jeudi 17 février 2011

Frédéric Mistral. Lou Tresor dóu Felibrige. Édition de l'Abbé Marcel Petit.

Frédéric Mistral

On pourrait aisément associer au Dictionnaire du Félibrige, que je vous présente aujourd'hui, une citation qu'on attribue au Dictionnaire de l'Académie Française : On le fait, on le défait, on le refait, oui mais toujours très bien fait, il sera toujours à faire… La langue provençale n'y échappe pas et il a fallu quelques hommes, au milieu du 19eme siècle, pour donner à cette langue son dictionnaire et sa grammaire. Mistral en est l'auteur le plus connu, Prix Nobel de Littérature oblige… (Sully Prud'homme l'a eu aussi qui est maintenant oublié) mais il a été accompagné en cela par d'autres pour faire naître ce fameux Dictionnaire du Félibrige !



Le Félibrige (en langue d'oc : Lou Felibrige selon la norme mistralienne ou Lo Felibritge selon la norme classique) est une association littéraire fondée en 1854 par Frédéric Mistral et six autres poètes provençaux pour assurer la défense des cultures régionales traditionnelles et la sauvegarde de la langue d'oc [ Joseph Roumanille, Théodore Aubanel, Jean Brunet, Paul Giéra, Anselme Mathieu et Alphonse Tavan ]. Ensemble, ils entendaient restaurer la langue provençale et en codifier l'orthographe. Félibrige est un nom propre qui désigne une organisation précise. Il convient de l'écrire avec un F majuscule, et non avec un f minuscule. Le nom Félibrige est dérivé du mot félibre, terme remis à l'honneur par Mistral pour désigner un membre du Félibrige (une femme est appelée félibresse et il y en a beaucoup !). Le nom de félibre contient le mot libre qui signifie à la fois « livre » et « libre » en provençal, ce que l'on peut interpréter par l'esprit même du Félibrige : Acquérir la liberté au travers du livre...



Tout le monde dans le domaine occitan, utilise Lou Tresor dou Felibrige de Mistral, mais ce Tresor est loin de faire l'unanimité. Nul ne met nullement en question l’importance du travail que Mistral a fourni. Il suffit de se rappeler qu’il a travaillé presque seul là où, de nos jours, des équipes nombreuses se réuniraient pour faire un ouvrage comparable (Ils sont 40 à l'Académie en comptant Ph Gandillet). Certes, il a pu utiliser les dictionnaires d’Honnorat (Dictionnaire provençal-français ou dictionnaire de la langue d’oc ancienne et moderne. Digne, 1848), mais à son époque, ces encyclopédies de la langue d’oc étaient perfectibles. En fait, Mistral a changé la graphie étymologisante d’Honorat conte celle phonologisante du Félibrige, due essentiellement à la conception qu’avait Roumanille de la langue, et il l'a régularisée.



Le monde occitan a regretté cette révision, car la graphie félibréenne est, on le sait, centrée sur les parlers de la Provence rhodanienne ce qui ne facilite pas l’application de cette révision orthographiques aux autres variétés occitanes. De là, un siècle de querelles orthographiques qui n’ont guère contribué au succès du mouvement régionaliste. Il convient néanmoins de dire que l’emploi pratique que fait Mistral de son système est incomparablement plus cohérent que celui qu’Honnorat avait fait du sien. De plus, Mistral s’est appuyé sur de nombreux correspondants qu’il avait dans tout le pays d’oc. Cela lui a permis d’augmenter considérablement le nombre des entrées et d’enrichir la valeur sémantique de beaucoup d’articles. Si Mistral avait cette source importante c'était essentiellement par souci encyclopédique car le Trésor n’est pas uniquement un dictionnaire… Il a en plus une importance symbolique, le titre complet, que j'ai mentionné dans la notice avec ses 14 points , le montre clairement !



