mercredi 23 septembre 2009

Cartonnages romantiques : Des livres de petits prix...


Pour faire suite aux excellents articles présentés sur des blogs amis, je vous propose quelques ouvrages rassemblés, à cette occasion, pour une photo de famille. Ces petits livres sont par leur présentation et leur contenu un remarquable témoignage de la société du 19eme siècle. De plus, l'ère industrielle naissante en a permis la production à des millions d'exemplaires. Heureusement, ignorés et méprisés pour ceci par les bibliophiles, leur extrême fragilité va peut-être les rendre rares donc dignes d'intérêt pour le collectionneur.


A l'origine de leur diffusion, il faut voir sous le second empire, l'instruction qui va se répandre dans les milieux populaires et bourgeois. L'école n'étant ni obligatoire ni gratuite, elle se fait dans des instituts privés mais peut aussi se faire à la maison. Pour se détendre l'enfant se dépense en promenades mais on commence à lui proposer une mini-bibliothèque éducative comme Papa… Les ancêtres arrivent ! Ce ne sont souvent que des almanachs, des calendriers ou des carnets de bal (expliquez ce qu'est un carnet de bal à votre fille si vous avez envie d'être ridicule !) qui rappellent les beaux maroquins de la noblesse aisée.


Une part importante de ces cartonnages servira ensuite de livres de prix. Cette distribution qui était un événement important de la vie scolaire récompensait les meilleurs élèves et les plus assidus. Il y avait même des "prix de morale chrétienne" et "de politesse", autant de valeurs qui sont parfois brocardées par certaines associations de parents d'élèves… Les temps changent. Pour tout vous dire, vous avez derrière ce clavier, en ce moment, un "prix de camaraderie" 1965 ! Au contre-plat de ce type d'ouvrage, vous constaterez souvent l'écriture à l'anglaise de l'instituteur qui a distribué le prix.


La lithographie, mise au point par Senefelder en 1799, a été largement utilisée pour les décors en couleurs de ces cartonnages et pour l'illustration des médaillons sous sa forme la plus connue, la chromolithographie. Grâce à de nouvelles inventions techniques, la reliure se mécanise et permet la production en grande quantité. En province, de grands ateliers sont fondés et le plus connu reste la "Maison Mame" à Tours dont la taille est exceptionnelle. En 1855, elle emploiera près de 1500 ouvriers et produira entre 10 et 15.000 volumes par jours ! Ce qui explique que ce type d'ouvrage se trouve à des prix ridiculeusement bas sur Ebay, aujourd'hui. Le contenu n'est pas toujours original, non plus, il faut l'avouer.

La fabrication industrielle de ces livres se faisait en série et faisait appel à l'emboîtage, la couture, l'agrafage et souvent le gaufrage du cartonnage. Je vous invite à lire l'excellent ouvrage d'Elisabeth Verdure aux éditions Stéphane Bachès pour en connaître tous les secrets.


Je propose les cartonnages présentés entre 12 € et 22 € selon l'état de conservation du livre et la qualité du texte. Téléphonez moi avant de venir car je vais bientôt prendre quelques jours mérités de vacance. Pierre

5 commentaires:

Bertrand a dit…

Beau résumé de la situation, merci.

En dehors de la fragilité je pense qu'on peut dire que ces petits livres, tout en papier, sont beaux, tout simplement.

Quant aux textes ? Si les bibliophiles lisaient ça se saurait !! ;-))

B.

Bertrand a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Pierre a dit…

Il faut reconnaitre aux cartonnages noirs à motifs dorés une vraie élégance. On pourrait reprocher au texte son caractère souvent paternaliste et moralisateur si on ne rappelait pas que ces ouvrages étaient justement composés à l'attention des enfants. Les livres de la jeunesse au 20eme siècle n'étaient pas indemnes de niaiserie, me semble t-il...

Raphael Riljk a dit…

Hélas, l'humidité des greniers et des empilements sans soin ont plus marqué ce genre de livres que les petits doigts des lecteurs lauréats.

Raphael

Jeanmichel a dit…

Ces petits livres sont effectivement très beaux, mais ne paraissent vraiment intéressants à regrouper que sous forme de collection, comme des boîtes à épices.

Où le monde entier apprend ce que tous ceux qui l'ont côtoyé savent déjà : Pierre est un bon camarade !