tenue de leur stand : oubli du cahier de police, ouvrages non répertoriés dans le cahier et en particulier les livres de poche (je ne rigole pas), présence de l'épouse sur le stand sans certificat de déclaration à l'Urssaf, etc... Ces tracasseries et les amendes qui sont tombées subséquemment ont provoqué le boycott presque total des libraires d'ouvrages anciens


Une belle chasse aux trésors  cependant ( un ex-libris crée par Louis Jou) et une occasion de sortir notre dernière voiture ! Pierre

mercredi 14 août 2013

L'argot par Devaux, Boudard, Etienne et ses poteaus...


La définition courante de l'argot est une définition historique : l'argot y est caractérisé comme la langue des malfaiteurs et des mendiants utilisée comme un langage codé. Il est clair que, si elle s'applique bien aux origines de l'argot, cette définition ne recouvre pas la multiplicité des formes que celui-ci a pu prendre au cours des siècles.


On constate, en effet, que ces formes se développent dans toutes les communautés qui, en se forgeant un langage personnel, utile ou amusant, cherchent à affirmer la solidarité de leurs membres ou, plus exactement, la connivence des initiés, qu'il s'agisse de corporations professionnelles (maçons, merciers, forains, comédiens...) ou de groupements temporaires (étudiants, soldats...). Mieux vaut donc parler d'argots que d'argot !


Encore faut-il ajouter qu'à  notre époque contemporaine, il tend à se créer ce qu'on peut appeler un " argot commun " qui puise ses sources dans la diffusion à l'infini d'un langage véhiculé par Internet. Notons que tout cela n'est pas sans compliquer le problème de l'authenticité en argot. Qu'est donc devenu l'argot marseillais au pied des cités marseillaises ? Quels que soient leurs caractères sociologiques, tous les argots se définissent, linguistiquement, par la création d'un lexique qui s'intègre partiellement mais parfaitement dans le vocabulaire commun et, par ailleurs, sans le perturber phonétiquement.


En argot, les créations de termes sont très rares. On recourt plutôt à des déformations de mots, notamment par ajout, substitution ou suppression de suffixes (parigot, boutanche, occase), par ellipse d'une partie de mot (feu pour arme à feu), ou encore par l'utilisation de codes (loucherbem par exemple). On pratique aussi des glissements de sens (portugaises pour oreilles, flûtes pour jambes) dont l'origine est anatomique mais, le plus souvent, les emprunts proviennent de langues étrangères ou de dialectes…Tout cela aboutit à l'argot !


Les argots ne sauraient donc être confondus avec une seule langue populaire, mais il faut souligner qu'ils vivent en perpétuelle osmose avec elle, ce qui a pu favoriser la confusion, puisque la langue commune sert de référence constante aux substitutions argotiques qui doublent le vocabulaire courant. L'argot donne donc vie à une prolifération de synonymes qui enchantent l'oreille. En voici un exemple célèbre avec un extrait d'une fable de La Fontaine revue par Desnos :

La fourmi n`est pas prêteuse:
C`est là son moindre défaut.
« Que fassiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle  à cette emprunteuse.
Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
Vous chantiez ? J`en suis fort aise !
Eh bien, dansez maintenant. »

La fourmi chanstique du coup
Vu qu`elle est arquinche comme tout :
" T`es follinque, qu`elle lui répond.
T`f`frais mieux d`aller au charbon.
… Et c`été, qu`est qu`t`as fichu ?
Ben, j`goulais la chansonnette.
Tu goulais, eh ben, p`tite tête,
Maintenant tu peux gambiller
L`soir à l`Armée du Salut.
A la r`voyure, eh, locdu ! "


DEVAUX (Pierre). Le livre des darons sacrés. (La bible en argot). Editions L'Humour des Temps, Paris. 1960. Cartonnage éditeur. 13.5x22 cm. 271 pages. Préface de Jean Cocteau. Dessins de Pierre Devaux. Avec un Glossaire de l'argot. Bon état. 28 € + port

BOUDARD (Alphonse) & ETIENNE (Luc). L'argot sans peine. La méthode à Mimile. Pour parler en peu de temps un argot coulant et naturel… La jeune Parque, 1970. Un volume in-12 de 307 pages. 13 € + port

mardi 13 août 2013

Louis Jou, Charles Galtier et la Provence...


