lundi 10 octobre 2011

Causerie du lundi de Philippe Gandillet : Bibliopégimane et fier de l'être…


Ce matin, une lectrice m'a posé, par courriel interposé, une question un peu naïve qui aurait pu me déconcerter si je ne m'étais rendu compte que, jamais, je n'avais évoqué le sujet avec vous. Voici donc…

Cher Maître,

Vous nous présentez de façon régulière des ouvrages choisis sur les rayonnages de la librairie de Pierre, votre protégé, et jamais vous ne nous avez dévoilé si vous aviez, vous-même, une bibliothèque et si vous lisiez… Nous sommes toutes curieuses de votre réponse. Signé : Une des danseuses du Crazy-horse.

Chères demoiselles,

J'ai, bien sûr, une très riche bibliothèque. Je passe de longues heures à mon bureau, les pantoufles aux pieds, en déshabillé de soie, une étole de cachemire négligemment posée sur les épaules, à écrire des articles pétillants pour les journaux de la capitale, à ciseler quelques phrases pour mon prochain roman ou simplement à rêvasser en regardant les superbes reliures en maroquin qui ornent mes étagères.

"Pourquoi possédez-vous de si belles reliures ", me direz-vous, "alors que vous êtes un amoureux des mots ? " Je vais paraphraser mon collègue Paul Valéry de l'Académie qui avait repris un bon mot de moi : Mais parce que les livres ont les mêmes ennemis que l'homme, mesdemoiselles : Le feu, l'humide, les bêtes, le temps ; et leur propre contenu. Les pensées, les émotions toutes nues sont aussi faibles que les hommes tous nus. Il faut donc les vêtir… Je vous engage, néanmoins, à ne pas suivre ce conseil pour vous-même, chères jeunes filles…


Bibliophile fortuné, dessinateur de talent, typographe par passion, connaisseur en histoire du livre, auteur renommé et parallèlement membre de l'Académie, tout m'a amené naturellement à rassembler des ouvrages que j'estimais les plus remarquables dans les plus belles reliures. Mon souci n'est ni sociologique, ni historique, ni spéculatif, il est simplement d'ordre esthétique. J'achète selon mes moyens, qui sont conséquents il faut le mentionner, quand je les rencontre, des livres que je trouve beaux, originaux, ou typiques d'une époque. J'achète pour le plaisir du texte bien sûr, mais plus souvent pour le plaisir de l'œil : Plaisir d'une belle reliure en maroquin doublée de préférence, et plus souvent encore, plaisir de la technique de réalisation qu'elle suppose…


En dépit de toutes les modes, la peau tannée de chèvre - ou maroquin - reste pour moi l’idéal absolu. La matière est résistante, de bonne durée, maniable, merveilleusement susceptible de décoration. Ni les basanes, ni les veaux, ni les percales, ni les velours, ni les soies ne valent les livres en plein maroquin que comptent mes rayonnages. Seul le parchemin, quand il est estampé et doré, peut rivaliser en beauté avec ce magnifique cuir à longs grains. Comme tout amateur éclairé, fût-il sardanapalesque pour les revêtements apportés au livre, je ne détiens pas une œuvre rare pour le seul plaisir de la savoir cloîtrée et l'admirer sans oser la toucher. Je veux la manier entre temps et la caresser.


J'aime, en somme, les solides choses, pareilles aux anciennes quant à la résistance, et différant d’elles seulement par les fioritures et le dessin. C'est pourquoi j'apprécie que mes mains se posent sur le livre et que mes yeux le dévorent. Puissiez-vous faire, chers anges, que vos amants qui vous lisent à cœur ouvert ne se lassent jamais d'en faire un semblable usage....


