jeudi 6 mars 2014

Le démon de midi de Paul Bourget. Térriblement moderne...


Il semblerait que je sois un des derniers lecteurs vivants de Paul Bourget


J'ai déjà eu le plaisir de vous présenter, sa Physiologie de l'amour moderne, il y a quelques temps (vous pouvez cliquer). Un ami à qui j'ai prêté ce livre me disait hier qu'il avait rarement lu un ouvrage aussi bien écrit, mais aussi si méchant envers les femmes !  Nous nous demandions, d'ailleurs, nous qui ne sommes absolument pas misogynes, ce qui avait fondamentalement changé aujourd'hui dans l'âme des femmes pour qu'elles soient devenues, en une génération, des modèles de vertus et pourquoi, partout où elles passaient, elles faisaient maintenant le bien…(sic)


L'expression " démon de midi  ", utilisée ici par Paul Bourget est choisie à dessein en raison de son sens équivoque.  Elle peut être prise dans son sens actuel, qui décrit les appétits sexuels redoublés qui s'emparent d'hommes ou de femmes mûrs, au midi de leur vie mais peut être aussi comprise dans son sens premier, l'acédie - ou paresse spirituelle dont l'oisiveté est un des piliers - un des sept péchés "capiteux" identifiés par Thomas d'Aquin, et moi-même, avec l'orgueil, la gourmandise, la luxure, l'avarice, la colère et l'envie…


Paul Bourget passa son enfance et son adolescence à Clermont-Ferrand, de 1854 à 1867, où son père tenait la chaire de mathématiques près la Faculté de Clermont. Il y revint fréquemment, en particulier le 12 octobre 1887 lors des obsèques de son père devenu recteur de l'Académie en 1882. Paul Bourget fut lui-même professeur dans une institution privée catholique. Il abandonnera cependant la religion en 1867 pour retrouver la foi au début du 20eme siècle.


Qui voudra évoquer et comprendre les mœurs d'avant guerre, entre 1889 et 1914, devra donc recourir à des documents comme les romans de Paul Bourget disent les meilleurs spécialiste de la littérature française. On distingue traditionnellement deux périodes de Paul Bourget, avant et après son retour au catholicisme, ce retour s'effectuant progressivement.


L'ouvrage que je vous propose aujourd'hui appartient à la deuxième période des ouvrages publiés par Paul Bourget.  Un roman psychologique donc, où la mise en valeur des vertus chrétiennes est finement rehaussée par le style de l'auteur. Si on n'atteint pas ensuite la perfection chrétienne, il ne restera plus alors que le repentir… Pierre


BOURGET (Paul). Le démon de midi. Paris, Librairie Plon, s.d [1914]. Vingt-deuxième mille. 2 volumes in-12.  Reliure demi-maroquin rouille à coins, dos à nerfs, titre et tomaison en lettres dorées, tranche supérieure dorée, gardes colorées, couverture  et dos conservés. Beau papier bouffant. Bel état. 48 € + port

8 commentaires:

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

Non vous n'êtes pas seul Pierre. J'ai lu Paul Bourget. C'est autre chose que son style qui l'a fait tombé dans le purgatoire ...
C'était un ami d'Uzanne.
Pour bien comprendre Paul Bourget (jeune) et ses relations avec les femmes, il faut lire ce qu'en pensait Guy de Maupassant ... je vous laisse trouver vous-même la réponse.

B.

Pierre a dit…

Je m'en vais trouver cette réponse. Nul doute que le remariage, par trop rapide, de son père après la disparition de sa mère ait pu influer sur son comportement. Pierre

Didier FOULC a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Didier FOULC a dit…

Il serait honnête que notre libraire mentionne les sources de ces notices. Elles se présentent comme étant de sa main, mais semblent bien n'être, pour quatre-vingt dix pour cent de leur contenu, que des copiés-collés de pages internet.
Ainsi la notice du "Démon de midi" de Paul Bourget compile deux textes qu'on trouve sur Wikipedia, aux entrées "Le Démon de midi (roman)" et "Paul Bourget".
Celle sur l'autobiographie de Louis Armstrong (mardi 26 mars 2013) est calquée sur Wikipedia (entrée "Louis Armstrong") et sur un texte abondamment reproduit sur divers sites internet, et qui est peut-être un extrait d'un commentaire (préface, ou postface) présent dans le livre lui-même (que je n'ai pas lu).
Je n'ai consulté que ces deux notices, mais je pense qu'on pourrait faire le même constat avec toutes les notices "de" notre libraire qui devrait donc soit mentionner ses sources, soit se contenter des mettre des liens vers les pages concernant les œuvres et/ou les auteurs qu'il souhaite présenter

Pierre a dit…

Tout à fait d'accord avec Didier Foulc.

La préface est de moi [et maintenant que je la relis, je la trouve plutôt rigolote], la péroraison est dans mon style, la notice du livre est entièrement celle du livre mais la vie de Paul Bourget et celle de Louis Armstrong sont bien celles de Paul Bourget et Louis Armstrong. Je tiens ces informations (date de naissance - mort - œuvres littéraires - etc) de différents supports dont oui-oui n'est pas exclu. Mais je lis aussi, je vous rassure...

Je pense qu'il est bon de puiser ces informations dans de bonnes sources. Ce serait une entreprise trop chronophage que de mentionner l'ensemble des notices bibliographique nécessaires pour un article journalier qui n'est pas une thèse, je vous rassure, mais un simple billet pour une présentation. Je ne demande aucune reconnaissance littéraire.

J'espère cependant ne pas avoir utilisé vos propres études sans le vouloir.

Le seul point qui me désole, maintenant, c'est de savoir que vous allez être obligé de lire les 1308 petits billets que j'ai écrit depuis près de cinq ans pour étayer votre avis.

Vous allez voir, certains ne sont pas mauvais, malgré tout ! Cordialement. Pierre Brillard

Anonyme a dit…

Nous ne sachions pas, lecteurs assidus du blog, que le libraire ait jamais voulu tirer la couverture, fût-elle d'un livre, à lui.
Il n'a, pour ce que j'en comprends, jamais présenté ces illustrations écrites comme étant expressément de lui, et le rappelle parfois à l'occasion, bien qu'il paraisse tellement évident à tous que les quelques informations succinctes qu'il présente soient glanées de-ci, de-là, qu'il serait bien inutile qu'il le rappelât.
C'est à mon avis en citant d'une manière exhaustive les sources l'ayant inspiré qu'il commettrait une erreur, transformant ainsi un blog très agréable à parcourir en une parodie d'étude universitaire rébarbative qui ferait fuir bien plus de lecteurs qu'elle n'en amènerait.

Jean-Michel

calamar a dit…

on sait bien, en effet que Pierre n'est pas l'auteur unique de tous ses articles. Il se fait aider, de temps en temps, par plus qualifié, et pour cause : un académicien...

Pierre a dit…

Philippe Gandillet m'apporte, en effet, son précieux concours pour quelques articles et je ne m'en suis jamais caché - lui non plus ;-))

Pierre