samedi 16 janvier 2010

Exposition d'ouvrages anciens à l'occasion de l'année jubilaire de la Visitation.



L'année 2010 est une année jubilaire pour l'ordre, c'est-à-dire qu'elle est l'occasion de faire une célébration publique pour sa création et l'entrée dans sa fonction en 1610. On dira que les Visitandines célèbrent leur Jubilé. Dans la religion catholique, ce Jubilé est aussi une indulgence plénière, solennelle et générale, accordée par le Pape Benoit XVI aux fidèles pourvu qu'ils visitent avec dévotion l'église le jour de l'ouverture solennelle de l'année jubilaire, le 24 janvier, le jour anniversaire de la fondation le 6 juin, pour la solennité du sacré cœur le 19 juin, le jour de la fête de Sainte Jeanne de Chantal le 12 août ou le jour de la clôture solennelle du jubilé. Selon la doctrine catholique, le péché est effacé par la confession mais ce sacrement n'enlève pas la peine temporelle due au péché (qui se traduit généralement par un temps de purgatoire, le monde n'est pas parfait…) si elle n'est pas d'abord purgée sur terre par des actes de foi et de charité. Cette peine temporelle peut être atténuée voire effacée par l'indulgence. A bon entendeur, salut !


A l'occasion des quatre cents ans de la création de l'ordre, les Sœurs Visitandines de Tarascon, notre bon Père Michel, des fidèles et quelques bénévoles (dont un libraire) ont œuvré pour vous présenter plusieurs manifestations à la fois culturelles et cultuelles en vue de faire comprendre la vie de la communauté et de partager leur histoire. La première exposition aura lieu à partir du 24 janvier dans le vestibule et le cloître du monastère. Vous pourrez admirer un ensemble de mobiliers, de tableaux et de travaux faits par les sœurs au cours du temps (paperolles, broderies, etc). Pour les bibliophiles de beaux ouvrages anciens du 17eme siècle à nos jours seront présentés et commentés. Si un lecteur du blog me téléphonait à la boutique, je pourrais même envisager une visite guidée…


Je vous fais faire un petit avant tour historique :

L’ordre de la Visitation est l’ordre religieux des Visitandines. Celui-ci fut fondé en 1610 par Saint François de Sales et Sainte Jeanne de Chantal à Annecy. Jeanne Frémyot, veuve du baron de Chantal, sous la direction spirituelle de l'évêque de Genève, François de Sales, accepte de diriger un groupe apostolique : Comme lors de l'épisode évangélique de la Visitation, où la Vierge Marie, enceinte du Christ s'en va aider sa cousine Elisabeth âgée et enceinte de Jean-Baptiste, les religieuses auraient comme tâche principale de "visiter" malades et pauvres et les réconforter. À compter de1612, les sœurs visitent les malades de la ville. Cette présence de religieuses dans les rues et taudis de la ville est mal vue par les autorités ecclésiastiques en pleine contre-Réforme. Cette orientation apostolique sera abandonnée en 1615 et la clôture progressivement imposée. A la mort de Sainte Jeanne de Chantal en 1640, l'Ordre compte déjà 87 monastères. En 1792, l’ordre de la Visitation, comme tous les ordres religieux, est interdit en France. Les 129 communautés françaises sont dispersées. Il est rétabli en France en 1805 par Napoléon Ier sur la demande de sa mère Madame Laetitia. 51 monastères sont rétablis et 14 nouvelles fondations sont enregistrées avant 1850. Sous la Troisième République, le mouvement anticlérical, s'en prend aux congrégations avec plus de vigueur encore qu'envers le clergé séculier, politique restrictive qui se traduit par des refus d'autorisations et par l'expulsion du territoire français des congrégations non autorisées. La loi de 1901 sur les associations et son application qui se fait plus dure en 1904 proscrit les congrégations religieuses qui sont vouées à l'exil. Tarascon y échappera mais perdra son pensionnat. Une loi de 1942, confirmée à la Libération, assouplit le système. L'Ordre, qui a connu 356 fondations, compte aujourd'hui 155 monastères actifs. On peut estimer à 80 000 le nombre des visitandines au cours des siècles dont 3 000 actuellement.



Beaucoup de gens, même parmi les croyants, se demandent à quoi servent des Sœurs cloîtrées. "Elles ne font rien et vivent en dehors du monde" diront les plus septiques. Cette visite vous permettra de vous faire votre propre jugement. Une petite phrase échangée avec Sœur Jeanne-Catherine qui est la pierre angulaire de cette exposition nous donne une réponse parmi d'autres. " La clôture n'est pas l'isolement, vous savez ! ". J'ai eu plusieurs fois l'occasion de le vérifier mais je suis mal placé pour vous expliquer ceci. Vous trouverez la solution dans les livres comme toujours. Ce dernier ouvrage que je propose à la librairie vous ouvrira quelques pistes. 17 € + frais de port. Pierre

10 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci pour cette intéressante visite Pierre. Au-dessus d'une certaine latitude, on ne dispose que des informations de Daudet. Donc, pour moi, dans le coin, il n'y avait que les Prémontrés de Frigolet (leur guéguerre, leur bibliothèque érudite et les cours de grec du père Patrice).

Je ne connaissais pas les Visitandines. Continuent-elles à proposer les petits ouvrages de travaux manuels que vous évoquez ?

D'autres congrégations encore ? (on met à part l'abbaye de st Roman à réserver pour un début d'après-midi de grosse canicule avec le petit dernier et Mamie...).


