jeudi 7 juin 2012

Méthode de plain-chant et son antiphonaire…

La musique religieuse, qui rajoute un si grand éclat aux solennités du culte catholique, a perdu un peu du caractère sacré que lui assignaient ses antiques traditions. Il faut attribuer cette évolution à la disparition du plain-chant, base de la musique religieuse latine. De la fin de l’Antiquité romaine jusqu’aux années 1960, le latin fut, en effet, la langue sacrée et liturgique utilisée en occident par l’église romaine pour ses chants de prière. On appelait alors ce chant : Le plain-chant.

Le Plain-Chant a une allure grave, comme il convient aux pensées qu'il exprime, un peu lente afin que tous puissent suivre et réunir leurs voix ; toujours calme, il ne réveille pas les sens. Il a des accents doux, suaves, onctueux, tristes, humbles, énergiques, pour exprimer tour à tour la prière, l'espérance, l'amour, la compassion, la crainte et l'admiration.

Je ne suis pas là pour dénoncer mais je peux vous dire que j'ai assisté (disons, dernièrement) à une messe de 1ere communion où le choix de mélodies contemporaines, accompagnées d'instruments désaccordés, chantées par une chef de chœur enrouée et entonnées en dehors de toute tonalité connue, si elle engendre un sourire bienveillant sur les lèvres des paroissiens ne favorise pas la concentration ;-))












Le Plain-chant est un genre musical sacré qui répond à quelques contraintes : Il se chante souvent a cappella, c’est-à-dire sans accompagnement instrumental, de façon monodique, c’est-à-dire à une seule voix, il est non polyphonique, et suit une rythmique verbale sans division ni mesure. Il est souvent confondu avec le chant grégorien qui lui a emprunté ses règles.

Le terme est l'équivalent français du latin "Cantus Planus". Ici, le terme plain (à ne pas écrire « plein ») est de la même famille que plaine, et désigne quelque chose qui n'a pas de rupture, d'accident ou d'altération. L'écriture musicale nécessite une certaine habitude. La portée ne comporte que 4 lignes avec des notes à forme nettes (géométriques) pour être faciles à situer dans les lignes et interlignes. Les nuances sont peu exprimées et nécessitent un apprentissage oral du chef de chœur.

Comme on le voit dans la caricature d'accueil du billet, il est aisé de se moquer du plain-chant, tant par ses exécutants que par la démesure de la taille des "antiphonaires" en usage. C'est la fameuse "édition vaticane" qui fait autorité, présentant à travers ses pages des notes carrées à peine plus enrichies que les partitions médiévales ! Entre la monotonie du plain-chant et la concurrence de la musique religieuse de type lyrique italien, il n'est pas étonnant que les officiants préfèrent, aujourd'hui, la polyphonie pour les grandes cérémonies.

Le plain-chant est souvent chanté bas et à l'unisson. Il faut donc une excellente acoustique pour exprimer ce plain-chant. La place de la chapelle musicale est donc derrière l'autel, et elle n'est pas visible. C'est la hauteur architecturale du chœur qui amplifie la voix.

L'aménagement de l'église est alors révélateur : Face au monumental lutrin, on voit les tabourets des enfants puis les pupitres des hommes. Les musiciens, quand il y en avait, étaient placés dans le fond du chœur. L'endroit étant fermé ou semi fermé, le son était obligé de monter vers la voûte de l'abside qui forme parabole, avec l'excellent résultat qu'on imagine. Quelques mètres plus en avant, l'effet parabolique ne se produisait plus, et le son ne se concentrerait pas vers la nef.

Bon ! Pour la méthode de plain-chant en elle-même, je vous renvoie à l'ouvrage que je propose à la vente et à un graduel (souvent qualifié d'antiphonaire décoratif) qui s'y attache pour vous entraîner ;-)) Pierre


FEILLEE (M. de La). Méthode de plain-chant augmentée par un eleve de M. De La Feillée. Nouvelle édition. A Avignon, chez Chambeau fils, 1827. Reliure pleine basane marbrée, dos lisse et lettres dorées, tranches jaspées. 532 pp in-8 dont un grand nombre de chants liturgiques classiques en fion d'ouvrage. Quelques rousseurs claires. Bel état. Vendu

MISSAE PRO DEFUNCTIS, CANTUS COMMUNES IN MISSA, ET CANTUS DIVERSI. A Toulouse chez Auguste Manavit, 1839. Reliure pleine basane, dos à nerfs. 128 pages in folio. Un coin usé. Très bel état général. Vendu

mercredi 6 juin 2012

Petite collection Guillaume par un grand éditeur Guillaume...

