jeudi 18 novembre 2010

William Smellie. La naissance de l'obstétrique par le père des sages-femmes…


Au royaume des incomplets, certains ouvrages, complets en eux même, font pâle figure…

C'est le cas pour ce rare recueil de planches d'obstétrique du 18eme siècle dont chaque planche est expliquée et commentée dans le même tome ; les trois autres volumes de l'édition complète étant un traité magistral sur la parturition. L'auteur en est William Smellie.


William Smellie (1697-1763) est un obstétricien anglais à qui on doit d'avoir donné aux sages-femmes, les bases d'une formation professionnelle qui en font maintenant les interlocutrices privilégiées lors de l'accouchement. Il fut le premier à enseigner cet art sur une base scientifique, et à établir des règles pour l'utilisation de forceps.


Il a probablement reçu une formation médicale à Glasgow. En 1720, il s'installe dans cette ville et devient un médecin de campagne réputé. Smellie devient membre de la Faculté de médecine et de chirurgie de Glasgow en 1733. Après des études à Paris, il se rend à Londres, où il a établi son nouveau cabinet.


Il rencontre à Londres, William Hunter (1718-1783) avec qui il s'associe, et commence à donner des conférences d'obstétrique aux sages-femmes et aux étudiants de médecine à partir de 1741. En 1759, il se retire à Glasgow pour se consacrer, les dernières années de sa vie, à l'écriture.


Smellie, dans son recueil paru la première fois en Angleterre en 1752, a souligné l'importance du processus de naissance naturelle et a déconseillé de recourir à des méthodes chirurgicales septiques dont les résultats post-opératoires étaient très aléatoires à cette époque. Egalement réticent à utiliser les forceps à tout va, il a préféré améliorer les techniques d'accouchement tout en donnant la priorité à la survie de la mère par rapport à celle de l'enfant. Pour ceci, Smellie a élaboré différents modèles de matériel d'exploration comme nous pouvons le voir sur les planches présentées dans son ouvrage. Ce dernier tome a d'ailleurs été édité postérieurement aux trois autres volumes car l'auteur nous explique dans la préface qu'il désirait, par ce recueil de planches commentées, répondre aux insuffisances du texte et à des planches imparfaites imprimées jusqu'à cette édition.


J'ai bien conscience qu'en présentant ce rare recueil de planches, intéressantes pour un amateur, je m'expose aux reproches amicaux de certains bibliophiles mais je me plais à espérer que l'ouvrage fera le bonheur d'une personne possédant le traité sans les planches… Le prix demandé* est en conséquence, bien sûr ! Pierre


SMELLIE (William). Traité de la Théorie et pratique des Accouchemens. A Paris chez Didot le jeune. Première édition en français. Format in-8. L'édition complète étant composée de 3 tomes de texte et d'un tome de planches livré à part. C'est ce dernier tome de 1765, illustré qui est à la vente. Reliure d'époque, plein veau marbré, dos richement orné de motifs et d'un titre en lettres dorées, tranches rouges. Le célèbre atlas constitue un ouvrage complet en soi. Les 39 superbes gravures comprennent 26 dessins de Rymodyke, qui sont conservées dans la collection de Hunter à la bibliothèque de l'Université de Glasgow. Les autres dessins sont du Dr Campeur et sont conservés au Collège royal des médecins d'Edimbourg et à l'Université de Leiden. Toutes les planches ont été gravées par Grignion. Tome IV seul complet de ses planches et terminé par la table générale des 4 volumes du traité. 185 € + port

* l'ouvrage complet est à un prix prohibitif !

7 commentaires:

Nadia L* a dit…

Et bien ! les commentateurs accouchent dans la douleur ! prochaine naissance ?

Pierre a dit…

Ce genre d'ouvrage a tendance à chiffonner l'homme qui se rappelle les tourments qu'il a du affronter lors de l'accouchement de sa femme...

Appréhension d'avoir à supporter sa belle-mère, incertitude sur le score du match de football qui se joue en même temps au vélodrome, digestion difficile d'une pizza tiède, scrupules à laisser l'évier rempli de la vaisselle de la semaine, angoisse que le bébé casse la salle de jeu en passant - et tout ceci pendant que sa chère épouse, sous l'effet d'une péridurale salvatrice attend patiemment qu'un joyeux poupon vienne troubler la sérénité de ses futures nuits.

Eh, oui ! Une légitime pudeur empêche le bibliophile de s'exprimer. C'est naturel ;-))

Jeanmichel a dit…

Eh oui Pierre, la maïeutique a beau recourir à deux techniques, le forceps - type NKVD - ou les manipulations douces - façon Freud -, ce qui en ressort conduit immanquablement l'homme à un immense remords.

Pierre a dit…

Remords que l'on exorcise par l'achat de ce magnifique ouvrage ;-))

J'aurai essayé ! Pierre

Nadia L* a dit…

Euh... la belle-mère, il me semble qu'on la supporte déjà bien avant que l'enfant ne paraisse, mais il est vrai qu'elles deviennent parfois encore plus pénible après...

Et en ce temps là, je doute que les péridurales couraient les salles de travail !

Pierre a dit…

La péridurale existait lors de la naissance de mes enfants... La belle-mère aussi ;-))

Nadia L* a dit…

Soyez indulgent... de cette belle-mère, est née votre épouse ! ça vaut bien un peu de magnanimité.