mardi 12 octobre 2010

Lettres de Madame de Sévigné. Chez Alphonse Lemerre


A Paris, ce mardi 12 octobre 2010.

Je m'en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu'aujourd’hui, la plus brillante, la plus digne d'envie : Enfin une chose dont on ne trouve qu'un exemple dans les siècles passés, encore cet exemple n'est-il pas juste, une chose que l'on ne peut pas croire à Paris (comment la pourrait-on croire à Lyon ?) ; une chose qui fait crier miséricorde à tout le monde, une chose qui comble de joie René de Bic et Raphael ; une chose enfin qui se fera mardi, où ceux qui la verront croiront avoir la berlue; une chose qui se fera mardi, et qui ne sera pas faite mercredi.


Je ne puis me résoudre à la dire ; devinez-la : Je vous le donne en trois. Jetez-vous votre langue aux chiens ? Eh bien! Il faut donc vous la dire : Pierre présente mardi sur son blogue, devinez qui ? Je vous le donne en quatre, je vous le donne en dix, je vous le donne en cent. Jean-Michel dit : Voilà qui est bien difficile à deviner ; c'est Anatole France. - Point du tout, Monsieur. - C'est donc Frédéric Mistral ? - Point du tout, vous êtes bien provincial. - Vraiment nous sommes bien bêtes, dites-vous, c'est Paul Bourget. - Encore moins. - C'est assurément Alphonse Allais. - Vous n'y êtes pas.


Il faut donc à la fin vous le dire : Il présente mardi, sur son blogue, avec la permission de Bertrand, Madame, Madame de... Madame... devinez le nom : Il présente Madame, ma foi ! Par ma foi ! Ma foi jurée ! Madame, la grande Madame ; Madame, petite-fille de Sainte Jeanne de Chantal ; Madame, cousine de Roger de Bussy Rabutin; Madame d'Eu, Madame de Sev, Madame de Sévi, Madame de Sévigné ; autant dire, moi-même ; Madame de Sévigné , Marie de Rabutin-Chantal ; marquise de Sévigné, la seule épistolière française qui fût digne de l'Académie. Voilà un beau sujet de discourir.


Si vous souriez, si vous doutez de lui-même, si vous dites que nous avons menti, que cela est faux, qu'on se moque de vous, que voilà une belle raillerie, que cela est bien surprenant à imaginer ; si enfin vous nous dites des injures : nous trouverons que vous avez raison ; nous en avons fait autant que vous !

Adieu. Le billet qui sera présenté sur le blogue de Pierre nous fera voir si nous disons vrai ou non. Madame de Sévigné


SEVIGNE Madame de (Marie de rabutin-Chantal). Lettres de Madame de Sévigné. Chez Alphonse Lemerre, éditeur, à Paris. XXXIp+312pp +297pp. In-16, 1909. En deux volumes complets. Reliure demi maroquin lie de vin à coins, dos à nerfs ornés d'un filet poinçonné or soulignés de filets repoussés à froid, titre et tomaisons dorés, coiffes ornées d'une filet frappé or, tête dorée. En frontispice du premier volume, portrait en médaillon de Madame de Sévigné d'après une gravure de Petitot. Premier tome précédé d'une notice biographique sur Madame de Sévigné, et de notes bibliographiques par Maxime Formont. Texte décoré de magnifiques bandeaux, lettrines et culs de lampe gravés sur bois. In fine de chaque exemplaire, notes sur les lettres. Bel état. Les deux volumes dans leur emboîtage. Vendu

5 commentaires:

Textor a dit…

Ha, la belle langue de Tarascon ! Parbleu, on sait encore écrire sur ce blog !

Bertrand a dit…

Alors Pierre ! On ose s'attaquer à la marquise ??!
Diantre ! C'est mienne que cette Dame ! Bouh !
Sans blaguer je viens de remiser au garage à vieux bouquins les deux mêmes volumes dans la même reliure, et de la même édition... J'ai dû être trop sévère avec ces Lemerre tardifs... j'irai les récupérer demain ;-))

B.

Pierre a dit…

Ne les jetez pas ! Il suffit de me les envoyer ;-))

Beau papier, belle typo, belle reliure, bel état et à un prix qui me parait raisonnable... On défend quelques fois certains auteurs. Pierre

Nadia L* a dit…

Heureusement qu'il existe des gens comme vous pour sauver de la destruction ou de l'ensevelissement des ouvrages pareils !

jpp a dit…

Allons sans plus tarder,aux Lettres de la Marquise ,apprendre le bien-dire et le beau-raconter;
Car si elle médit un peu sur la Provence,ce fût si bien tourné qu'elle est toute pardonnée!