Bucolique : Relatif à la vie des paysans, à la vie à la campagne ou à la poésie pastorale.
Baussenque : Relatif aux Baux de Provence
Bucoliques baussenques. Pourquoi ce titre alors que Les Baux ne paraissent même pas dans les évocations de paysages et de souvenirs si ce n'est dans les images qui accompagnent le texte (très belles images de Louis Jou, d'ailleurs) ? C'est que la présence des Baux domine la vallée et règne sur les Alpilles… Ce chaos de roches, ce spectacle de ruines, ce plateau, vaste terrasse qui commande les oliviers, la Crau et la mer, s'imposent toujours à vous quand vous descendez dans notre Provence mistralienne.


Charles Galtier (1913-2004) fut instituteur dans sa commune natale, Eygalières. Il se livra à de nombreuses recherches ethnologiques, devint conservateur du musée Mistral de Maillane et chargé de recherche au C.N.R.S. Son œuvre, extrêmement abondante et couvrant plus d'un demi-siècle, comprend des recueils de contes L'erbo de la routo 1953 ; Tres conte pèr Calendo,1965 ; Conte dis Aupiho, de Crau e de Prouvènço, 1970), des nouvelles (le Nid de calao, 1980), des poésies (Lou creirés-ti ?, 1949 ; Sèt saume de la sereneta 1970), un roman (le Chemin d'Arles, 1984) et divers livres descriptifs sur la Provence.


[Glané sur André Feuille] Charles Galtier a rencontré Louis Jou pour la première fois aux Baux en 1945 à l’occasion d’un article qu’il lui consacra. Après avoir lu ses poèmes dans la revue Marsyas, dirigée par Sully-André Peyre, Jou souhaitait depuis plusieurs années faire un livre avec le jeune auteur. Ce projet prit forme en 1952. Lorsque Charles Galtier demanda à Louis Jou quel genre de texte il désirait, celui-ci répondit : 


- C’est toi le poète, tu fais ce que tu veux. (Il disait « tu » et « vous » dans la même conversation, parfois dans une même phrase.)
- Mais encore ?

- Je voudrais une vingtaine de lignes pour remplir la page sous un de mes bois. Un bois, un poème à chaque page. Je fais le bois, toi, le poème, on voit après ce qui va ensemble. Ce qui ne va pas on le jette !


Pour faire cadrer, il fut nécessaire, à plusieurs reprises, de modifier le texte. À ce sujet, Jou écrivait à Galtier le 23 avril 1953 : " Ci-joint deux essais de composition de vos poèmes. (...) Voilà le volume des poèmes à fixer. Qu’ils soient de cette dimension, c’est très nécessaire. Il faudra ou couper ou allonger. C’est un boulot, mon vieux, mais c’est cela qui compte dans la vie. Que les Dieux vous inspirent et amicalement à vous. ". Composition et tirage furent effectués simultanément, de telle sorte, que la composition commencée en avril 1953 fut terminée fin mai 1954, l’achevé d’imprimer étant du mois de juin suivant.


Ce livre est un des plus parfaits de la dernière période de Jou, et Charles Galtier, garda toute sa vie à "l’artisan du livre" une profonde gratitude pour la joie qu’il lui donna en l’associant à son œuvre.


Louis Jou est parvenu à faire du livre typographique l'un des symboles de l'histoire du livre. " Maître des caractères, il dessine et fond ses propres caractères. Maître de la mise en page, il donne des indications précises au fabricant de papier sur le dosage des pâtes ; et il crée, ici, un rouge orange dans les encres que l'on n'a jamais pu reproduire. Dessinant, gravant lui-même les illustrations et ornementations, il parachève avec une presse à bras la construction totale de ses livres. Pierre