Je suis bibliopégimane, et fier de l'être. Les belles reliures sont contre les tourments de la chair, ma meilleure sauvegarde ; encore que le grain de certaines reliures présente, trop souvent, je le déplore, la troublante perfection d'un épiderme de jeune fille… Et si, par distraction, quand vous m'inviterez dans vos loges – ce qui ne saurait tarder - une main respectueuse venait s'infiltrer sous vos costumes arachnéens jusqu'à toucher votre cuir satiné, sachez, chères lectrices, que ce geste ne saurait être considéré comme une atteinte aux bonnes mœurs mais simplement comme le compliment d'un amateur de livre au travail de son créateur… Voici, en exemple, deux jolies reliures en maroquin vert, judicieusement sélectionnées sur les rayonnages de la librairie. Nous présenterons d'autres couleurs, à l'occasion, si tel est votre souhait. Votre dévoué. Philippe Gandillet


MISTRAL Frédéric. Mireille. Texte et traduction. Paris, Alphonse Lemerre, sd. In-12. Plein maroquin vert empire, dos à cinq nerfs, titre en lettres dorées, toutes tranches dorées, double filet sur toutes les coupes et sur les coiffes, Dentelles et filets encadrant les contre-plats, papier coloré sur les contre-plats et les gardes. 515 pages, un portrait-frontispice gravé. Partition Magali. Texte en provençal avec la traduction française en regard. Cette reliure n'est pas signée mais on a vraiment l'impression de tenir un Gruel dans les mains… Très bel état. Pas de rousseurs. Infime ombre sur la page de titre en regard du frontispice de Mistral présenté sans serpente. Vendu


KEMPIS (Thomas de). Imitation de Jésus Christ. Traduite du latin par… Nouvelle édition. Paris, Grassart, libraire-éditeur. 1875. In-12 carré. Plein maroquin vert empire, dos à cinq nerfs, titre en lettres dorées, toutes tranches dorées, pointillé sur toutes les coupes et double filet sur les coiffes, Dentelles et filets encadrant les contre-plats, soie moirée sur les contre-plats et les gardes. Signature d'éditeur sur le contre-plat et ex-libris sur la garde moirée. Fermoir métallique. Infimes signes d'usure aux coins. Exemplaire sans illustrations. Bon exemplaire sur papier commun. 65 € + port

samedi 8 octobre 2011

Le "militaria" a-t-il encore la cote ? Nos gloires militaires par Dick de Lonlay.


Le "militaria" a-t-il encore la cote ? C'est la question que je me suis posée avant de vous présenter un troisième ouvrage sur ce thème. Le premier était un cours d'art et d'histoire militaire par Rocquancourt, le deuxième un recueil sur notre armée et notre infanterie par Dick de Lonlay.

Trop de temps s'est malheureusement écoulé, sans guerre, dans notre pays… (sic). Le sentiment patriotique et la fierté de posséder une armée riche de grands faits militaires ont été relégués à un rang subalterne depuis l'émotion provoquée par l'arrivée de l'Iphone de 5eme génération sur le marché. La jeunesse française est d'ailleurs devenue indifférente au prestige de l'uniforme depuis la disparition des classes militaires obligatoires pour les jeunes du contingent !

Pas de nostalgie déplacée. Nous avons une belle armée de métier qui s'illustre parfaitement en dehors de nos frontières. Je réponds par avance à ceux qui souhaiteraient que notre pays n'entretienne plus d'armée et que l'argent économisée serve à organiser de "super méga teufs" sur le plateau du Larsac que ce rêve de paix et d'amour entre tous les peuples ne devrait pas tarder à se réaliser puisque les gens sont de plus en plus gentils…


L'ouvrage que je vous présente s'intitule " Nos gloires militaires". Il a été écrit et illustré par Dick de Lonlay dont j'ai déjà tracé le portrait dans un billet précédent. Mais qu'est-ce qu'une "gloire militaire" me direz-vous ? Une gloire militaire est une bataille où nous avons gagné ! Contrairement aux anglais - dont l'esprit de contradiction me surprendra toute ma vie - nous, en France, glorifions nos victoires par des noms de place ou de monument où notre armée s'est illustrée de façon brillante (Place Bir-Hakeim, gare d'Austerlitz,etc…). Allez en Angleterre et vous le constaterez par vous-même : Que des noms de défaites (Trafalgar square, Waterloo station, etc…) !!! Comment voulez-vous exacerber le sentiment de fierté nationale dans ces conditions ?


