vendredi 27 août 2010

Editions du livre Monte-Carlo. Ouvrages pour bibliophiles ?


" Elles sont bien, ces "petites" maisons d'édition, un peu délaissées... Mornay, Cyral, dans le même genre que Piazza et il y a tout de même des amateurs… "

La réflexion d'un fidèle lecteur du blogue m'a donné l'idée de vous présenter quelques maisons plus ou moins célèbres. Continuons donc notre tournée des éditions de luxe à vocation populaire (le type même du défi insurmontable pour un éditeur) par les éditions du Livre Monte-Carlo.


Nous arriverons rapidement à un écueil qu'il faudra éviter. Confondre les petites éditions numérotées pour bibliophiles des petites maisons d'éditions et les pléthoriques éditions numérotées pour bibliomanes des grandes maisons d'éditions de la fin du 20eme siècle. Vous me direz quand je franchis la barre…


J'ai peu de renseignements à vous fournir sur les éditions du livre Monte-Carlo et je ne les garantis en rien car je n'ai pu les recouper avec d'autres. Je compléterai cet article dans un avenir proche. Si vous avez des informations de votre côté…

L'ouvrage de Zola est, quant à lui, mis en valeur par un illustrateur à la carte de visite incontestable. Louis Icart (1880-1950) commence en tant qu'illustrateur pour cartes postales et produit plusieurs centaines de modèles avant 1910. Il utilise alors la signature d'Helli. Introduit dans le monde de la mode juste avant la grande Guerre, il travaille pour des stylistes, rencontre et épouse Fanny Volmers en 1914. Elle devient un modèle pour plusieurs de ses gravures à l'eau-forte. Ses couvertures de magazine et gravure à l'eau-forte connaissent alors un grand succès et il signe désormais son travail Louis Icart. Dans les années 20, sa popularité monte et ses aquarelles de femmes connaissent le succès, femmes indépendantes et provocatrices caractéristiques de l'après guerre. Il illustre alors de nombreux ouvrages qui connaissent encore aujourd'hui un fort engouement tant en France qu'à l'étranger et qui explique la belle cote des livres qu'il a mis en valeur.


Les exemplaires que je vous présente sont justes d'après guerre. Un des ouvrages a été imprimé à Paris, l'autre à Lausanne et la mention "Monte-Carlo" n'indique en rien que l'éditeur est de la Principauté de Monaco… Des raisons fiscales expliquent sûrement le siège de l'éditeur. J'ai trouvé quelques informations sur les "editions de Monte-Carlo" qui ont été, comme ici, imprimées après guerre mais j'ai peur qu'il s'agisse d'un éditeur homonyme...

Le papier est dans les deux cas de belle qualité (vélin Renage filigrané pour l'un, grand vélin pour l'autre) et la justification du tirage mentionne un tirage à 3000 exemplaires. Les couvertures sont rempliées et les livres sont illustrés par des artistes connus (Touchagues et Louis Icart). Les ouvrages sont présentés sous chemise cartonnée et emboîtage de belle qualité. On pourrait donc être largement satisfait… Mais d'où vient cette maison d'édition ? Pierre


BENOIT Pierre. Koenigsmark. Editions Du Livre, Monte-Carlo, in 8, 1946, 327 pp. Tirage à 3000 exemplaires numérotés sur vélin filigrané sous cartonnage et étui, broché à couverture rempliée. Frontispice couleurs de Touchagues. 44 € + port


ZOLA, Emile (Louis ICART, ill.). Le Rêve. Illustrations de Louis Icart. Monte Carlo: Editions du Livre, 1946 - Tirage à 3000 exemplaires numérotés sur vélin, in-8; 313p, [2p] ; 22 illustrations hors-texte en couleurs, et en-têtes en noir, de Louis Icart. Broché, couvertures rempliées, chemise, étui. Seizième volume de la série des "Rougon-Macquart". Un conte de fées, où la pauvre et belle jeune fille finit par épouser son prince charmant mais "Au sommet du bonheur, Angélique avait disparu, dans le petit souffle d’un baiser." Jolies illustrations de Louis Icart, "portraitiste des élégances féminines ". 52€ + port

8 commentaires:

Jeanmichel a dit…

Zola reste Zola. Même dans "Le rêve" il ne peut s'empêcher d'être naturaliste et il en profite pour y condenser tout le vocabulaire particulier à la profession de chasublier.
Il reprend plus finement que dans "La faute de l'abbé Mouret" le récit surnaturel en l'accommodant façon David Lynch : on se demande en terminant le récit si celui-ci n'est pas tout entier le rêve fiévreux de la petite Angélique en train de mourir en s'engourdissant de froid sur les marches de l'église de Beaumont.
Et Monte-Carlo n'a pas toujours été si prestigieux. Dans un livre daté de 1785, "Lettres sur l'Italie", un auteur inconnu le décrit ainsi : "Deux ou trois rues sur des rochers à pic ; huit cents misérables qui meurent de faim ; un château délabré ; un bataillon de troupes françaises ; quelques orangers, quelques oliviers, quelques mûriers épars sur quelques arpens de terre, épars eux-mêmes sur des rochers ; Voilà à peu près Monaco. La misère y est extrême."

Pierre a dit…

Je n'ai jamais lu "Le rêve" d'Émile Zola, ou alors je ne m'en souviens pas, mais votre résumé, Jean-Michel, me donne envie d'en feuilleter le récit. Je suis déjà conquis par le thème.

La réussite financière de Monte-Carlo laisse songeur... Un siècle pour faire de ce lopin de terre poussiéreux, un paradis. (fiscal) Pourquoi ne pas adapter à la France les recettes qui ont si bien réussies à la principauté ? Je me propose, si vous m'en accordez le titre, d'en être le prince magnanime. Promis ! Je serai vachement sympa, je ferai du sport, j'irai inaugurer les crèches et en plus j'adore les blondes à jolie poitrine ;-)) Pierre

Anonyme a dit…

Pierre : vous dérapez !

Signé :
Une brune !
(qui ne vous communiquera en aucun cas la taille de ses bonnets !)

Pierre a dit…

Un moment d'égarement où mon imagination fertile a pris le pas sur ma condition sur terre, je le concède ;-))

Je me contenterai du bonnet d'âne. Pierre

Anonyme a dit…

Laissez donc l'imagination faire son chemin comme elle le sent, tristes sont les gens qui en sont démunis.
Mais il n'est peut-être pas judicieux d'en faire profiter tout le monde... certains esprits chagrins pourraient ne pas y déceler l'humour ni la malice.





(surtout, n'écoutez pas un mot de ma semonce ! comme j'ai dit un jour "vive la libération du vétérinaire !")

N....a

Bertrand a dit…

Moi j'imagine bien...

B.

Pierre a dit…

Je pensais bien que Bertrand le bibliomane ne laisserait pas passer l'évocation d'un soupçon de séduction féminine... Pierre

calamar a dit…

Ah ! merci pour les petits éditeurs ! ils vont seront reconnaissants à jamais.
J'ai plusieurs livres de cette série, qui correspondent tout à fait à cette description, sauf l'un d'entre eux : l'intelligence des Fleurs, de Maeterlinck. Pour celui-ci, pas d'illustration, un tirage de 4000 au lieu de 3000, et pas de date d'édition... il ne semble pas y avoir de tirage de tête, mais dans certains cas une suite à part accompagne l'ouvrage. Est-ce le cas pour tous les volumes ou seulement les premiers ? mystère...