vendredi 20 mai 2011

Faut-il tomber amoureux du diable ? Par Jacques Cazotte. Librairie Des Bibliophiles, Paris 1877

Jacques Cazotte a dû connaitre le diable en ces périodes troublées de la révolution française. Il fait d’ailleurs partie des écrivains guillotinés pour atteinte à la pensée d’état, tout comme Fabre d'Eglantine, ce qui n’a malheureusement pas suffi à assurer sa postérité… Vous pouvez me soumettre une liste des plumitifs raccourcis à la révolution, si vous la connaissez [se limiter à la littérature].


Cazotte est né à Dijon comme Charles de Brosses que je vous ai présenté dans le billet précédent. Le climat bourguignon était-il propice au talent d’écrivain ? Il fait ses études au collège des jésuites de Dijon, avant de s'installer à Paris, où il commence à publier en 1741. Employé dans l'administration de la marine, il est envoyé en 1747 à la Martinique comme contrôleur des Îles du Vent. Il se retire ensuite à Pierry, près d'Épernay, pour se consacrer à la littérature. Il est considéré comme le précurseur du récit fantastique avec son « diable amoureux ».


À la fin de sa vie, il entre dans l'ordre des Martinistes et se fait remarquer par sa piété exaltée. Il prend parti contre la Révolution française, et il est arrêté après le 10 août 1792. Jacques Cazotte fut sauvé d'une mort certaine par égorgement lors des funestes journées de septembre par sa fille, qui s'était enfermée avec lui dans sa prison et qui le sauva en le couvrant de son corps (voir gravure). Malheureusement pour lui, après sa sortie de prison, il est repris quelques jours plus tard et sera guillotiné… Ce n’était pourtant pas un mauvais diable !


Un résumé du Diable amoureux ? (édition originale - 1772)

Don Alvare, commandant aux gardes du roi à Naples, se fait initier à la cabale par son ami Soberano et invoque le diable dans les grottes de Portici. Belzébuth lui apparaît sous la forme effrayante d'une tête de chameau ( ??). Surmontant sa peur, il ordonne au diable de le servir, d'abord sous la forme d'un épagneul, ensuite sous les traits de Biondetto.


Mais le séduisant Biondetto est en réalité une femme. Celle qui s'appelle désormais Biondetta suit Don Alvar chez lui, puis à Venise lorsqu'il est obligé de fuir. Rebuté par l'origine de cette femme aussi belle que désirable, Don Alvar finit par en tomber amoureux et répondre à l'amour qu'elle lui témoigne, depuis le début. Bien sûr (cela se fait encore), Don Alvare souhaite obtenir de sa mère Dona Mencia l'autorisation de se marier avec Biondetta avant de s'engager plus loin avec elle. Cependant, les deux jeunes gens sont obligés de demander l'hospitalité dans une ferme où a lieu une noce. Ce soir-là, Don Alvar succombe aux charmes de Biondetta (elle avait le diable au corps), lui avoue qu'elle est Belzebuth et reprend sa forme primitive. Pas de chance, toutes les femmes ne le font pas ;-))


A son réveil, le fermier lui annonce que Biondetta l'attend au prochain village. Mais Don Alvar arrive seul chez sa mère. Happy end ! Le commentaire de la petite édition numérotée à 60 exemplaires que je vous propose est d’Alexandre Piedagnel. Ce nom ne vous dit rien ? Mais si ! Le secretaire de Jules Janin. On est entre bibliophiles… Pierre


Cazotte Jacques. Le Diable Amoureux. Librairie Des Bibliophiles, Paris 1877. Avec une introduction par Alexandre Piedagnel. Collection Les Petits Chefs d'Œuvre. In 12. Broché à grande marges, 119pp. exemplaire numéroté sur beau papier whatman, bandeaux, culs-de-lampes. Un des 60 exemplaires numérotés, celui-ci N° 50 après une suite de 30 sur chine. Très bel exemplaire aux témoins importants. Vendu

4 commentaires:

Pierre a dit…

Aujourd'hui petit tour au trouve tout du livre du Somail. Accueil chaleureux, déjeuner sur le bord du canal du midi et 4 achats judicieux dont une petite collection de trois cartonnages romantiques forts beaux. Je prépare le salon du livre de Tarascon où j'ai bien l'intention de privilégier ce thème sur mon stand.

Une bonne idée ? Pierre

Bertrand a dit…

Je suis bien content que ce petit Cazotte sur beau papier revienne sur ses terres de Bourgogne.

Les bourguignons savent par ailleurs que la rue Cazotte, au vieux centre historique de la ville de Dijon, porte fort bien son nom. Etudiant je me rappelle fort bien des soirées à l'étage d'un petit appartement de cette petite rue, où à la fenêtre on voyait le manège des cent pas... (ça éduque...)

B.

Pierre a dit…

Pauvres femmes qui tirent le diable par la queue... L'évocation me rappelle une chanson de Serge Reggiani. Pierre

Bertrand a dit…

Moi ça me rappelle qu'en tout, le diable n'est jamais très loin ... (sourire)

B.