Faire le grand écart ; passer du plus grand au plus petit, du plus éclatant au plus élégant…

Hier donc, je vous présentais un magnifique recueil in folio de textes et gravures de la fin du 19eme siècle et aujourd'hui, je laisse la place à une petite collection bien connue des amateurs qui ne s'y trompent pas : La petite collection Guillaume.

Édouard Guillaume dans son catalogue nous indique les orientations qu'il a souhaité pour cette publication. L'éditeur-imprimeur suisse, bibliophile et grand amateur de plantes et de fleurs exotiques (d'où la référence à Nelumbo : le lotus) faisait imprimer ses petits ouvrages précieux sous son nom où pour d'autres éditeurs. Il mentionne d'ailleurs en fin d'ouvrage : " La Petite Collection Guillaume n'est pas une collection classique au sens étroit du mot, nous écrit-il. Loin de se restreindre, elle comprend un choix de joyaux littéraires de toutes les époques comme de tous les pays. Les chefs-d'œuvre modernes, contemporains même, y coudoient les chefs-d'œuvre anciens. On y rencontre, à côté de la grande littérature européenne – grecque, latine, française, italienne, espagnole, slave, anglaise, allemande, scandinave – des romans de l'Inde, de la Chine, du Japon, de la Perse, de l'Arabie, des récits exquis, émouvants, étincelants, dont beaucoup auront pour le public tout le charme de l'inconnu. "

Ces petits livres bon marchés, commodes et luxueux, livres de chevets et de voyages autant que de bibliothèques reçurent un bel accueil des lecteurs. Je ne sais pourquoi ils sont qualifiés de in-8° nelumbo puisqu'ils paraissent d'un format in-16. Peut-être la feuille de départ, une sorte de vélin teinté pareil à du papier japon en est-il à l'origine ? Les ouvrages sont illustrés par Conconi, Fournier (Grand Prix de Rome) Gambard, Marold, Mittis, Rossi, etc… Les caractères elzéviriens sont gravés spécialement pour cette Collection.


Les couvertures sont présentées en différents tirages, illustrés d'une sanguine. Il est tiré, de chaque ouvrage, quelques exemplaires sur les incomparables vélins de cuve des papeteries du Marais. Sur ces derniers le papier contient dans sa pâte, en filigrane, les mots : Petite Collection Guillaume.


Il paraissait deux volumes par mois. Les premiers ouvrages étaient simplement brochés mais cousus assez solidement pour ouvrir le livre sans le casser. L'éditeur remarque néanmoins : " Nous avons hésité longtemps à offrir autrement que brochés, les volumes de la Petite Collection Nelumbo. De nombreuses lettres de nos abonnés nous ont signalé les inconvénients du brochage pour des livres aussi fragiles. Il est de fait que ces petits volumes, frais et gracieux au sortir de nos ateliers, ne sont plus que des chiffons sales et informes quand ils arrivent, après bien des péripéties, aux mains de l'acheteur, qui leur donne le coup de grâce en en coupant quelquefois les feuillets avec son doigt ou un bout d'allumette… "


Donc, à côté des exemplaires brochés, il fut décidé de proposer un cartonnage de protection, solide et résistant aux chocs, à la tête déjà dorée pour éviter au lecteur de couper les pages, cependant ni ébarbé ni rogné, en attendant la reliure définitive que fera faire, par la suite, le propriétaire du volume. On reconnaît ces exemplaires au motif décoratif, un Nelumbo d'or, (fer dessiné par Mittis) présent sur le plat. Les collectionneurs préfèrent, aujourd'hui, acheter leur exemplaire dans cette présentation.