Ce n'est pas moins de 57 batailles que l'auteur nous raconte dans ce bel ouvrage. Les différents conflits sont présentés dans l’ordre chronologique afin de ne pas dérouter le lecteur. Ce sont les guerres de la Révolution et de l’Empire qui constituent la plus grosse part de l’ouvrage (un tiers), le nombre des campagnes militaires et la place occupée par les guerres de la Révolution et surtout de l’Empire dans notre mémoire justifiant largement ce choix. L’intérêt principal de l’ouvrage provient du fait que l’auteur ne se limite pas à une simple description des batailles. Celles-ci sont replacées dans un cadre plus large, qu’il s’agisse de la campagne ou du conflit durant lequel elles se produisent. Il est évident qu'on ne tiendra pas rigueur à l'auteur de ne pas avoir abordé les deux dernières guerres mondiales, l'ouvrage ayant été publié en 1889…


Ce livre n'est pas un traité militaire détaillé. Il est par contre utile pour le lecteur qui veut avoir une première approche de l’histoire militaire, la table des matières lui permettant de trouver aisément la bataille qu’il recherche.


Le deuxième atout de l'ouvrage intéressera les bibliophiles. Cet exemplaire est présenté sous sa reliure d'éditeur. La vignette de la Maison Mame, présentée sur le blog ces temps derniers, est reproduite sur le dernier plat de percaline grise et le premier plat est fort joliment illustré de drapeaux multicolores et de lettres dorées. Les cahiers sont parfaitement solidaires et les tranches dorées. On ne peut guère faire mieux… Pierre


DE LONLAY (Dick). Nos gloires militaires. Tours, Alfred Mame et fils. 1889. Format in-4. Cartonnage d'éditeur polychrome. Dos lisse illustré. Tranches dorées. 613 pages. Nombreux dessins en noir et blanc. Toutes tranches dorées. Cahiers très solidaires. Bon état. Ouvrage avec rares rousseurs. Les mors sont légèrement décolorés. Vendu

jeudi 6 octobre 2011

Guillaume Apollinaire a bercé nos amours adolescentes. Le mieux était d'habiter Paris, quand même...


Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

S'il était un classement des poèmes les plus connus des français, il est vraisemblable que Le Pont Mirabeau de Guillaume Apollinaire serait sur la plus haute marche du podium (quelles seraient d'ailleurs ses demoiselles d'honneur ?).


Guillaume Apollinaire de Kostrowitzky naît à Rome en 1880. Il fera ses études aux lycées de Monaco, Cannes et Nice, et compose ses premiers poèmes en 1897. La famille s’installe à Paris en 1899. Apollinaire travaille à la Bourse parisienne et fréquente la bibliothèque Mazarine. En 1901, trois poèmes, signés Wilhem de Kostrowitzky, sont publiés. Engagé comme précepteur de français auprès de la fille de la Vicomtesse de Milhau, il part en Allemagne et découvre les légendes et paysages qui lui fourniront l’inspiration et le titre de ses neuf poésies « Rhénanes » (rassemblées dans le recueil Alcool en 1913).


De retour à Paris, il publie L’Hérésiaque dans La Revue blanche et signe pour la première fois Guillaume Apollinaire. Il est journaliste à L’Européen et est conjointement employé dans une banque. Il fréquente les cabarets de Montmartre, Le Bateau lavoir et Le Lapin agile, lieu de ralliement où se retrouvent de jeunes artistes. Il rencontre Derain, Vlaminck, Max Jacob, André Salmon, Braque, Matisse et Picasso. Il participe à l’élaboration d’une théorie artistique nouvelle, le cubisme, qui privilégie l’inspiration abstraite et géométrique au détriment de la représentation du réel et sera le chantre du surréalisme. En décembre 1909, son premier livre, L’Enchanteur pourrissant, illustré de gravures sur bois de Derain, paraît à cent exemplaires. Cette œuvre, dont les surréalistes feront plus tard l’éloge, est une célébration des légendes de l’occident.


En 1914, Apollinaire s’engage et part pour le trente-huitième régiment d’artillerie de campagne, à Nîmes. En 1916, il est blessé au front et à la tempe... Dès sa guérison, Apollinaire se remet à l’écriture. En 1917, il prépare deux pièces et un opéra bouffe, Casanova, jamais terminé… Atteint de la grippe espagnole, il meurt le 9 novembre 1918 au son de l'armistice.