L'édition que je vous propose à la vente est la réédition faite par l'Abbé Marcel Petit, décédé en 2008, curé de Raphèle-les-Arles pendant 40 ans, homme de caractère qui avait transformé son église en maison d'édition, la maison C.P.M…"Il fallait filer doux" confiait avant l'office, la sacristine préparant les hosties. Aujourd'hui une association de Graveson, son village natal, gère la collection pharaonique et les éditions de ce gourmand de littérature provençale. Pierre
Théodore Aubanel

Mistral (Frédéric). Lou Tresor dóu Felibrige ou Dictionnaire Provençal-Français embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne et contenant 1° Tous les mots usités dans le midi de la France, avec leur signification française, les acceptions au propre et au figuré, les augmentations et diminutifs, et un grand nombre d'exemples et de citations d'auteurs ; 2° Les variétés dialectales et archaïques de chaque mot, avec les similaires des diverses langues romanes ; 3° Les radicaux, les formes bas-latines et les étymologies ; etc... Raphèle les Arles, C.P.M, 1979. 2 tomes fort in-4. Reliure cartonnage rouge, dos lisse orné de titre et tomaison en lettres dorées. 1196 et 1179pp. bel état. Vendu


11 commentaires:

Bertrand a dit…

Je viens de rentrer trois titres pour vous Pierre ! C'est certain !

Les folies du Sieur Lesage de Montpellier, 1700. In-12 de 196 pages, en provençal comme son titre ne l'indique pas.

et

L'embarras de la fieiro de Beaucaire en vers burlesques vulgaris, per Jean Michel de Nismes etc. 1700. En provençal également comme son titre ne l'indique qu'à moitié.

et pour finir... la rareté de la journée :

Lou mariagi de Margarido, coumedio en un acte. 1757. in-12 de 48 pages.

B.

calamar a dit…

je suppose que le troisième est en français, si je me fie aux titres des deux premiers... :)

Pierre a dit…

L'embarras de la foire de Beaucaire est bien connu, ici. Je ne connais pas les deux autres titres.

Selon le principe bien connu qui établit la règle suivante : Les sardines à l'huile sont meilleures au bord de la mer..., j'imagine que les bourguignons vont bouder ces ouvrages que je récupérerai, pour une bouchée de pain, dans quelques temps sur vos étagères ;-))

Vous êtes audacieux, Bertrand ! Je délaisse personnellement le régionalisme quand il est loin de la Provence et pour m'en convaincre, je laisse en évidence sur mes rayonnages une très belle série d'archives de l'Orne que j'ai acheté dans un lot et qui m'accompagnera dans ma retraite... Pierre

Bertrand a dit…

Les livres seront à vous pour une bouchée de pain Pierre ! Il suffit de s'entendre sur la qualité du pain... je me sens l'âme généreuse et désintéressée sur ce coup là ... ;-))

B.

Pierre a dit…

Je n'en doutais pas un instant. Ce soir, réunion des commerçants de Tarascon mais demain...

Amicalement mais pas désintéressé sur ce coup là ;-)) Pierre

Bertrand a dit…

oui Pierre, comme on dit de par chez moué, demain f'ra jour ! ;-))

B.

sandrine a dit…

http://reliure-bibliophilie.blogspot.com/2011/02/faire-son-marchedigression-totale.html
bonsoir
bonne nuit
bien à vous
sandrine

Textor a dit…

Lou mariagi de Margarido, c'est de Beaumarchais ?

Pierre a dit…

Cela pourrait être une Marguerite des champs comme cela pourrait être Marguerite de Provence, femme de Saint Louis. Pierre

sagefol a dit…

Bonjour,

avez-vous toujours les folies du sieur le sage (isaac despuech) ?

Pierre a dit…

L'ai-je jamais eu ?

Isaac Despuech, poète montpelliérain du XVIIe siècle, publie en 1636 un recueil de poésies en langue d’oc intitulé Les Folies du Sieur le Sage. L’identité de ce poète, qui signait « D. Sage », fut longtemps un mystère ; tour à tour désigné sous le nom de « David Sage », puis de « Daniel Sage », on se rend compte que « Sage » est un surnom familial. La confusion ne s’arrêta pas là, Despuech a longtemps été décrit par ses biographes comme un débauché, un fils de cabaretier, sans éducation et sans aucune teinture des belles lettres. L’œuvre du poète montpelliérain abonde en satires et en allusions grivoises, ce qui a sans doute choqué ses lecteurs.