Je vous laisse pour la bonne bouche méditer sur une réflexion de ce bibliophile-éditeur-imprimeur : " La Bibliothèque, il faut bien le reconnaître, est tombée en désuétude, à mesure que le livre se multipliait et que foisonnait la Revue, le Journal, les Suppléments littéraires. La facture des volumes modernes y a sa grosse part de responsabilité. Les romans des grands auteurs mêmes, apparaissent sous une forme vulgaire, mal imprimés, mal soignés, sur d'ignobles papiers condamnés à la moisissure précoce. Vraiment ! On se sent découragé à l'idée de créer un joli refuge pour ces vils produits d'une librairie sans conscience et sans goût, d'une librairie où la tradition livresque s'est perdue, où le premier marchand de chandelles se croit de taille à exercer la noble profession d'Elzévir, des Estiennes, des Firmin Didot ! Ces volumes, en effet, où les mettre ? Nous nous rappelons l'embarras d'un de nos amis, amoureux de ces petits livres, désireux de les conserver dans leur fraîcheur première, de les transmettre même à ses enfants : « Je veux, - disait-il, - qu'ils retrouvent précisément les impressions qui m'ont enchanté... Je veux pouvoir un jour leur présenter ma petite collection et leur dire : Voilà ce qui m'a charmé !... Jouissez-en à votre tour !... »

Que dire de plus ? Pierre


DAUDET (Alphonse). Numa Roumestan. Pièce en 5 actes et 6 tableaux. Illustrations de Marold et Mitlis. E. Dentu. Petite collection Guillaume 1893, in-16 relié cartonnage éditeur, tranche de tête dorée, les 2 plats de couverture conservés, 215 pages avec illustrations hors-texte à pleines pages. Très bon état. Vendu

BERNARDIN de SAINT-PIERRE (Jacques Henri). Paul et Virginie. Petite collection Guillaume. E. Dentu. Petite collection Guillaume, 1892, in-16 relié cartonnage éditeur, tranche de tête dorée, les 2 plats de couverture conservés, 228 pages + catalogue avec illustrations hors-texte à pleines pages. Très bon état. Vendu

mardi 5 juin 2012

Le Paris illustré et les progrès de la typogravure...

En cette fin du XIXeme siècle, l'inventivité technologique va servir l'art pour lui permettre de rentrer chez le particulier. Cherchant à mettre l'esthétique académique à portée de tous, les éditeurs proposeront des images qui seront reproduites par différents procédés tout au long du second Empire et de la troisième République. De nombreuses revues verront alors le jour…

Je vous présente aujourd'hui un recueil particulièrement bien relié de numéros du " Paris Illustré " dont la technique de reproduction est basée sur la technique de la typogravure et, prouesse industrielle, de la chromo-typogravure.

Procédé photomécanique révolutionnaire où l'image se forme en relief, la typogravure est la solution au "problème de la photogravure en relief" et permet d'imprimer simultanément images et textes. Des trames décomposent l'image de départ, les demi-teintes de la photographie ne pouvant être traduites en relief sans cette intervention. Le résultat est de moindre qualité que par l'héliogravure mais le tirage des épreuves est plus industrialisé et de rentabilité plus élevée.











Au début des années 1880, la découverte du procédé de typogravure favorise l'accroissement du nombre de revues abondamment et soigneusement illustrées (L'Illustration, Le Figaro-Salon, Les lettres & Les Arts, Le Paris Illustré, etc…). En 1885, les premières publications artistiques apparaissent en France mais il faudra attendre 1887 pour voir les premières chromo-typogravures où l'impression est réalisée au moyen de six planches en moyenne, chacune de couleur différente, la sélection des couleurs étant effectuée à l’œil, par un chromiste.











La typogravure en noir connaît un développement important au sein de la Maison Boussod, Valadon & Cie [1884-1897, associés : Léon Boussod 1884-1896, René Valadon 1884-1897, Etienne Boussod 1886-1897, Jean Boussod 1887-1897, Léon Avril 1888-1897] qui va permettre, avec la production de livres illustrés et la création de revues, des débouchés et une offre publicitaire supplémentaire.











En 1888, la Maison rachète cette revue qui existait depuis 1883 et "qui sera désormais exécutée par les procédés dont elle a la propriété exclusive (typogravure)". Le numéro coûte 75 centimes et sa publicité insiste sur la richesse de ses illustrations : " Paris illustré est le seul journal qui publie chaque semaine, en couleurs, soit 3 gravures de format in-4, soit une gravure in-4 et une gravure in-folio." Dirigée par Frédéric Masson, la revue propose des chroniques, un roman inédit, des nouvelles, et des articles sur l'art et l'actualité. L'ensemble est illustré d'oeuvres de Carrière, Chéret, Detaille, Neuville, Vallet, Rossi, Willette. En 1888, 70 artistes sont cités comme collaborateurs, sans oublier Toulouse-Lautrec…











