samedi 7 mai 2011

Les éditions d'Art H. Piazza. 19, Rue Bonaparte à Paris au début du XXe siècle...


J'avais présenté il y a quelques temps, ici, une petite collection d'ouvrages à thème orientaliste édités par la maison d'Art Piazza. Je récidive aujourd'hui afin que vous puissiez compléter cette série. Tous ces exemplaires sont présentés sur beau papier ivoire et je suppose, bien que cela ne soit pas indiqué, que certains sont sur japon non justifié. Pas facile d'affirmer sans preuve, me direz-vous, mais le toucher invite à le penser. Le premier ouvrage de la série est numéroté sur japon. La comparaison est facile… L'intérêt de cette collection est la qualité de présentation de ces exemplaires. Une question : A votre avis, quand un exemplaire présente une couverture "cristal" brunie par le temps, faut-il l'enlever et la remplacer ou bien laisser l'ouvrage dans son jus ? De la même façon mais dans un autre domaine : Un bel ouvrage du XIXe siècle présente des serpentes brunies qui jurent avec un papier sans rousseurs (ça existe !!). Peut-on enlever ces serpentes disgracieuses sans commettre un crime de lèse-bibliophilie ?

Votre avis m'intéresse. Pierre


PETIS de LACROIX (F). Histoire du Prince Calaf et de la Princesse de la Chine. Paris, éd. d'art (H. Piazza), 1928. Collection "Ex Oriente Lux". Format In-16. Volume broché à couverture rempliée, protection par papier cristal de l'époque. Décoration de l'ouvrage de P. Zenker, dont miniature en frontispice. Contes des " Mille et Un jours ". Très bon état. Exemplaire N° 33 sur papier japon.

OUDIANE (S). Chants De La Caravane. Paris, éd. d'art H. Piazza, 1926. Collection "Ex Oriente Lux". Format In-16. Volume broché à couverture rempliée, protection par papier cristal de l'époque. 5eme édition. Ornementation de Mohammed Racim. Collection " ex oriente lux ". Très bon état.

MARAVAL-BERTHOIN (A.) La Sultane rose. Paris, éd. d'art H. Piazza, 1933. Collection "Ex Oriente Lux". Format In-16. Volume broché à couverture rempliée, protection par papier cristal de l'époque. Couverture illustrée. Frontispice en couleurs de Mohammed Racim Alger. Texte orné de bandeaux, lettrines, culs-de-lampe et d'un encadrement en deux tons. Très bon état.

FERDINAND HEROLD A. Nala et Damayanti. Paris, éd. d'art H. Piazza, 1923. Collection "Ex Oriente Lux". Format In-16. Volume broché à couverture rempliée, protection par papier cristal de l'époque. Frontispice en couleurs de M.P Zenker. Très bon état. Dédicace.


TOUSSAINT FRANZ. Le jardin des caresses. Traduit de l'arabe. Paris, éd. d'art H. Piazza, 1919. Collection "Ex Oriente Lux". Format In-16. Volume broché à couverture rempliée, protection par papier cristal de l'époque. Miniature en frontispice de Léon Carré. Vignettes, lettrines, pages encadrées d'entrelacs. 216 p. sur beau papier. Très bon état.

PAUL-MARGUERITE (lucie). Le miroir magique. Paris, éd. d'art H. Piazza, 1932. Collection "Ex Oriente Lux". Format In-16. Volume broché à couverture rempliée, protection par papier cristal de l'époque. Texte entouré d'un encadrement ornemental tiré en rouge. La décoration a été dessinée spécialement par B. Zworykine. La miniature servant de frontispice à cet ouvrage est de Wang Chao-Ki. Très bon état.

BARRY (Léon). La dernière épousée d'Ammon. Paris, éd. d'art H. Piazza, 1926. Collection "Ex Oriente Lux". Format In-16. Volume broché à couverture rempliée, protection par papier cristal de l'époque. Miniature du frontispice et décoration exécutées par Paul Zenker. Très bon état.


LAFCADIO HEARN. Fantômes japonais. Paris, éd. d'art H. Piazza, (sd) 1930. Collection "Ex Oriente Lux". Format In-16. Volume broché à couverture rempliée, protection par papier cristal de l'époque. Frontispice en couleurs de A.-C. Constantinidi. Très bon état . L'auteur est irlandais comme son nom l'indique (sic). A traversé le japon à pied pour recueillir les contes et récits populaire du pays. On lui doit les premières traductions de ces récits. Dixit un client de passage...

Franz TOUSSAINT. Robaiyat de Omar Khayyam. Paris, éd. d'art H. Piazza, 1924. Collection "Ex Oriente Lux". Format In-16. Volume broché à couverture rempliée, protection par papier cristal de l'époque. Frontispice en couleurs de M.P Zenker. Très bon état.