L'œuvre d'Apollinaire est marquée par ses déboires amoureux. Je disais, à ce propos, à un jeune étudiant de passage à la librairie aujourd'hui, que si Apollinaire avait eu un physique avantageux, une belle bagnole et un charme irrésistible, son œuvre aurait été gravement amputée de ses plus beaux chefs-d’œuvres. Quel était donc ce poète, trop heureux, qui demandait à sa compagne de le tromper avec tout le gotha littéraire de l'époque pour exacerber sa muse ? Pierre


APOLLINAIRE (Guillaume). L'hérésiaque et Cie. Paris, éditions stock, sd. Broché à couverture rempliée et illustrée. 254 pages sur beau papier alfa. Seule la tranche supérieure a été rognée à la façon des éditions de luxe. Bel exemplaire. 24 € + port

APOLLINAIRE (Guillaume). Tendre comme le souvenir. Paris, éditions Gallimard, 1952. Broché. 354 pages. Illustrations HT. Quelques rousseurs sur le premier plat. 14 € + port

APOLLINAIRE (Guillaume). Lettres à sa marraine. Paris, éditions Gallimard, 1951. Broché. 108 pages. Bel exemplaire.10 € + port

APOLLINAIRE (Guillaume). Le poète assassiné. Paris, Au sans pareil, 1927. Nouvelle édition. Broché. 244 pages. Bel exemplaire.18 € + port

APOLLINAIRE (Guillaume). Alcools. Paris, éditions Gallimard, 1944. 20eme édition. Reliure pleine basane, page de garde en papier coloré. 169 pages. Reliure et intérieur très propres. Ex-libris découpé par un ancien propriétaire (peut-être Apollinaire, lui-même ? ) 24 € + port

mercredi 5 octobre 2011

Albert Dubout, dessinateur humoristique. L'homme qui aimait les chats mais pas que…


Si des illustrateurs de livres comme Hémard et Touchet ont déjà été présentés sur le blog, il est un artiste qui au 20ème siècle les a dépassés par la renommée : C'est Dubout !

Albert Dubout (1905-1976), marseillais d'origine, provençal de cœur, dessinateur hors normes, a marqué plusieurs générations par ses dessins humoristiques : ses foules, ses chats, sa « grosse bonne-femme et son petit bonhomme »…


Une très grande partie de l’œuvre de Dubout doit être cherchée dans les 80 ouvrages qu’il illustra dont le dernier a paru après sa mort. Important par le nombre, cette œuvre d’illustrateur permet aussi d’apprécier les talents de coloriste de Dubout. Ses effets de couleurs et d’éclairages souvent inattendus sont traités avec le même goût de la farce que ses dessins au trait. Dubout n’était pas un illustrateur avare…Les textes qu’il a pris comme supports sont le plus souvent envahis d’illustrations, ce qui était une autre façon de manifester la fécondité de son imagination et son goût pour l’accumulation à l’infini des situations et des personnages.


Marcel Pagnol, grand ami qui lui avait demandé de faire des affiches pour ses films, lui écrivait en 1959 :

« Tes couleurs sont aussi belles, aussi originales que ton dessin. Tu es sans aucun doute le plus grand illustrateur de notre temps, et ton trait est incomparable. Une sûreté, une force et une finesse qui font penser aux plus grands asiatiques. Ce ne sont pas des tableaux transposés, ni des aquarelles, ni des dessins. C'est aussi fort que des eaux-fortes, mais plus fin et plus délicat, et tes couleurs, toujours surprenantes, sont un régal pour l'œil. Albert, tu es le Roi. »


Ce Roi désabusé aurait été heureux de savoir qu'il resterait pour les amateurs d'illustrations, et en particulier pour les bibliophiles, un artiste indéboulonnable ; pour Dubout, le monde ne marchait qu'au prix d'improbables bricolages. La pipe rafistolée de l'autoportrait n'est pas un gag visuel, cette pipe a réellement existé, et c'était la sienne...