Les bibliophiles qui nous lisent apprécieront également la très belle facture de la reliure associée à ce recueil. De nombreuses heures de lectures, en perspective, pour les jours de pluie d'un été pourri ;-)) Pierre











PARIS ILLUSTRE. Paris, Boussod, Valadon & Cie. A Lahure Imprimeur Editeur. 1890. N° 105 du 4 janvier 1890 au N° 116 du 22 mars 1890. Pagination continue 208 pages. Reliure demi chagrin havane, dos à nerfs, motifs floraux entre les nerfs, titre et année en lettres dorées, double filet doré en séparation du plat, page de garde en papier coloré, plusieurs gardes blanches. Format in-folio. Relié à la suite, un numéro exceptionnel de La Cigale, Paris chez Alphonse Lemerre et Marseille chez Pessilhan, 1887. Cette publication est donnée à la suite du quatrième centenaire de la réunion de la Provence à la France avec la participation des plus grands félibres de l'époque (Mistral, Aubanel, Roumanille, etc…). Relié à la suite, un numéro exceptionnel de Paris-Murcie, journal publié au profit des victimes des inondations d'Espagne avec des compositions originales de Gustave Doré, Meissonier et des plus grands graveurs de l'époque, des textes des meilleurs écrivains et des autographes des personnalités les plus influentes de cette fin de siècle. Excellent état. 185 € + port

lundi 4 juin 2012

" L'Église et l'histoire " ou l'histoire ecclésiastique par L'abbé Rivaux…

Il est difficile de définir l'histoire de l’Église simplement comme le résidu ou la somme totale de "ce qui est arrivé". Les informations ont besoin d'être traduites en faits, et ces faits ont besoin d'être expliqués. Mais qui, à part Dieu, a accès à toutes les informations nécessaires ? Par conséquent, cette histoire a toujours été écrite par des auteurs ayant une information limitée des faits et une perspective parfois faussée. Ce qui ne veut pas dire que leur œuvre soit elle-même limitée, au contraire ! L'histoire ecclésiastique de Claude Fleury se présente, pour son édition de 1691, en 36 volumes in quarto ;-))


Nous avons donc plusieurs histoires de l'Église vues sous des jours très différents qui n'accordent pour certaines, aucune attention au développement de la spiritualité ou pour d'autres, aucun développement sur l'impact social, politique, économique et culturel de la foi chrétienne.


Je n'essaierai pas de résumer, en un seul article, l'histoire de l'église et je vous propose donc un ouvrage qui a cet avantage d'être condensé en trois volumes in-8, d'avoir été une référence au séminaire et d'avoir été écrit par un bon pasteur de l'église catholique, l'abbé Rivaux. Présenté sous forme chronologique, il permet également de se repérer facilement dans le temps.


Il n'est pas aisé, hors les textes des apôtres, de faire coïncider cette histoire ecclésiastique avec l'histoire tout court… C'est néanmoins la conversion de Constantin qui a procuré à l'Église des opportunités extraordinaires de proclamer l'Évangile à toutes les nations, et lui a apporté l'ordre nécessaire dans sa vie doctrinale et liturgique.


C'est ce développement spirituel qui a conduit au mouvement monastique avec un impact presque immédiat sur l'Église. Les évêques ont commencé à être recrutés parmi ceux qui avaient eu une certaine formation monastique. D'un autre côté, des nouveaux chrétiens issus des invasions imposèrent leur pouvoir. La plupart des envahisseurs barbares qui se sont tournés vers le christianisme après être entrés dans l'Empire romain se sont tournés vers l'Arianisme. Plusieurs des conversions étaient tribales plutôt qu'individuelles. Tel fut le cas avec les tribus des Francs sous Clovis (mort en 511). Dans plusieurs des cas, par conséquent, il y avait seulement une appréciation superficielle du contenu doctrinal de la nouvelle religion… donc, les pratiques superstitieuses et les vestiges de l'adoration païenne ont persisté pendant plusieurs siècles.


L'autorité ecclésiastique était habituellement réservée au chef guerrier. L'onction des rois était regardée comme un acte sacramental. Avec le développement du féodalisme, le système fut solidifié, préparant le chemin pour la grande lutte pour l'investiture entre les papes et les dirigeants des états, lutte à savoir qui nommeraient les leaders ecclésiastiques; l'État ou l'Église. C'est, par exemple, le roi Charlemagne, couronné par le pape Léo III comme empereur des Romains et protecteur et défenseur de la papauté, qui nommait tous les évêques et les abbés et présidaient tous les synodes.