Montag

Pierre a dit…

Les visitandines de Tarascon proposent toujours à la vente des produits "made in cloître". Leurs yaourts ont été renommés pendant longtemps. Aujourd'hui, mode "bio" oblige, elles proposent les "fruits" du labeur des Sœurs jardinières ; en ce moment des tubercules ; et leur miel est d'excellente qualité. D'autres monastères se sont spécialisés dans la reliure (à des prix très intéressants), d'autres font encore de la broderie. Elles gagnent aussi un peu d'argent en accueillant des familles.

Je connais un peu moins bien les moines de l'abbaye de Frigolet. J'aime beaucoup leur démarche. Ils sont beaucoup moins austères et n'hésitent pas, comme avec leur théâtre de marionnette, à s'exposer au public.

Je confirme que je ne connais pas une belle-mère capable de résister à la visite de l'Abbaye troglodyte de Saint Roman, un après-midi de canicule mais on n'est pas obligé de venir avec sa belle-mère sauf à l'inviter… Pierre

Jeanmichel a dit…

Rares sont ceux ayant eu la chance d'être issus d'une immaculée conception ; Tous marqués de la tache du péché originel, nous sommes tous des "septiques".

Pour revenir sur l'abbaye troglodyte, je me demande si, pour tailler dans la roche, pour bâtir en creux, pour édifier à l'envers les églises rupestres de Lalibela, a-t-il fallu un permis de construire ou un permis de détruire ?

Textor a dit…

Enfant, j'allais visiter une tante à la Visitation à Paris. Les sœurs, voilées, passaient derrière la clôture comme des ombres, silencieuses, elles me faisaient peur, on aurait dit des fantômes ! En revanche je garde un bon souvenir des pots de miel qu'elles récoltaient des abeilles butinant les fleurs du jardin attenant, qui existait alors, en plein Paris, à Denfer Rochereau.
Bon Dimanche
Textor

Pierre a dit…

Je rentre d'une petite visite à Becherel en allant dans ma famille. Apparemment, et je vais vous rassurer, chère consoeur, l'enregistrement du premier commentaire peut quelquefois poser problème. En dessous de cet encadré, il faut sélectionner un profil (vous choisissez la dernière ligne "anonyme" par exemple), vous pouvez regarder l'aperçu et publier le commentaire ensuite. N'oubliez pas de signer d'un pseudo ou de votre prénom.

Une autre méthode est de s'inscrire sur blogger et ensuite de sélectionner le compte "google" qui vous permet de choisir une photo en face du commentaire. Mon logo est une main en laiton sur un livre comme vous pouvez le constater.

Ensuite je vous apprendrai à écrire avec des caractères gras.

Pierre

Anonyme a dit…

Je confirme que Pierre m'accompagnait à Becherel.

Paule

Anonyme a dit…

Dimanche à Bécherel,Pierre est dans le salon de thé de la librairie.Rappel de sa précédente visite , il y a deux ans , peu de temps avant son aventure personnelle, celle de sa librairie.
Il me rappelle son achat " Les cafés librairies en Bretagne"...me dit avoir privilégié la librairie ancienne au détriment " du thé" !!!et trouvé dans le blog un rare plaisir de rencontres bibliophiles.
Pour ma part, à Bécherel, je poursuis mon premier projet celui de la rencontre par le plaisir du texte.
Je viens de relire "le Don des morts" de Danièle Sallenave paru en 1991( Gallimard) , un an aprés mon installation ici et j' éprouve à sa re lecture, le même enthousiasme ..Je viens d'acheter " Nous on n'aime pas lire!"( gallimard 2009) ... son dernier titre. J'ai l'impression , à ma maniére, de suivre la même "aventure" La littérature comme viatique... Evidemment toutes proportion gardées , sa culture me dépasse totalement MAIS....
Force du désir qui finit toujours par s'imposer dans sa matérialité.Force des mots qui engendrent la VIE . Transmettre...
Bonjour la Provence! ELLE-s

Paule a dit…

Mon premier commentaire avec le profil blogger...

Pierre a dit…

Ce qui fait que Becherel n'est pas une cité du livre comme les autres, c'est sa capacité à proposer, malgré les incertitudes de ce type de commerce, des ouvrages de qualité privilégiant l'ancienneté, la rareté ou la qualité du texte. Cette recherche de l'excellence la différencie d'un simple déballage de village.

On vient donc à Becherel (et on fait même un détour afin d'y accéder) pour cette ambiance "amour des livres" qui transpire. C'est une évidence.

Pierre

Bertrand a dit…

on ne pourrait hélas en dire autant d'autres villages du livre que je m'abstiendrai de citer pour ne vexer personne, mais c'est bien dommage. La dernière fois que je suis allé dans un autre village du livre que celui-ci, j'ai été soufflé par le peu de livres de qualité proposés et même pour tout dire par le niveau très médiocre des librairies implantées.
Sur les tables, devant les boutiques, sorties en devanture pour l'occasion (une journée spéciale du livre...), il n'y avait de rebus de France Loisirs et autres vulgaires bouquins de déchetterie. Il m'a fallut tourner 3 heures durant pour dénicher L'exposant, le seul ou presque, qui proposait quelques belles éditions anciennes bien habillées, à des prix soutenus, proches des prix pratiqués par les libraires haut de gamme du centre de Paris. Achat marchand donc impossible. Mais il y avait quelques pièces intéressantes à la portée des amateurs collectionneurs. Ce village va mourir c'est certain. Tout aura été fait pour.

B.