À Palavas-les-Flots, un musée dédié à Dubout, inauguré en 1992 présente ses œuvres. À cette célébrité exceptionnelle pour un humoriste s'ajoute l'attribution de son patronyme à quelques rues de villes du sud de la France (Palavas, Lunel, Montpellier, Marseille). Les trompettes de la renommée, quoi ! Pierre


DESCARMES (Alain). Pages d'amour. Histoire galante des couples amoureux d'autrefois. Illustrations de l'auteur, H.T de Dubout. Les éditions de Neuilly, 1949. 240pp. Vendu

DUBOUT (Albert). Dubout, Album de dessins. Monte-Carlo / Editions du Livre 1947. In-8 broché à l'Italienne. Couverture cartonnée illustrée. Nombreux dessins de l'auteur en noir blanc ou couleurs. Superbe ouvrage non paginé en état proche du neuf. Edition originale. Vendu

DUBOUT. Chansons de salles de garde. Paris: Éditions Michèle Trinckvel, 1991. 208 pages; Chansons de salles de garde avec paroles et musique, illustrées en couleurs par Dubout. Couverture rigide cartonnée, abondamment illustrée en couleurs. Très bon état. 27 € + port

DUBOUT - DAUDET (Alphonse). L'Arlésienne. Editions Michèle Trinckvel. 1996 - Illustré par Dubout. Cartonnage de l'éditeur. 154 pages. Très bon état. 22 € + port

DUBOUT - PAGNOL (Marcel). La gloire de mon père. Pastorelly 1973. ( 20/14cm) plein skivertex bordeaux. Titre doré sur dos lisse et 1er plat. Tête dorée.242 pages. Illustrations en noir et en couleurs par Dubout. Planches photographiques reliées en fin d'ouvrage. Très bel état. 17 € + port

DUBOUT - PAGNOL (Marcel). Le temps des secrets. Pastorelly 1973. ( 20/14cm) plein skivertex bordeaux. Titre doré sur dos lisse et 1er plat. Tête dorée.315 pages. Illustrations en noir et en couleurs par Dubout. Planches photographiques reliées en fin d'ouvrage. Très bel état. 17 € + port

DUBOUT - DAUDET (Alphonse). Tartarin de Tarascon. Pastorelly 1978. ( 20/14cm) plein skivertex bordeaux. Titre doré sur dos lisse et 1er plat. Tête dorée.225 pages. Illustrations en noir et en couleurs par Dubout. Planches photographiques reliées en fin d'ouvrage. Très bel état. 21 € + port

mardi 4 octobre 2011

La biere française par Jean Oscar Labourasse dit Robert Charlie...


Un livre dont on ne trouve rien sur l'auteur sinon quelques informations glanées en début de texte, un ouvrage qu'on a acheté en se disant qu'on a fait un chopin, un trésor, un livre qu'on a déniché à une époque où l'on prenait la peine de fouiller au fond des caisses dans les vide-greniers, un livre dont on aurait pu faire un billet amusant…


Alors, on l'a mis de côté ! Il se bonifie peut-être mais il faut bien le présenter un jour - et aujourd'hui tombe bien puisque nous sommes ce jour - quitte à ce que ce soit les lecteurs qui nous donnent les informations qui nous manquent pour faire une notice digne de Sourget, à cet ouvrage.


L'avant-propos donne le ton : Tous ceux qui m'ont fait l'honneur de lire Le Poison allemand devaient s'attendre à ce que je lui donnasse son pendant naturel : La bière allemande. Le premier ouvrage appelait le second. Celui-ci était le corollaire de celui-là, son complément nécessaire, indispensable. Pour moi, en effet, de quoi s'agit-il ? D'amener le consommateur français à renoncer définitivement à la bière allemande ? Évidemment, c'est là à quoi je tends de toutes mes forces ; mais il est clair que cela ne saurait me suffire. Si mes concitoyens n'abandonnaient la bière allemande que pour adopter celle d'Autriche, d'Angleterre, de Belgique ou de Hollande, il ne me resterait que la satisfaction d'avoir travaillé à la ruine d'une industrie allemande – ce qui je le reconnais aurait son prix – mais ne remplirait qu'imparfaitement son but. Ce que je poursuis, ce que j'atteindrai, c'est la mort de l'absurde, du ridicule, de l'idiot préjugé, soigneusement entretenu par les étrangers, que les bières françaises sont inférieures aux leurs ! [……] Que ce patriotique appel soit entendu, et mon but sera atteint.


On voit au travers de ces quelques lignes que l'auteur, Robert Charlie, qui développe d'excellents paragraphes et de remarquables études démontrant sa théorie, écrit avec un parti pris (je n'ai pas dit "mauvaise-foi") évident. C'est comme si l'on voulait démontrer, aujourd'hui, que les voitures allemandes sont moins bonnes que les nôtre !


