mardi 15 septembre 2009

Joseph Désanat. Un félibre tarasconnais.


Je vous disais, hier, que j'avais fait quelques emplettes au salon de Lourmarin et je précisais "Un chopin ? Oui, un peu…". Voila donc l'ouvrage.


Mais en fait, qu'est-ce qu'un chopin ? C'est une bonne affaire, dans sa définition princeps, lorsqu'elle est citée par un bibliophile. Pourquoi "chopin" ? Je ne le sais. Un billet sur le "blog du bibliophile" avait cerné les contours de cette expression, il y a quelques temps, je crois me rappeler. Comme nous fêtons les 200 ans de la naissance de ce célèbre compositeur franco-polonais, je dirais que c'est un hommage posthume inexpliqué… En fait, ce n'est pas le prix auquel j'ai acheté l'ouvrage qui en fait un "chopin" mais la valeur qu'a pris l'ouvrage en arrivant à Tarascon.


Joseph Désanat est né à Tarascon (1796-1874). Courtier puis fabricant de charcuterie installé à Marseille où il pratiqua divers métiers, il fonda et dirigea le journal "Lou Biou-Abaisso" (La Bouillabaisse. 1841-1842 et 1844-1846). C'était un félibre pré-Mistralien, journaliste et poète à la fois. A une époque où l'orthographe du provençal n'avait pas encore été fixée par l'illustre maillanais, il n'avait que 16 ans à l'époque où cet ouvrage a été édité, il est intéressant de noter que la graphie Mistralienne est différente de celle de Désanat (on enlève des "e", des "s" et on écrit comme cela se prononce…). Désanat écrit le patois provençal, en fait. Mistral en fera une langue. A noter que la prononciation du Provençal est encore proche, par contre, de celle de notre félibre tarasconnais. Ounour à nostis avi qu'aven pas couneigu ! Pierre


Déssanat Joseph. Coursos de la Tarasquo et Jocs founda per lou Rey Réné. Avec une série de notes explicatives rédigées en français. Patois de Tarascon. Arles, Imprimerie de D Garcin, place Royale, 3 mai 1846. Demi-basane grand in-8. 70 pp. Edition originale très rare et en parfait état. Frontispice de la Tarasque accompagnée de ses tarascaïres.  Vendu

4 commentaires:

Pierre Bouillon a dit…

Un chopin, en argot, c'est un objet volé.
Voici la définition que je trouve dans le
'Grand Dictionnaire Universel ' de Pierre Larousse, son oeuvre monumentale publiée au XIXe siècle:
CHOPIN s.m.( cho-pain- rad. choper ).
Argot. Objet volé.

Et au mot ' choper ' :
CHOPER v.a. ou tr. ( cho-pé ). Argot.Voler.
Arrêter: Se faire CHOPER.

Pierre Bouillon
Collectionneur d'anciens dictionnaires

PS: Votre site est intéressant et bien présenté.
Je vous invite à visiter le mien.
Tapez ' blogue de Pierre Bouillon ' dans Google
et vous devriez le trouver.

Jeanmichel a dit…

On pourrait arguer qu'un dictionnaire du dix-neuvième siècle ne saurait donner comme définitions que celles des mots connus à son époque et que nous sommes au vingt et unième, mais le même Larousse, vers 1900, étend déjà le sens et note qu'un chopin peut être également un profit et que "faire un chopin" c'est faire la conquête d'une femme.
Quoi qu'il en soit, ce mot vient bien de "choper", prendre.

Bertrand a dit…

Allez... j'y vais de ma petite référence qui se trouvait sur le rayon d'à côté :

in Dictionnaire d'argot moderne par Lucien Rigaud. Paris, Paul Ollendorff, 1881, p. 97 :

"Chopin. Profit, réussite, bonne aubaine, - dans le jargon des voleurs."

B.

Pierre a dit…

Pierre,
Je vous souhaite la bienvenue en Provence ! Mon prochain billet sera académique, c'est certain.

Jean-Michel,
Mon premier "chopin" date donc de 32 ans. C'était une bonne affaire car j'ai encore l'objet à la maison...

Bertrand,
J'ai bien noté les références de votre dictionnaire d'argot. Il m'en faudra deux car le premier sera réservé à un ami.

De toute façon faire un "Fryderyk Franciszek Chopin", c'était un peu long à dire... Pierre