MARDRUS (Dr J. C). Histoire d'Ali Ben-Bekar et de la Belle Schamsennahar . Paris, éd. d'art H. Piazza, 1923. Collection "Ex Oriente Lux". Format In-16. Volume broché à couverture rempliée, protection par papier cristal de l'époque. Frontispice en couleurs de M.P Zenker. Très bon état.


MARAVAL – BERTHOIN (A). Chants Du Hogar. Paris, éd. d'art H. Piazza, 1924. Collection "Ex Oriente Lux". Format In-16. Volume broché à couverture rempliée, protection par papier cristal de l'époque. Décorations touaregs. Très bon état assez rare à la vente.

SAADI - TOUSSAINT Franz. Le jardin des roses. Paris, éd. d'art H. Piazza, 1935. Collection "Ex Oriente Lux". Format In-16. Volume broché à couverture rempliée, protection par papier cristal de l'époque. Frontispice en couleurs de M.P Zenker. Très bon état.

KALISADA - TOUSSAINT (Franz). Sakountala. Paris, éd. d'art H. Piazza, 1922. Collection "Ex Oriente Lux". Format In-16. Volume broché à couverture rempliée, protection par papier cristal de l'époque. Frontispice en couleurs de Touchet (pas J mais A). Très bon état.

Très belle collection. L'ensemble des 13 ouvrages, que je conseille, est proposé pour un total de Vendu

13 commentaires:

Nadia a dit…

Question que l'on peut se poser pour toutes restaurations, qu'elles soient liées aux livres, ou à l'architecture, ou à la peinture, ou à l'esthétique (dans ce dernier cas, il vaut mieux remplacer, une amélioration ne suffit pas toujours !).

Mon modeste avis est que quand on présente des livres pareils, il me semble que si j'étais acheteur, je les voudrais authentiques, et donc restés dans leur jus. Je ne parle pas ici des charmants effets de peinture que vous m'avez montrés lors de ma visite, ni de l'intervention chirurgicale qui m'a tenue en haleine une poignée de minutes. Mais remplacer par autre chose, ma foi, je ne sais pas trop.

Mais je laisse les spécialistes, tant acheteurs que vendeurs, se prononcer.

Anonyme a dit…

Bonjour,
personne ne semble avoir remarqué que la mandarine était de retour.
Quant aux serpentes jaunies ou autre couvertures cassantes et jaunies disgracieuses, je les enléve sauf quand il y a une indication dessus.
Un papier de protection médiocre reste médiocre, si il est en plus en mauvais état, je n'en vois pas l'intérêt. Mais sans forcément le remplacer. Ou seulement si il fait office de protéger un livre qui restera broché.
Pas facile à manipuler de toute façon.
A moins que le propriétaire du livre ne me l'indique.
Bon weekend.
Sandrine.

Bertrand a dit…

Pierre a dévalisé l'hôtel particulier de Liliane B. (sourire) ... il y a des titres adéquats... (double sourire).

Du beau livre à pas cher ! Et après on dira qu'on ne peut pas être bibliophile et fauché ! (sourire triple).

Arrêtez de fumer ! Vous lirez plus et mieux ! (nouveau slogan pour le SLAM - proposition hors compétition).

B.

Pierre a dit…

Hier, la propriétaire de L'Oréal donnait l'image d'une rentière de luxe. Aujourd'hui, on suppose qu'elle a vendu sa bibliothèque pour subvenir à ses moyens... Triste époque ;-))

Bertrand a raison de préciser que ces ouvrages sont d'un prix raisonnable quand on regarde la qualité de l'édition.

Une astuce : Vous voulez savoir si votre exemplaire est en papier japon. Il vous suffit de gommer une page - choisissez une illustration, c'est beaucoup plus parlant !

Si le papier s'effiloche jusqu'à obtenir un trou, c'est du papier japon.

Si la feuille reste glacée et la gravure intacte... Dommage ! Il s'agit d'un vélin ivoire assez commun ;-)) Pierre

Pierre a dit…

Merci Sandrine pour votre avis de relieuse. Bertrand, vous les enlevez les serpentes jaunies ?

Bertrand a dit…

En général je n'enlève rien. Je conserve le livre tel que je l'ai eu. Sauf si c'est vraiment trop disgracieux.

B.

calamar a dit…

ah, merci Pierre pour ce truc... j'ai justement un exemplaire d'un tirage de tête à 9 exemplaires sur japon nacré... je vais m'empresser de vérifier si toutes les gravures sont effectivement sur japon.

Pierre a dit…

Une parenthèse [ avec 112 membres, lecteurs bienveillants du blog, j'ai réussi mon premier pari, celui de faire partager mon enthousiasme pour la lecture et le livre avec quelques passionnés dilettantes. Il me reste un deuxième objectif : Réunir des confrères libraires qui acceptent d'être des contributeurs pour aborder des thèmes qui me sont méconnus] Pierre

Anonyme a dit…

Bravo Pierre pour ces deux beaux objectifs. Le second sera peut être un peu plus difficile à atteindre parce que, c'est mon avis, les professionnels entre eux ne se font pas de cadeaux. Et chacun à tendance à rester dans sa chapelle.
Voyons si cet avis fera evoluer les choses.
Continuez, dans tous les cas, à nous divertir et nous instruire avec autant de bonheur. Merci pour cela.