Bon, ce serait bien de m'aider à remplir ma notice* ! Je mets quoi dedans ? Pierre

* On avance...


CHARLIE (Robert). La bière française (Cervoise). Deuxième édition. Paris, nouvelle librairie parisienne, Albert Savine éditeur.1887. [1f blanc], 236pp, [1f table des matières], [1f catalogue éditeur], [1f blanc]. Format in-18 jésus (12/18,5). Rousseurs éparses. Partiellement non coupé. Bel état de fraîcheur. Peu fréquent à la vente, voir moins que ça… 90 € + port

lundi 3 octobre 2011

Causerie du lundi de Philippe Gandillet : Traité des plus belles bibliothèques de l'Europe au 17eme siècle par Le Gallois. Rare !

On va encore dire que je suis misogyne…

C'est, en effet, un jolie lettre que j'ai trouvée sous la porte en entrant dans la librairie, ce matin, qui m'oblige à une réponse qui ne va pas faire l'unanimité au sein de la communauté féminine.

Cher Maître,

J'ai la chance de posséder une très forte somme d'argent, honnêtement gagnée après la procédure de divorce que j'ai engagée contre mon ex-mari, industriel besogneux mais infidèle. Je vis, depuis cette triste séparation, avec un jeune homme plein de talent qui finit ses études de lettres et qui veut écrire des livres. Je souhaiterais lui offrir, pour ses vingt cinq ans, une bibliothèque à sa mesure.

Je n'ai malheureusement aucune compétence en bibliophilie car mes longues séances de photographies pour les magazines et mes incessants passages sur les podium des maisons de couture ne m'ont jamais laissé le temps, au cours de ma jeunesse, de m'y intéresser. On dit que vous êtes de bon conseil. Où pourrais-je trouver une bibliothèque toute faite et bien faite ?

Passons sur la formule de politesse qui retrace, en quelques mots élogieux, ma carrière littéraire et abordons le sujet sans ambages !


Le temps des grandes bibliothèques, chère Madame, est passé sans retour. Est-ce un progrès ? Est-ce une décadence ? Je n'ai pas à résoudre une question que je n'entends pas poser ici. Toujours est-il que les grandes bibliothèques, comme celles de De Thou, de Colbert, de Falconnet, de D'Estrée, du Cardinal Dubois, de La Valliere, etc… ne sont plus à refaire et ne se referont plus jamais. Les gros livres encombrants, les collections volumineuses, les ouvrages écrits en latin, les conciles, les Pères de l'Eglise, la vieille science, la vieille médecine, les innombrables historiens de tous les temps, de tous les pays, de toutes les villes et de toutes les églises, tout cela est à jamais banni des bibliothèques d'amateurs et relégué dans les bibliothèques publiques, sous la sauvegarde d'une poussière séculaire, n'en doutons pas…


Les bibliothèques publiques, voilà le refuge des livres qu'on ne lit plus et qu'on ne lira peut-être jamais ! Quant aux bibliothèques privées, comme celle tout faite que vous recherchez aujourd'hui, elles ne sont pas légion.


Ce qu'on ne dit pas, ce qu'on ignore, c'est que la bibliothèque nécessaire à un jeune, et j'espère talentueux, écrivain tel que semble être votre jeune compagnon est assez rare à dénicher. La plupart des bibliophiles du siècle dernier se préoccupaient surtout d'avoir beaucoup de livres et de remplir de manière esthétique leurs rayonnages. Pourvu que les livres fussent propres et de bel aspect sur les étagères de leur bibliothèque, c'était assez et l'on ne demandait pas autre chose.


Il y avait dans chaque hôtel de la nomenclatura industrielle ou politique de l'époque, une belle salle ou une vaste galerie dédiée à la bibliothèque ; celle-ci était souvent ornée de sculptures, de marqueteries, de tableaux et d'ornements décoratifs en cuivre ; tantôt fermée hermétiquement par des portes vitrées, aux livres tantôt exposés aux rayons lumineux derrière un grillage à la mode. Il suffisait d'avoir des livres pour avoir une bibliothèque, c'était là l'indispensable, le nécessaire chez un homme d'affaires s'il voulait être considéré, non comme un lettré mais comme un homme bien élevé et de bonne compagnie.