GALTIER (Charles). Les Bucoliques baussenques. Les Baux : Les Livres de Louis Jou, 1954. Un volume  In-4° (250 × 330). [6], III, [3], 52 feuilles, [3]. Tirage : 135 exemplaires dont 10 sur japon nacré, numérotés de I à X ; 50 sur vergé Guarro, de 1 à 50 ; 75 sur papier à la forme du Moulin Richard de Bas, de 51 à 125 ; 10 HC, marqués de A à J. Le notre Hors commerce N° J. Broché à couverture rempliée et illustrée. Bois gravé en pleine page, en couleurs (brun, ocre, rouge) : écusson aux armes des Baux dans un large encadrement de feuilles d’acanthe ; sur le deuxième plat, marque de Louis Jou. Deux feuillets blancs, faux titre en noir sur motif gravé. Page de titre : Dans un large encadrement de feuillage, Bucoliques Baussenques, en noir ; une vignette rouge ; Les livres de Louis Jou, en noir. - Préface (3 p.) de Sully-André Peyre : bandeau et lettre ornée. Deuxième faux titre avec bois gravé. Texte : cinquante-deux poèmes en prose tirés en belle page (verso blanc, non numéroté) ; chacun de ces poèmes est surmonté d’un bois gravé (100 × 150) formant bandeau; tirage en noir. Bois gravé en fin d'ouvrage. Colophon également surmonté d’un bois. La suite de bandeaux consacrés au pays baussenc est le seul exemple qu’ait donné Jou d’illustration d’un livre exclusivement avec des paysages. Dix-huitième volume de la collection " Les Livres de Louis Jou ". Des rousseurs parsemées. Vendu

lundi 12 août 2013

L'univers des formes. Un musée de papier...


L'époque était aux grands travaux… Tandis que Malraux travaillait à son " Univers des formes ", Queneau travaillait dans les bureaux voisins au colossal projet de " L'Encyclopédie de la Pléiade ". « Il appartient à l'histoire de donner aux œuvres toute leur part du passé, mais il appartient à certaines images d'en révéler l'énigmatique part de présent, sans laquelle l'histoire de l'art deviendrait sœur de celle du costume ou de l'ameublement. » (André Malraux, 1960)

Je vous propose à la vente, aujourd'hui, quelques exemplaires de cette première collection.


L'Univers des formes, dont le dernier titre a paru en 1997 dans sa version originelle, est une histoire universelle de l'art en 42 volumes, reliés et abondamment illustrés confiés à d'éminents scientifiques. Collection de prestige international, elle suit un plan mis au point par André Malraux — dont elle constitue la plus importante réalisation éditoriale, en prolongement de ses propres essais sur l'art (informations glanées sur le site de Gallimard).


Les premiers contrats de la collection, lancée en 1960, sont signés dès 1955 et un accord d'exploitation en commun conclu avec Hachette en 1956. Elle est alors dirigée par André Malraux et Georges Salles, directeur honoraire des Musées de France ; mais l'inventeur du Musée imaginaire, bientôt ministre d'État, en était le seul instigateur. Il en définit l'esprit et le plan, systématique bien que l'ordre de parution des volumes ne suivît pas la chronologie historique, et en imagina la forme éditoriale.


L'image — son choix, son élaboration et son traitement — intéressait au premier chef Malraux. Ses écrits sur l'art, publiés pour la plupart entre 1947 et 1954, faisaient déjà une grande place à la documentation iconographique, savamment mise en œuvre. Directeur de collection, Malraux ? Disons plutôt d'un musée. D'un musée de papier…


À la mort de Georges Salles en 1966, André Parrot, conservateur en chef des Musées de France et directeur scientifique de la collection, en prend la codirection. Il est rejoint par Paul-Marie Duval, professeur au collège de France et Hubert Landais, directeur des Musées de France en 1977, suite à la disparition de Malraux. En 1983, ce comité réunira en outre Albert Beuret et Pierre Quoniam, inspecteur général des Musées de France. Une société indépendante, La Photothèque, réunit de 1964 à 1978 l'iconographie des volumes ; ses services seront également sollicités pour Les Voix du silence et la Métamorphose des Dieux que je propose aussi à la vente, en boutique.


COLLECTIF. L'UNIVERS DES FORMES. Volumes reliés pleine toile, présentés sous jaquettes illustrées. Foramt in-4 (212 x 270 mm). Naissance de l'art grec vendu— Grèce archaïque (620-480 avant J.-C.) vendu— Grèce classique (480-330 avant J.-C.) vendu— Grèce hellénistique (330-50 avant J.-C.) vendu— Les Celtes — Sumer — Assur — Les Andes (vendu) — Les Phéniciens. Très bel état. Chaque ouvrage est proposé à 35 € + port.

samedi 10 août 2013

France Maritime: pour la beauté des gravures…

Bienvenue à bord de cet article…
Les livres maritimes ont bercé ma jeunesse. Les plus anciens m'étaient cependant inaccessibles et je collais mon nez aux vitrines des rues de Saint Malo, dans un froid humide (c'était avant le réchauffement de la planète), pour admirer les magnifiques lithographies accrochées aux cimaises des boutiques, dans un fatras de matériel d'accastillage de pacotille qui servait d'appât pour le touriste détrempé … J'habitais alors au bord de la mer.


