mercredi 7 octobre 2009

Les oeuvres de Marcel Pagnol, écrivain Tarasconnais...


Il existe à Tarascon une petite maison, près du tribunal, où l'on voit gravé sur une plaque commémorative : "Ici a vécu Marcel Pagnol en 1915, alors qu'il était répétiteur au Lycée de Tarascon". Cette plaque prouve, s'il fallait le démontrer, que notre ville peut s'enorgueillir d'être la municipalité d'adoption de Marcel Pagnol, au même titre qu'elle est la ville de Sainte Marthe, du Roi René, du Sieur Barrême, de L'Abbé Faillon, d'Esprit Fléchier, de Mistral, de Daudet, de Leon Menard, de Desanat, et de Tartarin…C'est pourquoi, je mets un point d'honneur à posséder quelques éditions de ce Tarasconnais de cœur en ma boutique.

Ses souvenirs de jeunesse sont bien connus des collégiens qui l'étudiaient, il y a encore quelques années. La Gloire de mon père, Le Château de ma mère et Le Temps des secrets, souvenirs plus ou moins autobiographiques pourraient m'apporter la fortune si les éditeurs ne prenaient pas un malin plaisir à rééditer régulièrement ces ouvrages, rien que pour me nuire. Jean de Florette et Manon des sources n'échappent pas à la même règle et c'est bien dommage car Claude Berri avait donné un magnifique coup de projecteur sur l'ouvrage grâce à l'interprétation parfaite d'Yves Montand, d'Emmanuelle Béart et de Daniel Auteuil dans sa série. A ce propos, savez-vous pourquoi l'accent de ce dernier était si crédible dans le film? Simplement parce qu'il est Avignonnais de souche. Son père était un pilier des choristes du théâtre d'Avignon. Coluche, qui avait été pressenti pour le rôle, avait l'accent pointu !

C'est sûrement la trilogie Marseillaise de Pagnol qui remporte le plus de suffrage chez les aficionados de l'auteur. L'association de Vincent Scotto et de Raimu au chef d'œuvre y est pour beaucoup. Je vous en rappelle brièvement l'histoire. Je vous y ajoute "l'assent" et le bruit des cigales "tss-tss, tss-tss, tss-tss"…

Marius : Sur le Vieux-Port de Marseille, Marius travaille au "Bar de la Marine" que tient son père César. Mais il ne rêve que de départs lointains. Partagé entre l'appel de la mer et son amour pour Fanny, Marius renonce à son projet et finit par s'unir à Fanny qui s'offre à lui. Mais, alors que César et Honorine sont prêts à les marier, Marius est repris par sa folie de la mer. Poussé par Fanny qui se sacrifie, impuissante devant cet amour partagé, Marius monte à bord du navire "la Malaisie" qui part, abandonnant Fanny bouleversée, qui retient ses larmes et cache à César le départ de son fils.

Fanny : Sans nouvelles de Marius, parti depuis deux mois, Fanny découvre qu'elle est enceinte de Marius. Pour sauver l'honneur, sa mère, Honorine, la force à épouser Panisse, veuf, riche et sans enfant, qui est ravi d'accepter la jeune fille et le bébé. Celui-ci est à peine né que Marius réapparaît, guéri de sa "folie navigante" et prétend reprendre Fanny et son fils, Césariot. Mais tous s'y opposent et Marius doit s'incliner devant l'évidence de sa défection et le bonheur qui entoure cet enfant, qui n'est plus sien.

César : Vingt ans plus tard, Césariot, apprend après la mort de Panisse que son père biologique est le fils de son « parrain » César, Marius, qu'on lui décrit plus ou moins comme un voyou. Pour en avoir le cœur net, il décide de le rencontrer incognito. Au cours d'une partie de pêche en tête-à-tête dans les calanques de Toulon, il découvre l'homme sensible, doux et rêveur qu'est son père, mais les fabulations de comptoir de Fernand sèment à nouveau le doute dans son cœur. Marius décide de remettre les pieds au Bar de la Marine pour vider l'abcès. À la suite d'une poignante explication, Césariot comprend que ses parents lui ont sacrifié leur jeunesse et leur amour. Il consent à ce que Marius et Fanny, veuve et libre, se retrouvent et consomment enfin leur amour, resté intact après vingt ans.

" Putain que c'est beau, oh con ! " (formule de politesse).


PAGNOL (Marcel). Marius, Fanny, César. Trilogie Marseillaise. Paris, Editions du Panthéon, 1952-53. 3 volumes in-8, broches, 270 ; 242 ; 248 pages. Couverture rempliée. Chaque volume est illustre de 10 aquarelles de Gérard Cochet. Tirages numérotes sur velin d'Annonay filigrane. Bel ensemble. Vendu


PAGNOL (Marcel) : Marius, Fanny, César. Trilogie Marseillaise. Paris & Lausanne, Editions Trinckvel et Sauret 1980 3 volumes petits in-4 pleine peau maroquinée bleue, reliure Richert, Paris, dos lisses, plats décorés d'étoiles mosaïquées, étui bordé. Trilogie illustrée de nombreuses planches en noir et en couleurs d'Albert Dubout. Exemplaire numéroté sur velin blanc. Bel ensemble aussi. 185 € + port

5 commentaires:

Jeanmichel a dit…

Peut-être Pierre pourra-t-il nous expliquer les raisons profondes du mystérieux remaniement de Marius ?
En effet la Scène 2 de l'Acte 1 présente dans les premières éditions (dont celle de 1952 présente ici) disparaît ensuite toute entière, faisant passer la contenance du premier acte de onze scènes à dix.
Elle avait des accents un peu trop colonialistes, mais cette censure est-elle le fait de l'auteur ou lui a-t-elle été imposée ?

Marcel Pagnol, qui avait une très belle femme, n'a laissé non plus aucune trace à Digne où il fut également répétiteur.

Bertrand a dit…

Sans oublier l'immense Gérard Depardieu.

B.

Pierre a dit…

La scène 2 de l'acte 1, à caractère raciste, a été enlevée de la deuxième trilogie présentée, ce qui est tout à fait normal pour une édition maroquinée... Blague à part ! La première version était blessante et l'auteur n'a pas dû faire bien des difficultés à l'enlever.

Ce problème reccurrent de l'humour politiquement correct ne date pas d'hier. Les marseillais, non plus, n'ont pas été épargnés par la caricature dans cette pièce. Pierre

Pierre Bouillon a dit…

Vous présentez très bien les oeuvres du grand Marcel Pagnol. Ses oeuvres ont éclairé ma jeunesse;lorsque j'étais tout jeune étudiant des amis et moi nous avions joué devant public quelques extraits de 'Fanny'. Dans les mêmes années,j'ai savouré ' La Gloire de mon Père ', 'Le Château de ma Mère ' et ' Le Temps des Secrets '. Les oeuvres de Pagnol, portées à l'écran, n'y ont pas perdu leur simplicité et leur vérité. Vous avez là de beaux exemplaires.
Pierre Bouillon

Pierre a dit…

J'aime être amatiné par des propos régalants tout en gobelottant mon café noir. Merci pour vos compliments. Pierre