Avec l'effondrement de l'empire carolingien, la papauté fut plongée dans des situations encore plus difficiles avec les attaques des Normands et des Sarrazins. Au cours du 11ème siècle cependant, une stabilité suffisante économique, sociale et politique était retournée en Europe. Le pape n'était plus seulement consacré. Il était couronné avec une tiare, un casque employé originalement par les dirigeants déifiés de Perse. Le rite de couronnement, si évocateur des prérogatives impériales, fut employé dans la confirmation de la papauté jusqu'en 1978, quand Jean-Paul I (mort en 1978) a choisi simplement d'être "installé" dans son nouveau "ministère pastoral suprême". Le pape Jean-Paul II, qui lui a succédé à la papauté le mois suivant, a aussi refusé la couronne. Le pape est devenu un ministre et non un seigneur…


Une ombre de taille à ce tableau, l'Inquisition qui fut l'un des chapitres les plus honteux de l'histoire ecclésiastique. Elle fut une période d'abus financiers intenses, et c'est peut-être ce qui a préparé, plus que n'importe quoi, le chemin de la séparation de l'Église et de la Réforme. Ce n'est qu'avec l'élection de Paul III en 1534 que la situation a commencé à changer. S'entourant de réformateurs certifiés, il a mandaté des étapes afin d'éliminer les abus. Un appel fut lancé pour réformer la curie romaine, particulièrement ses agissements financiers quand un concile fut finalement convoqué en 1545 dans la ville de Trente au nord de l'Italie.


Au cœur de la Contre-Réforme catholique fut la Société de Jésus, nouvellement établie, fondée par St. Ignace de Loyola, un ancien soldat. Si la Contre-Réforme a réussi, elle le doit premièrement aux efforts mondiaux et à l'imagination missionnaire de la société de Jésus. En même temps les 17e et 18e siècles furent marqués par la ferveur religieuse et la sainteté. Le 17eme siècle a été appelé le siècle des saints : St. Vincent de Paul (mort en 1660), St Jean Eudes (mort en 1680), Jean Jacques Olier (mort en 1657), Jacques Bossuet (mort en 1704), et surtout St. François de Sales (mort en 1622).


L'âge des lumières fut caractérisé par la raison, par sa vue optimiste du monde et de la nature humaine et par sa célébration de la liberté. Ce mouvement, qui avait une attitude hostile envers le surnaturel, provoquera la mise place définitive de la séparation de l’Église et de l'état. Aujourd'hui, le culte catholique est devenu un culte apaisé. Les croyants sont souvent discrets dans leur Foi ; les non-croyants se félicitent des jours de congés qui leur sont offerts pour courir dans les supermarchés ; les anticléricaux les plus virulents s'arc-boutent sur des dogmes politiques dépassés ; les prosélytes ne sont plus dans notre camp : Et c'est tant mieux !

Un bon ouvrage à lire avec le recul nécessaire aux convictions… Pierre


RIVAUX. Cours d'Histoire Ecclésiastique à l'usage des Grands Séminaires. Par L'Abbé Rivaux. Huitième édition complète en 3 volumes. Ouvrage retraçant de façon chronologique l'histoire ecclésiastique depuis le premier siècle de notre ère jusqu'au XIXè siècle. Le 3ème volume contient un tableau chronologique des Papes, empereurs, des principaux conciles, écrivains ecclésiastiques et sectaires ainsi qu'une table des matières. Lyon, Briday, 1886. 3 volumes in-8 reliés en demi basane tabac. 591 + 580 + 757 pages. Bon état intérieur et extérieur, quelques rousseurs. Vendu

samedi 2 juin 2012

La Crau de Marie Mauron illustrée par Antoine Serra. Un livre est-il un objet d'art ?

Les beaux jours sont là ! Un peu de chaleur sous le soleil de la Provence tombent à point nommé en cette fin de semaine. Je vous emmène faire un petit voyage en Crau, région de galets, de moutons, de foin odorant et de couleurs. C'est Marie Mauron, écrivain majeur de notre région qui vous accompagnera dans ce voyage illustré par Antoine Serra dont je vous présente le parcours maintenant... Serra est un peintre d'origine sarde né en 1908 et décédé en 1995 à Mouriès (ville connue pour son huile d'Olive et parce que Charles Aznavour y a sa maison) à côté de Tarascon.