Mystérieuse mais bien vivante, souriante ou hostile, pérenne mais fragile, nourricière, richesse des nations mais aussi source et théâtre de leurs conflits, la mer est omniprésente dans l’esprit des peuples qui la bordent.


Au cours des siècles, elle a suscité la curiosité et le génie humain. Les hommes ont appris à la côtoyer et à en connaître les détours, et pour l’apprivoiser et la dominer, ils ont inventé et réalisé des machines et des instruments avec lesquels ils la sillonnent ou l’exploitent. Elle sait aussi imposer ses limites et susciter un respect qu’ont chanté poètes et écrivains, peintres et musiciens. Dans la pluralité des disciplines de la mer qui y sont représentées, les ouvrages sur les bateaux nous offrent le plus beau florilège de gravures qui soit.


L'ouvrage que je propose aujourd'hui à la vente en est un des plus magnifiques exemples. Si le texte est imprimé sur papier ordinaire, beaucoup d' illustrations sont présentées sur beau papier. Ce ne sont pas les planches de L'encyclopédie méthodique mais leur futur propriétaire n'aura pas à en rougir…

 














Il est vraisemblable que cet exemplaire soit une édition parallèle de celle d'Amédée Grehan qui présentait sa France Maritime à la même époque. Si mes indics ne se sont pas trompés, cet ouvrage, dans son intégralité est en trois tomes distincts.

 














Les articles concernent l'histoire, la géographie, la construction navale, l'histoire naturelle, mais l'ouvrage comporte aussi des biographies de marins célèbres, ainsi que quelques fictions relatives au monde maritime. On relève les signatures d'Edmond Corbière, Jules Lecomte, Chateaubriand, Fulgence-Girard, Henry Martin et bien d'autres.. Pierre


COLLECTIF. France Maritime. Paris, Imprimerie de Decourchant, sd (1850). 1er volume. Un volume petit in-4. Demi basane fauve. 280 pages. Nombreuses illustrations in et hors texte sur bois et sur acier. Texte sur deux colonnes. Des rousseurs qui peuvent gêner le lecteur mais pas le connaisseur de ce type d'ouvrage d'éducation populaire… Vendu

vendredi 9 août 2013

Le Magasin Pittoresque : la revue d'un siècle pittoresque…


Il y en a dans tous les greniers de nos grand-mères… Ils servent à caler un vieux meuble, ils s'entassent dans la poussière, les exemplaires du dessus de pile ont parfois pris la pluie par les fuites du toit, les exemplaires posés à même le parquet sont souvent ornés de trous de vers marginaux, d'autres présentent des rousseurs clairsemées ou des mouillures qui ne gênent pas la lecture ; et pourtant, quand nous les retrouvons, nous avons toujours l'impression de découvrir un trésor ! Le Magasin pittoresque est, en effet, un trésor d'information.


Je ne vous en propose qu'un seul à la vente aujourd'hui, dans une jolie reliure, et comble de luxe, à toutes tranches dorées. Donc, une revue qui savait se hisser au niveau des livres de prix !  Pour mes lecteurs collectionneurs, sachez néanmoins que je possède aussi, dans d'autres types de cartonnages les années : 1834 -1836- 1837- 1838- 1840- 1844- 1845- 1846- 1847- 1848- 1849- 1850- 1852- 1853- 1854- 1855.


Le Magasin pittoresque est une imitation du "Penny-Magazine",  revue fondée à Londres par l'historien Charles Knight. Au moment du plein succès des journaux illustrés, cette revue (1833-1912), lancée par Édouard Charton (1807-1890) se proposait de populariser et de répandre auprès d'un large public une foule de connaissances et de notions instructives dont des tableaux, des relations de lieux et d'évènements du monde entier.


