lundi 7 mars 2011

Causerie du lundi de Philippe Gandillet : Chronique d'une mort annoncée…


- Ça pète ça, c'est qui ?
- C'est "grand corps malade" qui fait du Slam !
- Du quoi ?
- Un slameur, un mec qui fait du Slam.
- ???
- Mais, chers amis, en France, le Slam est le seul syndicat professionnel des libraires de livres anciens, livres illustrés, autographes et gravures ! Créé en 1914, il regroupe 250 membres, les meilleurs libraires dans leurs spécialités…

Quand j'ai expliqué ceci à deux jeunes qui passaient devant la boutique, ce matin, j'ai vite compris à leur moue dubitative que nous ne parlions pas de la même chose ! Cette année le Salon International du Livre Ancien organisé par le Slam aura lieu, au Grand Palais à Paris, Du 29 avril au 1er mai 2011 avec un vernissage le 28 avril (sur invitation uniquement).


Cette année, l'invité d'honneur, en dehors des nombreux bibliophiles qui seront présents, sera la bibliothèque Jacques Doucet. Créée par ce grand couturier, la bibliothèque littéraire qui porte son nom a été léguée à l’Université de Paris par testament du 1er juin 1929. Le décret d’acceptation du legs, en date du 19 novembre 1932, lui a conféré son statut de bibliothèque publique rattachée à l’Université de Paris. L’initiateur en fut André Suarès que Jacques Doucet rencontra chez des amis communs en février 1913, et avec lequel il instaura une correspondance régulière et rétribuée. Le 2 juillet 1914, André Suarès lui suggéra de se constituer une « librairie à la Montaigne », idée que le couturier reprit à son compte deux ans plus tard, en mai 1916, priant Suarès de lui indiquer le nom des auteurs à rechercher pour enrichir sa bibliothèque, « en dehors du quatuor dont elle est formée » (Claudel, Gide, Jammes, Suarès). Le 15 juin 1916, l’écrivain lui adressa la liste des auteurs qui devront figurer dans sa bibliothèque.


Aujourd'hui encore, le monde de la mode fait de même et j'ai encore en souvenir un petit film qui nous montrait, récemment, Pierre Berger nous présentant quelques beaux et bons livres, posés sur les rayonnages de sa demeure parisienne.Le Politiquement correct a été choisi pour l’édition 2011, comme sujet d'exposition. C'est audacieux ! Cette notion à multiples facettes permet de décliner une infinité de thèmes sociaux, politiques et philosophiques : Dieu et la morale, l’autorité et la justice, l’égalité des sexes et des races, etc… Attention aux dérapages ! Montée grâce aux prêts des marchands participant au salon, elle a pour but de présenter dans un cadre historique un aperçu de ce que furent certaines certitudes des siècles passés et comment se sont inversés nombre de critères moraux.




Un exemple : Est-il politiquement correct d'annoncer la mort du commerce physique du livre ancien en France, dans l'enceinte même du salon ? Aujourd’hui la montée en puissance de l’économie numérique et des prérogatives futures des SVV invitent l’ensemble de la chaîne du livre ancien à répondre à ce nouveau défi. Ce salon pourra peut-être y répondre…Il m'a semblé amusant de proposer, cette année, une campagne d’affichage en librairies et médiathèques, qui mette en valeur le métier de libraire lui-même, notamment à travers son activité de conseil et d’accompagnement. C'est pourquoi j'ai demandé à, Pascal, un des fils de Pierre de me fournir une affiche de campagne. C'est un soubresaut pathétique diront certains… Je conseille, pour l'occasion, un livre aux néophytes qui vont arpenter ce salon et qui seront, sans doute, les futurs bibliophiles de demain … Votre dévoué. Philippe Gandillet


LE PETIT Jules. L'art d'aimer les livres et des les connaître. Lettres à un jeune bibliophile. Paris, se vend chez l'auteur, 1884. Ouvrage broché, in-8 de [3ff], IV, 196pp, [2ff], couverture rempliée illustrée, beau papier à grandes marges, eaux fortes de Gérardin, vignettes et culs de lampes. Achevé d'imprimer par Georges Chamerot, le 26 avril 1884. Bel ouvrage en bel état de conservation que je conseille aux amoureux des livres anciens… Vendu

13 commentaires:

Bertrand a dit…

Merci de me mettre de côté ce petit livre Pierre ! S'il est encore disponible... ??

Amitiés,
Bertrand Bibliomane moderne

Anonyme a dit…

AH! la merveille...
bravo bertrand... Si vous le revendez , je suis preneuse... pas trop cher quand même...
Je blague;-))
Sandrine

Bertrand a dit…

Je garde ces livres pour moi Sandrine... bibliophiles, bibliophilies, reliure d'art & bibliographie... vous savez désormais mon thème "privé" ... entre autres... car je collectionne aussi les tirages photographiques albuminés de la deuxième moitié du XIXe et du début du XXe siècle... mais dans un tout autre genre... (sourire). Un jour peut-être je proposerai une exposition de ces photographies sur le Bibliomane moderne...