La famille est pauvre. Sa mère débarque à Marseille, s’installera définitivement dans cette ville, avec ses enfants, et ne reverra jamais son pays natal. Les premiers pinceaux que Serra va utiliser sont ceux du peintre en bâtiment qui l’emploie comme apprenti. Il est alors jeune adolescent, et va découvrir tout à fait par hasard une autre utilisation de la peinture. Sur les quais du port de Marseille, il voit un homme assis devant un chevaler, reproduire sur une toile, à l’aide de son pinceau, le vieux port et ses voiliers tels qu’ils s’offraient à ses yeux. Sa vocation, dès lors, s’impose.

En 1928, Antoine Serra participe à sa première exposition avec un groupe de peintres, dont Simon Auguste et Toncini. C’est un artiste engagé qui fonde, en 1933, le groupe des peintres prolétariens. Les toiles réalisées durant cette période représentent des usines, des portraits d’ouvriers, qui reflètent toutes une profonde tristesse, un sentiment de douleur et de misère.

Après la guerre, il s'installe dans Les Alpilles qu’il découvre au hasard d’un séjour, émerveillé par les paysages. C’est au cœur de cette Provence d’adoption qu’il va pouvoir donner libre cours à tout son talent, loin de l’agitation marseillaise et des engagements qui furent son quotidien jusque-là. Sa palette, plutôt sombre au cours de ses jeunes années marseillaises, qui nous vaut ces intérieurs à peine éclairés, va se diriger, au contact de la terre de soleil qu’est la Provence, vers des nuances plus claires et colorées, d’où le nom de peintre de la lumière qui lui sera donné.

La lumière ne manque pas en Crau, vous le lirez sous la plume de Marie Mauron ! L'ouvrage que je vous propose à la vente, aujourd'hui, est une petite édition publiée par les amis de Marie Mauron, sous forme de feuillets, double chemise avec emboîtage, les illustrations de Serra étant intégrées au texte. L'état de conservation de cette œuvre satisfera le bibliophile exigeant. L'emboîtage est recouvert d'une percaline terre de Sienne, la chemise cartonnée étant recouverte du même tissu avec le titre au dos en lettre de couleur tabac. Il n'est pas fait mention du tirage dans l'ouvrage contrairement à ce qui avait été prévu par l'éditeur. Mon exemplaire est heureusement truffé de divers documents dont la lettre des amis de Marie Mauron aux souscripteurs avec l'attestation de versement signée. C'est ainsi que je peux indiquer que la justification se compose de 175 exemplaires à savoir (je lis la lettre) :

- 15 exemplaires de tête comportant un portefeuille qui contiendra : un tirage à part des 4 sérigraphies originales double page de l'ouvrage au format 50 / 65, signées par A. Serra ; 1 sérigraphie originale (portrait de Marie Mauron) tirées seulement à 15 exemplaires dédicacées par Marie Mauron et Antoine Serra ; 1 dessin original de A. Serra.

- 160 exemplaires contenant toutes les illustrations de A. Serra in et hors texte. Nous avons pensé vous être agréable en y joignant une photographie signée du portrait de Marie Mauron. Les sérigraphies seront exécutées et réalisées par Antoine Serra et constitueront donc des œuvres vraiment originales. Le prix des exemplaires de tête est de 15.000 F et le prix des exemplaires de luxe est de 450 F

Voilà ! Quand un ouvrage de bibliophilie s'apparente à un ouvrage d'art, on ne peut être que sous le charme… Pierre


MAURON (M) – SERRA( A). La Crau. Les amis de Marie Mauron. 1975. Broché sous chemise et étui en percaline terre de Sienne. Emboîtage. Format petit in-folio avec des sérigraphies in texte et hors texte de Antoine Serra. Tirage à 175 exemplaires. Envoi dédicace par l'auteur et l'illustrateur daté et signé. Divers documents en fin d'ouvrage dont la lettre de souscription. Parfait état. Rare exemplaire d'artiste à la vente. Vendu

vendredi 1 juin 2012

Un membre du SLAM nous parle du SLAM...


Bonjour à tous !

Faisant partie du S.L.A.M., Pierre m'a demandé mon avis sur l'article qu'il a présenté la semaine dernière, et je m'aperçois qu'il contient beaucoup de commentaires. Ce qui est une bonne chose, car que l'on soit pour ou contre, cela montre qu'il suscite l'intérêt d'un grand nombre.