Cette bibliothèque existait, telle qu'un libraire l'avait formée à sa guise, moyennant un prix convenu d'avance. Ce fut d'ailleurs le cas de beaucoup de bibliothèques de femmes au XVIIeme siècle, le saviez-vous ? Je vous parle de ceci car j'ai trouvé sur les rayonnages de notre libraire tarasconnais un petit ouvrage qui pourra, à lui seul, vous indiquer les critères communément admis pour remplir au mieux vos étagères. Il s'agit d'un traité des plus belles bibliothèques de l'Europe et d'un texte sur la meilleure façon de dresser la vôtre.


Ces bibliothèques de femmes n'étaient certes pas à dédaigner. C'était celles de la Comtesse de Verrue, de Mme de Pompadour, et de la Comtesse du Barry. Le libraire, une fois le prix convenu et débattu, avait fait la bibliothèque selon le goût de ses clientes. Les deux premières lisaient essentiellement des romans comme le font beaucoup de femmes aujourd'hui, la troisième qui lisait peu, et qui à cette époque savait lire à peine, ne désigna aucune espèce de livres et le libraire fit pour le mieux… Certains exemplaires étaient donc tachés, mouillés, même incomplets mais ces ouvrages étaient ensuite superbement reliés aux Armes de ces dames.


Je vous ai cité ces faits anciens, chère Madame, pour vous mettre en garde contre l'achat d'une bibliothèque toute faite qui peut être source de grande déception pour son acquéreur. Et si votre jeune compagnon aime les livres, je vous invite à le faire rencontrer des libraires installés sur la place, des boutiquiers comme Pierre, en somme - et même plutôt lui qu'un autre - qui lui permettront de voir, de sentir, de toucher et même de feuilleter les ouvrages convoités avant que vous ne les lui offriez. Voilà mon sage conseil !

Votre dévoué. Philippe Gandillet


GALLOIS (Le), Sieur De Grimarest. Traité des plus Belles Bibliothèques De l'Europe. Des premiers Livres qui ont été faits. De l'invention de l'Imprimerie. Des Imprimeurs. De plusieurs livres qui ont été perdus & recouvrez par les soins des Sçavans. Avec une méthode pour dresser une Bibliothèque. À Paris, Chez Estienne Michallet, 1685. Suivant la copie (contrefaçon?). Reliure plein veau, dos à 5 nerfs, caissons ornés de motifs dorés, titre en lettres dorées, dentelle sur les coupes. Format in-12. [1f blanc], [6ff dont page de titre, frontispice]-240 pp -[1f blanc].

Très intéressant petit ouvrage sur l'état de plusieurs bibliothèques de l'époque, inventoriées par nation (Italie, Espagne, Allemagne, Pays-bas, Angleterre, Danemark, France) et quelques anecdotes sur l'histoire de l'imprimerie. Pour la France, outre les belles bibliothèques provinciales de Rouen, de Caen, de Lyon et Toulouse, qui appartiennent pour l'essentiel aux Jésuites et autres communautés religieuses, l'auteur en dénombre près de 60 parmi les plus remarquables de Paris, sans compter celles qui "ont esté vendües ou dissipées dans ces derniers temps". Elles sont classées suivant leurs richesses, l'antiquité et la rareté, leurs particularités et leur contenu thématique ce qui apportent beaucoup à notre curiosité. On trouve au premier plan, les 40 000 ouvrages de la bibliothèque du roi, vient ensuite celle du prince de Condé "ce Mars de notre siècle", puis des cardinaux du Bouillon et de Mazarin, celle de Colbert venant en 5ème position, "composée d'une grande quantité de livres et de manuscripts tous rares et tous bons", celle de Theveneau pour les reliures et leurs rareté, celle déjà du président Lamoignon, etc. ; parmi les grandes institutions, les premières places reviennent à la Sorbonne, au Collège de Navarre, aux Jésuites du Collège de Clermont, à la classique, aujourd'hui encore, Bibliothèque Ste Geneviève." L'ouvrage se termine (33pages) sur une lettre à Monsieur de… pour lui indiquer les moyens de former une bibliothèque.