B.

Anonyme a dit…

Bon, ben, tanpis, j'aurai essayé...
j'ai eu cet exemplaire incomplet... premier achat à Brassens, en 1997, alors que je n'y connaissais rien.Le charme des débutants, j'adore me souvenir de ce moment.
Depuis j'ai découpé aux ciseaux cet exemplaire avec une artiste situationniste américaine...Il était incomplet de toute façon et le resultat est un bizarre, sentiment de culpabilité et de satisfaction. Une boite le contient ainsi qu'un DVD retraçant l'histoire de cette folle equipée.

les tirages photos du XIXème siécle... nous attendons cela. Il y en a de charmants.

L'essentiel est que Pierre l'ait vendu, qui montre qu'un site bien fait, est vendeur.

Sandrine.

Léo Mabmacien a dit…

Ben zut alors si les libraires achètent chez leurs confrères...;-)))

Léo

Pierre a dit…

Nous sommes nos derniers clients, Léo ;-))

J'ai fait de même, cet après-midi, chez un confrère à la retraite. Certains livres (bibliographie, ouvrages uniques) se transmettent de libraire à libraire. La raison ? La transmission d'un patrimoine qui va rester vivant, la certitude que l'ouvrage sera entre de bonnes mains et et la joie pour le vendeur de tirer un fil qui va relier toutes les générations de bibliophiles.

Cela ne veut pas dire que j'ai acheté ces ouvrages aujourd'hui !! On me les a présenté...

Le moment venu, si je le mérite par la façon dont je me suis comporté, si je fais honneur au métier de libraire, ils seront à ma disposition contre une somme qui sera raisonnable. C'est tout !

Quand ce propriétaire hésite, les livres vont en SVV. Le malheur n'est pas grand. Pierre

Bertrand a dit…

"les tirages photos du XIXème siécle... nous attendons cela. Il y en a de charmants."

oui charmants... charmantes même... (sourire)

Merci Pierre pour la prompte et sympathique conclusion de cette affaire livresque ! L'encre du chèque est à peine sèche...

B.

Anonyme a dit…

Cordonniers mal chaussés, sauf chez les libraires, qui s'auto-alimentent... On devient libraire par nécéssité d''alimenter sa passion avant sa famille... Egoïste passion qui fait de la famille, une alliée de ce coupable penchant.
les charmantes à cheval sur des lions... je présume... c'est un vague souvenir d'un livre feuilleté dans une librairie , sur les effeuilleuses dans un jardin paradisiaque, genre exposition universelle.

bonne soirée
bien à vous

sandrine.

Pierre a dit…

On devient libraire par nécessité d''alimenter sa passion avant sa famille... Il n'y a rien de nécessaire là dedans ! Que du plaisir. Et nous essayons d'en faire vivre notre famille.

Il y a encore quelques années, les libraires d'ouvrages anciens s'offraient même le luxe de garder, dans les lots, les plus beaux exemplaires pour leur bibliothèque personnelle (pour assurer leur retraite, vous disaient-ils) et ne vendaient que les livres les moins exceptionnels. Aujourd'hui, la bonne marchandise est rare et ne reste plus en boutique. C'est la crise ;-)) Pierre

Anonyme a dit…

Bonjour,
A voir votre optimisme, on sent bien votre boutique est loin de disparaître... Un bon réseau vaut mieux que quelques badauds, du provençal badar... regarder bouche cée.
Bonne journée
bien à vous
Sandrine.

Bertrand a dit…

Livre bien reçu et parfait état.

B.

Bertrand a dit…

optimisme ou déraison ? http://cgi.ebay.fr/ws/eBayISAPI.dll?ViewItem&item=300506374919&ssPageName=STRK:MEWAX:IT#ht_2390wt_899

(sourire)

B.

Pierre a dit…

C'est une affaire. Dommage que vous en ayez déjà un exemplaire ;-))

Je suis fréquemment perplexe sur l'estimation à donner à un livre. Je crois que nous avons droit à l'erreur. Souvent, des livres que nous avons acheté un prix élevé (mais qui nous parait justifié) sont difficile à revendre au prix espéré. C'est que nous nous sommes trompés sur le jugement des autres, c'est tout... Alors il faut baisser ce prix.

Dans ce cas, néanmoins, je serais étonné que ce vendeur l'ait acheté même la moitié du prix en promotion. Tiens, allons ! Je veux bien parier qu'il l'a acheté 400 € max. Pierre