Pour ma part, j'ai commencé dans le métier par le bas de l'échelle, sans stock, ni aide, ni véritable connaissance, à part une maîtrise de philosophie qui a sûrement contribué à un rapprochement, puis un amour du/des Livre(s). Comme dans toutes professions, je crois qu'il y a des niveaux de compétences que l'on obtient soit par l'étude, soit par le temps. A part ceux qui se trouvent très bien dans ce qu'il font, et n'évoluent ni dans leur présentation, ni dans leur gestion de stock, ce qui n'est pas un reproche mais une constatation, certains (et ils sont nombreux) ont la volonté de grandir, d'avancer, de se fixer des objectifs, de passer des "Harlequins" à 10 Francs le mètre à la présentation d'un "Commentarii" de Matthioli en couleurs et reliure d'époque...

Pour en revenir au S.L.A.M., cela a été pour moi un objectif, car comme le dit Pierre : "Il est le seul représentant de la librairie ancienne en France". Quand à son mode de "recrutement", que dire… Sans chercher à justifier quoi que se soit, je peux essayer de comprendre, bien que je ne sois pas dans les secrets de la haute sphère du bureau, mais juste un petit libraire de Provence... Tout comme pour le compagnonnage, l'intérêt de celui qui embrasse une profession est en partie la reconnaissance de ses pairs (du latin populaire "companionem", proprement, "celui qui partage le pain avec un autre"). J'idéalise peut-être, mais pour moi la cooptation va dans ce sens, être reconnu dans la profession pour ses qualités et ses compétences (ou ses "copinages" malheureusement aussi...)

Bien sûr, le système ne correspond pas à l'idée que je m'en fais, mais encore une fois c'est le seul qui existe, et comme le dit SebV, si l'on veut tenter de le changer mieux vaut être à l'intérieur... Je suis en partie d'accord avec les nombreuses réflexions qui jalonnent vos commentaires, mais certaines me font penser à mon meilleur ami qui râle contre la/les politique(s), mais qui ne va pas voter :-)

A quoi cela sert-il de faire parti du S.L.A.M. ? Hormis ce que je viens de dire, qui flatte plus l'orgueil que la rentabilité des commerçants que nous sommes, l'adhésion au S.L.A.M. permet aussi l'adhésion à la L.I.L.A., et donc une diffusion de l'image de votre librairie à l'international. Certes, la puissance d'Internet vous permet de faire seul cette diffusion, mais l'intérêt de cette adhésion est de toucher une clientèle sélectionnée de bibliophiles et de contacts à travers le monde, qui ont confiance dans la qualité des produits proposés et la compétence des membres de ces associations...

Ce n'est pas pour cela que j'obtiens plus ou moins de commandes, du moins ce n'est pas flagrant. Mais bon, je ne pense pas que la majorité des professionnels du métier ne sont uniquement attirés par l'appât du gain, ou la rentabilité économique de notre business, sinon je crains qu'ils ne se soient trompés de produit ! Bref, pour moi, faire ou pas partie du S.L.A.M. relève avant tout d'une conviction, d'un positionnement et d'une déontologie personnelle et professionnelle... Je suis d'accord pour dire que le système devrait représenter et défendre plus largement l'ensemble des professionnels de la librairie ancienne, et que l'élitisme de certains est juste risible, voir même néfaste. Mais ce qui est important, avant tout, c'est la passion du livre ; c'est aussi d'avoir et de conserver l'oeil qui brille et le coeur qui bat, à la découverte de nouveaux trésors ; c'est enfin l'envie de chercher, de comprendre et d'expliquer... Oupss !!! Je m'aperçois que j'ai peut-être été un peu long ou bavard (comme d'habitude), mais ce n'est pas que du blabla, c'est le point de vue d'un grain de sable, qui à lui seul ne peut pas grand chose, mais qui cumulé l'un à l'autre, forme le modèle et le rendu de la plage :-)) Bien cordialement à Tous ! Phil...

Librairie L'Ancien Livre
Philippe Jacquemet
2, rue du Colonel Parazols
84110 Vaison la Romaine
Tél. : 04.90.37.18.15 / 06.63.76.85.34
lancienlivre@lancienlivre.com
philippe.jacquemet@sfr.fr