vendredi 27 janvier 2012

Louis-Pierre Anquetil, dans le peloton de tête des grands historiens de la France…

Quelle idée, quand on désire se faire un nom dans le collège des grands historiens français, de prendre le patronyme d'un coureur cycliste célèbre ! La tentative est vouée à l'échec, évidemment ! C'est ce qu'on aurait du dire à Louis-Pierre Anquetil, (1723-1808) au début de sa carrière… Plusieurs ouvrages de cet historien prolifique ont connu, cependant, de nombreuses éditions au cours du XIXe siècle. Je vous en propose une, aujourd'hui, qui allie la richesse des informations à un format très agréable et une présentation flatteuse. Je ne vous dirai pas qu'il n'y a aucune rousseur dans ces exemplaires siècle mais vous constaterez qu'elles sont claires et clairsemées…


L'auteur fut prêtre et enseigna la théologie et les belles-lettres. Nommé directeur du séminaire de Reims, il publie en 1756 son premier ouvrage, une Histoire civile et politique de la ville de Reims. En 1759, il est prieur-curé de l'abbaye de la Roë en Anjou, puis il est nommé directeur du collège de Senlis où il compose son Esprit de la Ligue. En 1766, il quitte l'enseignement pour devenir prieur-curé de Château-Renard dans le Loiret, puis, en 1790, curé de La Villette près de Paris.


Incarcéré brièvement pendant la Terreur, il abandonne sans trop de scrupules ses fonctions ecclésiastiques en 1793. Il est élu membre de l'Institut national des sciences et des arts, dans la classe de littérature et beaux-arts, en 1795. Il est ensuite attaché au ministère des affaires étrangères et publie un ouvrage sur les Motifs des guerres et des traités de paix de la France en 1797. À la demande de Napoléon, il entreprend la rédaction de sa monumentale Histoire de France, qui est continuée ensuite par d'autres historiens tels que le comte de Vaublanc et dont paraissent de nombreuses éditions ainsi que plusieurs abrégés.


On a quelquefois reproché à cet historien d'avoir bien relaté l'histoire de France, mais sans en avoir tiré de leçons sociales ou philosophiques. Ce qui est amusant, c'est qu'on a souvent reproché à ses illustres confrères, le contraire !


Il y a, en effet, plusieurs façons de retracer l'histoire de notre pays. Le siècle des lumières en a modifié considérablement la présentation en enlevant aux historiographes l'obligation de faire des panégyriques complaisants à l'attention du régime royal en place. L'histoire est devenue sociale, économique et politique. Elle n'a malheureusement pas gagné totalement son indépendance avec la révolution et la république. Il y a eu alors l'histoire racontée par la république comme il y a eu, plus tard, l'histoire racontée par la restauration et ainsi de suite…


Je vous rappelle la liste des spécialistes de l'histoire de France qui ont marqué cette époque : Voltaire, (1694–1778), François Guizot, (1787–1874), Jules Michelet, (1798–1874), Adolphe Thiers, (1797–1877), François Mignet, (1796–1884), Hippolyte Taine, (1828 1893), etc… Je vous laisse compléter si j'ai oublié quelqu'un !


Il est amusant de constater que certaines personnalités, certains héros de l'histoire de France ont été mis en exergue, comme porte-drapeau, suivant les régimes en place. Charlemagne le conquérant, Clovis le fondateur, Jeanne la Sainte, Henri IV le bon roi, etc… Je vous propose, si vous avez deux minutes, de m'indiquer, dans vos commentaires éventuels, les personnages de notre histoire qui vous semblent avoir été le plus utilisés de façon contradictoire ou éhontée par la propagande en place. Je dois bientôt faire un petit exposé sur " L'histoire de France à travers les livres" et je comptais un peu sur vous, en fait ;-)) Pierre


ANQUETIL. Histoire de France depuis les gaulois jusqu'à la mort de Louis XVI. Paris au dépôt de la bibliothèque des amis des lettres. 1837. 13 volumes in 8, reliure romantique demi basane noire, dos orné de lettres et de motifs dorés. Titre et tomaison en lettres dorées. Petites traces de frottement sur quelques plats. Rousseurs classiques mais très clairsemées, tous les cahiers très solides. Très bel état général Vendu

6 commentaires:

Bertrand a dit…

Anquetil c'est un peu comme Norvins, Henri Martin, j'allais presque écrire Michelet (mais tout de même...), ces hommes pèsent de tout leur poids sur les étagères des libraires sans vouloir plus jamais sauter le pas sur l'étagère des bibliophiles qui ne lisent plus...

Pauvre monde !!! (sourire)

B.

Pierre a dit…

Remarque pertinente. On sent le libraire qui a eu de ces exemplaires, qui n'en n'a plus et qui n'en veut plus ;-))

Pierre

Bertrand a dit…

Il y a de ça...

A ma grande honte on pourrait aujourd'hui ajouter Pierre Larousse, Brunet, Graesse, Diderot et d'Alembert... Non ? ah ? si !

Ah !! DVD et Google Books et autres Gallica et Europeana quand tu nous tiens !!

B.

Pierre a dit…

Bien ! les DVD, mais il y a mieux... Je viens d'apprendre que les Conseils Généraux, ayant trouvé un accord sur les pots de vin versés à leurs membres, s’apprêtaient à acheter des tablettes numériques pour les élèves des écoles.

Les dos de nos chérubins seront désormais allégés du poids de leurs pesants manuels scolaires . Il serait ridicule de lutter contre un progrès intelligent !

Nous risquons néanmoins de devenir les derniers interlocuteurs et témoins du livre papier ;-))

Je ne sais si les librairies modernes vont disparaitre. Pierre

Textor a dit…

Messieurs les librairies, je vous trouve très injustes quant à la culture de vos clients, moi qui viens d'acheter l'Histoire du tour de France en cinq volumes par Raymond Poulidor !!
T

Bernard a dit…

La tablette et le pictogramme. On retourne à Sumer.
Un monde de petits scribes électroniques.