Bonne journée;
Sandrine.

Anonyme a dit…

Il me semble que l'on peut ôter la serpente brunie et abimée, si elle est l'est (abimée) cela signifie qu'elle a bien rempli son office de protection. Ensuite je la remplace par une feuille volante de papier quasi identique afin que l'illustration soit toujours bien protégée pour les siècles à venir.Je ne sais pas si cette méthode est orthodoxe, mais elle va dans le sens de la conservation du livre pour le futur.
Aimée

sandrine a dit…

Si je peux me permettre, c'est en effet une pratique possible ce que vous faites, Aimée, à condition de remettre un papier PH neutre;
Vous risquez sinon de rendre acide le papier par contamination et faire plus de mal que de bien , en pensant faire bien. c'est la même chose pour les cartons et papiers utilisés en encadrement.
le fabricant doit faire mention du Ph ou carrément se fournir chez stouls ou Atlantis, spécialistes de la conservation.
ce n'est qu'à titre indicatif.
bien à vous.
Sandrine.

Anonyme a dit…

Bonjour,

Merci infiniment pour votre vibrant hommage à cet immense éditeur et bienfaiteur que fut Henri Piazza ! Que de merveilles et que de nostalgie devant ces ouvrages splendides, uniques... Dès que notre main se pose, avec toute la délicatesse qu'ils requiers et la magie pure qui en émane vient titiller tel un lutin notre être...
Toutefois, depuis environ ces quinze dernières années, deux races "d'orques" (au sens d'un des types de personnage du "Seigneur des Anneaux" de J.R.R. Tolkien...) au moins ne cessent pas de laminer et de détruire l'esprit même qui illustre ces livres : d'une part de vils spéculateurs, qui, avec l'aide d'Internet pillent et s'approprient sans vergogne ce patrimoine, en privant les vrais passionnés, souvent peu argentés, de la possibilité d'y accéder.
Ensuite, bien sûr, ceux qui ne jurent que par la technique, Internet, le livre électronique, les sites d'enchères et autres choses "froides", selon la magnifique parabole du conte de Wilhelm HAUFF, "Das Kalte Herz" ("Le coeur froid") !... Que ce soit par spéculation, collection artificielle et sans empathie pour les qualités profondes du travail d'Henri Piazza et des illustrateurs, ou parce que l'on s'avère incapable de remettre en cause l'omnipotence du totalitarisme technologique et technocratique, et que l'on y cède d'autant que l'on n'est pas à même d'en évaluer le caractère d'une certaine manière "infernal", dans un cas comme dans l'autre (et c'est souvent les mêmes), ces "exploiteurs" au "coeur froid" comme leur technique artificielle, se situent clairement aux antipodes de la sensibilité profonde que dévoile les livres publiés par Henri Piazza !
La Bible prévenait pourtant : "(...) Ne point vendre des perles aux pourceaux !"... Bien sûr, chacun s'offusquera et se rengorgera, à l'instar des montagnes d'immondices de portables et de déchets techniques qui s'amoncellent partout sur notre planète, dont on ne veut surtout pas chez soi, et dont on est tout prêt à nier le caractère hautement toxique, dès lors que cela remet en cause notre manière d'envisager la réalité ? !...

A notre sens, la magie du conte, et Tolkien ce grand Maître - au côté d'un Wilhelm Hauff précité, et d'illustrateurs tels Kay Nielsen, Dulac ou Warwick Goble notamment, - l'a extraordinairement bien traduit, n'est-ce pas de prendre conscience de ces filiations souterraines ? Henri Piazza nous parait, comme un William Morris, et c'est d'ailleurs ce que vos lignes laissent transparaitre à travers la création d'une de ses sociétés, avoir oeuvré dans ce souci "qualitatif", de servir la Beauté en l'ouvrant à toutes les mains susceptibles d'y être sensible.
Merci...
Iarwain Ben-Adar

Pierre a dit…

Cher Monsieur,

Je vous félicite pour la pertinence de l'analyse que vous faites de notre société.

Je me ferai, par nécessité professionnelle, l'avocat des "orques aux cœur froid", à qui je ne demande jamais de certificat de désintéressement bibliophilique, et qui, en m'achetant mes livres, subviennent à mes besoins ;-))

Il ne me sera pas nécessaire, par contre, de me faire l'avocat des éditeurs d'ouvrages de luxe et de la maison H. Piazza en particulier. J'en serai tout juste le laudateur fidèle car il n'y a rien à leur reprocher.

Nous pouvons simplement les remercier comme je le fais pour votre sympathique témoignage. Pierre