mercredi 17 novembre 2010

Le Nouvel Illustré. Un grand quotidien du 19eme siècle (46x33cm). Les nouvelles du 16 novembre 1866…


Les deux Aztèques dont nous donnons aujourd'hui les types (voir gravures) sont arrivés ces jours-ci à Saint-Nazaire et se dirigeront immédiatement vers Paris. Ils sont unis par le mariage. Celui qui est placé à gauche est l'homme, l'autre est sa femme (sic). Ils viennent à Paris pour l'Exposition prochaine. Les Aztèques sont, comme on sait, les descendants d'un peuple indigène de l'ancien Mexique. Il y a avait, antérieurement à la conquête de ce pays par Fernand Cortez, plusieurs peuples, dont les principaux furent les Toltèques, les Chichimèques et les Aztèques. Ces derniers sont arrivés à un degré de civilisation remarquable. Ils connaissaient l'architecture, la peinture, la sculpture, l'astronomie et avaient une écriture hiéroglyphe. Leurs descendants sont très déchus de ces avantages intellectuels… Maxime Leclerc


Cologne, dont il a été si souvent parlé depuis la dernière guerre entre la Prusse et l'Autriche, est située sur la rive gauche du Rhin, à 450km de Paris. Les moines et les mendiants y pullulaient… Louis Maurice

On cite à Paris, un homme qui a appris par cœur tout le roman du Chevrier, scènes de la vie rustique, par Mr Ferdinand Fabre.

Je ne suis pas un comptable, moi, à mon profond regret ! Je n'ai jamais compris pourquoi les registres avaient des angles de cuivre… Je suis un homme de rêveries et de frivolités. Ph Gandillet


Par décret du 23 octobre, la taxe des dépêches échangées entre les sémaphores et les navires en mer est fixée à 2 fr par dépêche de 20 mots.

Alphonse Kaar, le jardinier-poète, assistait un jour à un banquet donné par quelques disciples d'Hanemann (homéopathe). Après force discours et toasts à la médecine de l'avenir, on insistait pour qu'à son tour il but à quelque chose. " Messieurs, dit-il en se levant, vous avez bu à la santé de beaucoup de médecins mais il est une santé que vous avez oubliée… Permettez-moi de réparer cette omission. Je bois à la santé…des malades ! "


M. le préfet des Hautes-Pyrenées a ordonné des battues à l'ours dans les forets et les montagnes de la vallée de la Barousse où ces animaux ont enlevé quelques bestiaux. (sic)

Le sieur Merienne, bijoutier rue des quatre fils, visitant hier les travaux du nouvel Opéra est tombé accidentellement d'une hauteur de 45 à 50 mètres. Le sieur Merienne s'est tué. Il a été transporté par un brancard…


M. Davis, le veneur de la Reine d'Angleterre est mort et a été enterré la semaine dernière. Le cheval favori du défunt a été abattu d'un coup de fusil ; les oreilles de la pauvre bête ont été ensuite découpées et déposées sur la bière. (On ignore apparemment si le bonhomme était marié – c'est atroce !)


Une revue scientifique d'Allemagne nous apprend la mort du celebre Docteur Grusselback, professeur de chimie à l'université d'Upsal. Entre autres curiosités amoncelées dans le cabinet du savant se trouve un petit lézard qui rigide et glacé comme un morceau de marbre, devient en quelques minutes, à l'aide d'une aspersion stimulante composée par le docteur aussi vif et frétillant qu'au moment où il a été pris…


Poème de Beranger : Le retour ; illustré par Gustave Doré

Oui, voilà les rives de France
Oui, voilà le port vaste et sûr
Voisin des champs où mon enfance
S'écoula sous un chaume obscur.
France adorée !
Douce contrée !
Je rends au ciel, je rends grâce à genoux.
Je t'embrasse, ô terre chérie !
Dieu, qu'un exilé doit souffrir
Moi, désormais, je puis mourir,
Salut ma patrie !


Nouvel Illustré. Les 4 volumes regroupant les années 1866 et 1867. Reliure demi-basane. Bel état général. 550 € + port

6 commentaires:

Nadia L* a dit…

Excellent ces petits articles. On doit s'y plonger dedans avec plaisir...

Pierre a dit…

Un vrai régal qui nous fait relativiser nos certitudes du moment. Certaines affirmations, lues un siècle et demi plus tard, feront sourire les esprits les plus chagrins et pleurer les grands idéalistes... Pierre

Textor a dit…

Quelle lointaine époque que cette troisième République où les Présidents du Conseil démissionnaient par surprise et où les Ministres changeaient de porteuille sans quitter le gouvernement !
T

Jeanmichel a dit…

S'y plonger avec délices sans aucun doute, et peut-être aussi avec une condescendance de démiurge qui sait comment tout cela va finir.
Ces années n'appartenaient pas encore à la Troisième République, il fallait laisser Sedan arriver pour l'entamer.
Parle-t-on du désastre mexicain dans ces journaux ?

Pierre a dit…

Le Mexique est omniprésent comme l'exposition de ces bons sauvages, fin de race, auxquels la France accorde un peu de sang neuf à travers une colonisation déguisée.

Ce bon Napoléon III, n'avait malheureusement pas imaginé que Zorro soulèverait le pays contre l'occupant. Il faudra d'ailleurs que je trouve l'article où il est mentionné ;-))

Jusqu'en 1870 le militaire occupait plus de place que le politique dans les journaux. Rendons grâce à la troisième république d'avoir changé les choses... Pierre

Textor a dit…

Oui, Jean Michel a raison, je suis nul en histoire de France, voilà que je confonds les dictatures et les démocraties maintenant !