samedi 19 mars 2011

Anthologie des poètes français par Alphonse Lemerre, version percaline…


Les ouvrages que je vous propose aujourd'hui ont un intérêt multiple pour le bibliophile. En voici quelques composantes :


- Il s'agit d'un recueil complet des poètes du 19eme siècle, c'est donc un excellent outil de travail.
- Une notice biographique pour chaque auteur est fournie, avec en frontispice, une gravure à l'eau forte pour les plus chanceux.
- Lire de la poésie adoucit les mœurs.
- L'éditeur est un "chouchou" des collectionneurs.
- Ils sont proposés dans un format grand in-8 qui permet l'utilisation de grands caractères d'imprimerie, recherchés des presbytes qui composent l'essentiel de notre clientèle.
- La typographie est très élégante, et est encadrées de lettrines, vignettes et culs de lampes charmants. Il s'agit d'une édition luxueuse.


- Les ouvrages sont présentés dans un ensemble de jolies percalines polychromes caractéristiques de la fin du 19eme siècle et qui sont objets de collection.
- Ces reliures sont signées de Engel, relieur rendu célèbre par ses compositions des ouvrages de Jules Verne.
- Les ouvrages sont, malgré quelques menus défauts, en bel état.
- Je les propose à un prix attractif ;-))



Alphonse Lemerre nait à Canisy en 1838. Il est le huitième enfant d’une famille nombreuse. À l’âge de 12 ans, en 1850, il est saute-ruisseau (garçon de course) à Saint-Lô. Il vient à Paris, en 1860, et gravit rapidement les échelons, devenant le "Prince de l’édition" et rendant célèbre la marque du bêcheur avec la devise « Fac et spera » (Agis et espère).



Il ouvre sa librairie au 23 passage Choiseul, à Paris, en 1862. Il occupera aussi plusieurs autres numéros impairs (23-33, 47).En 1865, il commence à éditer les poètes parnassiens, en publiant, L’Art [La revue de Louis-Xavier de Ricard, qui comprend dix numéros dont l’article de Verlaine sur Baudelaire] puis en 1866, Le Parnasse contemporain [Recueil de vers nouveaux, en 18 livraisons hebdomadaires, du 30 mars au 30 juin 1866, avant la parution du volume complet en octobre 1866]. Deux autres volumes paraîtront en 1871 et 1876.



Alphonse Lemerre crée ensuite de nombreuses collections dans des formats uniformes comme la fameuse "collection Lemerre", proprement dite, au format in 12 caractéristique, qui comprend les chefs-d’œuvre de la littérature française contemporaine (Anatole France, Paul Bourget, Mistral, ...). Je vous en ai d'ailleurs, plusieurs fois, proposé des ouvrages à la vente dans de très belles reliures, quelques fois en plein maroquin.



Il fut maire de Ville d’Avray. Profondément républicain, il était très attaché à sa Normandie natale. Il y séjourne à Canisy, au château de Montmirel et à Coutainville (j'ai été vétérinaire à Roncey, petit bourg juste à côté, à mes débuts et j'en profite pour saluer mon confrère, le Dr Halbecq, qui m'a enseigné la pratique de mon métier) et y achète plusieurs propriétés (Dangy, Dais, Méterville). Alphonse Lemerre s’est éteint à Paris en 1912. Sa sépulture est ornée d’un médaillon. En 1965, ses héritiers ferment la maison d’édition. Les libraires d'ouvrages anciens gèrent, depuis, leur héritage... Pierre



COLLECTIF. Anthologie des poètes français du XIXeme siècle. Paris, Alphonse Lemerre éditeur. 4 forts volumes grand in-8, 1888. Tome 1 : 1762-1817 / Tome 2 : 1818-1841 / Tome 3 : 1842-1851/ Tome 4 : 1852 à nos jours. Reliure percaline polychrome. 1er Plat orné d'un motif allégorique signé M.H, reliure signée Engel, 4eme plat avec la marque du bêcheur au centre du plat, dos lisse orné d'un motif floral et lettres dorées, coins biseautés, toutes tranches dorées. Biographie des auteurs et nombreux portraits à l'eau forte. Menus défauts de reliure, cahiers solidaires avec quelques déboîtements légers, le dernier plat du tome II présente des taches de couleur rouge et le mors est partiellement déchiré en regard. Bel ensemble néanmoins et rare dans cette livrée complète. Deux poèmes d'Arthur Rimbaud en édition originale : « Le Buffet » et « le dormeur du val ». Vendu

12 commentaires:

Bertrand a dit…

Pierre, je me demande une chose, seriez-vous un adepte de la méthode Couet quand vous dites "Je les propose à un prix attractif" ... car c'est effectivement tentant d'y croire... (sourire).

Je crois que je vais me mettre à cette méthode qui semble-t-il porte ses fruits. Car après tout même à 2.000 euros un livre peut être très attractif s'il est en parfait état et relié par Bozérian ou par Thouvenin, et qu'on peut le retrouver ailleurs à 6.000 euros, non ?

