mardi 22 septembre 2009

Causerie du lundi de Philippe Gandillet. Comment classer ses livres ?


Chers amis,

De nombreux lecteurs se sont émus, à l'exemple de mes collègues Académiciens, qu'une "Very Important Personality As Me" (VIPAM), puisse être exploitée par un jeune libraire de province afin de décharger de lourdes caisses de livres après un salon. Il me fallait vous rassurer. Je reconnais que la tâche pourrait paraître dévalorisante pour le bibliophile "lambda". Elle est, en fait, une source ineffable de bonheur pour le maniaque du rangement que je suis. Elle me permet, de plus, d'entretenir et de mettre en valeur un corps d'athlète qui m'a été donné par la pratique régulière du sport et la prise concomitante d'anabolisants stéroïdiens… "Une tête parfaite dans un corps parfait" aurait écrit Michel Eyquem, seigneur de Montaigne.


J'ai profité de l'absence de Pierre pour modifier l'ordonnancement de ses ouvrages, qu'un classement thématique rendait par trop conformiste, et le remplacer par un rangement par couleur qui me semble du plus bel effet ! Qu'en pensez-vous ?


Si le rangement des livres d'une bibliothèque offre une source inépuisable de solutions (par taille, par thème, par époque ou par valeur), je crois que je suis le premier à proposer le rangement par couleur. Je vous engage à essayer la méthode chez vous. Vous pouvez, bien sûr, utiliser une autre couleur de fond (veau marbré, jaune citron, vert empire ou blanc gallimard). Il se trouve que Pierre possède de nombreux ouvrages rouges cerises, c'est tout…

A ce propos, il manque à Pierre encore un mètre linéaire de maroquins cerises, aux armes, pour rendre l'ensemble parfaitement harmonieux. Vous pouvez lui envoyer vos ouvrages en double s'ils répondent à cette sommaire description. Accompagnez votre envoi de votre adresse et je promets de vous poster en retour un petit autographe qui prendra une valeur inestimable avec le temps, si un jour je meurs (sic).


Si vous me demandiez pourquoi je fais tout ceci pour notre jeune libraire, je vous répondrais “ Parce que c'est lui. Parce que c'est moi” et je filerais à toute vitesse chez mon éditeur pour lui soumettre ce titre de livre original pour mon prochain roman. J'allais oublier que ce blog est, par essence, marchand ! Voilà donc l'objet qu'il me faut présenter. Je l'ai collationné. Il est complet de ses illustrations. Poignée de main virile aux messieurs, baisemain aux dames, caresse discrète aux enfants. Philippe Gandillet


PARAT Michel. En couleur… Milles idées pour le rangement des livres. Ed Charles Massin, Paris, sd (1965). In-8, cartonnage plastifié, 58pp. excellent état. 13 € port compris.

13 commentaires:

Bertrand a dit…

23h52 !

Mieux vaut tard que jamais Philippe !

Je m'assois, je touille mon thé, et je lis.

B.

Bertrand a dit…

Je m'assieds... c'est mieux non ?

B.

christophe a dit…

Bonjour à tous

Je reviens de l'exposition livresque de Mr Gandillet désappointé: le sieur Pierre a repris les rênes du magasin, de la boutique, et a tout chamboulé. De nouveau le rangement traditionnel, par thème et sans tenir compte de l'esthétique.

Bref je suis déçu

christophe

Jeanmichel a dit…

Que c'est beau !
Voilà un rangement qui aurait plu à des Esseintes. On l'imagine, sa tortue à carapace glacée d'or couverte de pierreries à ses pieds, sirotant son orgue à bouche, cherchant fébrilement à peaufiner jusqu'à la perfection le classement de tous ces tons de rouge, du puce au vermeil, en passant par le ponceau.
Philippe Gandillet esthète absolu ?

Pierre a dit…

Philippe Gandillet est loin d'être l’homme abouti. Cet ermite bavard, s'il aime jeter un regard désabusé sur ses contemporains a du mal à faire abstraction de lui-même. Il gonfle à chaque billet !

Comme pour Des Esseintes, je crains pour sa survie. De plus, je ne peux, en tant que libraire, cautionner un personnage dont le but ultime serait de posséder essentiellement les oeuvres complètes de Barbey d’Aurevilly… Pierre

Bertrand a dit…

Estimez-vous heureux, Pierre, que votre ami Philippe Gandillet, homme du lundi et de toutes vos basses tâches, ne collectionne pas les écrits de Bakounine et Kropotkine, deux braves garçons, certes, mais qui voudraient bien vous donner un billet des plus salés pour les lundis fururs !

B.

Bertrand a dit…

A la fin il faut lire "futurs" évidemment !

fururs n'ayant pas encore été admis dans la Grand Robert.

On pourrait pourtant bien dire :

"J'ai des fururs dans l'dos, qu'est-ce que ça m'gratte !"

Et là vous voyez bien le sens évident du mot "furur" !! non ?

Ah ! Ces Messieurs de l'Académie nous feront toujours bien rire.

B.

Bertrand a dit…

Bon ! Je vois que j'ai été trop loin.

Pierre va se fâcher.

Mais est-ce ma faute si j'ai été élevé dans un Palace avec pour précepteur le Professeur Rollin !?

B.

Bertrand a dit…

"J'ai été trop loin" étant la forme bourguignonne pour désigner une approximation Rollinesque...

On pourrait tout aussi bien dire "Je suis allé trop loin"... mais c'est plus conventionnel comme disait Danton.

B.

Pierre a dit…

Faire référence au Professeur Rollin en n'ignorant rien du reste de la littérature, c'est la plus belle carte de visite qui soit. Merci d'être si sérieux sans s'y prendre. Pierre

Bertrand a dit…

C'est toujours c'que maman m'a appris.

B.

viagra without prescription a dit…

Je pense maintenant que la technologie est de plus en plus rapide et n'est pas nécessaire d'aller à la bibliothèque
l'Internet est plus utile que d'une bibliothèque

Pierre a dit…

Cher Monsieur Viagra,

Merci pour votre commentaire qui doit venir, au moins d'outre atlantique... J'en suis honoré.

Je vois que, comme dans beaucoup d'entreprises, les pauses permettent aux employés de se délasser. Le plupart du temps, les hommes en profitent pour aller sur des sites érotiques... Comme cela vous rappelle trop le boulot, vous allez sur des sites bibliophiles ;-))

Je suis, moi aussi, le premier à utiliser internet comme source de diffusion de l'information. Vous avez donc raison. Mais le livre reste et restera le meilleur système pour la conservation de l'information. Donc les bibliothèques nous survireront. Du moins, j'espère ! Pierre