vendredi 29 janvier 2010

Le centre de Conservation du Livre ancien d'Arles


Je ne connais pas de cursus de formation complet pour tenir une librairie ancienne. Même si le SLAM propose des formations ponctuelles sur Paris, il n'est pas à même de délivrer un diplôme ou une formation complète au commerce du livre ancien.

Rappelons néanmoins son ambition : Le SLAM est le syndicat professionnel des libraires de livres anciens, livres illustrés, autographes et gravures. Créé en 1914, il regroupe 250 membres, les meilleurs libraires dans leurs spécialités, diront-ils. Les libraires membres ont accepté des règles de déontologie définies par le SLAM, lui-même affilié à la Ligue Internationale de la Librairie Ancienne, la LILA, qui regroupe les associations professionnelles de 28 pays. Chaque année à Paris, le SLAM organise le Salon International du Livre Ancien, qui attire libraires et bibliophiles du monde entier.


Les bouquinistes, plus nombreux, se forment quant à eux souvent "sur le tas" mais les disparités de niveau de compétence sont énormes entre l'étudiant impécunieux, le jeune professeur en retraite, le chineur à l'intuition développée, le bibliophile idéaliste et le vieux loup de mer…

Partant du principe qu'un bon vendeur doit être un bon acheteur et qu'un bon acheteur doit bien connaître le produit qu'il propose, je glane, ici et là, et depuis toujours, des informations sur le livre. Hier, c'était essentiellement par la lecture. Aujourd'hui, je me fais aider par des professionnels...


Le CICL et son antenne de formation le CCL répondent, par exemple, à cette demande.

Le Centre Interrégional de Conservation du Livre (CICL) a été créé à Arles en 1987. C'est un organisme qui s'occupe de tout ce qui concerne la restauration (entre autres après des sinistres), la diffusion et la mise en valeur du patrimoine écrit et graphique Entouré de spécialistes de la conservation, de la numérisation et de la restauration du patrimoine documentaire, il offre à ses clients des solutions pertinentes et adaptées à la sauvegarde et à la mise en valeur de leurs collections. A noter que les clients, de part la qualité du travail requis mais en raison des délais longs que ceux-ci entraînent, sont souvent des institutionnels (bibliothèques nationales, régionales et municipales).


Le Centre de Conservation du Livre (CCL), association installée en Arles dans les mêmes locaux, mène depuis 1987,en France et à l'étranger, des actions de formation, d'expertise et de coopération interprofessionnelle dans les domaines de la conservation et de la gestion du patrimoine documentaire (info@ccl-fr.org). Les cours proposés en France ou à l'étranger font du CCL un centre international de rencontres et d'échanges entre les bibliothécaires, les archivistes, les conservateurs de musée et les restaurateurs du patrimoine. Les professionnels et les jeunes diplômés désireux de se perfectionner et de s'adapter à l'émergence des nouveaux métiers y suivent des stages de spécialisation et des cours de formation continue : Restauration des documents, conservation préventive, traitement de la bio détérioration, gestion des collections documentaires, numérisation et application des nouvelles technologies à la préservation et à la valorisation du patrimoine. C'est là que je fais ma deuxième formation de latin pour bibliothécaire en ce moment… Vétérinaire, c'était de la rigolade à côté !

Bon, il faut que j'y aille si je ne veux pas une heure de colle pour retard injustifié ! Bonne journée. Pierre

14 commentaires:

Bertrand a dit…

Le temps Pierre ! Le temps !

Si vous n'avez pas encore lu mon billet sur l'homme (bibliophile ou libraire) pressé, c'est le moment.

Il m' a fallut plus de 10 ans pour en savoir un peu du monde des livres anciens, je pense que 40 ou 50 années supplémentaires ne seront pas superflues. Je n'apprends bien que si j'apprends lentement et de manière volontaire (c'est mon côté Bakounine).

Alors Pierre ? Après un an d'activité de librairie, à quand votre adoubement au SLAM ?

Vous me direz il y en a bien qui sont au SLAM dès le jour d'ouverture de leur première boutique... belle preuve de haute expérimentation.

Personnellement, et puisqu'on m'a déjà posé à plusieurs reprises la question avec insistance, je peux enfin donner la réponse.

Je demanderai mon adoubement au SLAM le jour de mes 80 printemps... ce qui me laisse encore 41 automnes pour me parfaire dans cet art...

B.

Pierre a dit…

Vous avez le temps parce que vous êtes jeune Bertrand. Ce n'est pas mon cas ! Et puis, c'est un peu de votre faute à vous, les libraires compétents, si je me sens obligé de rattraper le temps perdu.

Pas de SLAM pour moi, mais la seule satisfaction de pouvoir parler d'égal à égal (enfin presque) avec des libraires confirmés ou simplement de partager. Et pour partager, il faut que j'ai des choses à offrir, non ?

La remise à niveau en latin ne me permettra surement pas de lire le texte des ouvrages en latin mais me permettra de ne pas dire trop de bêtises quand il faudra traduire la page de titre, pas plus.