Tout ceci étant à prendre avec des pincettes (au troisième degré sur l'échelle de l'elzéviriomètre...)

B.

Pierre a dit…

Quand j'écris attractif, c'est que je pense que ces ouvrages, par leurs finitions, leur intérêt et leur homogénéité valent plus que ce qu'un ouvrage moderne, au contenu équivalent, pourrait offrir au même prix.

Sachant que les ouvrages sont en bon état, si on voulait faire une réédition équivalente, qu'en couterait-il, à votre avis ?(je m'adresse aux relieurs et aux illustrateurs en particulier)

Je crois en effet, Bertrand, qu'un ouvrage est attractif, quelque soit son prix. Autrement, on dit qu'il est pas cher mais cela ne veut rien dire ! Acheter une demi-mobylette à moitié-prix n'est pas une affaire ;-)) Pierre

Bertrand a dit…

Je suis d'accord ! (sourire)

Je dis souvent à certains clients que rien ne sert de montrer fièrement à ses amis une Ferrari si le moteur en a été retiré...

C'est ainsi que je lutte impitoyablement contre ceux qui écrivent "en bon état pour l'époque" ... ça me révolte et cela ne veut rien dire. On me l'a encore fait pas plus tard que ce matin. Comme si un vieil objet devait être abîmé, usé ! il peut l'être oui... mais il faudra rechercher ceux qui le sont le moins possible. C'est ma vision des choses en tous les cas.

B.

pascalmarty a dit…

Une réédition équivalente, Pierre ? Avec impression typo et vraies eaux-fortes ? Je crois bien que si chaque volume sortait fini à moins de 200 euros, le prix que vous proposez pour les quatre, ça tiendrait du miracle. Et je dois être loin du compte…

sandrine a dit…

C'est certain.
Mais la pratique me fait dire que les gens s'attachent à ce qui leur vient de leur famille pas toujours, précautionneux.
Ou ne sachant pas ce qui est acceptable de ce qui ne l'est pas, en cas d'achat à prix fort.
On en revient toujours à l'éducation.
Le niveau varie en fonction de la sensibilité, aussi, de chacun et du bon sens.

le prix pour refaire ce type de livre est une bonne question... Faire refaire des plaques pour la percaline, qui n'existe plus sous cette forme, ni cette couleur, des cartons epais de chez epais, biseautés;
ça n'a plus vraiment de sens aujourd'hui, toute la chaine de fabrication du livre ayant été completement transformée depuis.
bien à vous.
Sandrine.

Pierre a dit…

Tout cela me conforte dans l'idée que le libraire d'ouvrage ancien travaille sur un produit irremplaçable donc inestimable...

L'estimation que nous en faisons part de la valeur de l'exemplaire parfait qui doit être légitimement proche du prix d'un exemplaire neuf de qualité équivalente aujourd'hui (grand relieur, typographe, illustrateur), doublée d'une rareté ou d'une provenance prestigieuse... jusqu'à l'exemplaire identique dans un état à pleurer, qu'il faudrait jeter si nous en avions le courage et que des vendeurs de passage nous proposent, à la boutique, au prix "Amazon" !

Il ne faudrait pas, quand même, oublier la qualité première de cette anthologie : Retrouver des poèmes que l'on aime et découvrir des poètes qui mériteraient d'être aimés. Pierre

sandrine a dit…

http://alasourcelelivre.blogspot.com/

Voici ma réponse, Pierre. Elle etait trop longue pour la mettre sur vos commentaires;

Bien à vous.
Sandrine.

Jeanmichel a dit…

Pour faire une aimable déviation, je ne peux m'empêcher de penser, à chaque fois que je vois ou que j'entends le mot "percaline", à cette "Idylle Philoménale" chantée par Yves Montand dans laquelle on entend entre autres prouesses linguistiques :
Sa robe de percaline
Lui vient de son père câlin.

Pierre a dit…

Quelle jolie phrase que cette paronomase ! Pierre

Jeanmichel a dit…

En effet.
Il n'empêche que cette chanson - et d'autres textes, mais celle-ci particulièrement - m'a fait découvrir dans un éclair il y a bien longtemps que, oui on peut faire quelque chose avec les mots en les pétrissant comme un sculpteur travaille sa matière.
Elle se termine d'ailleurs en apothéose avec "j'ai connu une Helvétienne qu'a jamais pu él'ver l'sien", en parlant d'un chien.
La diction de Montand y est parfaite.

Pierre a dit…

J'ai recherché les paroles complètes de cette chanson. Quel talent chez le parolier ! Les rappeurs peuvent aller se rhabiller avec leurs rimes approximatives. Pierre

Pierre a dit…

Je viens de faire un complément de fiche en fin d'article qui apporte un nouvel éclat à cette édition. Pierre