L'exemplaire a vraisemblablement été conservé, à une période, dans une zone humide. Traces de mouillure discrètes, le cartonnage est gondolé, le papier coloré de la page de garde est granuleux et le dos est légèrement serré…Rare et intéressant ouvrage du 17eme siècle sur les bibliothèques. 90 € + port

samedi 1 octobre 2011

Un bon Moyen (J) de reconnaître les champignons par ce dernier...

Demain, commence la chasse aux champignons

Les provençaux vont fuir leur douce région pour arpenter, un week-end entier, les contreforts des Cévennes ou de l'Ardèche à la recherche de cèpes, clavaires, langues-de-boeuf, lépiotes, mousserons, oronges, pleurotes, polypores, russules, trompettes-de-la-mort, vesses-de-loup, volvaires ou de tout autre variété de champignon plus ou moins comestible qu'ils trieront ensuite, sur une grande table en chêne, pour séparer le bon grain de l'ivraie.


Ceux qui n'auront pas été attentifs pendant cette sélection mourront d'intoxication alimentaire ; je rappelle que certains champignons sont vénéneux ; entraînant avec eux des innocents qui auront quand même eu le temps de profiter ce l'apéritif très arrosé qui accompagne le tri sélectif…


L'ouvrage que je propose à la vente s'adresse en priorité aux établissements d'enseignement car aucun élève ne devrait, aujourd'hui, quitter l'école sans connaître au moins les champignons qui tuent et, si possible pour les futures ménagères qui apprennent conjointement la cuisine dans ces établissements, quelques espèces comestibles *.

* On m'apprend que cette matière n'est plus étudiée dans les écoles. On peut espérer qu'ils n'amputeront pas d'autres disciplines comme l'histoire, la géographie, l'orthographe, la morale chrétienne, les sciences et la philosophie**.

** On m'apprend que ces thèmes ne sont plus développés par les professeurs mais qu'une grève est programmée pour en débattre avec le rectorat***.

*** On m'apprend que plusieurs mots d'ordre de grève ayant déjà été posés par les enseignants cette année (salaire, surcharge de travail, etc…) le quota de revendication est atteint mais que le sujet fera débattu l'année d'après.****

**** On m'apprend pour finir que beaucoup de ménagères n'achètent plus de champignons qu'en boite et en supermarché. Cet ouvrage est donc uniquement destiné aux consommateurs qui utilisent des champignons frais…


Le livre que je vous présente est richement illustré. Chaque champignon est représenté, non seulement à plusieurs stades de son développement mais aussi en coupe. Les reproductions en couleur flattent davantage l'œil de l'amateur que de simples dessins, je le sais. Mais je dois mettre en garde les lecteurs qui doivent savoir que les couleurs véritables d'une espèce sont assez difficiles à représenter et quelquefois variables avec son âge ou son exposition.


Une autre précision doit vous orienter dans la gestion de l'espace que vous allez arpenter. L'on croit généralement que le champignon est constitué uniquement par sa partie aérienne, sa partie visible, alors qu'en vérité, il vit sous terre ! Sa partie principale, sa partie vitale pourrait-on dire, peut rester longtemps sans produire la partie visible (le carpophore) que nous nommons "champignon". Celui-ci est l'organe de reproduction comme la fleur ou le fruit l'est pour d'autres espèces.


Aussi quand vous marchez dans les sous-bois, quand vous foulez la terre qui cache ces trésors, veillez à être vigilants en respectant, autant que faire se peut, l'environnement où vous êtes : Ce message vous était donné par l'A.D.E.C.D.M.O.L.P.V.F.L.C.Q.I.F.B.L.D (agence de l'environnement en charge des massifs où les provençaux vont faire leur cueillette quand il fait beau le dimanche). Pierre


MOYEN (J.). Les champignons traité élémentaire et pratique de mycologie suivi de la description des espèces utiles, dangereuses, remarquables. Paris, J. Rothschild, s.d. (1888). Fort In-8 , XXXV, 762 pp., 20 planches, percaline verte estampée. Motifs géométriques et champignons frappés en noir entourant un titre doré au centre d'un cercle bordé de filets noirs. Tranches marbrées (reliure de l'éditeur). Cet ouvrage contient 20 chromotypographies accompagnées de notices explicatives imprimées sur papier vert, et 334 vignettes dans le texte. Introduction par Jules de Seynes. Quelques rousseurs. Bel état. Vendu