Je me connais. J'aurais croqué la pomme de "l'arbre de la connaissance" si l'on m'avait demandé de choisir au paradis. Pierre

Textor a dit…

Pierus,

Festina Lente !

Textor

Pierre a dit…

Textorus,

Audentes librarios fortuna juvat !

Pierus Vergilius

Pierre a dit…

Je cherchais une devise, et après vingt essais d'Ex-libris imparfaits, en voici un qui me plait...

Textor a dit…

Audentes librarios fortuna juvat, La fortune sourit à qui ? aux libraires, vous utilisez donc très justement l’accusatif pluriel, et quels libraires ? audentes, ceux qui osent. Bravo, ces 4 jours de latin ont été particulièrement bénéfiques.
Et c’est une jolie formule pour les audacieux qui se lancent dans cette belle mais difficile profession.

Textor

Jeanmichel a dit…

"Ego sum Petrus et super hanc petram aedificabo libraria meam".

Oui, oui, pour moi le latin c'est de l'hébreu...

Pierre a dit…

Ces locutions latines utilisées dans un contexte différent de celui de leur origine ou bien adaptées à un évènement qui s'y réfère sont d'un charme fou.

Certains trouveront leur usage agaçant, cabotins, voir vaniteux mais ce sont des procédés rhétoriques, somme toute, très classiques. Ils font partie de "l'esprit" français et remplacent avantageusement de longues discussions...

Bien sur, il faut s'assurer avant de les placer dans une conversation de comptoir, au "Bar du commerce" par exemple, que votre voisin puisse y trouver quelque agrément.

Je suis preneur de quelques formules amusantes du même acabit. Pierre

Bertrand a dit…

"Somnus qui faciat breves tenebras" (...)

extrait (à mon sens) d'un des plus beau passage de Martial

Vitam quae faciunt beatiorem,
Fucundissime Martialis, haec sunt:
Res non parta labore sed relicta;
Non ingrates ager, focus perennis;
Lis numquam, toga rara, mens quieta;
Vires ingenuae, salubre corpus;
Prudens simplicitas, pares amici,
Convictus facilis, sine arte mesa;
Nox non ebria sed soluta curis,
Non tristis torus et tamen pudicus;
Somnus qui faciat breves tenebras:
Quod sis esse veils nihilque malis;
Summum nee metuas diem nec optes. (Martial, Epigrammes, Livre X)

Traduction :

XLVII. - A JULES MARTIAL

Voici, mon cher Martial, les éléments de la vie heureuse : une fortune acquise sans peine et par héritage ; un champ qui rapporte ; un foyer qui toujours brûle ; point de procès ; peu d'affaires ; la tranquillité de l'esprit ; un corps suffisamment vigoureux ; une bonne santé ; une simplicité bien entendue ; des amis qui soient nos égaux ; des relations agréables ; une table sans faste ; des nuits sans ivresse et libres d'inquiétude ; un lit où il y ait place pour la joie et pour la pudeur ; un sommeil qui abrège les ténèbres ; se contenter d'être ce que l'on est, et ne rien désirer de plus ; attendre son dernier jour sans crainte comme sans impatience.

Bel exemple de sagesse antique ! Je ne suis pas certain que tout ceci conduise à la félicité mais sait-on jamais. Il faudrait que je demande à Jack Daniels.

B.

Pierre a dit…

Cette locution extraite d'un épigramme en amène une autre et qui le complète de façon heureuse.

Elle est tirée d'un poème d'Horace qui invite à profiter du moment présent (au risque pour les jeunes femmes d'être transformées en chauve-souris !) : CARPE DIEM. Cueille le jour. C'est d'autant plus facile quand le hasard vous a donné une fortune acquise sans peine et par héritage...

Bon, c'est pas le tout, il faut que je bosse ! Merci Bertrand. Pierre

Pierre a dit…

Le hasard est étrange, il provoque les choses.

Jean-Pierre Fouque et Sue, sa charmante épouse, libraires près de Saumur et membres du conseil d'administration du SLAM sont passés cet après-midi à la boutique. Ils m'ont précisé qu'il est impossible de rentrer au SLAM avant une période probatoire de deux ans. Dont acte.

Jeanmichel a dit…

Les conditions d'admission requises pour faire partie du SLAM, notamment cette histoire de parrainage, font plus ressembler celui-ci à une coterie qu'à un syndicat.
Une fois intronisé est-il possible d'en sortir en claquant la porte ? (slam !)

Jean-Luc a dit…

Je me suis fait doubler par Jeanmichel ! Je voulais juste dire encore un fois qu'un syndicat qui fait entrer ses membres par cooptation (avec les abus que l'on sait), ne mérite peut-être pas tant de publicité.

Pierre a dit…

Vous avez sans doute raison et je n'y avais pas pensé.

Croyez-vous que plus de libraires et de bouquinistes s'inscriraient au SLAM si l'entrée se faisait par simple adhésion ?

Il faudrait peut-être leur proposer. Pierre