Édouard Charton, écrivain, homme politique, avocat et saint-simonien publia le "Magasin pittoresque" en 1833, merveilleuse petite revue pour les curieux de toutes choses. Il fonda aussi "L'illustration" en 1843, "L'ami de la maison" en 1856, "Le tour du monde" en 1860 et "La bibliothèque des merveilles".


Cinquante deux livraisons par an formaient le recueil annuel de la revue. La seule prétention, le but principal des auteurs de cette revue, était "d'enrichir de distractions pures et instructives les loisirs de la vie intérieure, et du foyer domestique, riche ou pauvre." Ces magasins au contenu surprenant, aux articles inattendus, aux illustrations élégantes, ouvraient l'ère des journaux éducatifs de lecture et de récréation.


On peut affirmer que le 19ème siècle était étrangement "pittoresque" - le titre est donc très bien choisi - tellement pittoresque que dans bien des revues de cette époque, le pittoresque et le romantisme ne font qu'un ! Il faut, de plus, rappeler la notion de distances n'était pas encore modifiée par les moyens de locomotion modernes et le moindre petit village à quelques coudées des grandes villes recelait une quantité de particularismes régionaux propres à éveiller la curiosité.


Cette collection est illustrée de magnifiques gravures sur bois. Le Magasin Pittoresque s'appliqua à mettre en valeur le talent des graveurs français, choisis parmi les meilleurs. En effet, tous les graveurs de valeur y sont représentés au même titre que les plus célèbres illustrateurs. Aussi le Magasin Pittoresque est-il resté, pour le connaisseur , le recueil le plus complet , le miroir le plus fidèle de la gravure sur bois en France , de 1833 aux environs des années 1870 . Pierre


CHARTON (Edouard). Le magasin pittoresque publié depuis sa fondation sous la direction de  Edouard Charton. Paris, librairie classique et d'éducation. A. Pigoreau, successeur, 13, quia de Conti, XXXIIIeme année, 1865. Cartonnage éditeur, aux Armes du Pensionnat de Mlle Pastorel à Avignon. Percale rouge estampée, triple filet noir sur les deux plats, motif floral en écoinçon, dos lisse orné de motifs en caisson et titre doré, toutes tranches dorées. Très bel état intérieur et extérieur. 55 € + port

jeudi 8 août 2013

Des livres, pour que ne disparaisse pas le souvenir...


LA TRAGÉDIE DU BOIS DU CAZIER de 1956.

Aujourd'hui 8 août, on commémore le funeste anniversaire de la catastrophe minière du BOIS DU CAZIER (dans la région de Charleroi) causée par l'incendie du puits d'extraction, qui fit 262 victimes sur les 274 hommes présents dans la mine pour la pause du matin.


A première vue, la relation de cet événement avec la bibliophilie n'est pas évidente, mais c'est  l'occasion de vous présenter un registre d'exploitation minière d'un siège d'extraction de la région Liègeoise. Il s'agit du dernier registre des anciens charbonnages du Gosson-Kessales (entité de Seraing en province de Liège). 

Pour les sièges des Kessales, des Bons-Buveurs, de Xhorré et des Makets, le registre reprend le nombre de mineurs occupés journellement par catégories (abatteurs, autres personnels du fond, personnels de surface) ainsi que leurs rendements respectifs et le nombre de berlaines (wagonnets de charbon) sortis. 

On y trouve des annotations concernant la vie du charbonnage (grèves et motifs des grèves), les dates de fermeture des divers sièges jusqu'à la fermeture définitive (Kessales), le 31 juillet 1958,  alors que le 20 juin on protestait contre les bruits qui couraient à ce sujet : la mauvaise fois et la langue de bois ne datent donc pas d'aujourd'hui.

On y mentionne également, de manière fort laconique, la catastrophe du Bois du Cazier à Marcinelle le 8 août 1956.


Cet imposant Registre de 53 x 40 cm est recouvert de toile noire, comme il sied à une exploitation charbonnière.

Si comme René, vous avez un petit texte de présentation d'un événement qui vous a touché, d'une visite qui vous a plu, d'un libraire que vous avez rencontré, d'un ouvrage dont vous voulez faire la promotion, sachez qu'il y a de la place pour vous sur le blog . Je vends des livres mais pas que  ;-))  Pierre