vendredi 8 janvier 2010

Une reliure aux Armes du Cardinal de Montauban, Mgr Le Tonnelier de Breteuil.


Tout le monde connaît le Pavillon de Breteuil où est rangé le fameux mètre étalon. Ce dernier a fait trembler une génération d'écoliers sans que personne n'ait jamais pensé à nous le montrer. Surprenant, n'est-ce pas ?

Historique : En 1785 le baron de Breteuil, ministre de la Maison du Roi de Louis XVI, négocia avec succès le rachat par le roi du domaine de Saint-Cloud et, en remerciement, fut autorisé à établir sa résidence au Pavillon du Mail qui prit désormais le nom de « Pavillon de Breteuil ».Celui-ci fut confisqué comme bien national en 1793. Lorsque le baron de Breteuil revint d'émigration en 1802, il tenta, mais sans succès, d'en obtenir la restitution. Napoléon Ier, le fit restaurer et lui donna l'aspect qu'il a conservé jusqu'aujourd'hui. Après la chute de la monarchie de Juillet en 1848, le Pavillon de Breteuil fut affecté au ministère des Travaux publics qui tenta à plusieurs reprises de louer la propriété, décrite comme « une habitation de plaisance avec jardins et dépendances ». Le gouvernement français en 1875, offrit gracieusement le site au Comité international des poids et mesures pour y installer leur bureau. Perdu dans la verdure du Parc de Saint Cloud, le pavillon n'est malheureusement pas ouvert au public. Il possède, bien sûr, le mètre étalon en platine iridié !


Je vous rappelle que la longueur de celui-ci était calculée sur la mesure du quart du méridien de la terre (pourquoi le quart ? Je me le suis toujours demandé. Multiplier par quatre, c'est facile). Aussi, un des grands passe-temps des savants qui ont occupé ce Pavillon de Breteuil fut de mesurer la dimension de la terre. Ils faisaient tomber par terre un caillou d'une hauteur d'un mètre et ils mesuraient le temps qu'il mettait à toucher le sol. Saine occupation…

Mais alors, pourquoi vous parler du Pavillon de Breteuil ? Mais parce que l'ouvrage que je vous présente aujourd'hui est aux Armes d'un "Breteuil", plus précisément aux Armes du Cardinal Anne-François-Victor le Tonnelier de Breteuil.


Né en 1726, celui-ci s'oriente très tôt vers l'état ecclésiastique. Il est nommé évêque de Montauban en janvier 1763. Lors de la convocation des "Etats Généraux" par Louis XVI, Mgr Le Tonnelier de Breteuil y siège en tant que député. Lors de l'adoption de la constitution civile du clergé en 1790, il refusa de prêter le serment constitutionnel et se retira en Normandie. Il fut arrêté le 4 juillet 1794, écroué et décapité selon certains.

On retrouve les Armes du Cardinal à la fois sur les deux plats de la couvrure et sur la page de garde. Les feuilles de papier coloré sont absentes en début et en fin d'ouvrage sans que je puisse donner une explication rationnelle. Un ex-libris de provenance encombrant semble t-il ? Celui du contre plat est effacé aussi, mais de façon imparfaite (1895). Il reste un ex-libris complet en deuxième page ; celui de Monsieur Lapie, Avocat et agrégé de l'université, professeur au Lycée de Montauban daté de 1789. Les curés éloignés, la curée pouvait commencer… (sic)

La reliure, in-12, est en plein veau et les plats présentent un triple filet en leur contour. Le dos est lisse et orné de motifs et d'une pièce de titre dorée sur noir. Les bords des plats sont dorés et le contre-plat est bordé de motifs géométriques. La coiffe supérieure est arasée mais l'ensemble de la reliure est en état convenable.


Le texte en français (48 pages) imprimé en 1776 retranscrit une Bulle (lettre du Pape Pie VI) du Jubilé de l'année Sainte de 1775 et un Mandement du Cardinal de Breteuil (lettre à ses fidèles) avec les instructions qui vont avec. Ainsi vous apprendrez que les Jubilés des années Saintes se fêtent tous les 25 ans et de quelle façon. Une mine d'informations, sous forme de questions/réponses, sont là pour aider le fidèle et baliser le déroulement des rites liturgiques. Elles aideront le lecteur contemporain à mieux comprendre cette époque, aussi. J'oubliais de préciser que le papier et la typographie sont de qualité et que pour faire face aux outrages du temps les tranches ont été dorées. Je vends l'ensemble, texte, papier, reliure, Armes et dorures 450 €.

Un bel achat, en somme, pour qui veut se faire plaisir et acquérir, à défaut d'une reliure aux Armes Papales, un exemplaire aux Armes d'un Cardinal…

Pierre

4 commentaires:

Bertrand a dit…

Je cherche pour un client une reliure aux armes du Cardinal de Bricassart... si jamais vous voyez passer ça... je suis preneur.

B.

Pierre a dit…

Quelle chance !

J'en ai une en peau de volatile... Je vous l'envoie par pigeon voyageur. Pierre ;-))

Textor a dit…

Emilie du Chatelet, qui vécut à Semur en Auxois et qui fricota un temps avec Voltaire était une Tonnelier de Breteuil ...

Pierre a dit…

Donc, une famille entièrement vouée aux maîtres...

Cette blagounette à deux euros me sera pardonnée en raison des conditions climatiques détestables, en Provence, en ce moment.

Pierre